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11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 22:12

On avait eu le charme discret de votre intestin pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tuyauterie de nos boyaux, voici un ouvrage qui nous éclaire sur le fonctionnement de notre cerveau et ce qu il nous fait vivre.

Anne Hélène Clair et Vincent Trybou nous ont contacté un formidable livre pour lever le capot de notre encéphale, comprendre quelques de ses fonctionnements et de ses dysfonctionnements.

En effet, cet organe qui produit des pensées et des émotions pour nous adapter, a été prévu pour vivre à l’époque des hommes préhistoriques afin de ne pas se faire croquer, au coin d’un chemin par un tigre aux dents de sabre. Pour nous aider à anticiper et à réagir promptement, on a développé un système d’alerte qui nous joue des tours aujourd’hui. En effet, nos modes de vie ont évolué plus vite que notre cerveau. En outre, on ne croise plus de tigres aux dents de sabres mais de nombreuses situations qui nous donnent à penser et à ressentir et qui vont être amplifier de façon excessive, au risque de nous créer de l’anxiété, des peurs ou des ruminations. Nous pensons sur nos pensées, ce qui nous émeut… Autant de choses qui peuvent nous polluer la vie, voire nous rendre malade.

Heureusement, on vit une époque formidable où la recherche en neuroscience sait de plus en plus faire le lien entre certaines de nos souffrances et des mécanismes cérébraux. C’est ce que nous proposent, dans ce livre, Anne Hélène Clair et Vincent Trybou de découvrir afin de comprendre les ressorts de nos troubles pour corriger les rater de notre encéphale.

En lisant ce livre, votre amygdale cérébrale, et non celle au fond de votre gorge, et ses palabres avec votre cortex frontal n’auront plus de secret pour vous. Dans une écriture claire et pragmatique les auteurs développent différentes notions et outils pour vous aider à mieux vivre et surfer, avec flexibilité, dans la vie. En effet, ce livre est empreint de thérapie ACT (Thérapie de l’acceptation et de l’engagement). En comprenant comment votre cerveau fonctionne, les techniques vous sembleront évidents. Vous repartirez avec une boite à outil. A vous de choisir l'outil qui correspond à votre problème et à votre contexte.

« Devenez votre propre psy » est un livre intelligent, clair et pragmatique. Il nous montre que notre cerveau est un organe comme les autres et qu'il nécessite des techniques précises et neuroscientifiques pour en prendre soin et corriger les troubles dont il peut faire l'objet. Bravo aux auteurs.

 

https://www.youtube.com/watch?v=zjpkwNXt_Q8&ab_channel=InPowerPodcast

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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 21:20

Ces dernières années, la pratique de la pleine conscience est devenue un fait de société. De plus en plus de personnes la pratique. Derrière ce vocable, il existe beaucoup de quiproquo et de mésententes qu’il est nécessaire d’éclaircir sur cette pratique de plus en plus populaire. Si elle n’est pas la pilule du bonheur, la pleine conscience est source de nombreuses vertus à tout âge, largement étudiées par les chercheurs. Le cerveau du Dalai Lama est probablement l’un des cerveaux qui a été le plus observer en IRM[1] !

  • Chez les enfants, elle permet notamment de muscler ses capacités d’attention, une meilleure gestion de ses émotions et d’être mieux outillés pour négocier les événements de vie. Elle devrait être systématiquement apprise à l’école primaire comme moyen de prévention et de développement personnel.
  • Chez les adultes, elle prévient le risque dépressif, l’anxiété et est source de joie et de sérénité. On a même montré son effet positif sur les facteurs immunitaires de maladies comme le psoriasis.
  • Lorsque l’on avance en âge, elle a un impact majeur sur la qualité de vie, la santé et l’espérance de vie.

La pleine conscience est une pratique laïque de la méditation qui consiste à essayer d’être présent à soi-même en s’offrant des moments de silence et de calme intérieur, pour juste être là, simplement là, curieux de l’instant présent, sans jugement ni commentaire afin d’harmoniser le corps et l’esprit. Pratiquer la pleine conscience ne consiste pas à ne pas penser mais juste être conscient de ses pensées, de faire la différence entre soi et ses pensées, ne pas rester accrocher à elles pour être capable de les laisser filer et s’éviter des temps de rumination. Il s’agit de distinguer les pensées qui nous sont utiles et celles qui ne le sont pas. En effet, notre organisme produit des pensées comme nous produisons de la salive, de l’urine… Méditer, c’est prendre conscience, en musclant ses capacités d’observation de notre intériorité et de ce qui nous entoure, que nous ne sommes pas nos pensées comme nous ne sommes pas notre salive ni notre urine. Pour garder cette image crue, lorsque nous allons aux toilettes, nous tirons la chasse d’eau et nous allons dans une autre pièce. Faisons de même dans notre tête et tirons la chasse sur certaines pensées pour parfois sortir de notre mental et s’ouvrir à l’expérience du présent, en se connectant à nos sens, contempler la vie et la regarder non pas comme une suite de problème mais comme un coucher de soleil.

Méditer se pratique de façons très diverses :

  • Soit au cours de programmes d’entrainement de 8 semaines comme le MBSR[2] auprès d’un instructeur psychologue[3]
  • Soit à l’aide d’applications téléphoniques comme Petit Bambou
  • Soit en venant méditer avec l’association « S’asseoir Ensemble »[4].
  • Soit en étant présent à ce que l’on fait.

En effet, il n’est pas nécessaire d’être assis pour méditer. On peut le faire en étant bien présent à l’expérience sensorielle d’une douche, en étant juste là, curieux de l’instant et pas happer par ce que l’on va faire ensuite, de la même façon en marchant sans se laisser distraire par les événements suivants ou en courrant, en faisant la vaisselle ou toute autre activité de la vie de tous les jours, même en parlant. Probablement que les anciens méditaient sans le savoir en faisant du jardin ou des travaux de fil, en étant bien attentionné à ce qu’ils faisaient, sans commentaire ni jugement, tout en faisant de la place en eux pour vivre l’expérience avec curiosité.

La méditation est un entrainement de l’esprit et du corps pour être capable de sortir de son mental, d’être continent de ses pensées et de pouvoir se connecter et de focaliser sur son cerveau sensoriel. C’est vivre chaque chose comme un expérience en soi. Méditer, c’est reprendre le pouvoir sur notre attention que la pratique des écrans abime, en nous « hypnotisant », nous libérer de la réactivité pour muscler notre capacité d’être.

La pratique de la méditation diminue le stress et l’angoisse, renforce les défenses immunitaires, améliore le sommeil et ralenti le vieillissement cellulaire.

Ordonnance de bien-être

  • Bouger son corps
  • Manger des aliments réels
  • Prendre soin de sa fatigue et s’offrir des opportunités de sommeil
  • Cultiver son réseau social
  • Cultiver la pleine conscience de soi dans nos actions du quotidien
  • Diminuer les toxines
  • Poser des actes significatifs
  • Pratiquer l’auto-compassion

 

On sait désormais que nous ne vieillissons pas mais que nous évoluons toute notre vie. Pendant longtemps le terme de vieux était corrélé au terme grabataire et maladie ce qui terrorisait beaucoup de personnes. L’évolution des connaissances a montré qu’il n’y avait pas de fatalité en la matière. Mike Jagger (1943), Iggy pop (1947) et Marianne Faithfull (1946) sont trois exemples parmi tant d’autres d’une autre possibilité d’aborder son âge malgré leurs vies dissolues de rocker. Grâce au développement des neurosciences, nous avons découvert la formidable plasticité de notre cerveau qui peut produire de nouveaux neurones et se réorganiser tout au long de notre vie. Cette évolution dépend de notre engagement, de notre présence dans la vie et de la façon dont nous prenons soins de nous. La pratique de la méditation participe à cette évolution en réorganisant notre cerveau comme il l’a été démontré par l’imagerie cérébrale.

Une étude a suivi pendant 70 ans un groupe de personnes. Elle a trouvé que le principal critère de santé et de bien être à 95 ans était la qualité de son réseau social à 50 ans. Une autre étude auprès de femmes de chambre a montré que les femmes de chambre qui avait conscience des vertus, en termes de bénéfices pour leur santé, de l’aspect physique de leur métier avaient moins de problème de santé que celles qui le faisaient mécaniquement (soulever des matelas vaut autant que d’aller en salle de sport !). Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’il ne suffit pas de faire quelque chose pour que cela nous fasse du bien mais d’en avoir conscience et y mettre du sens.

Vivre de façon engagée et en conscience dans la vie a un impact significatif sur notre santé, sur notre qualité de vie et sur notre espérance de vie. De nombreuses études ont montré les bénéfices de la pratique de la pleine conscience aussi dans les maisons de retraites et dans les EPADH.

Grâce à la pratique de la pleine conscience, il est possible de redevenir le capitaine de son âme et le maitre de son destin comme disait Nelson Mandela. A vous d’essayer pour profiter au mieux de votre chemin de vie !

Seznec JC et Le Guen S : Débranchez votre mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie, Ed Leducs

 

[1] Image en Résonnance Magnétique

[2] Meditation Based Stress Reduction

[3] Annuaires des instructeurs : https://www.association-mindfulness.org///

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7 octobre 2021 4 07 /10 /octobre /2021 21:58
À l'automne 2005, le magicien Derren Brown a réalisé une expérience particulière.
Il a demandé à un groupe de volontaires leurs anniversaires et a ensuite donné à chacun d'eux une lecture d'astrologie individualisée. Sans avoir jamais rencontré aucun d'entre eux, Brown leur raconterait les aspects les plus intimes de leur personnalité.
Les bénévoles n'y croyaient pas. Comment cet inconnu virtuel pouvait-il en savoir autant sur leur vie ?
Lorsqu'on leur a demandé plus tard, ils décriraient leur lecture comme "choquante de précision" - sauf que ce n'était pas le cas, car Brown les avait trompés.
Chaque volontaire a reçu exactement la même lecture, mot pour mot. Ce qu'ils pensaient être une description unique de leur vie et de leur personnalité était en fait largement applicable à presque tout le monde.
Et quel que soit le nombre de fois où Brown a répété l'expérience en Angleterre, en Amérique ou en Espagne, la lecture a toujours été décrite comme « choquante de précision ».
Alors que l'expérience de Brown n'a pas adhéré strictement à la méthode scientifique, elle a présenté un aspect particulier de la psychologie humaine : nous avons tendance à voir des modèles là où il n'y en a pas.
C'est vrai lorsque nous repérons des formes dans les nuages ​​(ou des figures sacrées dans des toasts brûlés), et c'est vrai lorsque nous essayons de donner un sens à notre propre vie.
De nos jours, de moins en moins de personnes se tournent vers les étoiles pour leur dire qui elles sont, et de plus en plus de personnes se basent sur des tests de personnalité, comme les Big Five ou les Myers-Briggs. Sous la bannière de la psychologie factuelle, ces tests prétendent dire aux gens qui ils sont, et par la suite quel chemin de vie leur convient le mieux.
Êtes-vous un introverti? Alors vous feriez mieux de rester à l'écart des postes de vente et de gestion. Êtes-vous un penseur logique? Alors vous voudrez peut-être chercher votre avenir dans les statistiques et la comptabilité.
Aucun test de personnalité n'est sans défaut, et en particulier les deux mentionnés ci-dessus ont été critiqués pour leurs lacunes statistiques et leurs échecs méthodologiques. Mais même en dehors des tests de personnalité comme ceux-ci, la façon dont nous pensons à la personnalité est profondément imparfaite.

 

Il en est ainsi pour les trois raisons suivantes :
Problème n°1 Les catégories normatives ne correspondent pas aux trajectoires de vie individuelles
La « personnalité » fait référence aux cohérences au sein des personnes au fil du temps et des situations. Cela peut être une chose réelle, mais nos concepts existants de personnalité ont été façonnés et dominés par des cohérences entre les personnes à un moment donné, car c'est ainsi que nous les avons mesurés.
Les premiers statisticiens savaient que les différences entre les personnes pourraient ne pas prédire les développements au sein des personnes au fil du temps, mais pour diverses raisons statistiques, ils ont renoncé à cette préoccupation.
C'était une erreur.
Il s'avère que les différences entre les personnes ne peuvent pas prédire les développements au sein des personnes au fil du temps.
C'est mathématiquement impossible, car cette idée viole le "théorème ergodique", qui est une science établie depuis près d'un siècle en physique statistique.
Les physiciens ont à l'origine créé la théorie pour traiter les fonctions des événements dans l'espace et le temps, tels que le mouvement des molécules de gaz dans le volume de gaz, mais il y a environ 15 ans, un psychologue nommé Peter Molenaar s'est rendu compte que si vous considérez différentes personnes comme différentes parties de l'espace alors le théorème signifiait que les différences entre les personnes ne pourraient jamais être utilisées pour modéliser ou prédire les changements au sein des personnes au fil du temps.
Vous n'êtes pas obligé de faire confiance aux arguments mathématiques des physiciens (les calculs sont intimidants !), nous pouvons simplement regarder les données.
Par exemple, en 2009, Molenaar et un collègue ont examiné ce qui se passe lorsque 22 personnes sont évaluées 90 jours de suite sur des caractéristiques de personnalité « Big Five ».
Si vous avez regardé les 22 à un moment donné, le tour est joué ! Les "Big Five" sont sortis. Si vous avez examiné chaque individu sur 90 jours, combien ont montré une structure factorielle dans leurs réponses qui correspondait à ce modèle ?
Rien. Pas. Un seul. Personne.
De nombreuses études se sont penchées sur cette question et le taux de nouvelles recherches augmente rapidement. A ma connaissance "l'ergodicité" n'a jamais été démontrée par les humains.
Mais si cela est vrai, alors les études du collectif ne vous diront jamais ce que les individus feront au fil du temps. Et cela signifie que l'application personnelle de la plupart des psychologies traditionnelles à des individus, comme vous, est basée sur une erreur statistique fondamentale.
Oups.

 

Problème n°2 Les concepts de personnalité traditionnels expliquent peu le comportement
Toute la raison pour laquelle les psychologues ont essayé de caractériser la personnalité des gens est de faire des prédictions utiles sur la façon dont ils vont se comporter et fonctionner dans un large éventail de scénarios et de situations.
Les extravertis sont bruyants et aiment faire la fête, tandis que les personnes agressives ont tendance à se battre au poing. C'est la théorie, mais la réalité - comme vous l'avez peut-être deviné - est différente.
Quand il s'agit de prédire le comportement des gens, regarder leur personnalité ne vous aide pas vraiment. Il s'avère que les extravertis n'aiment pas nécessairement faire la fête, et les personnes avec un potentiel agressif pourraient ne pas aimer se salir les mains.
Comme les psychologues Todd Rose l'ont dit dans son livre The End of Average : « D'après les mathématiques de la corrélation […] vos traits de personnalité expliquent 9 % de votre comportement. Neuf pour cent ! réussite, les réalisations professionnelles et le succès romantique."
Bref, si vous voulez prédire comment une personne va se comporter, vous devez chercher ailleurs, ce qui m'amène à mon dernier point.
Problème n°3 Le contexte et le processus comptent plus que la personnalité
Lorsqu'il s'agit d'expliquer le comportement d'une personne, son contexte et les compétences fonctionnelles qu'elle déploie importent bien plus que sa personnalité.
L'histoire de la psychologie est pleine d'études où les gens se sont comportés de manière extraordinaire parce qu'ils ont été placés dans des circonstances extraordinaires.
Et n'est-ce pas aussi vrai pour votre propre vie ? N'êtes-vous pas beaucoup plus susceptible de vous comporter de manière autodisciplinée avec certains amis et collègues plutôt qu'avec d'autres ?
Vous pouvez être plus extraverti dans un contexte social et devenir plus introverti dans un autre. Un contexte peut vous pousser à être le meilleur, tandis qu'un autre peut vous inciter à devenir le pire.
Vous n'êtes ni l'un ni l'autre. Vous êtes tous les deux, selon votre contexte. Mais cela signifie que les compétences que vous déployez dans une situation sont là, attendant d'être utilisées, dans d'autres.
La raison pour laquelle vous percevez votre propre personnalité comme stable en grande partie est que vous vivez et évoluez dans la plupart des mêmes contextes.
C'est aussi parce que la culture humaine a vécu pendant 150 ans (depuis Galton avec ses courbes en cloche et ses écarts types) à l'intérieur de concepts normatifs qui ne nous donnent aucun autre moyen de penser notre propre comportement dans le contexte et dans le temps.
Mettez-vous dans un nouveau contexte et vous pourriez vous surprendre de savoir qui vous pouvez devenir.
Déployez les compétences que vous avez dans une situation dans une nouvelle situation (comme prendre la curiosité que vous avez déjà et la concentrer sur vos propres émotions difficiles au lieu de les fuir) et l'ensemble du réseau dynamique appelé "votre vie" peut changer radicalement.
L'étude de la personnalité et du comportement humain est profondément criblée de lacunes statistiques et de défauts conceptuels. Et bien que nous étiqueter comme « agréable », « névrotique » ou « introverti » puisse sembler « d’une précision choquante », cela ne rend pas justice à la complexité qui est vous.
Vous n'êtes pas une étiquette et vous n'appartenez pas à une boîte normative. La réalité est plus complexe et plus idiographique que cela.
Si vous voulez mieux vous comprendre et mieux comprendre les autres, soyez attentif au contexte dans lequel vous et les autres vous trouvez et notez la fonction des compétences déployées à ces moments-là. Comment le contexte facilite-t-il ou inhibe-t-il certains comportements ? Au service de quoi agissez-vous et réagissez-vous ?
À quoi ressemblera la « personnalité » lorsque nous cesserons de placer les concepts normatifs au-dessus des personnes ?
Découvrons-le!
Bien sûr, différentes personnes réagiront différemment à différents contextes. Une variation saine (essayez différentes choses !) guidée par la science vous aidera à apprendre à agir d'une manière qui facilite le meilleur de vous-même et inhibe vos tendances les plus myopes.
Et pour cette tâche, vous n'avez pas besoin de choisir un costume de clown conceptuel normatif pour ramper à l'intérieur, vous pouvez plutôt commencer par regarder votre propre vie et comment vous pouvez évoluer vers ce que vous voulez vraiment.
Steve Hayes
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5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 22:07

Chaque épode voit apparaitre des diables contre lesquels certains citoyens rentrent en croisade. Aujourd’hui c’est le vaccin contre le coronavirus, l’industrie pharmaceutique, le politique. Hier, cela a été l’arrivée du chemin de fer, la ceinture de sécurité, le rock’n roll, etc. Demain, cela sera probablement d’autres sujets, et on aura oublié ceux d’autre fois. Je vous propose dans cet article de faire un pas de côté pour poser une hypothèse neuronale à ce phénomène.

Les êtres humains sont des homos sapiens. C’est-à-dire des êtres qui pensent, voire qui pensent qu’ils pensent ! Penser est couteux énergétiquement pour le cerveau car cela ouvre de nombreuses questions dont on n’a pas de réponse et qui fait tourner la machine cérébrale à plein régime : qu’y a-t-il après la mort ? Quel est le sens de la vie ? Ou plus basiquement : est ce beau ? Est-ce bien ? Est-ce sécurisant ? etc. Oh la la ! Trop de questions qui peuvent donner le tournis ! Heureux les simple d'esprit!

Notre physiologie aime l’économie énergétique pour maintenir son équilibre physiologique (homéostasie). Aussi, croire, est une prédisposition qu’à notre cerveau pour simplifier ce questionnement sans fin, couteux énergétiquement. La vie devient plus simple car il suffit de croire en l’histoire que l’on se raconte pour vivre et n’avoir peur uniquement des diables boucs émissaires qu’elle génère, ce qui évite de se poser trop de questions, et permet à notre cerveau de ronronner tranquillement.

C’est probablement à cette fonction que sert la religion. Elle organise notre pensée autour d’histoires partagées par un groupe social et organise notre façon de vivre. Il n’y a plus de questions à se poser, de doute. La religion nous dit la vérité. Avec elle, on sait où est le mal et où est le bien, mais aussi la voie à prendre, comment vivre. Tout est écrit dans des livres mode d’emploi.
Malheureusement, comme l’a dit le philosophe Bernard Stiegler, l’avènements de la société industrielle et d’un monde scientifique a fait reculer la religion, après la deuxième guerre mondiale, et nous a plongé dans une misère symbolique, faute d’avoir pu faire naitre une spiritualité laïque.

Toujours Bernard Stiegler, il explique que le vide laissé a été pris en main par la société de consommation qui nous invente de jolies histoires pour nous faire consommer : "cela serait tellement bien d'avoir cet objet, ce vêtement, etc...". Cependant, ces histoires ne durent pas très longtemps et la société de consommation est source de dangers et de peurs qui amènent certains à croire en de nouvelles histoires (complotistes) et à s’inventer de nouveaux diables à combattre. Ensuite, les réseaux sociaux a permis à toutes ces personnes de discuter sans fin et sans pause sur la découverte de nouveaux diables. Auparavant, ils discutaient à quelques-uns au bistrot. A la fermeture, ils étaient mis dehors et tout s’arrêtait. Aujourd’hui, on se retrouve vite en perfusion continue de brèves de comptoir…

Ces diables apparaissent plus facilement chez des personnalités paranoïaques, chez des personnes ignorantes qui ne trouvent pas les outils de compréhension nécessaire à une situation, en outre le monde est de plus en plus complexe et difficile à appréhender et le doute cartésien n'est plus à la mode, mais aussi chez des personnes qui sont débordés, à un moment de leur vie, par des vagues émotionnelles et des situations insécurisantes. Le mécanisme du rationalisme morbide vient trouver explication à ce qui est difficile de nommer. C’est probablement ainsi qu’après la première vague épidémique du COVID où la plupart d’entre nous, nous nous sommes concentrés sur l’urgence et la façon de survivre face à un danger que l’on avait du mal à se représenter. Ensuite, c’est une fois que l’urgence était moins intense et que des pistes de sortie étaient possible, avec les gestes barrières et le vaccin, qu’à émerger un déplacement de la peur vers de nouveaux diables comme les vaccins. Pasteur doit se retourner dans sa tombe !

Notre époque ne sait plus nous raconter des histoires qui nous donnent envie de vivre et qui nous projettent dans un futur attractif. Notre société de communication crée des doutes et joue avec notre imaginaire. Il est de plus en plus difficile de trouver du sens à notre évolution et nous ne voyons plus que les effets nocifs de l’être humain, ce qui est source de désespoir et de désinvestissement pour certains et d’une éco anxiété pour d’autres. Le risque est que la détresse existentielle, le vertige de la vie et des projections possible amènent certains à se crisper sur les histoires et les croyances qui maintiennent leur mental en mode économiqueet les protègent momentanément de l'angoisse. Cet évitement expérientiel, selon l'approche act, génère des rigidification et un risque de dogmatisme avec la génèse de croyance sectaire qui entrave le dialogue et la discussion sur certaines questions de société. Le vivre ensemble devient alors compliqué.

C’est dans ce cadre que la perte de confiance dans les hommes politiques s’exerce. Ils ne répondent ni à nos besoins d’aujourd’hui ni ne sont porteurs de perspectives. Ne dit ont pas que si on veut faire construire un bateau à des ouvriers, il faut leur raconter les voyages que l’on peut faire avec ? Faute de projet collectif porteur de sens, nous guerroyons sans cesse à côté de soi-disant chevaliers du mal contre les ombres de notre époque, parfois jusqu'à l'épuisement.

Cela va être l’enjeu des prochaines élections présidentielles de trouver le héros qui nous donnera envie d’avancer dans le futur pour pas que le prochain président se transforme en un nouveau petit diable !

https://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2005-2-page-87.htm

Walraven Erna : Qui est le chef? Ed Delachaux

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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 07:57

Créer, c’est pouvoir inventer et innover. C’est s’autoriser à s’aventurer dans des chemins inconnus

La créativité en neuroscience est définie comme la capacité de produire quelque chose de nouveau et adapté à un contexte. Pour les Grecs, la créativité désignait le fait « d’apporter de la nouvelle vie dans la vie ». D’un point de vue cognitif, elle est également définie comme étant la possibilité de développer des solutions alternatives à une question simple ; la pensée divergente. Il ne s’agit pas de créer par hasard mais d’être engagé dans une intention créative adaptée à une situation, de faire flamber une idée pour en jouer, en passant par sa part d’enfant pour ne pas être raisonnable. 

Pourquoi créer ?

Tout simplement parce c’est une expérience, parce que c’est parfois nécessaire, parce que c’est enrichissant, parce que cela nous permet d’évoluer et de nous adapter, parce que c’est ludique.

La créativité surfe sur notre curiosité, sur notre capacité à explorer et à nous étonner.

La créativité prend aussi ses racines dans l’impermanence. En effet, l’impermanence fait que tout change en permanence et que nous avons la nécessité à chaque instant de nous ajuster.

On dit que l’on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau car l’eau n’est jamais deux fois la même et que nous ne sommes jamais deux fois la même personne. Chaque instant est un instant nouveau et peut-être une création éphémère, ce qui fait la beauté de chaque moment et ce qui produit éventuellement de la joie.

Pour créer, comme pour se baigner, cela demande de s’engager et de prendre des risques. En nous trompant, nous trouvons autre chose. L’erreur est une chance car elle permet l’innovation. C’est sur ce principe que s’appuie le design thinking, cette nouvelle façon de travailler et de manager. Au cours de celui-ci, on se préoccupe plus du chemin que du résultat. On loue l’erreur qui nous apprend tellement de choses. Il s’agit de travailler dans une intention que l’on suit avec bonne volonté tout en se laissant surprendre par ce qu’elle fait apparaitre. On essaie, on fait des prototypes qui génèrent d’autres prototypes, ainsi de suite.

Un jour les ingénieurs de 3 M ont voulu inventer une super colle. Ils ont trouvé une « colle de merde ». Ils n’ont pas jugé cela comme un échec en s’autoflagellant. Ils ont rebondi sur cette opportunité pour inventer les post-it. C’est sur ce même principe que Marie Curie a exploré la radioactivité à partir de plaque qu’elle a laissé trainer dans un tiroir et qu’elle a retrouvé avec des traces étranges. C’est ainsi que Christophe Collomb a découvert l’Amérique en pensant aller en Indes. La créativité nécessite de s’ouvrir à l’expérience et de permettre des associations et des recombinaisons intérieures pour pouvoir changer de perspectives par rapport à ce que l’on avait imaginé.

La créativité de nourrit de la capacité à faire un pas de côté et à changer de perspective. C’est ce que nous travaillons en thérapie ACT à travers le principe du désespoir créatif. Quand nous sommes désespérés que nos actions aboutissent aux mêmes pbs et aux mêmes conséquences néfastes, on finit par tenter de faire quelque chose de différents, plus en contact avec ce qui compte pour soi, pour gagner en cohérence et sortir d’une répétition toxique.

Graham Wallas avait décrit, en 1926, 4 étapes de la créativité

1. Préparation, nous définissons le problème, besoin, ou désir et rassemblons des informations de façon consciente ou pas pour nous aider à trouver une solution acceptable.
2. Incubation, nous prenons du recul par rapport au problème et laissons notre esprit travailler sur celui-ci. On laisse “reposer”.
3. Illumination, des idées viennent à notre esprit et forment les bases d’une réponse créative. Ces idées peuvent être tout ou partie de la solution recherchée. Cette phase est souvent très brève.
4. Vérification, cette dernière phase apporte une réflexion qui démontre que la phase d’illumination répond ou pas aux critères définis dans la phase de préparation.

Abordons maintenant les bases neuronales de la créativité

Il n’y a pas UNE région de la créativité. Les données les plus récentes indiquent que la créativité dépend de la connectivité entre plusieurs régions du cerveau et repose sur l’interaction entre plusieurs réseaux cérébraux. Deux réseaux principaux sont mis en avant. Le premier, le réseau du contrôle exécutif, est habituellement impliqué dans les processus de contrôle cognitif, ceux qui nous permettent d’exercer un contrôle sur nos pensées, nos actes, nos comportements en adéquation avec nos objectifs… Le second est appelé en général le « réseau par défaut », et serait impliqué dans la cognition spontanée, comme par exemple lorsque l’on fait des associations d’idées, que l’on vagabonde mentalement. Il s’exprime quand nous faisons trois stations de métro sans nous en rendre compte. Nous ne sommes pas endormis mais pas complètement présent et le cerveau travaille à notre insu. Nous pensons que ce réseau joue un rôle dans la génération spontanée d’idées, par association, alors que le réseau de contrôle exécutif permet de contraindre sa recherche d’idée, les manipuler mentalement, inhiber celles qui ne sont pas intéressantes et sélectionner celles qui le sont.

Le travail de créativité se nourrit de la capacité qu’à notre mental à vagabonder pour faire des associations inédites.

La créativité dépend à la fois de processus d’association d’idées spontanées et de la capacité d’exercer un contrôle sur cette générations spontanées de pensées, de façon à proposer des idées plus originales et plus adaptées. Un troisième réseau, le réseau « de saillance », a également été mis en évidence, et pourrait jouer un rôle d’aiguillage du traitement des informations par les deux réseaux précédents.

Notre cerveau génère spontanément des idées candidates et notre cerveau va faire le tri parmi celles-ci. Certaines personnes préfèrent des idées originales d’autres des idées adaptées au contexte. Le réseau neuronal de récompense pourrait influer sur notre créativité.

Un facteur majeur pour la créativité sont nos émotions. Le rôle des émotions n’est pas encore bien compris. Des émotions comme la joie semblent favoriser la créativité. L’émotion positive pourrait stimuler la recherche d’idées, mais permettrait aussi d’élargir ses associations sémantiques, d’être moins focalisé dans ses pensées et d’élargir le champ des associations possibles et donc de connecter des choses plus distantes. Le rôle des émotions négatives, comme la tristesse, est moins univoque. L’anxiété et le stress semblent être néfastes pour la créativité.

Notre intelligence émotionnelle est le support de cette fameuse intuition. Celle-ci a particulièrement été bien expliqué le fameux neurologue Antonio Damasio dans son célèbre livre « L’erreur de Descartes ou la raison des émotions ». Dans ce livre, il explique que notre intelligence émotionnelle est beaucoup plus rapide et efficace que notre intelligence cognitive. Elle se nourrit de l’écoute du corps à travers les informations que nous propose des marqueurs somatiques. Ces marqueurs somatiques sont comme une boussole. Ils nous informent et nous indiquent la direction à prendre. Damasio l’a particulièrement bien montré à travers son expérience du poker.

Dans cette expérience, il donne à un sujet une somme d’argent. Devant lui, il y a quatre paquets de cartes. Certaines cartes permettent de gagner de l’argent, d’autres en font perdre. Il y a deux paquets de cartes avec plus de cartes gagnantes et deux paquets de cartes avec plus de cartes perdantes.

 Le sujet pioche des cartes sur le paquet de son choix. Au bout d’un certain temps, il observe très vite qu’il est préférable de piocher dans les paquets de cartes où il y a plus de cartes gagnantes. On lui pose un capteur de transpiration sur le bras. Cette transpiration reflète son niveau émotionnel. Avant même que sa tête sait quelles sont les paquets de cartes avec plus de cartes gagnantes, l’individu se met à plus transpirer quand ses mains vont sur les paquets avec plus de cartes perdantes. Cela veut dire que notre corps sait avant notre tête. La pleine conscience permet d’entendre les murmurent de notre corps. C’est en cela que les gens que l’on dit « hypersensible » ont en fait un superpouvoir qu’ils ont à apprendre à apprivoiser. Ce travail souterrain de notre corps à travers notre intelligence est la phase d’incubation qui permet la saillance d’une idée à travers le fameux Eureka !

La créativité se nourrit de notre capacité à écouter notre corps et à faire des choses « quand l’idée nous en prends », comme le dit Steve Mac Queen dans les 7 mercenaires, même si cela nous parait initialement un peu dingue. La créativité demande une capacité d’oser et de se libérer de notre prison mentale qui nous entrave à travers des « il faut » et des « Je dois », ou bien une vision normative qui nous empêche de faire un pas de côté pour observer une situation différemment et peut-être éclairer des aspects que l’on n’avait pas vu initialement.

 

Enfin, la motivation joue un rôle crucial dans la créativité et est au cœur de certains modèles théoriques, en interaction avec les capacités cognitives et l’expertise d’un individu dans un domaine donné. Renforcer la motivation serait donc un levier majeur de créativité.

D’un point de vue psychiatrique la créativité est très liée à la bipolarité. Il y a sur représentation de ce trouble chez les artistes et les créateurs comme Maurice Schuman. Elle peut être influencée par la prise de drogues. De nombreuses expériences ont été faites avec le LSD. Cependant la bipolarité comme la prise de drogue n’est pas sans risque ni sans souffrance. D’un point de vue évolutionniste, peut-être que la bipolarité permet à certains hommes d’avoir la folie de faire ce pas de côté nécessaire pour évoluer. Roosevelt disait de Churchill que celui-ci, dans ses phases maniaques, débordaient d’idées improbables mais en avait au moins une suffisamment géniale permettant d’avancer dans cette terrible guerre.

La créativité dépend de systèmes neurologiques pouvant être stimulés par des drogues ou des pathologies psychiatriques comme certaines maladies peuvent l’altérée, comme cela a été le cas pour Maurice Ravel, après son accident de voiture. La créativité est le produit d’une prédisposition individuelle influencée par un contexte, un environnement et une histoire.

Innover nous demande de sortir de notre zone de confort. C’est une prise de risque.

La prise de risque nous confronte à la peur. La peur est une émotion qui nous informe que notre besoin de sécurité n’est pas comblé et nous donne l’énergie pour le satisfaire. Cette énergie peut nous aider à avancer et à traverser la peur avec plus d’élan et de vigilance comme elle peut nous bloquer en répondant à la théorie des 3 F

F comme flight : on fuit

F comme Fight : on lutte

F comme Freeze : on est bloqué sur place

Revenons à la baignade. La vie est comme la mer. Les vagues sont comme les événements de vie ou les émotions. On ne sait pas celles qui vont nous arriver. Si on lutte contre les vagues, on risque de boire la tasse. Si on veut comprendre pourquoi il y a des vagues, on peut faire des thèses jusqu’à la fin de sa vie.

Vivre consiste à choisir quelle vague nous voulons prendre pour la surfer tout en nous rapprochant de ce qui compte pour nous. Si on n’est pas dans l’instant présent, on tombe de sa planche et si on ne s’engage pas dans l’eau, on finit comme Brice de Nice. Les clowns sont des surfer free style, jouant de tout, en création permanente, sans se poser la question du quand dira-ton.

La pratique de la pleine conscience permet d’apprendre à traverser sa peur et d’observer une chose ou une situation sous plusieurs angles avec la naïveté de l’innocent sans être pollué par des attentes, des croyances ou des règles.

C’est en cela que le médecin est aussi à sa manière un artiste car chaque patient est différent du précédent et souvent différent de ce qu’il a appris dans les livres. Il a besoin d’agilité et de flexibilité pour ajuster son observation de la situation, prendre de la hauteur ou parfois changer de perspectives pour comprendre ce qui se passe et la façon d’aborder et de traiter le problème que lui apporte le patient. C’est notamment en cela que la pratique de la pleine conscience est utile au soignant pour avoir la créativité nécessaire afin de produire un soin personnel à chacun et non un soin industriel que lui offrirai un employé de santé. Cela demande prendre le temps d’observer afin de ne pas trop se précipiter dans le faire. Cela demande de soigner tout en observant et en ayant une position méta. Cela demande de cultiver aussi ce que l’on appelle l’à-propos. L’à-propos est ce terme usité en escrime mais aussi en clown qui décrit ce geste, cette proposition spontanée, qui va fonctionner sans véritablement avoir à y penser.

 

C’est à cela que nous allons nous entrainer en nous inscrivant dans l’instant du moment à travers la méditation.

https://institutducerveau-icm.org/fr/creativite-neuroscience/

https://www.cairn.info/revue-psn-2014-2-page-77.htm

https://www.scienceshumaines.com/les-quatre-sources-de-la-creativite_fr_31816.html

Seznec JC et Ouvrier-Buffet E.: Pratiquer l'ACT par le clown. Ed Dunod

 

 

 

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 14:52

Dans son livre classique Man's Search for Meaning, Viktor Frankl raconte l'histoire d'un de ses clients qui était terrorisé par une peur constante de transpirer. Chaque fois qu'il s'attendait à transpirer, il devenait anxieux, le faisant transpirer abondamment, ce qui confirmerait ainsi sa plus grande peur. Ce cycle est devenu de pire en pire, jusqu'à ce qu'il décide finalement de chercher de l'aide professionnelle. Il n'a pas aimé ce qui a suivi.

Frankl lui a confié une tâche presque impossible : la prochaine fois qu'il transpirait, il devrait le montrer aux autres. Ne plus se cacher. Au lieu de cela, il devrait montrer ses aisselles moites pour que le monde puisse les voir. Et comme si cela ne suffisait pas, il devrait essayer de transpirer autant que possible.

C'était son pire cauchemar qui devenait réalité. Et pourtant, il a suivi le conseil. Et après des années de souffrance, en seulement une semaine, il a été libéré de sa phobie.

De nombreuses années plus tard, nous avons beaucoup appris sur la façon dont « l'exposition » fonctionne et peut être réalisée au mieux. Elle peut en effet avoir un impact très rapide chez de nombreux clients, et c'est l'une des méthodes d'intervention les mieux supportées dans toutes les sciences du comportement. Mais quelle est la leçon la plus profonde de l'émotion et de l'exposition ?

Vos émotions vous aident à donner un sens au monde. Au cœur d'une émotion se trouve une expérience subjective de sa valence – ce que les scientifiques des émotions appellent « affect ». Quelle que soit votre situation, vos émotions sont rapides à peser et de manière générale, l'affect est ce sur quoi nous nous concentrons le plus. Vous avez un gâteau au chocolat devant vous ? C'est bon! Vous voyez une araignée sur la table ? C'est mauvais! Vous voyez l'araignée ramper vers votre gâteau au chocolat ? C'est extrêmement mauvais !

Vos réactions affectives vous indiquent quelles expériences sont souhaitables et lesquelles ne le sont pas, mais l'expérience émotionnelle totale comprend ce que fait votre corps, les pensées que vous avez, le contexte dans lequel vous êtes et auquel vous êtes sensible, vos pulsions et votre motivation. Les émotions ne sont pas un simple guide mais vous pouvez apprendre beaucoup en les observant et en les décrivant. Vous pouvez apprendre beaucoup en appréciant leur vie secrète.

Le problème est le suivant : les caractéristiques affectives des émotions ont tendance à dominer… MAINTENANT. Notre valence subjective de l'émotion est presque tout ce que nous pouvons voir. C'est génial lorsque vous voulez décider quelle garniture convient le mieux à votre crème glacée. Mais cela peut nuire à vos objectifs et intérêts plus significatifs.

Lorsque les émotions ne concernent que ce qui est agréable ou désagréable dans l'expérience subjective en ce moment, les caractéristiques les plus importantes de l'émotion disparaissent. Nous devrions remarquer ces caractéristiques. A quoi me rappelle cette situation ? Qu'est-ce que je ressens exactement dans mon corps et où ? Y a-t-il un nom pour cela ? L'ai-je déjà ressenti ? À quoi ce sentiment suggère-t-il que j'ai besoin ou que je devrais m'occuper?

Vous pouvez apprendre beaucoup en remarquant et en décrivant simplement ce que vous ressentez et ce que cela suggère sur la meilleure façon d'atteindre vos objectifs. Ce sont les problèmes qui vous impactent le plus sur le long terme. Lorsque votre vie tourne entièrement autour de la valence subjective de ce que vous ressentez MAINTENANT, tout cela passe à l'arrière-plan.

Vous programmez activement l'ignorance émotionnelle. Vous êtes dans le pétrin.

Au lieu d'explorer une alimentation saine, vous pourriez disparaître sans réfléchir dans un autre bol de crème glacée avec des pépites arc-en-ciel. Au lieu d'économiser et d'investir pour des façons basées sur les valeurs d'utiliser votre argent, vous pourriez dépenser beaucoup trop pour des achats en ligne frivoles. Au lieu de concilier un conflit avec votre partenaire, vous lâchez un coup de gueule non censuré. Et au lieu de laisser la vulnérabilité émotionnelle vous orienter vers ce qui vous tient à cœur, vous pouvez laisser vos peurs et vos insécurités irrationnelles contrôler et dicter votre vie.

Si vous pouvez ralentir et développer ; si vous arrêtez de courir ou de vous accrocher et que vous adoptez un sens de la curiosité, les émotions deviennent plus nuancées et différenciées. Rappelez-vous à quel point c'était effrayant lorsque vous conduisiez une voiture pour la première fois et à quel point cet impact a rendu difficile la séquence de vos compétences ? Il y a de fortes chances que vous ressentiez maintenant un ensemble d'émotions plus douces et plus larges en conduisant et que leurs interférences comportementales indésirables soient beaucoup moins importantes. Au lieu de cela, vous pouvez maintenant apprécier la conduite.

Lorsque vous élargissez vos actions et passez davantage à la curiosité et à l'observation - même si l'affect vous dit de courir - vous pouvez en apprendre davantage et les émotions deviennent un guide utile. C'est pourquoi je préconise de faire de la place à vos émotions, mais sans vous accrocher.

Lorsque la peur surgit, ne vous contentez pas de vous éloigner pour que la peur se dissipe. Au lieu de cela, restez. Permettez-vous de ressentir la nervosité, le gonflement de votre estomac, les genoux faibles, la transpiration et tout ce qui va avec. C'est l'une des choses les plus difficiles à faire dans la vie, mais c'est aussi l'une des plus gratifiantes, car elle vous permet de faire ce qui compte pour vous : que ce soit conduire une voiture, demander de l'aide ou transpirer négligemment en public.

Lorsque la joie surgit, savourez et appréciez mais ne vous accrochez pas. Souvenez-vous que « cela aussi passera » et c'est une bonne chose. Pour que les émotions véhiculent des informations utiles, il faut qu'elles le soient.

Si vous courez, vous dites à des parties fondamentales de votre cerveau « Je suppose que cette menace était vraiment réelle. Je suppose que cette menace était vraiment réelle. Je ferais mieux d'augmenter le levier émotionnel, donc je suis protégé la prochaine fois". Vous vous entraînez à avoir peur, quelle que soit la situation. Si vous vous accrochez, vous dites « Le changement de cette émotion est une menace » et comme ce n'est pas en soi un endroit heureux, le bonheur glisse entre vos mains comme du sable.

Heureusement, cela fonctionne également dans la direction opposée : plus vous vous permettez de ressentir vos émotions, telles qu'elles sont - et non telles que vos réactions valences immédiates le disent - plus la montée et la chute des émotions peuvent vous ancrer dans l'instant. d'une manière utile.

Notez que vous ne pouvez pas vous tromper. Si vous vous ouvrez à une émotion pour vous en débarrasser, vous serez déçu. Autorisez la pleine émotion - sans si ni mais.

Si vous voulez un contrôle sain de votre vie, vous devez activement entraîner vos émotions à être votre alliée. Ils ont un rôle à jouer plus riche et bien plus intéressant que leur valence subjective dans le présent. Vous n'entrerez jamais dans leur vie secrète tant que vous n'aurez pas arrêté de courir ou de vous accrocher.

Observer. Décris. Apprécier.

Faites-le et vous découvrirez peut-être que vous avez toujours des alliés pour une vie saine.

Paix, amour et vie

Steve Hayes

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 13:00

La Crise COVID a bouleversé l’économie et modifier la façon de travailler. Dans beaucoup d’endroit les entreprises comme les salariés ont montré leur agilité à modifier leur façon de travailler. Tout cela veut dire que l’entreprise est plus flexible que l’on pouvait l’imaginer. Il est tout à fait possible de travailler différemment, de bouger notre façon de travailler pour le bénéfice de tous.

Alors pourquoi pas moderniser la façon de travailler ensemble et de manager ? Chiche ! C’est une question d’intention et mener celle-ci avec bonne volonté. Et si on rêvait un peu sur le profil du manger Post Covid ?

  • L’après COVID est l’opportunité de faire évoluer le management pour sortir d’un management anxieux et pyramidale trouvant des solutions dans le contrôle, la rentabilité immédiate et la course aux objectifs, pour un management humain, flexible et ajusté. Il aura pleine conscience que le capital humain fait partie du capital de l’entreprise et prendra en compte la part humaine de ses ressources pour réconcilier l’efficacité de l’entreprise avec l’épanouissement de chacun.
  • Le manager éveillé sera formé aux techniques de management et à la gestion de l’humain. Il n’obtiendra pas ce titre qu’à son seul mérite. Il fera une grande part à la collaboration et sortira d’une vision comptable de son exercice. Cela se traduira par une volonté de faire grandir ses collaborateurs et de gérer ses équipes tel un chef d’orchestre. Il mettra en avant le design thinking en privilégiant les processus et le chemin au moins autant que les résultats afin de générer de la créativité et de l’audace. Il développera l’apprentissage par l’expérience et l’erreur. Il développera, sein de l’entreprise le mentorat, le tutorat ou le parrainage pour favoriser le lien entre tous.
  • Il insufflera du féminin dans son style en privilégiant le lien, la collaboration et l’interdépendance pour une organisation beaucoup en réseau qui s’appuiera, avec confiance et bienveillance, sur les compétences et le professionnalisme de ses collaborateurs qu’il aura développé.
  • Il saura tirer parti des qualités de ces collaborateurs, quelque soit leur sexe, en tenant compte des contraintes des uns et des autres dans leur physiologie mais aussi dans leur organisation familiale, leur éloignement géographique, etc.
  • Il aura une vision écologique tant dans l’organisation de son système de travail et de son fonctionnement que dans le respect de la nature. La croissance ne sera pas son seul objectif. Il aura encore plus conscience de son rôle social. Il tiendra compte, dans l’organisation de son travail, de la géographie de son activité pour diminuer l’impact écologique de l’activité de son entreprise en favorisant le télétravail et les réunions virtuelles.
  • Au final, le manager post COVID aura envie de relever tous ces challenges essentiels à la survie de tous.

Et vous ? Serez vous un manager agile et innovant ? De quel monde professionnel avez-vous envie ?

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 10:43
Bonjour à tous,

Je suis très heureux de vous annoncer la sortie, ce jour 19 mai, du livre que j’ai écrit avec la fabuleuse Jeanne Siaud Facchin

Grandir, vivre Devenir 

aux éditions Odile Jacob.

Ce livre est extraordinaire car il ne ressemble à rien de ce qui a été écrit jusqu’alors sur ce sujet.

En effet, Jeanne et moi, nous nous intéressons beaucoup à l’évolution de la psychologie et à la façon de la rendre moderne et adaptée au monde d’aujourd’hui, tout en l’enrichissant avec l’évolution des connaissances scientifiques de notre époque.

La psychothérapie, à la papa, façon Woody Allen, où l’on raconte sa vie pendant 60 ans, appartient au XXème siècle. Aujourd’hui, les gens ont besoin de pratique, de pragmatisme et de l’efficace pour changer significativement leur vie, savoir comment surfer dans la vie et moins souffrir.

Pour toutes ces raisons, dans ce livre, nous évoquons de nouvelles approches psychothérapeutiques comme la pleine conscience, l’act, la théorie des cadres relationnelles dans une approche intégrative.

Tous, les deux on est des affreux curieux et des sacrés bavards. On s’est demandé comment s’y prendre pour se questionner sur ce sujet.

Entre temps, voici que le covid et le confinement sont arrivés ! Que cela ne tienne, on s’est dit que l’on allait remettre au gout du jour un vieux principe littéraire qui s’avérait très moderne en cette époque des gestes barrières : la correspondance !

En effet, quel formidable outil de dialogue et de réflexion que la correspondance, en cette époque où l’on tweet plus vite que son ombre, où l’on like et où l’on s’exprime le plus souvent comme des trolls.

Aussi, on a pris un immense plaisir à dialoguer autour de la psychologie, des pb de société d’aujourd’hui, sur la façon de grandir, vivre et devenir dans le contexte d’aujourd’hui. Nous avons déambulé dans ces sujets existentiels et ses questionnement si importants pour tous, tout en échangeant sur nos histoires de vie. La psychologie concerne tout le monde, donc nous aussi.

On n’est rien que des humains !

En fait ce livre est un vrai mille-feuille (cela tombe bien pour un livre de correspondance !), qui j’espère se dégustera cet été avec délice, et qui explore de nombreux autres thèmes connexes.

Nous y parlons de danse, de clown, de new burlesque, de médiation, de littérature, de cinéma pour illustrer avec gourmandise ce livre. Par exemple, tout comme HK et les saltimbanks l’ont fait avec le tube du covid « danser encore », nous avons, nous aussi, parlé de ce besoin de danser qui s’est aussi emparé de nous.

Grandir, vivre, devenir est un livre pour voyager dans la psychologie et de questions existentielles avec douceurs travers cette correspondance. C’est un livre pour l’été qui explore la vie de façon moderne et incarnée. J’espère que qu’il sera reçu avec autant d’enthousiasme que nous en avons eu, Jeanne et moi, pour l’écrire.

Merci pour votre accueil !

Bonne lecture

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 08:47

Les premières menstruations sont le départ d’une véritable révolution dans le corps de la fillette. Tout va changer : ses repères corporelles, sensorielles, émotionnelles. La notion de sang va évoluer et La jeune fille va rentrer dans le cycle de la lune : Phase pré-ovulatoire, phase ovulatoire, phase de nidation et les règles.

Ces fameuses menstruations sont l’aspect visible de cette transformation. Grandir, c’est évoluer et parfois muer, la venue des règles en sont l’expression la plus visible. C’est une étape importante à accueillir, à accepter, à accompagner et à intégrer dans son quotidien. Elles seront désormais présentes et rythmeront la vie féminie et nécessiteront d’en tenir compte, en fonction des activités choisies. En effet certaines personnes doivent composer avec un syndrome prémenstruel parfois invalidant :  une fatigabilité et une sensibilité accrue. A l’école, comme en entreprise, les congés menstruels n’existent pas encore ! Notre société moderne semble avoir encore des difficultés à considérer le cycle féminin et lui trouver une place dans l’organisation sociale.

L’apparitions des règles signe un temps où la petite fille est poussée dans le monde des femmes, avec la possibilité d’une sexualité et de procréer, alors qu’elle se ressent encore une enfant. D’ailleurs, à cet âge, tout ce qui tourne autour de la sexualité est vécu comme honteux. Cette émotion est utile car elle protège la petite fille d’une entrée trop précoce dans le monde de la sexualité. Son corps la devance en se signalant et en la poussant dans le cycle féminin. Par ailleurs, il existe parfois une inadéquation entre la maturité corporelle à la sexualité et la maturité émotionnelle, sensorielle et sensuelle. Cette dysharmonie est parfois source de quiproquos et de difficultés lors des premiers flirts. On n’apprend pas suffisamment aux garçons et aux filles comment fonctionne leur corps et celui de ses partenaires.

L’apparition des premières règles confronte aussi la jeune fille au sang. Petite fille, le sang n’était que signe de blessures ou de coupures, voire de mort. Il faisait peur et était source d’inquiétude. Il va lui falloir construire de nouvelles références et de nouveaux tributs à son apparition. Désormais, le sang sera signe de sa féminité. Elle aura à accueillir chaque mois ce sang et intégrer que sa présence n’est pas signe de danger, de maladie et n’est pas honteux. Il est juste une expression physiologique de son corps qui vit et de son utérus qui fait sa mue tous les mois pour se rendre disponible à la procréation.

En parallèle à cette évolution corporelle, le système émotionnel de la jeune fille va changer de registre pour passer en mode turbo. Elle va se retrouver avec le réveil d’un volcan intérieur d’où va jaillir, de façon inopinée des émotions qui se traduisent par des vagues d’envie, d’énergie, de sensations physiques qui vont inonder son être et qui peuvent parfois lui donner l’impression de ne plus se reconnaitre. Ces vagues émotionnelles sont parfois paniquante et sont à apprivoiser pour ne pas qu’elles débordent de façon inadéquate où que la jeune fille trouve de fausses bonnes solutions pour apaiser ce chantier intérieur : troubles du comportement alimentaire, etc.

Le piège de cette brutale transformation serait de lutter contre celle-ci, de se crisper devant ces nouvelles sensations, au risque de développer des douleurs émotionnelles venant s’ajouter à l’inconfort de cette saison intérieure. Alors comment faire ?

La première étape est probablement l’acceptation, la considération de cette mue et la possibilité de partage avec un autre de ce qui se passe à l’intérieur de soi, afin de mettre des mots et des représentations constructives, et non des maux mais aussi pour ne pas se retrouver seule face à un corps qui échappe.

Alors qui d’autre que le père peut jouer ce rôle ?

  • En effet, il est la personne la plus proche de l’enfant et la plus bienveillante, à priori, en tant que parent, qui symbolise l’autre. Car en tant qu’autre et homme, il ne vivra jamais ce que cette jeune fille vit. En accompagnant sa fille dans ce moment, il lui accorde l’altérité et la possibilité de vivre et de considérer avec bienveillance ce moment de transformation qui la rend unique et participe à son identité.
  • En considérant l’apparition de ces menstruations, il ne fera pas de sa fille une paria, au risque de vivre de façon problématique ou honteuse ses menstruations mais il l’autorisera à se différencier en tant que femme dans la communauté des êtres humains.
  • Les règles ne sont pas un problème ni une maladie mais juste un phénomène physiologique. Son regard viendra s’ajouter aux partages qu’aura cette jeune fille avec ses copines et sa mère sur ce phénomène physiologique.
  • Ce regard lui signifiera qu’elle est toujours sa fille aimée au-delà de cette transformation.

Pour matérialiser cet accueil, le geste symbolique du père est peut-être d’offrir le premier kit de règles à sa fille : une trousse personnalisée avec des protections périodiques, des protèges slip, un guide explicatif et une roue pour calculer et anticiper les prochaines règles. Un kit qui dit à son enfant bienvenue dans le monde des femmes, des êtres vivants et humains. Une offrande intime entre un père et sa fille qui reconnait l’altérité de son enfant et qui l’encourage à s’engager dans le chemin de son évolution. Qu’en pensez-vous ?

 

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:51

Du 31 mars au 7 avril aura lieu les élections URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé). Les URPS organisent la vie des soignants libéraux, signent les conventions avec les tutelles :  l’Etat et la CPAM.

Force est de constater que notre système de santé se dégrade. Il s’est soviétisé dans une dérive comptable et administrative qui transforme les patients en des consommateurs de soin et les soignants en employés de santé, un système où tout le monde est perdant et où  tout le monde est en souffrance frustrée et incompris. Cette dérive est notamment due aux conventions signées par les syndicats de soignants dans l’unique but de pouvoir toucher leur subvention. En effet, tout comme les partis politiques, les syndicats touchent une subvention financière en fonction du nombre de votant pour leur liste. La seule différence, et non la moindre, est que pour la toucher ils doivent signer la convention : ce que l’on appelle un conflit d’intérêt organisé par l’état. Je ne veux plus d'un système gérer par des apparatchiks!

Pour ma part, je suis médecin libéral. Ce métier je l’exerce avec âme et conscience en collaboration avec mes patients, les différents organismes et mes collègues. N’étant pas handicapé et en pleine possession de mes moyens je n’ai pas besoin de « tutelle » mais de pouvoir collaborer en bonne intelligence avec les différentes instances. Je ne souhaite pas être asservi, ni que l’on me dise comment je dois soigner et quels médicaments je dois prescrire. L’idée d’une rémunération à la performance à l’aide des ROSP me scandalise et est à l’encontre de mes valeurs. D’ailleurs, on a vu comment une rémunération à l’aide de subvention a paupérisé les agriculteurs. Les médecins tout comme les agriculteurs se suicident deux fois plus que la population générale. Or l’Etat et la CPAM Veulent de plus en plus réduire le paiement à l’acte pour développer le paiement en subvention et faire disparaitre ainsi la médecine libérale.

Je ne me retrouve pas dans le système de soin d’aujourd’hui. Je vois toutes les difficultés qu’à l’état à organiser la gestion de la crise du COVID après avoir épuiser les soignants juste avant Je vois comment tous les soignants sont infantilisés et humiliés en permanence. La moitié des médecins sont en burn out.

Je souhaite retrouver ma dignité et ma liberté d’exercice pour pouvoir l’exercer avec intelligence comme ma formation me l’a enseigné. Je souhaite pouvoir faire une médecine de qualité, justement rétribué, pour m’adapter aux situations cliniques de chacun.
De ce fait, j’ai choisi de m’engager dans ces élections avec le nouveau syndicat UFML (Union Française pour une Médecine Libre) auquel j’ai participé à sa création lors de la lutte contre la loi de santé promulgué par Marisol Touraine et le seul qui défend activement une médecine libre.

Chers confrères, cette année, les élections ont lieu par vote électronique. Ne perdez pas vos codes pour pouvoir voter. Merci de votre soutien. Je compte sur votre vote pour l’UFML.

 

 

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