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17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 07:57

Créer, c’est pouvoir inventer et innover. C’est s’autoriser à s’aventurer dans des chemins inconnus

La créativité en neuroscience est définie comme la capacité de produire quelque chose de nouveau et adapté à un contexte. Pour les Grecs, la créativité désignait le fait « d’apporter de la nouvelle vie dans la vie ». D’un point de vue cognitif, elle est également définie comme étant la possibilité de développer des solutions alternatives à une question simple ; la pensée divergente. Il ne s’agit pas de créer par hasard mais d’être engagé dans une intention créative adaptée à une situation, de faire flamber une idée pour en jouer, en passant par sa part d’enfant pour ne pas être raisonnable. 

Pourquoi créer ?

Tout simplement parce c’est une expérience, parce que c’est parfois nécessaire, parce que c’est enrichissant, parce que cela nous permet d’évoluer et de nous adapter, parce que c’est ludique.

La créativité surfe sur notre curiosité, sur notre capacité à explorer et à nous étonner.

La créativité prend aussi ses racines dans l’impermanence. En effet, l’impermanence fait que tout change en permanence et que nous avons la nécessité à chaque instant de nous ajuster.

On dit que l’on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau car l’eau n’est jamais deux fois la même et que nous ne sommes jamais deux fois la même personne. Chaque instant est un instant nouveau et peut-être une création éphémère, ce qui fait la beauté de chaque moment et ce qui produit éventuellement de la joie.

Pour créer, comme pour se baigner, cela demande de s’engager et de prendre des risques. En nous trompant, nous trouvons autre chose. L’erreur est une chance car elle permet l’innovation. C’est sur ce principe que s’appuie le design thinking, cette nouvelle façon de travailler et de manager. Au cours de celui-ci, on se préoccupe plus du chemin que du résultat. On loue l’erreur qui nous apprend tellement de choses. Il s’agit de travailler dans une intention que l’on suit avec bonne volonté tout en se laissant surprendre par ce qu’elle fait apparaitre. On essaie, on fait des prototypes qui génèrent d’autres prototypes, ainsi de suite.

Un jour les ingénieurs de 3 M ont voulu inventer une super colle. Ils ont trouvé une « colle de merde ». Ils n’ont pas jugé cela comme un échec en s’autoflagellant. Ils ont rebondi sur cette opportunité pour inventer les post-it. C’est sur ce même principe que Marie Curie a exploré la radioactivité à partir de plaque qu’elle a laissé trainer dans un tiroir et qu’elle a retrouvé avec des traces étranges. C’est ainsi que Christophe Collomb a découvert l’Amérique en pensant aller en Indes. La créativité nécessite de s’ouvrir à l’expérience et de permettre des associations et des recombinaisons intérieures pour pouvoir changer de perspectives par rapport à ce que l’on avait imaginé.

La créativité de nourrit de la capacité à faire un pas de côté et à changer de perspective. C’est ce que nous travaillons en thérapie ACT à travers le principe du désespoir créatif. Quand nous sommes désespérés que nos actions aboutissent aux mêmes pbs et aux mêmes conséquences néfastes, on finit par tenter de faire quelque chose de différents, plus en contact avec ce qui compte pour soi, pour gagner en cohérence et sortir d’une répétition toxique.

Graham Wallas avait décrit, en 1926, 4 étapes de la créativité

1. Préparation, nous définissons le problème, besoin, ou désir et rassemblons des informations de façon consciente ou pas pour nous aider à trouver une solution acceptable.
2. Incubation, nous prenons du recul par rapport au problème et laissons notre esprit travailler sur celui-ci. On laisse “reposer”.
3. Illumination, des idées viennent à notre esprit et forment les bases d’une réponse créative. Ces idées peuvent être tout ou partie de la solution recherchée. Cette phase est souvent très brève.
4. Vérification, cette dernière phase apporte une réflexion qui démontre que la phase d’illumination répond ou pas aux critères définis dans la phase de préparation.

Abordons maintenant les bases neuronales de la créativité

Il n’y a pas UNE région de la créativité. Les données les plus récentes indiquent que la créativité dépend de la connectivité entre plusieurs régions du cerveau et repose sur l’interaction entre plusieurs réseaux cérébraux. Deux réseaux principaux sont mis en avant. Le premier, le réseau du contrôle exécutif, est habituellement impliqué dans les processus de contrôle cognitif, ceux qui nous permettent d’exercer un contrôle sur nos pensées, nos actes, nos comportements en adéquation avec nos objectifs… Le second est appelé en général le « réseau par défaut », et serait impliqué dans la cognition spontanée, comme par exemple lorsque l’on fait des associations d’idées, que l’on vagabonde mentalement. Il s’exprime quand nous faisons trois stations de métro sans nous en rendre compte. Nous ne sommes pas endormis mais pas complètement présent et le cerveau travaille à notre insu. Nous pensons que ce réseau joue un rôle dans la génération spontanée d’idées, par association, alors que le réseau de contrôle exécutif permet de contraindre sa recherche d’idée, les manipuler mentalement, inhiber celles qui ne sont pas intéressantes et sélectionner celles qui le sont.

Le travail de créativité se nourrit de la capacité qu’à notre mental à vagabonder pour faire des associations inédites.

La créativité dépend à la fois de processus d’association d’idées spontanées et de la capacité d’exercer un contrôle sur cette générations spontanées de pensées, de façon à proposer des idées plus originales et plus adaptées. Un troisième réseau, le réseau « de saillance », a également été mis en évidence, et pourrait jouer un rôle d’aiguillage du traitement des informations par les deux réseaux précédents.

Notre cerveau génère spontanément des idées candidates et notre cerveau va faire le tri parmi celles-ci. Certaines personnes préfèrent des idées originales d’autres des idées adaptées au contexte. Le réseau neuronal de récompense pourrait influer sur notre créativité.

Un facteur majeur pour la créativité sont nos émotions. Le rôle des émotions n’est pas encore bien compris. Des émotions comme la joie semblent favoriser la créativité. L’émotion positive pourrait stimuler la recherche d’idées, mais permettrait aussi d’élargir ses associations sémantiques, d’être moins focalisé dans ses pensées et d’élargir le champ des associations possibles et donc de connecter des choses plus distantes. Le rôle des émotions négatives, comme la tristesse, est moins univoque. L’anxiété et le stress semblent être néfastes pour la créativité.

Notre intelligence émotionnelle est le support de cette fameuse intuition. Celle-ci a particulièrement été bien expliqué le fameux neurologue Antonio Damasio dans son célèbre livre « L’erreur de Descartes ou la raison des émotions ». Dans ce livre, il explique que notre intelligence émotionnelle est beaucoup plus rapide et efficace que notre intelligence cognitive. Elle se nourrit de l’écoute du corps à travers les informations que nous propose des marqueurs somatiques. Ces marqueurs somatiques sont comme une boussole. Ils nous informent et nous indiquent la direction à prendre. Damasio l’a particulièrement bien montré à travers son expérience du poker.

Dans cette expérience, il donne à un sujet une somme d’argent. Devant lui, il y a quatre paquets de cartes. Certaines cartes permettent de gagner de l’argent, d’autres en font perdre. Il y a deux paquets de cartes avec plus de cartes gagnantes et deux paquets de cartes avec plus de cartes perdantes.

 Le sujet pioche des cartes sur le paquet de son choix. Au bout d’un certain temps, il observe très vite qu’il est préférable de piocher dans les paquets de cartes où il y a plus de cartes gagnantes. On lui pose un capteur de transpiration sur le bras. Cette transpiration reflète son niveau émotionnel. Avant même que sa tête sait quelles sont les paquets de cartes avec plus de cartes gagnantes, l’individu se met à plus transpirer quand ses mains vont sur les paquets avec plus de cartes perdantes. Cela veut dire que notre corps sait avant notre tête. La pleine conscience permet d’entendre les murmurent de notre corps. C’est en cela que les gens que l’on dit « hypersensible » ont en fait un superpouvoir qu’ils ont à apprendre à apprivoiser. Ce travail souterrain de notre corps à travers notre intelligence est la phase d’incubation qui permet la saillance d’une idée à travers le fameux Eureka !

La créativité se nourrit de notre capacité à écouter notre corps et à faire des choses « quand l’idée nous en prends », comme le dit Steve Mac Queen dans les 7 mercenaires, même si cela nous parait initialement un peu dingue. La créativité demande une capacité d’oser et de se libérer de notre prison mentale qui nous entrave à travers des « il faut » et des « Je dois », ou bien une vision normative qui nous empêche de faire un pas de côté pour observer une situation différemment et peut-être éclairer des aspects que l’on n’avait pas vu initialement.

 

Enfin, la motivation joue un rôle crucial dans la créativité et est au cœur de certains modèles théoriques, en interaction avec les capacités cognitives et l’expertise d’un individu dans un domaine donné. Renforcer la motivation serait donc un levier majeur de créativité.

D’un point de vue psychiatrique la créativité est très liée à la bipolarité. Il y a sur représentation de ce trouble chez les artistes et les créateurs comme Maurice Schuman. Elle peut être influencée par la prise de drogues. De nombreuses expériences ont été faites avec le LSD. Cependant la bipolarité comme la prise de drogue n’est pas sans risque ni sans souffrance. D’un point de vue évolutionniste, peut-être que la bipolarité permet à certains hommes d’avoir la folie de faire ce pas de côté nécessaire pour évoluer. Roosevelt disait de Churchill que celui-ci, dans ses phases maniaques, débordaient d’idées improbables mais en avait au moins une suffisamment géniale permettant d’avancer dans cette terrible guerre.

La créativité dépend de systèmes neurologiques pouvant être stimulés par des drogues ou des pathologies psychiatriques comme certaines maladies peuvent l’altérée, comme cela a été le cas pour Maurice Ravel, après son accident de voiture. La créativité est le produit d’une prédisposition individuelle influencée par un contexte, un environnement et une histoire.

Innover nous demande de sortir de notre zone de confort. C’est une prise de risque.

La prise de risque nous confronte à la peur. La peur est une émotion qui nous informe que notre besoin de sécurité n’est pas comblé et nous donne l’énergie pour le satisfaire. Cette énergie peut nous aider à avancer et à traverser la peur avec plus d’élan et de vigilance comme elle peut nous bloquer en répondant à la théorie des 3 F

F comme flight : on fuit

F comme Fight : on lutte

F comme Freeze : on est bloqué sur place

Revenons à la baignade. La vie est comme la mer. Les vagues sont comme les événements de vie ou les émotions. On ne sait pas celles qui vont nous arriver. Si on lutte contre les vagues, on risque de boire la tasse. Si on veut comprendre pourquoi il y a des vagues, on peut faire des thèses jusqu’à la fin de sa vie.

Vivre consiste à choisir quelle vague nous voulons prendre pour la surfer tout en nous rapprochant de ce qui compte pour nous. Si on n’est pas dans l’instant présent, on tombe de sa planche et si on ne s’engage pas dans l’eau, on finit comme Brice de Nice. Les clowns sont des surfer free style, jouant de tout, en création permanente, sans se poser la question du quand dira-ton.

La pratique de la pleine conscience permet d’apprendre à traverser sa peur et d’observer une chose ou une situation sous plusieurs angles avec la naïveté de l’innocent sans être pollué par des attentes, des croyances ou des règles.

C’est en cela que le médecin est aussi à sa manière un artiste car chaque patient est différent du précédent et souvent différent de ce qu’il a appris dans les livres. Il a besoin d’agilité et de flexibilité pour ajuster son observation de la situation, prendre de la hauteur ou parfois changer de perspectives pour comprendre ce qui se passe et la façon d’aborder et de traiter le problème que lui apporte le patient. C’est notamment en cela que la pratique de la pleine conscience est utile au soignant pour avoir la créativité nécessaire afin de produire un soin personnel à chacun et non un soin industriel que lui offrirai un employé de santé. Cela demande prendre le temps d’observer afin de ne pas trop se précipiter dans le faire. Cela demande de soigner tout en observant et en ayant une position méta. Cela demande de cultiver aussi ce que l’on appelle l’à-propos. L’à-propos est ce terme usité en escrime mais aussi en clown qui décrit ce geste, cette proposition spontanée, qui va fonctionner sans véritablement avoir à y penser.

 

C’est à cela que nous allons nous entrainer en nous inscrivant dans l’instant du moment à travers la méditation.

https://institutducerveau-icm.org/fr/creativite-neuroscience/

https://www.cairn.info/revue-psn-2014-2-page-77.htm

https://www.scienceshumaines.com/les-quatre-sources-de-la-creativite_fr_31816.html

Seznec JC et Ouvrier-Buffet E.: Pratiquer l'ACT par le clown. Ed Dunod

 

 

 

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 14:52

Dans son livre classique Man's Search for Meaning, Viktor Frankl raconte l'histoire d'un de ses clients qui était terrorisé par une peur constante de transpirer. Chaque fois qu'il s'attendait à transpirer, il devenait anxieux, le faisant transpirer abondamment, ce qui confirmerait ainsi sa plus grande peur. Ce cycle est devenu de pire en pire, jusqu'à ce qu'il décide finalement de chercher de l'aide professionnelle. Il n'a pas aimé ce qui a suivi.

Frankl lui a confié une tâche presque impossible : la prochaine fois qu'il transpirait, il devrait le montrer aux autres. Ne plus se cacher. Au lieu de cela, il devrait montrer ses aisselles moites pour que le monde puisse les voir. Et comme si cela ne suffisait pas, il devrait essayer de transpirer autant que possible.

C'était son pire cauchemar qui devenait réalité. Et pourtant, il a suivi le conseil. Et après des années de souffrance, en seulement une semaine, il a été libéré de sa phobie.

De nombreuses années plus tard, nous avons beaucoup appris sur la façon dont « l'exposition » fonctionne et peut être réalisée au mieux. Elle peut en effet avoir un impact très rapide chez de nombreux clients, et c'est l'une des méthodes d'intervention les mieux supportées dans toutes les sciences du comportement. Mais quelle est la leçon la plus profonde de l'émotion et de l'exposition ?

Vos émotions vous aident à donner un sens au monde. Au cœur d'une émotion se trouve une expérience subjective de sa valence – ce que les scientifiques des émotions appellent « affect ». Quelle que soit votre situation, vos émotions sont rapides à peser et de manière générale, l'affect est ce sur quoi nous nous concentrons le plus. Vous avez un gâteau au chocolat devant vous ? C'est bon! Vous voyez une araignée sur la table ? C'est mauvais! Vous voyez l'araignée ramper vers votre gâteau au chocolat ? C'est extrêmement mauvais !

Vos réactions affectives vous indiquent quelles expériences sont souhaitables et lesquelles ne le sont pas, mais l'expérience émotionnelle totale comprend ce que fait votre corps, les pensées que vous avez, le contexte dans lequel vous êtes et auquel vous êtes sensible, vos pulsions et votre motivation. Les émotions ne sont pas un simple guide mais vous pouvez apprendre beaucoup en les observant et en les décrivant. Vous pouvez apprendre beaucoup en appréciant leur vie secrète.

Le problème est le suivant : les caractéristiques affectives des émotions ont tendance à dominer… MAINTENANT. Notre valence subjective de l'émotion est presque tout ce que nous pouvons voir. C'est génial lorsque vous voulez décider quelle garniture convient le mieux à votre crème glacée. Mais cela peut nuire à vos objectifs et intérêts plus significatifs.

Lorsque les émotions ne concernent que ce qui est agréable ou désagréable dans l'expérience subjective en ce moment, les caractéristiques les plus importantes de l'émotion disparaissent. Nous devrions remarquer ces caractéristiques. A quoi me rappelle cette situation ? Qu'est-ce que je ressens exactement dans mon corps et où ? Y a-t-il un nom pour cela ? L'ai-je déjà ressenti ? À quoi ce sentiment suggère-t-il que j'ai besoin ou que je devrais m'occuper?

Vous pouvez apprendre beaucoup en remarquant et en décrivant simplement ce que vous ressentez et ce que cela suggère sur la meilleure façon d'atteindre vos objectifs. Ce sont les problèmes qui vous impactent le plus sur le long terme. Lorsque votre vie tourne entièrement autour de la valence subjective de ce que vous ressentez MAINTENANT, tout cela passe à l'arrière-plan.

Vous programmez activement l'ignorance émotionnelle. Vous êtes dans le pétrin.

Au lieu d'explorer une alimentation saine, vous pourriez disparaître sans réfléchir dans un autre bol de crème glacée avec des pépites arc-en-ciel. Au lieu d'économiser et d'investir pour des façons basées sur les valeurs d'utiliser votre argent, vous pourriez dépenser beaucoup trop pour des achats en ligne frivoles. Au lieu de concilier un conflit avec votre partenaire, vous lâchez un coup de gueule non censuré. Et au lieu de laisser la vulnérabilité émotionnelle vous orienter vers ce qui vous tient à cœur, vous pouvez laisser vos peurs et vos insécurités irrationnelles contrôler et dicter votre vie.

Si vous pouvez ralentir et développer ; si vous arrêtez de courir ou de vous accrocher et que vous adoptez un sens de la curiosité, les émotions deviennent plus nuancées et différenciées. Rappelez-vous à quel point c'était effrayant lorsque vous conduisiez une voiture pour la première fois et à quel point cet impact a rendu difficile la séquence de vos compétences ? Il y a de fortes chances que vous ressentiez maintenant un ensemble d'émotions plus douces et plus larges en conduisant et que leurs interférences comportementales indésirables soient beaucoup moins importantes. Au lieu de cela, vous pouvez maintenant apprécier la conduite.

Lorsque vous élargissez vos actions et passez davantage à la curiosité et à l'observation - même si l'affect vous dit de courir - vous pouvez en apprendre davantage et les émotions deviennent un guide utile. C'est pourquoi je préconise de faire de la place à vos émotions, mais sans vous accrocher.

Lorsque la peur surgit, ne vous contentez pas de vous éloigner pour que la peur se dissipe. Au lieu de cela, restez. Permettez-vous de ressentir la nervosité, le gonflement de votre estomac, les genoux faibles, la transpiration et tout ce qui va avec. C'est l'une des choses les plus difficiles à faire dans la vie, mais c'est aussi l'une des plus gratifiantes, car elle vous permet de faire ce qui compte pour vous : que ce soit conduire une voiture, demander de l'aide ou transpirer négligemment en public.

Lorsque la joie surgit, savourez et appréciez mais ne vous accrochez pas. Souvenez-vous que « cela aussi passera » et c'est une bonne chose. Pour que les émotions véhiculent des informations utiles, il faut qu'elles le soient.

Si vous courez, vous dites à des parties fondamentales de votre cerveau « Je suppose que cette menace était vraiment réelle. Je suppose que cette menace était vraiment réelle. Je ferais mieux d'augmenter le levier émotionnel, donc je suis protégé la prochaine fois". Vous vous entraînez à avoir peur, quelle que soit la situation. Si vous vous accrochez, vous dites « Le changement de cette émotion est une menace » et comme ce n'est pas en soi un endroit heureux, le bonheur glisse entre vos mains comme du sable.

Heureusement, cela fonctionne également dans la direction opposée : plus vous vous permettez de ressentir vos émotions, telles qu'elles sont - et non telles que vos réactions valences immédiates le disent - plus la montée et la chute des émotions peuvent vous ancrer dans l'instant. d'une manière utile.

Notez que vous ne pouvez pas vous tromper. Si vous vous ouvrez à une émotion pour vous en débarrasser, vous serez déçu. Autorisez la pleine émotion - sans si ni mais.

Si vous voulez un contrôle sain de votre vie, vous devez activement entraîner vos émotions à être votre alliée. Ils ont un rôle à jouer plus riche et bien plus intéressant que leur valence subjective dans le présent. Vous n'entrerez jamais dans leur vie secrète tant que vous n'aurez pas arrêté de courir ou de vous accrocher.

Observer. Décris. Apprécier.

Faites-le et vous découvrirez peut-être que vous avez toujours des alliés pour une vie saine.

Paix, amour et vie

Steve Hayes

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 13:00

La Crise COVID a bouleversé l’économie et modifier la façon de travailler. Dans beaucoup d’endroit les entreprises comme les salariés ont montré leur agilité à modifier leur façon de travailler. Tout cela veut dire que l’entreprise est plus flexible que l’on pouvait l’imaginer. Il est tout à fait possible de travailler différemment, de bouger notre façon de travailler pour le bénéfice de tous.

Alors pourquoi pas moderniser la façon de travailler ensemble et de manager ? Chiche ! C’est une question d’intention et mener celle-ci avec bonne volonté. Et si on rêvait un peu sur le profil du manger Post Covid ?

  • L’après COVID est l’opportunité de faire évoluer le management pour sortir d’un management anxieux et pyramidale trouvant des solutions dans le contrôle, la rentabilité immédiate et la course aux objectifs, pour un management humain, flexible et ajusté. Il aura pleine conscience que le capital humain fait partie du capital de l’entreprise et prendra en compte la part humaine de ses ressources pour réconcilier l’efficacité de l’entreprise avec l’épanouissement de chacun.
  • Le manager éveillé sera formé aux techniques de management et à la gestion de l’humain. Il n’obtiendra pas ce titre qu’à son seul mérite. Il fera une grande part à la collaboration et sortira d’une vision comptable de son exercice. Cela se traduira par une volonté de faire grandir ses collaborateurs et de gérer ses équipes tel un chef d’orchestre. Il mettra en avant le design thinking en privilégiant les processus et le chemin au moins autant que les résultats afin de générer de la créativité et de l’audace. Il développera l’apprentissage par l’expérience et l’erreur. Il développera, sein de l’entreprise le mentorat, le tutorat ou le parrainage pour favoriser le lien entre tous.
  • Il insufflera du féminin dans son style en privilégiant le lien, la collaboration et l’interdépendance pour une organisation beaucoup en réseau qui s’appuiera, avec confiance et bienveillance, sur les compétences et le professionnalisme de ses collaborateurs qu’il aura développé.
  • Il saura tirer parti des qualités de ces collaborateurs, quelque soit leur sexe, en tenant compte des contraintes des uns et des autres dans leur physiologie mais aussi dans leur organisation familiale, leur éloignement géographique, etc.
  • Il aura une vision écologique tant dans l’organisation de son système de travail et de son fonctionnement que dans le respect de la nature. La croissance ne sera pas son seul objectif. Il aura encore plus conscience de son rôle social. Il tiendra compte, dans l’organisation de son travail, de la géographie de son activité pour diminuer l’impact écologique de l’activité de son entreprise en favorisant le télétravail et les réunions virtuelles.
  • Au final, le manager post COVID aura envie de relever tous ces challenges essentiels à la survie de tous.

Et vous ? Serez vous un manager agile et innovant ? De quel monde professionnel avez-vous envie ?

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 10:43
Bonjour à tous,

Je suis très heureux de vous annoncer la sortie, ce jour 19 mai, du livre que j’ai écrit avec la fabuleuse Jeanne Siaud Facchin

Grandir, vivre Devenir 

aux éditions Odile Jacob.

Ce livre est extraordinaire car il ne ressemble à rien de ce qui a été écrit jusqu’alors sur ce sujet.

En effet, Jeanne et moi, nous nous intéressons beaucoup à l’évolution de la psychologie et à la façon de la rendre moderne et adaptée au monde d’aujourd’hui, tout en l’enrichissant avec l’évolution des connaissances scientifiques de notre époque.

La psychothérapie, à la papa, façon Woody Allen, où l’on raconte sa vie pendant 60 ans, appartient au XXème siècle. Aujourd’hui, les gens ont besoin de pratique, de pragmatisme et de l’efficace pour changer significativement leur vie, savoir comment surfer dans la vie et moins souffrir.

Pour toutes ces raisons, dans ce livre, nous évoquons de nouvelles approches psychothérapeutiques comme la pleine conscience, l’act, la théorie des cadres relationnelles dans une approche intégrative.

Tous, les deux on est des affreux curieux et des sacrés bavards. On s’est demandé comment s’y prendre pour se questionner sur ce sujet.

Entre temps, voici que le covid et le confinement sont arrivés ! Que cela ne tienne, on s’est dit que l’on allait remettre au gout du jour un vieux principe littéraire qui s’avérait très moderne en cette époque des gestes barrières : la correspondance !

En effet, quel formidable outil de dialogue et de réflexion que la correspondance, en cette époque où l’on tweet plus vite que son ombre, où l’on like et où l’on s’exprime le plus souvent comme des trolls.

Aussi, on a pris un immense plaisir à dialoguer autour de la psychologie, des pb de société d’aujourd’hui, sur la façon de grandir, vivre et devenir dans le contexte d’aujourd’hui. Nous avons déambulé dans ces sujets existentiels et ses questionnement si importants pour tous, tout en échangeant sur nos histoires de vie. La psychologie concerne tout le monde, donc nous aussi.

On n’est rien que des humains !

En fait ce livre est un vrai mille-feuille (cela tombe bien pour un livre de correspondance !), qui j’espère se dégustera cet été avec délice, et qui explore de nombreux autres thèmes connexes.

Nous y parlons de danse, de clown, de new burlesque, de médiation, de littérature, de cinéma pour illustrer avec gourmandise ce livre. Par exemple, tout comme HK et les saltimbanks l’ont fait avec le tube du covid « danser encore », nous avons, nous aussi, parlé de ce besoin de danser qui s’est aussi emparé de nous.

Grandir, vivre, devenir est un livre pour voyager dans la psychologie et de questions existentielles avec douceurs travers cette correspondance. C’est un livre pour l’été qui explore la vie de façon moderne et incarnée. J’espère que qu’il sera reçu avec autant d’enthousiasme que nous en avons eu, Jeanne et moi, pour l’écrire.

Merci pour votre accueil !

Bonne lecture

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 08:47

Les premières menstruations sont le départ d’une véritable révolution dans le corps de la fillette. Tout va changer : ses repères corporelles, sensorielles, émotionnelles. La notion de sang va évoluer et La jeune fille va rentrer dans le cycle de la lune : Phase pré-ovulatoire, phase ovulatoire, phase de nidation et les règles.

Ces fameuses menstruations sont l’aspect visible de cette transformation. Grandir, c’est évoluer et parfois muer, la venue des règles en sont l’expression la plus visible. C’est une étape importante à accueillir, à accepter, à accompagner et à intégrer dans son quotidien. Elles seront désormais présentes et rythmeront la vie féminie et nécessiteront d’en tenir compte, en fonction des activités choisies. En effet certaines personnes doivent composer avec un syndrome prémenstruel parfois invalidant :  une fatigabilité et une sensibilité accrue. A l’école, comme en entreprise, les congés menstruels n’existent pas encore ! Notre société moderne semble avoir encore des difficultés à considérer le cycle féminin et lui trouver une place dans l’organisation sociale.

L’apparitions des règles signe un temps où la petite fille est poussée dans le monde des femmes, avec la possibilité d’une sexualité et de procréer, alors qu’elle se ressent encore une enfant. D’ailleurs, à cet âge, tout ce qui tourne autour de la sexualité est vécu comme honteux. Cette émotion est utile car elle protège la petite fille d’une entrée trop précoce dans le monde de la sexualité. Son corps la devance en se signalant et en la poussant dans le cycle féminin. Par ailleurs, il existe parfois une inadéquation entre la maturité corporelle à la sexualité et la maturité émotionnelle, sensorielle et sensuelle. Cette dysharmonie est parfois source de quiproquos et de difficultés lors des premiers flirts. On n’apprend pas suffisamment aux garçons et aux filles comment fonctionne leur corps et celui de ses partenaires.

L’apparition des premières règles confronte aussi la jeune fille au sang. Petite fille, le sang n’était que signe de blessures ou de coupures, voire de mort. Il faisait peur et était source d’inquiétude. Il va lui falloir construire de nouvelles références et de nouveaux tributs à son apparition. Désormais, le sang sera signe de sa féminité. Elle aura à accueillir chaque mois ce sang et intégrer que sa présence n’est pas signe de danger, de maladie et n’est pas honteux. Il est juste une expression physiologique de son corps qui vit et de son utérus qui fait sa mue tous les mois pour se rendre disponible à la procréation.

En parallèle à cette évolution corporelle, le système émotionnel de la jeune fille va changer de registre pour passer en mode turbo. Elle va se retrouver avec le réveil d’un volcan intérieur d’où va jaillir, de façon inopinée des émotions qui se traduisent par des vagues d’envie, d’énergie, de sensations physiques qui vont inonder son être et qui peuvent parfois lui donner l’impression de ne plus se reconnaitre. Ces vagues émotionnelles sont parfois paniquante et sont à apprivoiser pour ne pas qu’elles débordent de façon inadéquate où que la jeune fille trouve de fausses bonnes solutions pour apaiser ce chantier intérieur : troubles du comportement alimentaire, etc.

Le piège de cette brutale transformation serait de lutter contre celle-ci, de se crisper devant ces nouvelles sensations, au risque de développer des douleurs émotionnelles venant s’ajouter à l’inconfort de cette saison intérieure. Alors comment faire ?

La première étape est probablement l’acceptation, la considération de cette mue et la possibilité de partage avec un autre de ce qui se passe à l’intérieur de soi, afin de mettre des mots et des représentations constructives, et non des maux mais aussi pour ne pas se retrouver seule face à un corps qui échappe.

Alors qui d’autre que le père peut jouer ce rôle ?

  • En effet, il est la personne la plus proche de l’enfant et la plus bienveillante, à priori, en tant que parent, qui symbolise l’autre. Car en tant qu’autre et homme, il ne vivra jamais ce que cette jeune fille vit. En accompagnant sa fille dans ce moment, il lui accorde l’altérité et la possibilité de vivre et de considérer avec bienveillance ce moment de transformation qui la rend unique et participe à son identité.
  • En considérant l’apparition de ces menstruations, il ne fera pas de sa fille une paria, au risque de vivre de façon problématique ou honteuse ses menstruations mais il l’autorisera à se différencier en tant que femme dans la communauté des êtres humains.
  • Les règles ne sont pas un problème ni une maladie mais juste un phénomène physiologique. Son regard viendra s’ajouter aux partages qu’aura cette jeune fille avec ses copines et sa mère sur ce phénomène physiologique.
  • Ce regard lui signifiera qu’elle est toujours sa fille aimée au-delà de cette transformation.

Pour matérialiser cet accueil, le geste symbolique du père est peut-être d’offrir le premier kit de règles à sa fille : une trousse personnalisée avec des protections périodiques, des protèges slip, un guide explicatif et une roue pour calculer et anticiper les prochaines règles. Un kit qui dit à son enfant bienvenue dans le monde des femmes, des êtres vivants et humains. Une offrande intime entre un père et sa fille qui reconnait l’altérité de son enfant et qui l’encourage à s’engager dans le chemin de son évolution. Qu’en pensez-vous ?

 

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:51

Du 31 mars au 7 avril aura lieu les élections URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé). Les URPS organisent la vie des soignants libéraux, signent les conventions avec les tutelles :  l’Etat et la CPAM.

Force est de constater que notre système de santé se dégrade. Il s’est soviétisé dans une dérive comptable et administrative qui transforme les patients en des consommateurs de soin et les soignants en employés de santé, un système où tout le monde est perdant et où  tout le monde est en souffrance frustrée et incompris. Cette dérive est notamment due aux conventions signées par les syndicats de soignants dans l’unique but de pouvoir toucher leur subvention. En effet, tout comme les partis politiques, les syndicats touchent une subvention financière en fonction du nombre de votant pour leur liste. La seule différence, et non la moindre, est que pour la toucher ils doivent signer la convention : ce que l’on appelle un conflit d’intérêt organisé par l’état. Je ne veux plus d'un système gérer par des apparatchiks!

Pour ma part, je suis médecin libéral. Ce métier je l’exerce avec âme et conscience en collaboration avec mes patients, les différents organismes et mes collègues. N’étant pas handicapé et en pleine possession de mes moyens je n’ai pas besoin de « tutelle » mais de pouvoir collaborer en bonne intelligence avec les différentes instances. Je ne souhaite pas être asservi, ni que l’on me dise comment je dois soigner et quels médicaments je dois prescrire. L’idée d’une rémunération à la performance à l’aide des ROSP me scandalise et est à l’encontre de mes valeurs. D’ailleurs, on a vu comment une rémunération à l’aide de subvention a paupérisé les agriculteurs. Les médecins tout comme les agriculteurs se suicident deux fois plus que la population générale. Or l’Etat et la CPAM Veulent de plus en plus réduire le paiement à l’acte pour développer le paiement en subvention et faire disparaitre ainsi la médecine libérale.

Je ne me retrouve pas dans le système de soin d’aujourd’hui. Je vois toutes les difficultés qu’à l’état à organiser la gestion de la crise du COVID après avoir épuiser les soignants juste avant Je vois comment tous les soignants sont infantilisés et humiliés en permanence. La moitié des médecins sont en burn out.

Je souhaite retrouver ma dignité et ma liberté d’exercice pour pouvoir l’exercer avec intelligence comme ma formation me l’a enseigné. Je souhaite pouvoir faire une médecine de qualité, justement rétribué, pour m’adapter aux situations cliniques de chacun.
De ce fait, j’ai choisi de m’engager dans ces élections avec le nouveau syndicat UFML (Union Française pour une Médecine Libre) auquel j’ai participé à sa création lors de la lutte contre la loi de santé promulgué par Marisol Touraine et le seul qui défend activement une médecine libre.

Chers confrères, cette année, les élections ont lieu par vote électronique. Ne perdez pas vos codes pour pouvoir voter. Merci de votre soutien. Je compte sur votre vote pour l’UFML.

 

 

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 15:52

Le COVID et les mesures qui sont nécessaires pour contrecarrer la pandémie nous mettent lourdement à l’épreuve. En effet, l’homme est un animal social. Pour notre bien-être, nous avons besoin de :

Contacts sociaux

Contacts physiques

Activités physiques

Rituels (rythmes de vie)

Joie

Réalisation

Tous ces besoins sont entravés par les gestes barrières. Lorsque ses besoins ne sont pas satisfaits, cela génère de la fatigue, des troubles du sommeil et de l’appétit, une perte d’envie, un risque addictif, des troubles anxiodépressifs, etc.

Les étudiants sont particulièrement touchés par ces troubles. En effet, ils souvent loin de leur famille, ils sont moins bien structurés (des jeunes adultes en construction, donc plus vulnérable) et ils ont moins l’habitude de travailler à distance. De plus, ils sont entravés dans leur projets de constructions et de développement qui sont le propre de cet âge. Enfin, ils se construisent dans la relation à l’autre. La privation de la vie de groupe est pour eux une violence. Le piège est d'avoir une vie inusfisamment contrastée entre le temps de travail, le temps de détente et les temps de repos. Cette confusion est source de fatigue : on nomme cela du Blurring.

Face à ce constat, l’enjeu est de développer de la créativité et de l’imagination pour trouver des compromis entre les nécessités des gestes barrières et tous ces besoins vitaux mentionnés. Voici qq astuces :

  • Marcher trente minutes, matin et soir, comme si on va à l’école, pour aller de chez soi à chez soi (activité physique et rituel)
  • Travailler en distanciel à deux ou trois (lien social)
  • Faire chaque jour une course dans un magasin de quartier tout en prenant cinq minutes pour papoter avec le commerçant (activité physique, lien social, rythme)
  • Se donner rv pour faire les courses avec un ou deux amis (lien social)
  • Travailler debout chez soi avec un ordinateur poser en hauteur (activité physique)
  • Prendre des repères temporels clairs pour rythmer notre cerveau (rythme de vie).
  • Gare à la procrastination. Utiliser la méthode pomodoro ,  si besoin en travaillant tranche par tranche, en faisant le mieux que l'on peut à chaque instant tenant compte de sa forme.
  • Se concentrer sur le présent pour ne pas paniquer devant des attentes et des objectifs. C'est la tortue qui gagne et non le lièvre!
  • Alterner les modes d’apprentissage : cours distanciel, révision en regardant des vidéos, sous-colles avec des copains (rythme et lien social)
  • Positionner des temps de repos et de "décantage", pour retrouver l'esprit clair, dans votre semaine. 
  • Ne pas rater une occasion de rire et de déconner : le rire, c’est comme les essuies glaces, cela n’enlève pas la pluie mais cela aide à avancer ! (Joie)
  • Avoir des réalisations : peinture, dessins, couture, tricot, poterie, écriture, tenir un blog, faire des vidéos, etc. (joie, réalisation, construction de soi).
  • Chanter, danser chez soi (joie)
  • Jouer à des plateformes de jeux de société en ligne (Twitch, etc.). (Joie, socialisation).
  • S’organiser en collectif de soutien entre étudiant. Rien ne vaut l’entraide (lien social). Créer des systèmes de tutorat. on apprend en aidant les autres, on ouvre des chances et on muscle l'interdépendance.
  • Pratiquer régulièrement de la méditation et de la cohérence cardiaque (facebook de méditation gratuite Prézens)
  •  
  • Etc.

De nombreuses personnes travaillent dans des milieux confinés. Il est intéressant de s’enrichir de leurs expériences. Exemples des sous-mariniers

Les universités et les écoles ont été pris au dépourvu par cette crise du COVID. Ils ont mis leur énergie sur la façon de permettre aux cours de continuer. Ils ont probablement des progrès à faire pour prendre soin des étudiants et de repérer les étudiants fragiles pour leur proposer un soutien et des aides personnalisées.

  • Les professeurs ou membres de l’enseignement devraient avoir un lien téléphonique avec chaque étudiant régulièrement.
  • Ils doivent se renseigner sur la précarité des étudiants pour faire l’interface avec les aides possibles
  • Ils doivent vérifier les connexions internet de leurs étudiants pour être sûr que les cours distanciels peuvent être correctement suivi. Dans le cas contraire, ils devraient permettre à certains étudiants de venir à la faculté faire les cours en distanciel par petit groupe
  • De nombreux locaux professionnels sont aujourd’hui vide (hôtels, administrations, restaurants, etc.). Ils devraient être promoteurs de partenariats pour accueillir les étudiants. On peut très bien imaginer des étudiants travaillant par deux en distanciels dans des chambres d’Hotels de grands groupes hôteliers, avec des possibilités préférentielles de restaurations.
  • Mettre en place des concours de créativité pour accompagner les étudiants. Toute situation est une opportunité d’apprendre et de ce développer (design attitude )
  • Fournir des outils de gestions de soi
  • Etc.

La crise du COVID met en lumière nos rigidités. Universités, écoles et étudiants s’en sortiront selon leurs capacités d’imagination et de créativité pour s’adapter à ce nouveau contexte.

Métaphore du pot de verre :

Imaginons que les problèmes et les contraintes sont comme de gros cailloux. Si dans un pot de verre, on le remplit de cailloux, on peut avoir l’impression que celui-ci est plein. Pourtant, il est toujours possible d’y insérer, dans les interstices, du sable et de l’eau. L’eau, c’est comme la joie, elle doit s’infiltrer partout pour rendre la vie belle. La vie est belle, c’est d’ailleurs le nom de ce formidable film de Roberto Benigni qui raconte l’histoire d’un père qui fait tout pour transformer la réalité horrible d’un camp nazi, pour son fils, en immense farce acceptable.

Parfois, la vie, c’est comme être pris dans une tempête. Si on se demande si on va arriver à bon port, c’est ainsi que le marin prend des risques de couler et d’être très angoissé. Dans la tempête, le marin adapte la voilure aux circonstances et avance vague après vague, en se disant qu’il arrivera toujours quelque part. Alors, chers étudiants, avancez vague après vague dans cette situation unique et historique pour être les héros de votre vie.

Pour finir, chers étudiants, n’oubliez pas que la vie est belle. Soyez créatifs et audacieux pour vous réinventer une vie ! Quoiqu’il en soit, faites-le avec panache car, comme le dit la pub, vous le valez bien !

https://theconversation.com/cours-a-distance-etudiants-comment-sorganiser-pour-ne-pas-decrocher-153769?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%207%20avril%202021%20-%201910418678&utm_content=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%207%20avril%202021%20-%201910418678+CID_8d06f08f5d7cf6368ee10a8271a53b56&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Cours%20%20distance%20%20tudiants%20comment%20sorganiser%20pour%20ne%20pas%20dcrocher

 

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 11:00

Forest Gump disait que la vie est comme une boite de chocolat, on ne sait pas sur quoi on va tomber. Je vous propose de paraphraser cette maxime à propos des enfants que l’on a et qui naisse.

En effet, lorsque l’on choisit, plus ou moins d’ailleurs…, d’avoir une enfant, on est rempli de projections, de désirs et d’envies. Il est l’objet de nos envies de lien. Parfois, on souhaite qu’il comble tout l’amour que l’on n’a pas eu ou qu’il permette de vivre tous les échanges dont on a été frustré. On aimerait aussi lui offrir toutes les opportunités et les cadeaux de la vie que nous aurions aimé recevoir. On se reconnait par fois en lui ou on aimerait qu’il répare les besoins qui n’ont pas été satisfait dans notre enfance. Ce dernier se moule parfois plus ou moins, par coping, à ce que nous représentons. On voudrait être fier de lui et se remplir de l’orgueil que provoque notre création. Mais un enfant n’est pas un résultat ni un trophée ! Inexorablement, il aura à apprendre à être lui avec son caractère, ses compétences et ses envies pour s’émanciper et s’inventer. Empêcher ce mouvent risque de le blesser et de l’entraver.

La série « Fais pas ci, fais pas cela » est exemplaire à ce sujet. Elle raconte la vie de deux familles : les Bouleys et les Lepics

  • Les Bouleys refusent le modèle autoritaire de leurs parents. Ils représentent une famille recomposée et moderne, appliquant un type d'éducation souple, déstressé, où le dialogue l'emporte sur l'autorité, et qui recherche l'épanouissement personnel de leurs enfants : Tiphaine, 16 ans, issue du premier mariage de Valérie, et Eliott, 8 ans. La famille s'élargira par l'arrivée de Salomé. Ils cherchent avant tout à ce que leurs enfants les aiment.
    Au gré des évènements, le modèle type subit des distorsions et fait apparaître des contradictions : ils appliquent un type d'éducation « cool », sans autoritarisme. Ils sont contre les idées toutes faites et veulent qu’ils fassent leurs propres expériences, mais ils se désolent quand Tiphaine veut devenir esthéticienne au lieu d'envisager un cursus universitaire. Elle finira par être policière. Et Eliott est un premier de la classe, qui veut faire du catéchisme, et exprime des opinions nettement à droite, alors que ses parents se positionnent politiquement à gauche. Salomé deviendra une sorte de Greta Thunberg dictatoriale sur toutes les valeurs écologiques avec que les comportements de consommation soit en adéquation avec le dogme.
  •  

  • Les Lepics sont persuadés que le mode d’éducation strict, reçu de leurs parents, est la solution aux problèmes de la jeunesse actuelle. Ils prônent les valeurs fondamentales, sont d’accord sur tout et forment un couple « raisonnable et sensé ». Leurs enfants doivent, en théorie, filer droit. Pas question de rigoler, le maître mot est la réussite, sociale et scolaire. Là aussi la réalité va s'écarter du modèle type : Christophe, l'ainé, accumule les mauvais résultats scolaires. Les Lepic veulent tout gérer et tout cadrer, mais en réalité, ils ont une capacité à dramatiser tout ce qui s'écarte de leur modèle, et réagissent en recourant à l'autorité ce qui crée régulièrement de petites crises familiales ! Ça crie et ça fuse ! 

Dans cette série, il est amusant de voir comment la volonté de contrôle éducatifs des parents poussent leurs enfants loin de ce qui compte pour eux.

Beaucoup de parents aimeraient avoir la formule miracle pour savoir comment éduquer ses enfants. Pourtant, il n’y a pas de formule miracle. L’approche ACT, ou thérapie de l’acceptation et de l’engagement, peut-être une piste pour gagner en flexibilité pour accompagner mieux ses enfants afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, tout en tissant une relation de qualité bienveillante avec eux

  • Tout d’abord accepter ce qu’ils sont. Sortir des attentes, la vie est toujours différente que ce que l’on a prévu ou imaginer. En outre, l’éducation est un long chemin. Il est nécessaire de savoir tenir la distance pour observer les fruits de son action.
  • Se comporter avec engagement et authenticité en fonction de ce qui compte pour soi. Avoir de la consistance et de la présence au contact de ses enfants. Aldo Naouri, le pédiatre, mettait en garde sur le fait d’avoir comme préoccupation première de leur faire plaisir car cela risquait de mettre les parents dans une position de séduction et dans une posture relationnelle horizontale alors qu’elle se doit d’être verticale, selon lui.
  • Avoir une posture de Sherpa auprès de ses enfants afin de les accompagner et de les aider
  • Ne pas rentrer en lutte avec eux mais les encourager afin qu’ils deviennent des experts de ce qui comptent pour eux. Il y aura irrémédiablement des moments de souffrance à accepter et à négocier. Parents demandent de savoir profiter des temps forts et savoir négocier au mieux les temps faibles de la relation.
  • Développer la curiosité, la créativité et l’engagement. Les aider à définir leurs valeurs, même si elles sont différentes de celle des parents.
  • Ne pas oublier que la frustration est un moteur de développement. En n’étant pas complètement satisfait, ils généreront l’envie de se satisfaire ailleurs et d’être créatif. N’est ce pas là une forme de désespoir créatif qu’aborde l’ACT ?
  •  

  • Vivre des moments avec eux dès le plus jeune âge. Avoir des enfants est un vrai engagement de vie qui demande de nombreux renoncements. Un enfant ne s’élève pas tout seul.
  • Ne pas oublier aussi que le destin d’un enfant est de foutre le camp pour qu’éventuellement il nous revienne en étant lui pour nouer une relation mature d’adulte avec ses parents. Il faut donc organiser des séparations dès leur plus jeune âge en les envoyant chez les grands parents, chez des copains, en colonie de vacances afin qu’ils développent leur autonomie et que les parents se retrouvent aussi, mais aussi pour avoir le plaisir de se retrouver et de se raconter plein de choses.
  • Avoir une main de fer dans un gant de velours. Les bénéfices du cadre que l’on impose, on les récolte de nombreuses années plus tard, mais cela vaut le coup.
  • Favoriser le lien et le dialogue. Ne pas rater une occasion de partager quelque chose avec eux. S’intéresser à ce qu’ils aiment même si c’est très loin de soi. Utiliser leurs gouts et centres d’intérêt pour vivre quelque chose avec eux. Autrefois, on le faisait en jouant au foot avec ses enfants, aujourd’hui c’est peut-être en faisant une partie de jeu ordinateur ensemble…
  • Ne pas comparer ses enfants aux réussites de ceux des autres que l’on voit sur les réseaux sociaux.
  • Savoir gérer son anxiété, son incertitude et son inquiétude sur l'avenir
  •  

  • Savoir parfois déléguer à d’autres parents de substitution (professeurs, entraineurs, etc.) des phases de l’éducation de nos enfants.
  • Savoir être humble et bienveillant avec soi. Chacun d’entre nous faisons le mieux que nous pouvons. Le plus important est d’être le plus souvent, juste là, à coté d’eux, à les regarder grandir avec amour et à les encourager dans leurs initiatives. Ils deviendront eux-mêmes.
  •  

A différentes étapes de leur vie, les enfants peuvent parfois être frustrant, décevant, source de renoncements. Il est important de ne pas se laisser aller à la déception mais savoir aller à leur rencontre. Rencontrer l’autre est savoir se laisser changer et évoluer par cette rencontre. Etre parents nous transforme. Cela nous demande beaucoup de flexibilité et de créativité. C’est une sacrée aventure car chaque parentalité est unique et ne possède aucun repère. Les parents ont à s’ajuster en permanence, en se faisant confiance et en sachant apprendre de leurs erreurs, car tous les parents font des erreurs ! On merdra tous. Moi aussi!!!

Avoir des enfants est une aventure de vie unique qui nous demande d’avancer pas à pas, sans savoir où l’on va arriver, mais en ayant confiance que l’on arrivera de toutes les façons quelque part. Cette aventure unique que vive chaque parent n’est-ce pas cela qui rend merveilleux cette expérience de vie ?

 

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 16:19

La danse est la poésie du corps. Le geste dansé ouvre une fenêtre sur l'être, sa sensibilité, sa vulnérabilité... Il nait de la respiration du corps pour sonder l'âme humaine. Nietzsche, Mallarmé et Valéry ont exploré celui-ci...

 

De quoi parle-t-on lorsque l’on parle de danse ?

Le petit Robert dit que c’est « une action représentant une suite expressive de mouvement du corps exécutés selon un rythme, le plus souvent au son de la musique et suivant un art, une technique ou un code social plus ou moins explicite ».

Platon dit que la danse est un présent des Dieux, qui a un rôle social et religieux. Ses bienfaits sont de sculpter les corps, son action morale est que le beau ne peut se séparer du bien et sur le groupe elle civilise l’individu.

Il décrit des bonnes danses qui sont les Pyrrhiques (danses guerrières surtout présente à Sparte ; on retrouve ainsi la notion que la danse est un art de la guerre) et les danses laides issues du théâtre comique. Par exemple, le Kordex est une danse faite de déhanchements pour imiter la laideur par la destruction de la rectitude des lignes.

Il existe d’autres danses dans la Grèce Antique que Platon n’ose pas déclarer laides, ce sont les danses Dionysiaques. Ce sont des danses de transes. Il s’agit de sortir de soi pour trouver le bonheur dans l’extase mystique. Les danses Dionysiaques sont par exemples les Bacchantes ou les Ménades. Il s’agit d’une transe féminine avec ivresse masculine pour permettre le contact avec le divin.

La Corybante a pour rôle de préserver l’enfant Dionysos de la jalousie d’Héra par l’intermédiaire d’une manifestation bruyante. Elle est pratiquée par des prêtres en transe, ils exécutent une chorégraphie bruyante, violente et guerrière. Elle a parfois une fonction thérapeutique et d’initiation.

Devant ces fonctions importantes de la danse, Platon a voulu légiférer la danse pour faire perdurer ses bienfaits.

La danse a eu longtemps la fonction de permettre aux hommes de communiquer avec les Dieux notamment par la transe qu’elle peut engendrer. Il n’est pas question d’art ni d’activité corporelle mais d’un mode de communication avec l’inconnu et le divin ce qui permet d’exorciser nos peurs sur terre. En occident, le monothéisme a effacé l’existence de ces danses. La communication avec Dieu a été monopolisé par les religieux interdisant à tout homme de le faire sous peine d’hérésie.

Par la Renaissance qui est la découverte de l’homme par lui-même, la danse va réapparaitre en tirant leurs origines des danses seigneuriales et des danses paysannes pour donner les danses de divertissement et les danses spectaculaires. C’est-à-dire le bal et le ballet. Lors des fêtes, la nourriture passe au second plan pour laisser place aux divertissements raffinés. C’est aussi une occasion de transgresser les lois divines. La danse a été longtemps un art de la guerre qui permettait aux homes d’entrainer leur corps. La danse a les même cinq positions que l’escrime. La première danse propre à l’occident est née et s’est développée en France pour donner la dance classique.

La danse classique est devenue décadente à la fin du XIXème siècle en France et à survécu de manière académique en Russie. Elle est revenue à son apogée en France par l’intermédiaire des Ballets Russe avec Diaguilev, Nijinski, Fokine, Massine, Nijinska et Balanchine pour se développer telle qu’on la connait actuellement par son plus beau représentant qu’est l’Opéra de Paris.

 

Au début du siècle, pendant que la danse était décadente ou académique, il est né dans le nouveau monde la danse contemporaine qui s’est libérée de la rigueur classique par l’intermédiaire de Loïs Fuller puis de Martha Graham. Ce courant de danse touche désormais le même territoire géographique que la danse classique. Dans ce même temps, en Amérique par le mélange des danses « blanches » et « noires » par l’intermédiaires d’un métissage complexe est née la danse jazz dont l’un des plus grand maitre a été Alvin Alley.

 

La danse est un art particulier dans le sens qu'il explore la problématique d'être, associée aux concepts de limite et de l'ailleurs. La danse permet à travers le corps que j'ai de nous parler du corps que je suis et, en conséquence, de notre existence. Tout au long de notre vie, chacun d'entre nous est à la recherche de lui-même. La danse possède cette faculté de nous parler, avec notre corps terrestre (ou organique), de notre corps inconscient donc inconnu. C'est un peu ce que dit le chorégraphe Jean Gaudin dans l'ouvrage "Danse et Pensée": "la danse permet de découvrir l'ordre caché du corps et de le "décacher". De la même manière que les nouveau-nés jouent avec leurs doigts comme s'ils les comptaient et les remettaient en ordre. Au cours du temps, nous perdons l'ordre du corps et par la danse, on tente de le retrouver. La danse est un moyen de connaissance de nous-même". L'ordre caché est notre existence, le jeu corporel de la danse permet de tester les limites de notre enveloppe corporelle et de notre psychisme, et de dire ainsi au danseur qui il est.

                Explorer qui l'on est et se définir plus précisément à travers l'art de la danse est possible si l'on possède, au préalable, une entité psychique source d'une énergie qui va transparaître dans le mouvement. La danse a besoin d'être alimentée par cette angoisse originelle à l'origine de notre existence psychique. Elle doit être une nécessité qui s'impose d'elle-même par le mouvement. Martha Graham dans sa biographie exprime bien cet impérieux besoin de faire s'écouler cette énergie vitale dans le geste.

                Par contre, certaines personnes, confrontées à un vide originel, peuvent avoir l'illusion d'exister à travers la danse. En effet, l'enseignement de la danse par l'apprentissage mécanique de gestes répétés, peut donner une fausse identité et de fausses limites à travers le mouvement. Certaines élèves se perdent ainsi dans la répétition, au-delà de l'ennui, de ces gestes, à la recherche d'une existence factice permettant de structurer leur vide, leur non -existence et ainsi leur procurer une fausse identité. De manière plus pernicieuse, la danse procure un ailleurs psychique tout aussi factice à travers cette illusion de la représentation de la danseuse comme un ange pur sans pulsion et à l'extrême de l'étoile. Cette image de la sylphide permet alors si facilement de rompre avec le corps organique lié à la mère afin d'exister ailleurs et de couper les attaches terrestres, mais pour se retrouver alors sans vie. Mais il s'agit d'une voie sans issue non salutaire car elle échappe à la fusion maternelle pour la fusion avec le corps de danse, et, toujours, sans identité.

On retrouve ainsi ce jeu de la mort pour vivre de l'ordalie. Sans existence psychique, ces personnes, en tentant de danser, font de leur corps non pas un corps-pensée, mais un corps-machine. Elles ne dansent pas, elles font seulement une gymnastique parfois dansante. Elles existent alors symptomatiquement à travers le corps machine prépubère de la pseudo danseuse. Ces personnes vont ainsi se perdre dans la danse sans jamais devenir des danseuses.

               

 

                Il est en fait très difficile d'être un danseur, car en plus d'exister tout simplement dans la vie, il va falloir exister en dépassant la rigueur d'une technique de danse. Il va devoir affirmer ses différences à l'intérieur de son identité de danseur.

 

La danse met en jeu le corps mais est au fond une pensée. Nietzsche en a fait un fondement de son travail à travers son double Zarathoustra. Pour lui la danse décrive la pensée ou que la pensée doit être pensée comme la danse.

Pour ce philosophe, la danse est une métaphore de la pensée. La danse, pour Zarathoustra, est ce qui s’oppose à l’esprit de pesanteur. La danse est avant tout l’image d’une pensée soustraite à tout esprit de pesanteur.

Zarathoustra déclare ; « C’est parce que je hais l’esprit de pesanteur que je tiens de l’oiseau ». Il s’agit là de l’oiseau intérieur que nous portons tous en nous. La danse est donc aussi l’image de l’envol. Vaslav Nijinski n’a-t-il pas éclot lorsqu’il s’est envolé à travers une fenêtre lors de sa première apparition en France dans le Spectre de la Rose ?

Zarathoustra dit aussi : « celui qui apprendra à voler donnera à la terre un nom nouveau. Il l’appellera la légère ». En tant qu’oiseau, la danse est pour Zarathoustra dans ses comparaisons animales le contraire du chameau. Quant au lion, il est trop agressif pour être danseur.

La danse est un oiseau, un envol tel un enfant.  Elle est innocence parce qu’elle est un corps avant le corps. Elle est oubli parce qu’elle met en jeu un corps qui oublie son astreinte à la pesanteur. Elle est un commencement parce que le geste dansant doit toujours être comme s’il inventait son propre commencement. C’est aussi un jeu car elle libère le corps de toute mimique sociale, de tout sérieux et de toute convenance.

La question de la danse est le rapport à la verticalité et à l’attraction. Elle jaillit de l’être comme une fontaine de jouvence de la terre.

La danse s’oppose à la gymnastique. La gymnastique est un corps obéissant et musclé. Un corps capable et soumis. Aux yeux de Nietzsche, un tel corps est le contraire d’un corps dansant, celui qui échange intérieurement l’air et la terre. Pour cet auteur, ce contraire est le mauvais Allemand dont il donne la définition suivante : de l’obéissance et de bonnes jambes.

Toujours pour Nietzsche, la mauvaise Allemagne donne l’essence au défilé militaire. Au fond, la danse a pour exact contraire le rapport au corps qui se manifeste dans le défilé militaire. Ce dernier n’est qu’un corps aligné et martelant, un corps horizontal et sonore, le corps de la cadence frappée. Alors que la danse est un corps aérien et rompu, le corps vertical. Il ne martèle pas, il est sur pointes qui pique le sol comme si c’était un nuage. C’est surtout un corps silencieux dédié au zénith. Il a une mobilité spontanée, non imposée, en expansion de son centre. Elle crée des étoiles qui illuminent la scène de leur grâce.

La danse est un mouvement impulsif mais retenue. Dans le cas contraire, pour Nietzsche, il serait vulgarité. La danse est un mouvement du corps soustrait à toute vulgarité. Ce n’est pas une impulsion corporelle libérée à l’énergie sauvage. La danse métaphorise la pensée légère et subtile parce qu’elle montre la retenue immanente du mouvement.

Alors oui, la danse s’oppose à l’esprit de pesanteur, elle est la légèreté. Soyons plus précis. Dans ce cas, la légèreté, ce n’est pas que l’absence de poids. C’est la capacité du corps à se manifester comme corps non contraint, y compris non contraint par lui-même. C’est-à-dire, la désobéissance par rapport à ses propres impulsions. Pour cela, elle exige un principe de lenteur. La danse est la capacité à manifester la lenteur secrète de ce qui est rapide. Le mouvement de la danse est certes d’une extrême promptitude, il est même virtuose dans la rapidité, mais il ne l’est qu’habité par la lenteur latente, qui est la puissance affirmative de sa retenue.

La danse se joue du temps et de l’espace. Elle situe tout évènement avant que celui-ci est un nom. Elle suspend le temps dans l’espace comme le ballon du danseur dans l’apogée de son saut.

Dans l’Ame et la Danse, Paul Valéry s’adresse à la danseuse en lui disant : « comme tu es extraordinaire dans l’imminence ». La danse est donc le corps en proie à l’imminence qu’il met en espace. Avant le nom, il y a le silence.  La danse manifeste le silence avant le nom. Elle s’émancipe de ce fait aussi à la musique. Si elle le faisait en étant obéissante tout comme le mauvais allemand du défilé, elle transformerait toute musique, même du Chopin ou du Boulez, en musique militaire.

De ceci, on peut dire que du point de vue de la danse, la musique n’a pas d’autre office que de marquer le silence.

Mallarmé a décrit six principes à la danse les opposant au théâtre. Il s’agit.

  • L’obligation de l’espace
  • L’anonymat des corps
  • L’omniprésence effacée des sexes
  • La soustraction de soi-même
  • La nudité
  • Le regard absolu.

 

  1. Le théâtre n’a pas forcément besoin d’espace. La danse intègre l’espace dans son essence. Elle en génère dans le mouvement qu’elle dessine ou suggère. En ce qui concerne le décor, il est nécessaire au théâtre et non à la danse.
  2. Le corps dansant est un corps pensée alors que le corps dans le théâtre est une imitation d’un personnage ou d’une singularité. L’acteur est saisi par un rôle. Le corps dansant exprime aucune intériorité, il est intériorité. Il nait aux yeux comme un corps.
  3. L’omniprésence effacée des sexes :  Pour Mallarmé, la danse n’est que la mystérieuse interprétation sacrée du baiser. La danse est entièrement composée de la conjonction et de la disjonction des positions sexuées. Tous les mouvements retiennent leur intensité dans les parcours dont la gravitation capitale unit puis sépare les position homme et femme. Mallarmé dit que la danseuse n’est pas une femme. Comment est-ce possible ? Est-ce que cela veut dire que l’homme n’est pas un homme ? La danse ne retient de la sexuation, du désir, de l’amour, qu’une pure forme : celle qui organise la triplicité de la rencontre, de l’enlacement et de la séparation. Ces trois termes, la danse les codes techniquement. Une chorégraphie en organise le rouage spatial. Mais finalement, le triple de la rencontre, de l’enlacement et de la séparation accède à la pureté d’une retenue intense qui se sépare de sa destination. Ce qui est mis en jeu dans l’illusion omniprésente aux sexes est au bout du compte la corrélation entre l’être et le disparaitre, entre l’avoir-lieu et l’abolition, dont rencontre, enlacement et séparation fournissent un codage corporelle reconnaissable.
  4. La soustraction de soi-même. Mallarmé dit que la danseuse ne danse pas. C’est-à-dire que ce n’est pas quelqu’un qui exécute une danse. Il dit aussi que c’est le poème dégagé de tout appareil de scribe. C’est-à-dire le poème dégagé du poème, le poème soustrait à lui-même tout comme la danseuse, qui ne danse pas, est la danse soustraite à la danse. La vraie danseuse ne doit jamais apparaitre comme celle qui sait la danse. Son savoir (qui est technique, immense, conquis douloureusement) est traversé, comme nul, par le surgir pur de son geste. La danseuse ne danse pas veut dire que ce que ce qu’on voit n’est en aucun moment la réalisation d’un savoir, bien que de part en part ce savoir en soit la matière, ou l’appui. En vérité, la danseuse abolit de toute danse sure parce qu’elle dispose de son corps comme s’il était inventé. En sorte que le spectacle de la danse est le corps soustrait de tout savoir d’un corps, le corps comme éclosion.
  5. La nudité. La danse visite le pur et n’a donc que faire d’un décor, de même le corps dansant, qui est corps-pensée n’a que faire d’un costume. Cette nudité est cruciale. Mallarmé que la danse te livre la nudité de tes concepts et écrira ta vie. La danse est pure consumation de la pensée car elle répudie tous les ornements possibles.
  6. Le regard absolu. Ce dernier principe concerne le spectateur. Qu’est-ce qu’un spectateur de danse ? Mallarmé dit que tout comme le danseur est emblème et jamais quelqu’un, le spectateur de danse ne peut d’aucune façon être la singularité de celui qui regarde. Si on regarde, le spectateur est un voyeur. Tout autre spectacle (et d’abord le théâtre) exige que le spectateur investisse la scène de son propre désir. La danse, à cet égard, n’est pas un spectacle. Elle ne l’est pas, car elle ne tolère pas le regard désirant, lequel, dès qu’il y a danse, ne peut être qu’un regard voyeur où les soustractions dansantes se suppriment elles-mêmes. Il faut donc ce que Mallarmé appelle « un impersonnel ou fulgurant regard absolu ». Ainsi le regard du spectateur doit cesser de chercher sur le corps des danseurs les objets de son désir. Parvenir à la nudité des concepts exige un regard, qui délesté de toute enquête désirante sur les objets dont le corps vulgaire de Nietzsche est le support, parvient au corps-pensée innocent et primordial, au corps inventé ou éclos.

Maintenant, si on examine les six principes de la danse, on peut établir que le vrai contraire de la danse est le théâtre. Certes, il y a le défilé militaire mais ce contraire est négatif. Le théâtre est le contraire positif de la danse. Nietzsche met la danse, tout comme le théâtre, dans une classification des arts. Mallarmé en revanche, quand il déclare que le théâtre est un art supérieur, n’entend nullement affirmer par là sa supériorité à la danse. Il ne dit pas que la danse n’est pas un art, mais il suggère que la danse est le signe de la possibilité de l’art, telle qu’inscrite dans le corps.

 

La danse révèle cette capacité artistique du corps, sans pour autant définir un art singulier. Dire que le corps en tant que corps, est capable d’art, c’est le montrer comme corps-pensée. Non pas comme pensée prise dans un corps mais comme un corps qui est pensée.  Telle est l’office de la danse. Comment nommer l’émotion qui nous saisit, pour peu que nous soyons, nous capables d’un fulgurant regard impersonnel et absolu ? Je la nommerai un vertige exact. C’est un vertige, parce que l’infini y apparait comme latent dans la finitude du corps visible. Si la capacité du corps, dans la guise de la capacité d’art, est de montrer la pensée native, cette capacité d’art est infinie, et le corps dansant est lui-même infini. Infini dans l’instant de sa grâce aérienne. Ce dont il s’agit là, et qui est vertigineux, n’est pas la capacité limitée d’un exercice du corps, mais la capacité infinie de l’art, de tout art, tel qu’enraciné dans l’événement qui lui prescrit sa chance. 

Ce vertige est exact. Car finalement, c’est la précision retenue qui compte, qui s’avère l’infini, c’est la lenteur secrète, et non la virtuosité manifeste. C’est l’extrême précision, millimétrée, du rapport entre le geste et le non-geste.

Ciro Bruni et al : Danse et pensée, une autre scène pour la danse. Ed Germs

Badiou A.: Indroduction à Danse et Pensée. Ed Germs

Seznec jc : Economie de l'effort. Ed Desiris

 

 

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 11:59

Chers humains , chères humaines, chers être vivants, chères présences... (Je souhaiterai froisser personne par une dénomination qui pourrait être prise comme jugeante)

 

J’allais vous adresser des vœux un peu rapidement, mais après consultation d'un avocat, je me suis rendu compte de l'imprudence de ma formulation.
Vous souhaiter une bonne année, une bonne santé et la prospérité me soumet, en effet, au risque de poursuites...
Voici donc la version rectifiée de mes vœux, et qui est en conformité avec le principe de précaution inscrit dans la Constitution.
Nouvelle formulation:
Je vous prie d'accepter, sans aucune obligation
implicite ou explicite de votre part, mes vœux à l'occasion du solstice d'hiver et du premier de l'an, en adéquation avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles de votre choix, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles,
ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées.
Ces vœux concernent plus particulièrement :
- la santé, ceci ne supposant de ma part aucune connaissance particulière de votre dossier médical, ni d'une quelconque volonté de m'immiscer dans le dialogue confidentiel établi avec votre médecin traitant ou votre assureur avec lequel vous auriez passé une convention obsèques ;
- la prospérité, étant entendu que j’ignore tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, de votre taux d'imposition et du montant des taxes et cotisations auxquelles vous êtes assujetti ;
- le bonheur, sachant que l'appréciation de cette valeur est laissée à votre libre arbitre et qu'il n'est pas dans mon intention de vous recommander tel ou tel type de bonheur.
Nota Bene :
Le concept d'année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont
adressés.
Son emploi n'implique aucun désir de prosélytisme.
La légitimité des autres chronologies utilisées par d'autres cultures n'est absolument pas mise en cause.
Notamment :
- le fait de ne pas dater ces vœux du Jumada I 17, 1442 AH de l'Hégire (émigration du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d'islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israëlo-palestinien ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 17 Tevet 5781, ne constitue ni un refus du droit d'Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues, ni le délit de contestation de crime contre l'humanité ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 18ème jour du 11ème mois de l'année du Rat / GengZide l’année 4719, n'implique aucune prise de position dans l'affaire dite "des frégates de Taïwan" ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 10 Nivôse An CCXXIX de la République Française, une et indivisible, ne saurait être assimilé à une contestation de la forme républicaine des institutions.
Enfin, l'emploi de la langue française ne sous-entend aucun jugement de valeur.
Son choix tient au fait qu'elle est la plus couramment actuellement pratiquée par l'expéditeur dans ce pays.
Tout autre idiome a droit au respect tout comme ses locuteurs.
Clause de non responsabilité légale :
En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure.
Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait.
Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties.
Leur reproduction est autorisée.
Ils n'ont fait l'objet d'aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d'une année, à la condition d'être employés selon les règles habituelles et à l'usage personnel du destinataire.
A l'issue de cette période, leur renouvellement n'a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision de l’expéditeur.
Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d'âge, de genre, d'aptitude physique ou mentale, de race, d'ethnie, d'origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d'appartenance syndicale, susceptibles de caractériser les destinataires.
Leurs résultats ne sont, en aucun cas, garantis et l'absence, totale comme partielle, de réalisation n'ouvre pas droit à compensation.
En cas de difficultés liées à l'interprétation des présentes, la juridiction compétente est le Tribunal habituel du domicile de l'expéditeur.
Après ce préambule je me permets de vous adresser mes vœux :
BONNE ANNÉE 2021
 
Seznec jc et Carouana L : Savoir se taire, savoir parler. Ed Interéditions

 

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