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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 13:00

La Crise COVID a bouleversé l’économie et modifier la façon de travailler. Dans beaucoup d’endroit les entreprises comme les salariés ont montré leur agilité à modifier leur façon de travailler. Tout cela veut dire que l’entreprise est plus flexible que l’on pouvait l’imaginer. Il est tout à fait possible de travailler différemment, de bouger notre façon de travailler pour le bénéfice de tous.

Alors pourquoi pas moderniser la façon de travailler ensemble et de manager ? Chiche ! C’est une question d’intention et mener celle-ci avec bonne volonté. Et si on rêvait un peu sur le profil du manger Post Covid ?

  • L’après COVID est l’opportunité de faire évoluer le management pour sortir d’un management anxieux et pyramidale trouvant des solutions dans le contrôle, la rentabilité immédiate et la course aux objectifs, pour un management humain, flexible et ajusté. Il aura pleine conscience que le capital humain fait partie du capital de l’entreprise et prendra en compte la part humaine de ses ressources pour réconcilier l’efficacité de l’entreprise avec l’épanouissement de chacun.
  • Le manager éveillé sera formé aux techniques de management et à la gestion de l’humain. Il n’obtiendra pas ce titre qu’à son seul mérite. Il fera une grande part à la collaboration et sortira d’une vision comptable de son exercice. Cela se traduira par une volonté de faire grandir ses collaborateurs et de gérer ses équipes tel un chef d’orchestre. Il mettra en avant le design thinking en privilégiant les processus et le chemin au moins autant que les résultats afin de générer de la créativité et de l’audace. Il développera l’apprentissage par l’expérience et l’erreur. Il développera, sein de l’entreprise le mentorat, le tutorat ou le parrainage pour favoriser le lien entre tous.
  • Il insufflera du féminin dans son style en privilégiant le lien, la collaboration et l’interdépendance pour une organisation beaucoup en réseau qui s’appuiera, avec confiance et bienveillance, sur les compétences et le professionnalisme de ses collaborateurs qu’il aura développé.
  • Il saura tirer parti des qualités de ces collaborateurs, quelque soit leur sexe, en tenant compte des contraintes des uns et des autres dans leur physiologie mais aussi dans leur organisation familiale, leur éloignement géographique, etc.
  • Il aura une vision écologique tant dans l’organisation de son système de travail et de son fonctionnement que dans le respect de la nature. La croissance ne sera pas son seul objectif. Il aura encore plus conscience de son rôle social. Il tiendra compte, dans l’organisation de son travail, de la géographie de son activité pour diminuer l’impact écologique de l’activité de son entreprise en favorisant le télétravail et les réunions virtuelles.
  • Au final, le manager post COVID aura envie de relever tous ces challenges essentiels à la survie de tous.

Et vous ? Serez vous un manager agile et innovant ? De quel monde professionnel avez-vous envie ?

 

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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 10:43
Bonjour à tous,

Je suis très heureux de vous annoncer la sortie, ce jour 19 mai, du livre que j’ai écrit avec la fabuleuse Jeanne Siaud Facchin

Grandir, vivre Devenir 

aux éditions Odile Jacob.

Ce livre est extraordinaire car il ne ressemble à rien de ce qui a été écrit jusqu’alors sur ce sujet.

En effet, Jeanne et moi, nous nous intéressons beaucoup à l’évolution de la psychologie et à la façon de la rendre moderne et adaptée au monde d’aujourd’hui, tout en l’enrichissant avec l’évolution des connaissances scientifiques de notre époque.

La psychothérapie, à la papa, façon Woody Allen, où l’on raconte sa vie pendant 60 ans, appartient au XXème siècle. Aujourd’hui, les gens ont besoin de pratique, de pragmatisme et de l’efficace pour changer significativement leur vie, savoir comment surfer dans la vie et moins souffrir.

Pour toutes ces raisons, dans ce livre, nous évoquons de nouvelles approches psychothérapeutiques comme la pleine conscience, l’act, la théorie des cadres relationnelles dans une approche intégrative.

Tous, les deux on est des affreux curieux et des sacrés bavards. On s’est demandé comment s’y prendre pour se questionner sur ce sujet.

Entre temps, voici que le covid et le confinement sont arrivés ! Que cela ne tienne, on s’est dit que l’on allait remettre au gout du jour un vieux principe littéraire qui s’avérait très moderne en cette époque des gestes barrières : la correspondance !

En effet, quel formidable outil de dialogue et de réflexion que la correspondance, en cette époque où l’on tweet plus vite que son ombre, où l’on like et où l’on s’exprime le plus souvent comme des trolls.

Aussi, on a pris un immense plaisir à dialoguer autour de la psychologie, des pb de société d’aujourd’hui, sur la façon de grandir, vivre et devenir dans le contexte d’aujourd’hui. Nous avons déambulé dans ces sujets existentiels et ses questionnement si importants pour tous, tout en échangeant sur nos histoires de vie. La psychologie concerne tout le monde, donc nous aussi.

On n’est rien que des humains !

En fait ce livre est un vrai mille-feuille (cela tombe bien pour un livre de correspondance !), qui j’espère se dégustera cet été avec délice, et qui explore de nombreux autres thèmes connexes.

Nous y parlons de danse, de clown, de new burlesque, de médiation, de littérature, de cinéma pour illustrer avec gourmandise ce livre. Par exemple, tout comme HK et les saltimbanks l’ont fait avec le tube du covid « danser encore », nous avons, nous aussi, parlé de ce besoin de danser qui s’est aussi emparé de nous.

Grandir, vivre, devenir est un livre pour voyager dans la psychologie et de questions existentielles avec douceurs travers cette correspondance. C’est un livre pour l’été qui explore la vie de façon moderne et incarnée. J’espère que qu’il sera reçu avec autant d’enthousiasme que nous en avons eu, Jeanne et moi, pour l’écrire.

Merci pour votre accueil !

Bonne lecture

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 08:47

Les premières menstruations sont le départ d’une véritable révolution dans le corps de la fillette. Tout va changer : ses repères corporelles, sensorielles, émotionnelles. La notion de sang va évoluer et La jeune fille va rentrer dans le cycle de la lune : Phase pré-ovulatoire, phase ovulatoire, phase de nidation et les règles.

Ces fameuses menstruations sont l’aspect visible de cette transformation. Grandir, c’est évoluer et parfois muer, la venue des règles en sont l’expression la plus visible. C’est une étape importante à accueillir, à accepter, à accompagner et à intégrer dans son quotidien. Elles seront désormais présentes et rythmeront la vie féminie et nécessiteront d’en tenir compte, en fonction des activités choisies. En effet certaines personnes doivent composer avec un syndrome prémenstruel parfois invalidant :  une fatigabilité et une sensibilité accrue. A l’école, comme en entreprise, les congés menstruels n’existent pas encore ! Notre société moderne semble avoir encore des difficultés à considérer le cycle féminin et lui trouver une place dans l’organisation sociale.

L’apparitions des règles signe un temps où la petite fille est poussée dans le monde des femmes, avec la possibilité d’une sexualité et de procréer, alors qu’elle se ressent encore une enfant. D’ailleurs, à cet âge, tout ce qui tourne autour de la sexualité est vécu comme honteux. Cette émotion est utile car elle protège la petite fille d’une entrée trop précoce dans le monde de la sexualité. Son corps la devance en se signalant et en la poussant dans le cycle féminin. Par ailleurs, il existe parfois une inadéquation entre la maturité corporelle à la sexualité et la maturité émotionnelle, sensorielle et sensuelle. Cette dysharmonie est parfois source de quiproquos et de difficultés lors des premiers flirts. On n’apprend pas suffisamment aux garçons et aux filles comment fonctionne leur corps et celui de ses partenaires.

L’apparition des premières règles confronte aussi la jeune fille au sang. Petite fille, le sang n’était que signe de blessures ou de coupures, voire de mort. Il faisait peur et était source d’inquiétude. Il va lui falloir construire de nouvelles références et de nouveaux tributs à son apparition. Désormais, le sang sera signe de sa féminité. Elle aura à accueillir chaque mois ce sang et intégrer que sa présence n’est pas signe de danger, de maladie et n’est pas honteux. Il est juste une expression physiologique de son corps qui vit et de son utérus qui fait sa mue tous les mois pour se rendre disponible à la procréation.

En parallèle à cette évolution corporelle, le système émotionnel de la jeune fille va changer de registre pour passer en mode turbo. Elle va se retrouver avec le réveil d’un volcan intérieur d’où va jaillir, de façon inopinée des émotions qui se traduisent par des vagues d’envie, d’énergie, de sensations physiques qui vont inonder son être et qui peuvent parfois lui donner l’impression de ne plus se reconnaitre. Ces vagues émotionnelles sont parfois paniquante et sont à apprivoiser pour ne pas qu’elles débordent de façon inadéquate où que la jeune fille trouve de fausses bonnes solutions pour apaiser ce chantier intérieur : troubles du comportement alimentaire, etc.

Le piège de cette brutale transformation serait de lutter contre celle-ci, de se crisper devant ces nouvelles sensations, au risque de développer des douleurs émotionnelles venant s’ajouter à l’inconfort de cette saison intérieure. Alors comment faire ?

La première étape est probablement l’acceptation, la considération de cette mue et la possibilité de partage avec un autre de ce qui se passe à l’intérieur de soi, afin de mettre des mots et des représentations constructives, et non des maux mais aussi pour ne pas se retrouver seule face à un corps qui échappe.

Alors qui d’autre que le père peut jouer ce rôle ?

  • En effet, il est la personne la plus proche de l’enfant et la plus bienveillante, à priori, en tant que parent, qui symbolise l’autre. Car en tant qu’autre et homme, il ne vivra jamais ce que cette jeune fille vit. En accompagnant sa fille dans ce moment, il lui accorde l’altérité et la possibilité de vivre et de considérer avec bienveillance ce moment de transformation qui la rend unique et participe à son identité.
  • En considérant l’apparition de ces menstruations, il ne fera pas de sa fille une paria, au risque de vivre de façon problématique ou honteuse ses menstruations mais il l’autorisera à se différencier en tant que femme dans la communauté des êtres humains.
  • Les règles ne sont pas un problème ni une maladie mais juste un phénomène physiologique. Son regard viendra s’ajouter aux partages qu’aura cette jeune fille avec ses copines et sa mère sur ce phénomène physiologique.
  • Ce regard lui signifiera qu’elle est toujours sa fille aimée au-delà de cette transformation.

Pour matérialiser cet accueil, le geste symbolique du père est peut-être d’offrir le premier kit de règles à sa fille : une trousse personnalisée avec des protections périodiques, des protèges slip, un guide explicatif et une roue pour calculer et anticiper les prochaines règles. Un kit qui dit à son enfant bienvenue dans le monde des femmes, des êtres vivants et humains. Une offrande intime entre un père et sa fille qui reconnait l’altérité de son enfant et qui l’encourage à s’engager dans le chemin de son évolution. Qu’en pensez-vous ?

 

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 23:51

Du 31 mars au 7 avril aura lieu les élections URPS (Union Régionale des Professionnels de Santé). Les URPS organisent la vie des soignants libéraux, signent les conventions avec les tutelles :  l’Etat et la CPAM.

Force est de constater que notre système de santé se dégrade. Il s’est soviétisé dans une dérive comptable et administrative qui transforme les patients en des consommateurs de soin et les soignants en employés de santé, un système où tout le monde est perdant et où  tout le monde est en souffrance frustrée et incompris. Cette dérive est notamment due aux conventions signées par les syndicats de soignants dans l’unique but de pouvoir toucher leur subvention. En effet, tout comme les partis politiques, les syndicats touchent une subvention financière en fonction du nombre de votant pour leur liste. La seule différence, et non la moindre, est que pour la toucher ils doivent signer la convention : ce que l’on appelle un conflit d’intérêt organisé par l’état. Je ne veux plus d'un système gérer par des apparatchiks!

Pour ma part, je suis médecin libéral. Ce métier je l’exerce avec âme et conscience en collaboration avec mes patients, les différents organismes et mes collègues. N’étant pas handicapé et en pleine possession de mes moyens je n’ai pas besoin de « tutelle » mais de pouvoir collaborer en bonne intelligence avec les différentes instances. Je ne souhaite pas être asservi, ni que l’on me dise comment je dois soigner et quels médicaments je dois prescrire. L’idée d’une rémunération à la performance à l’aide des ROSP me scandalise et est à l’encontre de mes valeurs. D’ailleurs, on a vu comment une rémunération à l’aide de subvention a paupérisé les agriculteurs. Les médecins tout comme les agriculteurs se suicident deux fois plus que la population générale. Or l’Etat et la CPAM Veulent de plus en plus réduire le paiement à l’acte pour développer le paiement en subvention et faire disparaitre ainsi la médecine libérale.

Je ne me retrouve pas dans le système de soin d’aujourd’hui. Je vois toutes les difficultés qu’à l’état à organiser la gestion de la crise du COVID après avoir épuiser les soignants juste avant Je vois comment tous les soignants sont infantilisés et humiliés en permanence. La moitié des médecins sont en burn out.

Je souhaite retrouver ma dignité et ma liberté d’exercice pour pouvoir l’exercer avec intelligence comme ma formation me l’a enseigné. Je souhaite pouvoir faire une médecine de qualité, justement rétribué, pour m’adapter aux situations cliniques de chacun.
De ce fait, j’ai choisi de m’engager dans ces élections avec le nouveau syndicat UFML (Union Française pour une Médecine Libre) auquel j’ai participé à sa création lors de la lutte contre la loi de santé promulgué par Marisol Touraine et le seul qui défend activement une médecine libre.

Chers confrères, cette année, les élections ont lieu par vote électronique. Ne perdez pas vos codes pour pouvoir voter. Merci de votre soutien. Je compte sur votre vote pour l’UFML.

 

 

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 15:52

Le COVID et les mesures qui sont nécessaires pour contrecarrer la pandémie nous mettent lourdement à l’épreuve. En effet, l’homme est un animal social. Pour notre bien-être, nous avons besoin de :

Contacts sociaux

Contacts physiques

Activités physiques

Rituels (rythmes de vie)

Joie

Réalisation

Tous ces besoins sont entravés par les gestes barrières. Lorsque ses besoins ne sont pas satisfaits, cela génère de la fatigue, des troubles du sommeil et de l’appétit, une perte d’envie, un risque addictif, des troubles anxiodépressifs, etc.

Les étudiants sont particulièrement touchés par ces troubles. En effet, ils souvent loin de leur famille, ils sont moins bien structurés (des jeunes adultes en construction, donc plus vulnérable) et ils ont moins l’habitude de travailler à distance. De plus, ils sont entravés dans leur projets de constructions et de développement qui sont le propre de cet âge. Enfin, ils se construisent dans la relation à l’autre. La privation de la vie de groupe est pour eux une violence. Le piège est d'avoir une vie inusfisamment contrastée entre le temps de travail, le temps de détente et les temps de repos. Cette confusion est source de fatigue : on nomme cela du Blurring.

Face à ce constat, l’enjeu est de développer de la créativité et de l’imagination pour trouver des compromis entre les nécessités des gestes barrières et tous ces besoins vitaux mentionnés. Voici qq astuces :

  • Marcher trente minutes, matin et soir, comme si on va à l’école, pour aller de chez soi à chez soi (activité physique et rituel)
  • Travailler en distanciel à deux ou trois (lien social)
  • Faire chaque jour une course dans un magasin de quartier tout en prenant cinq minutes pour papoter avec le commerçant (activité physique, lien social, rythme)
  • Se donner rv pour faire les courses avec un ou deux amis (lien social)
  • Travailler debout chez soi avec un ordinateur poser en hauteur (activité physique)
  • Prendre des repères temporels clairs pour rythmer notre cerveau (rythme de vie).
  • Gare à la procrastination. Utiliser la méthode pomodoro ,  si besoin en travaillant tranche par tranche, en faisant le mieux que l'on peut à chaque instant tenant compte de sa forme.
  • Se concentrer sur le présent pour ne pas paniquer devant des attentes et des objectifs. C'est la tortue qui gagne et non le lièvre!
  • Alterner les modes d’apprentissage : cours distanciel, révision en regardant des vidéos, sous-colles avec des copains (rythme et lien social)
  • Positionner des temps de repos et de "décantage", pour retrouver l'esprit clair, dans votre semaine. 
  • Ne pas rater une occasion de rire et de déconner : le rire, c’est comme les essuies glaces, cela n’enlève pas la pluie mais cela aide à avancer ! (Joie)
  • Avoir des réalisations : peinture, dessins, couture, tricot, poterie, écriture, tenir un blog, faire des vidéos, etc. (joie, réalisation, construction de soi).
  • Chanter, danser chez soi (joie)
  • Jouer à des plateformes de jeux de société en ligne (Twitch, etc.). (Joie, socialisation).
  • S’organiser en collectif de soutien entre étudiant. Rien ne vaut l’entraide (lien social). Créer des systèmes de tutorat. on apprend en aidant les autres, on ouvre des chances et on muscle l'interdépendance.
  • Pratiquer régulièrement de la méditation et de la cohérence cardiaque (facebook de méditation gratuite Prézens)
  •  
  • Etc.

De nombreuses personnes travaillent dans des milieux confinés. Il est intéressant de s’enrichir de leurs expériences. Exemples des sous-mariniers

Les universités et les écoles ont été pris au dépourvu par cette crise du COVID. Ils ont mis leur énergie sur la façon de permettre aux cours de continuer. Ils ont probablement des progrès à faire pour prendre soin des étudiants et de repérer les étudiants fragiles pour leur proposer un soutien et des aides personnalisées.

  • Les professeurs ou membres de l’enseignement devraient avoir un lien téléphonique avec chaque étudiant régulièrement.
  • Ils doivent se renseigner sur la précarité des étudiants pour faire l’interface avec les aides possibles
  • Ils doivent vérifier les connexions internet de leurs étudiants pour être sûr que les cours distanciels peuvent être correctement suivi. Dans le cas contraire, ils devraient permettre à certains étudiants de venir à la faculté faire les cours en distanciel par petit groupe
  • De nombreux locaux professionnels sont aujourd’hui vide (hôtels, administrations, restaurants, etc.). Ils devraient être promoteurs de partenariats pour accueillir les étudiants. On peut très bien imaginer des étudiants travaillant par deux en distanciels dans des chambres d’Hotels de grands groupes hôteliers, avec des possibilités préférentielles de restaurations.
  • Mettre en place des concours de créativité pour accompagner les étudiants. Toute situation est une opportunité d’apprendre et de ce développer (design attitude )
  • Fournir des outils de gestions de soi
  • Etc.

La crise du COVID met en lumière nos rigidités. Universités, écoles et étudiants s’en sortiront selon leurs capacités d’imagination et de créativité pour s’adapter à ce nouveau contexte.

Métaphore du pot de verre :

Imaginons que les problèmes et les contraintes sont comme de gros cailloux. Si dans un pot de verre, on le remplit de cailloux, on peut avoir l’impression que celui-ci est plein. Pourtant, il est toujours possible d’y insérer, dans les interstices, du sable et de l’eau. L’eau, c’est comme la joie, elle doit s’infiltrer partout pour rendre la vie belle. La vie est belle, c’est d’ailleurs le nom de ce formidable film de Roberto Benigni qui raconte l’histoire d’un père qui fait tout pour transformer la réalité horrible d’un camp nazi, pour son fils, en immense farce acceptable.

Parfois, la vie, c’est comme être pris dans une tempête. Si on se demande si on va arriver à bon port, c’est ainsi que le marin prend des risques de couler et d’être très angoissé. Dans la tempête, le marin adapte la voilure aux circonstances et avance vague après vague, en se disant qu’il arrivera toujours quelque part. Alors, chers étudiants, avancez vague après vague dans cette situation unique et historique pour être les héros de votre vie.

Pour finir, chers étudiants, n’oubliez pas que la vie est belle. Soyez créatifs et audacieux pour vous réinventer une vie ! Quoiqu’il en soit, faites-le avec panache car, comme le dit la pub, vous le valez bien !

https://theconversation.com/cours-a-distance-etudiants-comment-sorganiser-pour-ne-pas-decrocher-153769?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%207%20avril%202021%20-%201910418678&utm_content=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%207%20avril%202021%20-%201910418678+CID_8d06f08f5d7cf6368ee10a8271a53b56&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Cours%20%20distance%20%20tudiants%20comment%20sorganiser%20pour%20ne%20pas%20dcrocher

 

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 11:00

Forest Gump disait que la vie est comme une boite de chocolat, on ne sait pas sur quoi on va tomber. Je vous propose de paraphraser cette maxime à propos des enfants que l’on a et qui naisse.

En effet, lorsque l’on choisit, plus ou moins d’ailleurs…, d’avoir une enfant, on est rempli de projections, de désirs et d’envies. Il est l’objet de nos envies de lien. Parfois, on souhaite qu’il comble tout l’amour que l’on n’a pas eu ou qu’il permette de vivre tous les échanges dont on a été frustré. On aimerait aussi lui offrir toutes les opportunités et les cadeaux de la vie que nous aurions aimé recevoir. On se reconnait par fois en lui ou on aimerait qu’il répare les besoins qui n’ont pas été satisfait dans notre enfance. Ce dernier se moule parfois plus ou moins, par coping, à ce que nous représentons. On voudrait être fier de lui et se remplir de l’orgueil que provoque notre création. Mais un enfant n’est pas un résultat ni un trophée ! Inexorablement, il aura à apprendre à être lui avec son caractère, ses compétences et ses envies pour s’émanciper et s’inventer. Empêcher ce mouvent risque de le blesser et de l’entraver.

La série « Fais pas ci, fais pas cela » est exemplaire à ce sujet. Elle raconte la vie de deux familles : les Bouleys et les Lepics

  • Les Bouleys refusent le modèle autoritaire de leurs parents. Ils représentent une famille recomposée et moderne, appliquant un type d'éducation souple, déstressé, où le dialogue l'emporte sur l'autorité, et qui recherche l'épanouissement personnel de leurs enfants : Tiphaine, 16 ans, issue du premier mariage de Valérie, et Eliott, 8 ans. La famille s'élargira par l'arrivée de Salomé. Ils cherchent avant tout à ce que leurs enfants les aiment.
    Au gré des évènements, le modèle type subit des distorsions et fait apparaître des contradictions : ils appliquent un type d'éducation « cool », sans autoritarisme. Ils sont contre les idées toutes faites et veulent qu’ils fassent leurs propres expériences, mais ils se désolent quand Tiphaine veut devenir esthéticienne au lieu d'envisager un cursus universitaire. Elle finira par être policière. Et Eliott est un premier de la classe, qui veut faire du catéchisme, et exprime des opinions nettement à droite, alors que ses parents se positionnent politiquement à gauche. Salomé deviendra une sorte de Greta Thunberg dictatoriale sur toutes les valeurs écologiques avec que les comportements de consommation soit en adéquation avec le dogme.
  •  

  • Les Lepics sont persuadés que le mode d’éducation strict, reçu de leurs parents, est la solution aux problèmes de la jeunesse actuelle. Ils prônent les valeurs fondamentales, sont d’accord sur tout et forment un couple « raisonnable et sensé ». Leurs enfants doivent, en théorie, filer droit. Pas question de rigoler, le maître mot est la réussite, sociale et scolaire. Là aussi la réalité va s'écarter du modèle type : Christophe, l'ainé, accumule les mauvais résultats scolaires. Les Lepic veulent tout gérer et tout cadrer, mais en réalité, ils ont une capacité à dramatiser tout ce qui s'écarte de leur modèle, et réagissent en recourant à l'autorité ce qui crée régulièrement de petites crises familiales ! Ça crie et ça fuse ! 

Dans cette série, il est amusant de voir comment la volonté de contrôle éducatifs des parents poussent leurs enfants loin de ce qui compte pour eux.

Beaucoup de parents aimeraient avoir la formule miracle pour savoir comment éduquer ses enfants. Pourtant, il n’y a pas de formule miracle. L’approche ACT, ou thérapie de l’acceptation et de l’engagement, peut-être une piste pour gagner en flexibilité pour accompagner mieux ses enfants afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, tout en tissant une relation de qualité bienveillante avec eux

  • Tout d’abord accepter ce qu’ils sont. Sortir des attentes, la vie est toujours différente que ce que l’on a prévu ou imaginer. En outre, l’éducation est un long chemin. Il est nécessaire de savoir tenir la distance pour observer les fruits de son action.
  • Se comporter avec engagement et authenticité en fonction de ce qui compte pour soi. Avoir de la consistance et de la présence au contact de ses enfants. Aldo Naouri, le pédiatre, mettait en garde sur le fait d’avoir comme préoccupation première de leur faire plaisir car cela risquait de mettre les parents dans une position de séduction et dans une posture relationnelle horizontale alors qu’elle se doit d’être verticale, selon lui.
  • Avoir une posture de Sherpa auprès de ses enfants afin de les accompagner et de les aider
  • Ne pas rentrer en lutte avec eux mais les encourager afin qu’ils deviennent des experts de ce qui comptent pour eux. Il y aura irrémédiablement des moments de souffrance à accepter et à négocier. Parents demandent de savoir profiter des temps forts et savoir négocier au mieux les temps faibles de la relation.
  • Développer la curiosité, la créativité et l’engagement. Les aider à définir leurs valeurs, même si elles sont différentes de celle des parents.
  • Ne pas oublier que la frustration est un moteur de développement. En n’étant pas complètement satisfait, ils généreront l’envie de se satisfaire ailleurs et d’être créatif. N’est ce pas là une forme de désespoir créatif qu’aborde l’ACT ?
  •  

  • Vivre des moments avec eux dès le plus jeune âge. Avoir des enfants est un vrai engagement de vie qui demande de nombreux renoncements. Un enfant ne s’élève pas tout seul.
  • Ne pas oublier aussi que le destin d’un enfant est de foutre le camp pour qu’éventuellement il nous revienne en étant lui pour nouer une relation mature d’adulte avec ses parents. Il faut donc organiser des séparations dès leur plus jeune âge en les envoyant chez les grands parents, chez des copains, en colonie de vacances afin qu’ils développent leur autonomie et que les parents se retrouvent aussi, mais aussi pour avoir le plaisir de se retrouver et de se raconter plein de choses.
  • Avoir une main de fer dans un gant de velours. Les bénéfices du cadre que l’on impose, on les récolte de nombreuses années plus tard, mais cela vaut le coup.
  • Favoriser le lien et le dialogue. Ne pas rater une occasion de partager quelque chose avec eux. S’intéresser à ce qu’ils aiment même si c’est très loin de soi. Utiliser leurs gouts et centres d’intérêt pour vivre quelque chose avec eux. Autrefois, on le faisait en jouant au foot avec ses enfants, aujourd’hui c’est peut-être en faisant une partie de jeu ordinateur ensemble…
  • Ne pas comparer ses enfants aux réussites de ceux des autres que l’on voit sur les réseaux sociaux.
  • Savoir gérer son anxiété, son incertitude et son inquiétude sur l'avenir
  •  

  • Savoir parfois déléguer à d’autres parents de substitution (professeurs, entraineurs, etc.) des phases de l’éducation de nos enfants.
  • Savoir être humble et bienveillant avec soi. Chacun d’entre nous faisons le mieux que nous pouvons. Le plus important est d’être le plus souvent, juste là, à coté d’eux, à les regarder grandir avec amour et à les encourager dans leurs initiatives. Ils deviendront eux-mêmes.
  •  

A différentes étapes de leur vie, les enfants peuvent parfois être frustrant, décevant, source de renoncements. Il est important de ne pas se laisser aller à la déception mais savoir aller à leur rencontre. Rencontrer l’autre est savoir se laisser changer et évoluer par cette rencontre. Etre parents nous transforme. Cela nous demande beaucoup de flexibilité et de créativité. C’est une sacrée aventure car chaque parentalité est unique et ne possède aucun repère. Les parents ont à s’ajuster en permanence, en se faisant confiance et en sachant apprendre de leurs erreurs, car tous les parents font des erreurs ! On merdra tous. Moi aussi!!!

Avoir des enfants est une aventure de vie unique qui nous demande d’avancer pas à pas, sans savoir où l’on va arriver, mais en ayant confiance que l’on arrivera de toutes les façons quelque part. Cette aventure unique que vive chaque parent n’est-ce pas cela qui rend merveilleux cette expérience de vie ?

 

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 16:19

La danse est la poésie du corps. Le geste dansé ouvre une fenêtre sur l'être, sa sensibilité, sa vulnérabilité... Il nait de la respiration du corps pour sonder l'âme humaine. Nietzsche, Mallarmé et Valéry ont exploré celui-ci...

 

De quoi parle-t-on lorsque l’on parle de danse ?

Le petit Robert dit que c’est « une action représentant une suite expressive de mouvement du corps exécutés selon un rythme, le plus souvent au son de la musique et suivant un art, une technique ou un code social plus ou moins explicite ».

Platon dit que la danse est un présent des Dieux, qui a un rôle social et religieux. Ses bienfaits sont de sculpter les corps, son action morale est que le beau ne peut se séparer du bien et sur le groupe elle civilise l’individu.

Il décrit des bonnes danses qui sont les Pyrrhiques (danses guerrières surtout présente à Sparte ; on retrouve ainsi la notion que la danse est un art de la guerre) et les danses laides issues du théâtre comique. Par exemple, le Kordex est une danse faite de déhanchements pour imiter la laideur par la destruction de la rectitude des lignes.

Il existe d’autres danses dans la Grèce Antique que Platon n’ose pas déclarer laides, ce sont les danses Dionysiaques. Ce sont des danses de transes. Il s’agit de sortir de soi pour trouver le bonheur dans l’extase mystique. Les danses Dionysiaques sont par exemples les Bacchantes ou les Ménades. Il s’agit d’une transe féminine avec ivresse masculine pour permettre le contact avec le divin.

La Corybante a pour rôle de préserver l’enfant Dionysos de la jalousie d’Héra par l’intermédiaire d’une manifestation bruyante. Elle est pratiquée par des prêtres en transe, ils exécutent une chorégraphie bruyante, violente et guerrière. Elle a parfois une fonction thérapeutique et d’initiation.

Devant ces fonctions importantes de la danse, Platon a voulu légiférer la danse pour faire perdurer ses bienfaits.

La danse a eu longtemps la fonction de permettre aux hommes de communiquer avec les Dieux notamment par la transe qu’elle peut engendrer. Il n’est pas question d’art ni d’activité corporelle mais d’un mode de communication avec l’inconnu et le divin ce qui permet d’exorciser nos peurs sur terre. En occident, le monothéisme a effacé l’existence de ces danses. La communication avec Dieu a été monopolisé par les religieux interdisant à tout homme de le faire sous peine d’hérésie.

Par la Renaissance qui est la découverte de l’homme par lui-même, la danse va réapparaitre en tirant leurs origines des danses seigneuriales et des danses paysannes pour donner les danses de divertissement et les danses spectaculaires. C’est-à-dire le bal et le ballet. Lors des fêtes, la nourriture passe au second plan pour laisser place aux divertissements raffinés. C’est aussi une occasion de transgresser les lois divines. La danse a été longtemps un art de la guerre qui permettait aux homes d’entrainer leur corps. La danse a les même cinq positions que l’escrime. La première danse propre à l’occident est née et s’est développée en France pour donner la dance classique.

La danse classique est devenue décadente à la fin du XIXème siècle en France et à survécu de manière académique en Russie. Elle est revenue à son apogée en France par l’intermédiaire des Ballets Russe avec Diaguilev, Nijinski, Fokine, Massine, Nijinska et Balanchine pour se développer telle qu’on la connait actuellement par son plus beau représentant qu’est l’Opéra de Paris.

 

Au début du siècle, pendant que la danse était décadente ou académique, il est né dans le nouveau monde la danse contemporaine qui s’est libérée de la rigueur classique par l’intermédiaire de Loïs Fuller puis de Martha Graham. Ce courant de danse touche désormais le même territoire géographique que la danse classique. Dans ce même temps, en Amérique par le mélange des danses « blanches » et « noires » par l’intermédiaires d’un métissage complexe est née la danse jazz dont l’un des plus grand maitre a été Alvin Alley.

 

La danse est un art particulier dans le sens qu'il explore la problématique d'être, associée aux concepts de limite et de l'ailleurs. La danse permet à travers le corps que j'ai de nous parler du corps que je suis et, en conséquence, de notre existence. Tout au long de notre vie, chacun d'entre nous est à la recherche de lui-même. La danse possède cette faculté de nous parler, avec notre corps terrestre (ou organique), de notre corps inconscient donc inconnu. C'est un peu ce que dit le chorégraphe Jean Gaudin dans l'ouvrage "Danse et Pensée": "la danse permet de découvrir l'ordre caché du corps et de le "décacher". De la même manière que les nouveau-nés jouent avec leurs doigts comme s'ils les comptaient et les remettaient en ordre. Au cours du temps, nous perdons l'ordre du corps et par la danse, on tente de le retrouver. La danse est un moyen de connaissance de nous-même". L'ordre caché est notre existence, le jeu corporel de la danse permet de tester les limites de notre enveloppe corporelle et de notre psychisme, et de dire ainsi au danseur qui il est.

                Explorer qui l'on est et se définir plus précisément à travers l'art de la danse est possible si l'on possède, au préalable, une entité psychique source d'une énergie qui va transparaître dans le mouvement. La danse a besoin d'être alimentée par cette angoisse originelle à l'origine de notre existence psychique. Elle doit être une nécessité qui s'impose d'elle-même par le mouvement. Martha Graham dans sa biographie exprime bien cet impérieux besoin de faire s'écouler cette énergie vitale dans le geste.

                Par contre, certaines personnes, confrontées à un vide originel, peuvent avoir l'illusion d'exister à travers la danse. En effet, l'enseignement de la danse par l'apprentissage mécanique de gestes répétés, peut donner une fausse identité et de fausses limites à travers le mouvement. Certaines élèves se perdent ainsi dans la répétition, au-delà de l'ennui, de ces gestes, à la recherche d'une existence factice permettant de structurer leur vide, leur non -existence et ainsi leur procurer une fausse identité. De manière plus pernicieuse, la danse procure un ailleurs psychique tout aussi factice à travers cette illusion de la représentation de la danseuse comme un ange pur sans pulsion et à l'extrême de l'étoile. Cette image de la sylphide permet alors si facilement de rompre avec le corps organique lié à la mère afin d'exister ailleurs et de couper les attaches terrestres, mais pour se retrouver alors sans vie. Mais il s'agit d'une voie sans issue non salutaire car elle échappe à la fusion maternelle pour la fusion avec le corps de danse, et, toujours, sans identité.

On retrouve ainsi ce jeu de la mort pour vivre de l'ordalie. Sans existence psychique, ces personnes, en tentant de danser, font de leur corps non pas un corps-pensée, mais un corps-machine. Elles ne dansent pas, elles font seulement une gymnastique parfois dansante. Elles existent alors symptomatiquement à travers le corps machine prépubère de la pseudo danseuse. Ces personnes vont ainsi se perdre dans la danse sans jamais devenir des danseuses.

               

 

                Il est en fait très difficile d'être un danseur, car en plus d'exister tout simplement dans la vie, il va falloir exister en dépassant la rigueur d'une technique de danse. Il va devoir affirmer ses différences à l'intérieur de son identité de danseur.

 

La danse met en jeu le corps mais est au fond une pensée. Nietzsche en a fait un fondement de son travail à travers son double Zarathoustra. Pour lui la danse décrive la pensée ou que la pensée doit être pensée comme la danse.

Pour ce philosophe, la danse est une métaphore de la pensée. La danse, pour Zarathoustra, est ce qui s’oppose à l’esprit de pesanteur. La danse est avant tout l’image d’une pensée soustraite à tout esprit de pesanteur.

Zarathoustra déclare ; « C’est parce que je hais l’esprit de pesanteur que je tiens de l’oiseau ». Il s’agit là de l’oiseau intérieur que nous portons tous en nous. La danse est donc aussi l’image de l’envol. Vaslav Nijinski n’a-t-il pas éclot lorsqu’il s’est envolé à travers une fenêtre lors de sa première apparition en France dans le Spectre de la Rose ?

Zarathoustra dit aussi : « celui qui apprendra à voler donnera à la terre un nom nouveau. Il l’appellera la légère ». En tant qu’oiseau, la danse est pour Zarathoustra dans ses comparaisons animales le contraire du chameau. Quant au lion, il est trop agressif pour être danseur.

La danse est un oiseau, un envol tel un enfant.  Elle est innocence parce qu’elle est un corps avant le corps. Elle est oubli parce qu’elle met en jeu un corps qui oublie son astreinte à la pesanteur. Elle est un commencement parce que le geste dansant doit toujours être comme s’il inventait son propre commencement. C’est aussi un jeu car elle libère le corps de toute mimique sociale, de tout sérieux et de toute convenance.

La question de la danse est le rapport à la verticalité et à l’attraction. Elle jaillit de l’être comme une fontaine de jouvence de la terre.

La danse s’oppose à la gymnastique. La gymnastique est un corps obéissant et musclé. Un corps capable et soumis. Aux yeux de Nietzsche, un tel corps est le contraire d’un corps dansant, celui qui échange intérieurement l’air et la terre. Pour cet auteur, ce contraire est le mauvais Allemand dont il donne la définition suivante : de l’obéissance et de bonnes jambes.

Toujours pour Nietzsche, la mauvaise Allemagne donne l’essence au défilé militaire. Au fond, la danse a pour exact contraire le rapport au corps qui se manifeste dans le défilé militaire. Ce dernier n’est qu’un corps aligné et martelant, un corps horizontal et sonore, le corps de la cadence frappée. Alors que la danse est un corps aérien et rompu, le corps vertical. Il ne martèle pas, il est sur pointes qui pique le sol comme si c’était un nuage. C’est surtout un corps silencieux dédié au zénith. Il a une mobilité spontanée, non imposée, en expansion de son centre. Elle crée des étoiles qui illuminent la scène de leur grâce.

La danse est un mouvement impulsif mais retenue. Dans le cas contraire, pour Nietzsche, il serait vulgarité. La danse est un mouvement du corps soustrait à toute vulgarité. Ce n’est pas une impulsion corporelle libérée à l’énergie sauvage. La danse métaphorise la pensée légère et subtile parce qu’elle montre la retenue immanente du mouvement.

Alors oui, la danse s’oppose à l’esprit de pesanteur, elle est la légèreté. Soyons plus précis. Dans ce cas, la légèreté, ce n’est pas que l’absence de poids. C’est la capacité du corps à se manifester comme corps non contraint, y compris non contraint par lui-même. C’est-à-dire, la désobéissance par rapport à ses propres impulsions. Pour cela, elle exige un principe de lenteur. La danse est la capacité à manifester la lenteur secrète de ce qui est rapide. Le mouvement de la danse est certes d’une extrême promptitude, il est même virtuose dans la rapidité, mais il ne l’est qu’habité par la lenteur latente, qui est la puissance affirmative de sa retenue.

La danse se joue du temps et de l’espace. Elle situe tout évènement avant que celui-ci est un nom. Elle suspend le temps dans l’espace comme le ballon du danseur dans l’apogée de son saut.

Dans l’Ame et la Danse, Paul Valéry s’adresse à la danseuse en lui disant : « comme tu es extraordinaire dans l’imminence ». La danse est donc le corps en proie à l’imminence qu’il met en espace. Avant le nom, il y a le silence.  La danse manifeste le silence avant le nom. Elle s’émancipe de ce fait aussi à la musique. Si elle le faisait en étant obéissante tout comme le mauvais allemand du défilé, elle transformerait toute musique, même du Chopin ou du Boulez, en musique militaire.

De ceci, on peut dire que du point de vue de la danse, la musique n’a pas d’autre office que de marquer le silence.

Mallarmé a décrit six principes à la danse les opposant au théâtre. Il s’agit.

  • L’obligation de l’espace
  • L’anonymat des corps
  • L’omniprésence effacée des sexes
  • La soustraction de soi-même
  • La nudité
  • Le regard absolu.

 

  1. Le théâtre n’a pas forcément besoin d’espace. La danse intègre l’espace dans son essence. Elle en génère dans le mouvement qu’elle dessine ou suggère. En ce qui concerne le décor, il est nécessaire au théâtre et non à la danse.
  2. Le corps dansant est un corps pensée alors que le corps dans le théâtre est une imitation d’un personnage ou d’une singularité. L’acteur est saisi par un rôle. Le corps dansant exprime aucune intériorité, il est intériorité. Il nait aux yeux comme un corps.
  3. L’omniprésence effacée des sexes :  Pour Mallarmé, la danse n’est que la mystérieuse interprétation sacrée du baiser. La danse est entièrement composée de la conjonction et de la disjonction des positions sexuées. Tous les mouvements retiennent leur intensité dans les parcours dont la gravitation capitale unit puis sépare les position homme et femme. Mallarmé dit que la danseuse n’est pas une femme. Comment est-ce possible ? Est-ce que cela veut dire que l’homme n’est pas un homme ? La danse ne retient de la sexuation, du désir, de l’amour, qu’une pure forme : celle qui organise la triplicité de la rencontre, de l’enlacement et de la séparation. Ces trois termes, la danse les codes techniquement. Une chorégraphie en organise le rouage spatial. Mais finalement, le triple de la rencontre, de l’enlacement et de la séparation accède à la pureté d’une retenue intense qui se sépare de sa destination. Ce qui est mis en jeu dans l’illusion omniprésente aux sexes est au bout du compte la corrélation entre l’être et le disparaitre, entre l’avoir-lieu et l’abolition, dont rencontre, enlacement et séparation fournissent un codage corporelle reconnaissable.
  4. La soustraction de soi-même. Mallarmé dit que la danseuse ne danse pas. C’est-à-dire que ce n’est pas quelqu’un qui exécute une danse. Il dit aussi que c’est le poème dégagé de tout appareil de scribe. C’est-à-dire le poème dégagé du poème, le poème soustrait à lui-même tout comme la danseuse, qui ne danse pas, est la danse soustraite à la danse. La vraie danseuse ne doit jamais apparaitre comme celle qui sait la danse. Son savoir (qui est technique, immense, conquis douloureusement) est traversé, comme nul, par le surgir pur de son geste. La danseuse ne danse pas veut dire que ce que ce qu’on voit n’est en aucun moment la réalisation d’un savoir, bien que de part en part ce savoir en soit la matière, ou l’appui. En vérité, la danseuse abolit de toute danse sure parce qu’elle dispose de son corps comme s’il était inventé. En sorte que le spectacle de la danse est le corps soustrait de tout savoir d’un corps, le corps comme éclosion.
  5. La nudité. La danse visite le pur et n’a donc que faire d’un décor, de même le corps dansant, qui est corps-pensée n’a que faire d’un costume. Cette nudité est cruciale. Mallarmé que la danse te livre la nudité de tes concepts et écrira ta vie. La danse est pure consumation de la pensée car elle répudie tous les ornements possibles.
  6. Le regard absolu. Ce dernier principe concerne le spectateur. Qu’est-ce qu’un spectateur de danse ? Mallarmé dit que tout comme le danseur est emblème et jamais quelqu’un, le spectateur de danse ne peut d’aucune façon être la singularité de celui qui regarde. Si on regarde, le spectateur est un voyeur. Tout autre spectacle (et d’abord le théâtre) exige que le spectateur investisse la scène de son propre désir. La danse, à cet égard, n’est pas un spectacle. Elle ne l’est pas, car elle ne tolère pas le regard désirant, lequel, dès qu’il y a danse, ne peut être qu’un regard voyeur où les soustractions dansantes se suppriment elles-mêmes. Il faut donc ce que Mallarmé appelle « un impersonnel ou fulgurant regard absolu ». Ainsi le regard du spectateur doit cesser de chercher sur le corps des danseurs les objets de son désir. Parvenir à la nudité des concepts exige un regard, qui délesté de toute enquête désirante sur les objets dont le corps vulgaire de Nietzsche est le support, parvient au corps-pensée innocent et primordial, au corps inventé ou éclos.

Maintenant, si on examine les six principes de la danse, on peut établir que le vrai contraire de la danse est le théâtre. Certes, il y a le défilé militaire mais ce contraire est négatif. Le théâtre est le contraire positif de la danse. Nietzsche met la danse, tout comme le théâtre, dans une classification des arts. Mallarmé en revanche, quand il déclare que le théâtre est un art supérieur, n’entend nullement affirmer par là sa supériorité à la danse. Il ne dit pas que la danse n’est pas un art, mais il suggère que la danse est le signe de la possibilité de l’art, telle qu’inscrite dans le corps.

 

La danse révèle cette capacité artistique du corps, sans pour autant définir un art singulier. Dire que le corps en tant que corps, est capable d’art, c’est le montrer comme corps-pensée. Non pas comme pensée prise dans un corps mais comme un corps qui est pensée.  Telle est l’office de la danse. Comment nommer l’émotion qui nous saisit, pour peu que nous soyons, nous capables d’un fulgurant regard impersonnel et absolu ? Je la nommerai un vertige exact. C’est un vertige, parce que l’infini y apparait comme latent dans la finitude du corps visible. Si la capacité du corps, dans la guise de la capacité d’art, est de montrer la pensée native, cette capacité d’art est infinie, et le corps dansant est lui-même infini. Infini dans l’instant de sa grâce aérienne. Ce dont il s’agit là, et qui est vertigineux, n’est pas la capacité limitée d’un exercice du corps, mais la capacité infinie de l’art, de tout art, tel qu’enraciné dans l’événement qui lui prescrit sa chance. 

Ce vertige est exact. Car finalement, c’est la précision retenue qui compte, qui s’avère l’infini, c’est la lenteur secrète, et non la virtuosité manifeste. C’est l’extrême précision, millimétrée, du rapport entre le geste et le non-geste.

Ciro Bruni et al : Danse et pensée, une autre scène pour la danse. Ed Germs

Badiou A.: Indroduction à Danse et Pensée. Ed Germs

Seznec jc : Economie de l'effort. Ed Desiris

 

 

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 11:59

Chers humains , chères humaines, chers être vivants, chères présences... (Je souhaiterai froisser personne par une dénomination qui pourrait être prise comme jugeante)

 

J’allais vous adresser des vœux un peu rapidement, mais après consultation d'un avocat, je me suis rendu compte de l'imprudence de ma formulation.
Vous souhaiter une bonne année, une bonne santé et la prospérité me soumet, en effet, au risque de poursuites...
Voici donc la version rectifiée de mes vœux, et qui est en conformité avec le principe de précaution inscrit dans la Constitution.
Nouvelle formulation:
Je vous prie d'accepter, sans aucune obligation
implicite ou explicite de votre part, mes vœux à l'occasion du solstice d'hiver et du premier de l'an, en adéquation avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles de votre choix, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles,
ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées.
Ces vœux concernent plus particulièrement :
- la santé, ceci ne supposant de ma part aucune connaissance particulière de votre dossier médical, ni d'une quelconque volonté de m'immiscer dans le dialogue confidentiel établi avec votre médecin traitant ou votre assureur avec lequel vous auriez passé une convention obsèques ;
- la prospérité, étant entendu que j’ignore tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, de votre taux d'imposition et du montant des taxes et cotisations auxquelles vous êtes assujetti ;
- le bonheur, sachant que l'appréciation de cette valeur est laissée à votre libre arbitre et qu'il n'est pas dans mon intention de vous recommander tel ou tel type de bonheur.
Nota Bene :
Le concept d'année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont
adressés.
Son emploi n'implique aucun désir de prosélytisme.
La légitimité des autres chronologies utilisées par d'autres cultures n'est absolument pas mise en cause.
Notamment :
- le fait de ne pas dater ces vœux du Jumada I 17, 1442 AH de l'Hégire (émigration du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d'islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israëlo-palestinien ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 17 Tevet 5781, ne constitue ni un refus du droit d'Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues, ni le délit de contestation de crime contre l'humanité ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 18ème jour du 11ème mois de l'année du Rat / GengZide l’année 4719, n'implique aucune prise de position dans l'affaire dite "des frégates de Taïwan" ;
- le fait de ne pas dater ces vœux du 10 Nivôse An CCXXIX de la République Française, une et indivisible, ne saurait être assimilé à une contestation de la forme républicaine des institutions.
Enfin, l'emploi de la langue française ne sous-entend aucun jugement de valeur.
Son choix tient au fait qu'elle est la plus couramment actuellement pratiquée par l'expéditeur dans ce pays.
Tout autre idiome a droit au respect tout comme ses locuteurs.
Clause de non responsabilité légale :
En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure.
Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait.
Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties.
Leur reproduction est autorisée.
Ils n'ont fait l'objet d'aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d'une année, à la condition d'être employés selon les règles habituelles et à l'usage personnel du destinataire.
A l'issue de cette période, leur renouvellement n'a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision de l’expéditeur.
Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d'âge, de genre, d'aptitude physique ou mentale, de race, d'ethnie, d'origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d'appartenance syndicale, susceptibles de caractériser les destinataires.
Leurs résultats ne sont, en aucun cas, garantis et l'absence, totale comme partielle, de réalisation n'ouvre pas droit à compensation.
En cas de difficultés liées à l'interprétation des présentes, la juridiction compétente est le Tribunal habituel du domicile de l'expéditeur.
Après ce préambule je me permets de vous adresser mes vœux :
BONNE ANNÉE 2021
 
Seznec jc et Carouana L : Savoir se taire, savoir parler. Ed Interéditions

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 16:57

Je ne sais pas vous mais moi je bous et je m’échauffe dans mon trou. J’ai comme un trou à ma culture. Que vaut la vie sans rire, sans lien, sans tendresse, sans théâtre, sans jeux, sans conneries… Je croise sur les ondes trop de gens important et sérieux. Cette mise en scène me désespère.

De plus, un clown sans public est un clown mort. Je ne sais pas vous, mais moi, je me sens trop jeune pour mourir !

Alors si le public ne vient pas au clown, c’est au clown d’aller au contact d’un public dans les campagnes, dans les rues, dans les villes. Différentes études ont montré que la population souffrait du confinement et des règles que le gouvernement nous a imposé. Au gouvernement, il n’y a pas de portefeuille pour un ministre de la joie.

  • J’en appelle donc à tous les ministres de la joie pour donner leur avis !
  • Nous avons eu le droit aux mesures pour se protéger du COVID, il est temps d’avoir de la démesure 

Alors amis clowns et clowns, en ce 19 décembre je vous propose de vous remettre au travail. Allez à la rencontre des gens, des enfants, des oiseaux, des escargots… de ce que vous voulez d’ailleurs. Je vous encourage à :

  • Prendre, en ce premier jour des vacances scolaires, votre mètre pour retrouver la bonne mesure, pour reconnaitre qui est à la hauteur, calculer la taille de la barrière afin de trouver le bon geste…
  • Prendre vos filets à papillon pour attraper de la joie, des idées maussades ou capturer des virus …
  • Faites montez le son avec vos instruments de fortune! Il est tant d'entendre les clowns car ils ont des choses essentiels à dire et de la plus haute importance!

Je vous propose de prendre la vie en farce et de prendre l’air avec votre air confit et d'inondez le monde de votre joie et les réseaux sociaux de vos performances avec vos films et vos images. Faites montez le son avec vos instruments de fortune!

Le 19 décembre est un galop d’essai en attendant que la grande famille des artistes se rassemblent en 2021. C’est un échauffement à la connerie ! Après tous ces experts du COVID, nous avons notre mot à dire. Nous sommes là pour maintenir l’équilibre. Je ne sais pas vous mais j’ai des fourmis dans le nez. Sans rire et sans amour, la vie n’est que malheur ! Alors faisons n’importe quoi mais faisons le bien. Qui d’autres que nous s’est le faire !

A vous de jouer !

Jean-Balthazar

 

 

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27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 10:56

Beaucoup désirent innover, mais peu savent en quoi innover consiste. Je vous propose de vous sensibiliser à la design attitude savoir innover. 

Lorsque l'on veut innover, on s'enlise aisément dans des pensées telles que les yakafokon, les « ils faut » et les « je dois »,  des émotions d'anxiété et de culpabilité, de peur de ne pas être à la hauteur de la tâche ou de l'attente que l'on imagine de l'autre, qui sont source de souffrance et de procrastination. En effet, notre capacité d’innovation est souvent entravée par notre système de règles qui construit en nous une prison mentale et notre angoisse à la performance. Notre cerveau émotionnel, cet obsédé de la sécurité, aimerait être sur du résultat et contrôler le chemin pour aboutir. Par peur de ne pas y arriver et de ce qui peut échapper, il nous propose des process et des bonnes pratiques qui nous maintiennent dans le rail… sans finalement innover.

C’est un autre chemin qu’il est nécessaire d’emprunter. Innover est une aventure créative qui demande à se lâcher, à abandonner pour expérimenter… et peut-être trouver le graal… En tout cas, au cours du chemin parcouru, on apprend ! En effet, pour le designer, le plus important est probablement ce qu’il apprend et développe dans le processus plutôt que le résultat. Le designer fait la peau à la culture du résultat et des objectifs qui ne font que produire de l’anxiété. En effet, penser au fait d’y arriver fait automatiquent penser que l’on peut échouer. Ce mécanisme est une machine à anxiété.

Dans la peau d’un designer !

Mettons-nous d’abord dans la peau d’un designer. D’entrée de jeu, il est utile de rappeler qu’un designer de profession ne s’exécute pas uniquement pour son bon plaisir. Il innove afin de répondre à un besoin, et ce qui est fabriqué à partir de ce qu’il conçoit doit être vendu.

Posez le problème

La première étape est donc de définir les besoins et le contexte de la démarche, d’identifier les constantes et les variables de la problématique. Il est en effet important de partir du bon pied pour aboutir à quelque chose. Cette mise en ordre est une étape importante. Elle consiste à se poser des questions afin de cadrer le chemin à prendre et ne pas se fourvoyer en se jetant,  tête baissée, dans la recherche de la solution au problème posé

Cette mise en perspective est un exercice délicat. Un exercice crucial, car tout le reste du projet en dépend. Commettre l’erreur qui consiste à ne pas cadrer correctement le projet dès le départ risque d’entraîner une remise en question de toutes les étapes suivantes et de constituer, parfois, une perte de temps et de ressources considérables.

Les 4 Étapes clés pour poser un problème et s’engager dans une démarche design

  1. Décrivez votre défi. Cette description devrait être courte et facile à retenir. Quelques phrases seulement. Vous pourriez les formuler sous forme de questions, car celles-ci peuvent ensuite être reprises, en équipe, pour générer un maximum d’idées.
  2. Analysez le contexte. Votre défi doit mettre en évidence le contexte, ainsi que les contraintes auxquelles le problème est assujetti.
  3. Misez juste. Évitez l’erreur qui consiste à voir trop grand, ou trop petit. Si votre angle d’attaque est trop étroit, il vous sera difficile de parvenir à des solutions créatives et originales. À l’inverse, si vous visez trop large, vous risquez de vous perdre et vous aurez beaucoup de mal à générer une idée de départ.
  4. Posez la bonne question. Maintenant que vous avez mis votre défi par écrit, recommencez l’exercice. Cela peut vous paraître rébarbatif, mais poser la bonne question est primordial pour parvenir ensuite à une bonne solution. Une façon de vérifier si votre défi est correctement formulé consiste à le mettre à l’épreuve. Si vous pouvez, seul ou en équipe, parvenir à générer 5 solutions en quelques minutes seulement, vous êtes sur une bonne piste.

Mettre en place un processus de design dans une démarche créative n’est pas simple, surtout en équipe. Voici quelques astuces pour avancer et bien cadrer la démarche :

  • Formulez votre défi sous forme de question, tel que suggéré précédemment : Comment, pourquoi, de quelle manière
  • Décrivez l’impact ultime que vous tentez d’obtenir.
  • Énumérez quelques solutions possibles. Soyez ouvert d’esprit. N’hésitez pas à mettre sur papier des solutions qui peuvent sembler étonnantes.
  • Décrivez le contexte dans lequel le projet verra le jour (contexte géographique, démographique, culturel) et précisez les contraintes (technologiques, financières, réglementaires, d’agendas) auxquels vous devez faire face.

Revenez à votre question de départ, celle qui est censée décrire le défi. La description que vous en avez faite est-elle satisfaisante ? Devez-vous la modifier ? N’hésitez pas à recommencer autant de fois que nécessaire afin d’épurer la problèmatique.

Que l’esprit du designer soit le vôtre !

La deuxième étape à l’innovation est d’intégrer la design attitude pour négocier les multiples problèmes que le designer aura à négocier à chaque instant. Alors, voici comment le designer réagit mentalement à sa démarche créative :

  • Un bon designer ne cesse de se tromper. Il avance à tâtons, par essais et erreurs. Il ne cesse d’expérimenter, de recommencer, jusqu’à ce qu’il trouve la bonne réponse.
  • Justement, cette réponse, d’avance, il ne la connaît pas. Si cette réponse était connue d’avance, il n’y aurait pas besoin d’innover.
  • Un designer doit être optimiste. Cet énoncé découle tout naturellement des deux précédents.
  • Un designer doit être curieux. Il trouve son inspiration dans des lieux inhabituels, et parfois de manière inattendue. Un designer doit être aux aguets.
  • Un designer doit être habile pour traduire par le biais d’un dessin, d’un texte, d’un prototype, une idée nouvelle.
  • Un designer doit avoir la foi. S’il la perd, il s’en remet alors aux utilisateurs, ceux pour qui il s’échine pour trouver le design idéal, et les interroge de nouveau.
  • Suite à cet exercice de projection (se mettre dans la peau d’un designer), passons à l’étape suivante : l’émulation…

Quelles sont les compétences à acquérir pour devenir un designer ?

  • La confiance en sa capacité créative. Vous êtes convaincu que vous pouvez y arriver et que vous êtes capable de traduire votre concept en un produit, un procédé ou un service qui sera utile et qui aura du succès.
  • Passer le plus rapidement possible à l’étape du prototype. Prototyper est une façon efficace de réduire le risque. Commencez par un prototype simple. Vous tirerez rapidement des leçons de vos erreurs. Multipliez le nombre de prototypes en les améliorant progressivement.
  • Apprenez de vos erreurs et ne les considérez pas comme des échecs. Les erreurs sont les fondements même du processus d’apprentissage.
  • Faites preuve d’empathie. L’empathie vous permettra de comprendre ce que vivent les utilisateurs. Changez d’angles, imaginez différents scénarios, rencontrez un maximum d’utilisateurs.
  • N’ayez pas peur de ce qui est ambigu. Aimez ce qui sort des sentiers battus. Plus vous explorez d’options, plus vous aurez de chances de trouver la solution.
  • Demeurez optimiste. C’est l’optimisme, un optimisme têtu, qui vous poussera à aller toujours plus loin.
  • Recommencez. Recommencez sans cesse, en apportant chaque fois une amélioration correspondant à ce que les utilisateurs vous enseignent.

C’est ainsi que les ingénieurs de l’entreprise 3M ont découvert les post-it en essayant de fabriquer une super colle. Ils ont merdé, ce qui leur a permis d’innover et ils ont abouti à autre chose de formidable ! La design attitude est un processus stimulant et créatif source d’épanouissement. Il permet de créer et d’innover de façon ludique. La design attitude est une proche cousine de l’ACT (acceptance and committement therapy).

Texte inspiré de l’école de la créativité animée par Sylvie Gendreau

https://www.lanouvelleecoledecreativite.com/

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