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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 08:02

Lorsque l’on évoque les politiques de restructuration des entreprises, on s’attarde le plus souvent sur leurs impacts économiques. Les suppressions d’emploi parfois massives, la montée du chômage et la précarité des bassins sont des préoccupations communément remontées. Basée sur une approche purement gestionnaire et rationnelle, elles s’appuient trop souvent sur une approche quantitative et réductrice des changements organisationnels. Pourtant, ces bouleversements ne constituent que la partie visible de l’iceberg. L’annonce d’un plan de réduction d’effectif ou d’une fermeture de site ne se fait en effet jamais sans traumatismes. Mais réduite à un « moment de crise », l’illusion réside dans la croyance que la fin de la restructuration va s’accompagner d’un retour à la normal. A l’inverse, les faits observés montrent des bouleversements entrainant de profondes répercutions psychologiques et émotionnelles s’inscrivant potentiellement dans le psychisme et le corps des années après l’évènement. Une restructuration est en effet un facteur d’émotions et de stress professionnel pouvant induire et/ou aggraver des troubles psychologiques tels que l’anxiété, la dépression et des troubles psycho-somatiques comme les ulcères, les migraines, les lombalgies, etc. En outre, ces troubles vont avoir un impact nuisant à l’efficacité de l’entreprise dans la mesure où la manifestation de comportements inadaptés à son bon fonctionnement constitue un risque sérieux : absentéisme, apathie, colère, violence, démotivation, perte du sens critique, inhibition, abus d’alcool, de médicaments, etc.

Pour palier cela certaines entreprises font appel à des dispositifs du type Espace d'Écoute et d’Expression. Cet espace permet d’accompagner le processus émotionnel lié à tout changement, et à limiter l’émergence ou l’aggravation de troubles psychosomatiques, assurant ainsi une certaine pérennité du fonctionnement de l’entreprise même en période de mutation.

L'Espace d'Écoute et d’Expression est un dispositif mis à la disposition des salariés par l’entreprise. Il est constitué de psychologues. Selon l’implantation géographique et le type d’organisation de l’entreprise les salariés dans un temps délimité peuvent y accéder physiquement grâce à la mise en place d’un endroit spécifique ou par téléphone.

Il soutient et accompagne les salariés dans toutes les phases du changement en les aidant à mieux gérer leurs émotions et à développer des stratégies d’adaptation face à une situation inéluctable.

Détaché d’une approche victimisante, il est fondé sur le libre consentement des salariés afin de favoriser l’autonomie et une prise de conscience de ses ressources personnelles.

Au delà de la « gestion du stress », l’Espace d'Écoute et d’Expression permet également de redonner du sens à une situation perçue comme insensée. L’ « effet parachute » sujet de cet article en est l’une des manifestations.

 

I La logique des sens : « RSI »

 

Ces dernières décennies ont vu apparaitre des restructurations de plus en plus nombreuses et permanentes. Confrontées à des exigences de « survie » ou en réponse à la nécessité de rester compétitive, les organisations se confrontent aujourd’hui à une impuissance. Dans l’incapacité d’assurer une continuité et une identité professionnelle pérenne à leurs salariés, elles n’occupent plus la fonction de soin qui leur était autrefois dévolue. L’entreprise n’est plus celle sur quoi on s’appuie pour mieux traverser les difficultés personnelles. Bien au contraire, les situations de restructuration provoquent un véritable bouleversement de la perception que les salariés ont de l'entreprise. En effet, cette nouvelle précarisation constitue une véritable atteinte au contrat psychologique passé entre le salarié et son employeur : la soumission et le travail bien fait n’est pas la garantie de sa sécurité. Comment dans ces conditions rendre intelligible l’activité de travail ?

 

Le RSI (Réalité/Symbolique/Imaginaire) est un schéma basé sur le modèle de Lacan et peut apporter un éclairage à ce questionnement. Il vise à expliquer le fonctionnement normal de l’appareil psychique et permet ainsi d’analyser dans chaque organisation et chez chaque membre qui la compose « les fonctionnements et les dysfonctionnements des repères de bon sens ».

 

 

 

      1. Explication des éléments constitutifs du schéma 

 

 

2.1 La Réalité 

 

La réalité est la sphère de l’« ici et maintenant ».

Au niveau organisationnel, elle englobe les modalités de fonctionnement, la place de chacun des acteurs, les projets et actions en cours avec la transparence qui leur est impartie. La réalité est constituée des données relatives à la situation actuelle sociale, financière, économique, environnementale mais aussi à la situation vers laquelle tend l’organisation.

Au niveau individuel, elle représente le cadre dans lequel évolue le salarié et délimite son champ d’action. La réalité est vécue sur le mode du ressenti et par conséquent subit la pression de l’imaginaire.

 

 

2.2 L’Imaginaire 

 

L’Imaginaire est constitué des associations d’idées, d’images et des perceptions qui prennent naissance dans la réalité. Ayant malgré tout une vie autonome, elles sont tout autant le reflet de la réalité que sa reconstruction. La réalité ne peut être vécue comme sensée sans concordance avec la volonté de vivre de chacun issue des fantasmes, des rêves, des désirs profonds et de la curiosité de l’inconnu. Quant à la sphère de l’imaginaire n’ayant pas besoin de la réalité pour avoir du sens, elle pourrait mener l’individu à une déconnexion d’avec la réalité sans la présence du symbolique.

 

 

2.3 Le Symbolique 

 

Le symbolique est une opération psychique qui relie les choses entre elles et permet de donner du sens à la réalité. Cette opération psychique consiste en l’intégration d’un multiple dans une entité plus grande donnant ainsi tout leur sens aux  éléments la composant.

Au niveau organisationnel, le symbolique se manifeste dans les rites, les us et coutumes instaurés.

 

 

2.4 Le Sens 

 

Point de rencontre de la Réalité, de l’Imaginaire et du Symbolique, le sens est à la fois la cause et la conséquence. Sans sa présence, l’ensemble constitué par ces trois entités ne pourrait pas fonctionner. De même, sans un juste équilibre entre ces trois réalités, le sens est érodé. La santé mentale d’un individu est donc fonction de l’existence du sens et de la cohérence entre les trois dimensions du RSI.

Prenons l’exemple de salariés dont la suppression du poste entraîne un changement de fonction. Dans ce cadre, la perte du sens se joue d‘une part au niveau individuel et d’autre part sur le registre collectif.

Dans ce contexte, c’est toute l’entreprise qui est prise dans un paradoxe : résister au changement et maintenir son homéostasie ou progresser et s’adapter en fonction de la logique économique qui la régit. Les sphères du symbolique, de la réalité, et de l’imaginaire subissent par conséquent des modifications au niveau collectif. La survenue du plan social entraîne des suppressions de postes et des reclassements internes mais à des fonctions différentes. C’est le niveau du réel. Au niveau symbolique, la perception de l’entreprise est modifiée- elle n’est plus synonyme de sécurité et perd sa dimension rassurante-. L’imaginaire quant à lui transforme la réalité et peut l’agrémenter de façon négative. Les rumeurs, bruits, fausses informations, passage à l’acte peuvent alors apparaître (« il paraît qu’il n’y aura pas finalement autant de reclassement que prévu, la direction préfère licencier plus de personnel »)…

Au niveau individuel, le changement de poste va modifier la réalité du salarié. Ce réel va être approprié par l’imaginaire et interpréter de façon négative ou positive en fonction des aspirations personnelles (« je vais pouvoir acquérir de nouvelles compétences », « cela ne correspond pas à la carrière que j’avais prévu d’avoir » …). Le symbolique est lui aussi modifié : une perte de l’histoire ou tout du moins une fracture avec celle ayant précédée (« à quoi vont me servir les compétences déjà acquises »…).

 

 

      1. L’effet parachute 

 

 

Si l’Espace d’Ecoute et d’Expression permet aux salariés de mieux vivre la restructuration c’est en partie parce qu’il joue un rôle symbolique d’organisateur psychique individuel et collectif.

Il constitue un cadre par l’écoute, le conseil et limite ainsi les effets négatifs du stress ainsi que l’apparition ou l’aggravation de troubles en découlant.

 

En tant qu’organisateur psychique, il redonne également du sens. Sa seule présence se justifie au-delà de son utilisation. Son inscription symbolique dans l’imaginaire des employés, de la direction et de tout autre intervenant lui permet en effet d’emblée d’assurer et d’apaiser : c’est « l’effet parachute ».

« Dans les avions, les voyageurs sont rassurés de savoir qu’il y a des parachutes. Pourtant ceux-ci ne sont que très rarement utilisés mais on en met des neufs dans chaque avion. Ce qui rassure les voyageurs n’est pas tant l’utilisation du parachute que le fait de savoir que cela existe au cas ou. »

L’Espace d’Ecoute et d’Expression fonctionne sur ce type. Même si le salarié n’utilise pas cet espace, le simple fait de savoir que celui-ci existe au cas ou a un effet rassurant qui permet au salarié de s’engager dans le processus émotionnel du changement et faire le deuil de sa situation passée, s’engager dans le déroulement d’une histoire personnel et envisager plus sereinement sa situation future et l’inscription de cet événement de vie dans un projet de vie sans avoir besoin de cristalliser ce flot émotionnel autour d’un symptôme.

 

 

      1. Conditions de réussite et limite de l’ « effet parachute » 

 

 

Pour que l’Espace d’Ecoute et d’Expression puisse apaiser par sa seule présence et donc avoir un effet parachute, il doit s’inscrire dans l’imaginaire.

Or cet imaginaire est en interdépendance avec le symbolique et la réalité. Il faut donc agir sur ces deux sphères pour affirmer son ancrage dans l’imaginaire mais aussi pour éviter qu’il s’y inscrive de manière négative. L’imaginaire reflétant mais aussi transformant la réalité, l’Espace d’Ecoute et d’Expression est aussi le dépositaire des projections et représentations des salariés. Si ce matériel -d’ailleurs très précieux en tant que support de compréhension- n’est pas écouté il risque alors de donner naissance à des rumeurs, des fausses informations ou à des bruits de couloir (« ils sont là pour nous espionner »). Il est donc nécessaire de rappeler régulièrement le cadre déontologique de l’espace.

Une fois inscrit positivement dans l’imaginaire, cet Espace permet de restreindre la propension de ce dernier à fomenter des idées persécutrices (d’où découlent les rumeurs …), mais aussi à l’empêcher d’envahir la sphère de la réalité et du symbolique.

 

 

4.1 Actions dans la sphère de la « réalité » 

 

  • La transparence sur les actions, le positionnement de l’Espace d’Ecoute et d’Expression et une communication claire sur les moyens d’y avoir accès évitent que l’imaginaire se l’approprie négativement.
  • Une communication récurrente sur l’Espace empêche qu’il tombe dans l’oubli.
  • Une présence effective sur le terrain permet d’asseoir son inscription dans l’imaginaire collectif.
  • L’affirmation de la consistance et de la neutralité de l’Espace Ecoute offre, dans un contexte fortement politisé, la garantie d’une présence qui n’est pas manipulable.

 

 

4.2 Actions dans la sphère du « symbolique » 

 

  • Ni du côté du salarié, ni du côté de l’entreprise mais avec les deux, la position tierce du psychologue rompt avec les investissements de type fusionnels et donc possiblement rejetant. Les dynamiques conflictuelles caractéristiques des contextes de restructuration sont écartées au profit d’un Autre à la fois différent et soutenant.

 

  • L’Espace d’Ecoute et d’Expression est accessible à tous. Il concerne tous les intervenants pour s’inscrire dans une histoire collective.
  • Son code de déontologie apporte du symbolique par les règles, principes, valeurs qu’il contient.
  • La fixité des plages horaires est un repère véhiculant la notion de coutume, d’habitude. En fixant des heures et jours d’intervention de manière rigoureuse, la création d’un espace sécurisant devient possible. Cette disponibilité ne doit cependant pas être infinie pour ne pas provoquer des sentiments de dépendance ou d’enfermement.

 

 

4.3 Facteurs de limitation de l’effet parachute 

 

Parce que l’effet parachute s’inscrit dans l’imaginaire collectif, l’entreprise elle-même peut être à l’origine d’un frein à son développement si elle ne permet pas son ancrage dans la réalité et dans le symbolique.

 

L’effet parachute peut être limité par :

 

  • Le secteur d’activité de l’entreprise excluant par exemple la présence de toute personne ne travaillant pas en ses murs.
  • Sa répartition géographique. Une entreprise comportant plusieurs antennes sur toute la France rend en effet plus difficile la présence effective de l’Espace d’Ecoute et d Expression. Elle peut être compensée par la présence d’un membre de l’EEE au sein des instances de l’entreprise mais aussi par l’organisation de groupe de parole pour les représentants des différentes antennes.
  • Le model organisationnel peut aussi constituer un frein car il peut parfois induire une déficience de la communication interne et donc restreindre la propagation de l’effet parachute. C’est le cas par exemple des sociétés possédant trop de niveaux hiérarchiques, ou étant trop fragmentées (bureaux cloisonnés, multitude de services…).
  • La politique de communication sur l’Espace d’Ecoute et d’Expression avec notamment une entreprise ne communiquant sur le dispositif que partiellement ou sur une durée limitée.

 

 

 

      1. Cas pratiques 

 

 

A travers deux sociétés ayant mise en place un Espace d’Ecoute et d’Expression, une différence d’efficacité de l’effet parachute peut être mise en évidence. Il est à noter que dans les deux cas l’effet parachute a eu lieu grâce notamment à son code de déontologie, son accessibilité à tous, le fait qu’ils concernent tous les acteurs de la société. Néanmoins, son efficacité n’a pas été la même en fonction de différents facteurs.

 

5.1 Facteurs de généralisation de l’effet parachute dans la société A

 

Dans la société A l’effet parachute a été optimisé par une inscription dans la réalité grâce à la présence de l’Espace d’Ecoute et d’Expression en son sein. Cette présence s’est manifestée par la déambulation des psychologues dans les couloirs ou dans la cafétéria. Elle a également permis d’apporter du symbolique tel que la notion d’aide et de soutien en serrant des mains par exemple.

Par ailleurs, l’inscription dans l’imaginaire de tous les salariés a été facilitée par le fait qu’ils soient tous regroupés sur le même site.

L’effet parachute a donc été optimisé car il a été généralisé à toute l’entreprise et a été régulièrement alimentée par une présence récurrente des psychologues de l’Espace.

 

    1. Facteur de limitation de l’effet parachute dans la société B

 

Dans la société B, l’effet parachute a été limité par plusieurs facteurs.

Sa répartition géographique a rendu impossible la présence dans tous les locaux des membres de l’Espace d’Ecoute et d’Expression. En effet, la société B est répartie en plusieurs agences sur toute la France. Seules certaines agences ont eu un contact « physique » avec l’espace grâce à la visite des psychologues. L’inscription dans l’imaginaire n’est que relative et l’effet parachute par conséquent amoindri car tout le monde n’a pas pu bénéficier de ce facteur d’inscription dans la réalité. La société n’a pas souhaité organiser de groupes de parole pour les managers intermédiaires.

Par ailleurs, la société B comprend de nombreux niveaux hiérarchiques avec des services cloisonnés. Ces éléments ont freiné l’expansion de l’effet parachute à toute l’entreprise en limitant la communication autour de l’Espace d'Écoute et d’Expression. La rencontre avec les assistantes sociales du site illustre bien ce problème. Notre demande faite à un membre de la DRH pour rencontrer les assistantes sociales n’entrainant aucune réponse, nous avons insisté pour leur parler car elles sont, de part leur fonction, des acteurs clefs du dispositif. Cet échange aura soulevé un important malentendu : le souhait des assistantes sociales de nous rencontrer sans savoir si cela était possible du fait de l'absence de transmission de notre demande par le service de la DRH. Ce défaut de communication a contribué à limiter l’effet apaisant du parachute. En effet, il n’a pas eu d’effet exponentiel et ne s’est pas généralisé à l’ensemble de l’entreprise.

D'autre part, les horaires d'intervention de l'Espace Écoute ont été modifiés. La fixité de ces horaires, en tant que gage d'une inscription de l’Espace dans une symbolique de pérennité, n'a pas été respectée. L'absence du socle nécessaire à une inscription dans l’imaginaire du salarié a donc diminué fortement l'effet parachute.

 

 

Conclusion

 

Si l’existence de l’Espace d'Écoute et d’Expression se justifie au-delà de son utilisation c’est parce qu’il a un effet parachute. Son inscription dans l’imaginaire soulage et apaise. Cependant cet effet peut être limité s’il perd de son sens ou si ce dernier est dévié. 

Pour qu'il ait du sens, la consistance et la manière dont est inscrit l’Espace d'Écoute et d’Expression dans la sphère du symbolique et du réel joue un rôle fondamental dans l'imaginaire et par conséquent sur l’intensité de l’effet parachute. Ainsi l’effet parachute peut s’étendre ou au contraire s’amenuiser, voir s’éteindre.

 

 

Bibliographie

 

Jean-Pierre Aubert, Rachel Beaujolin-Bellet. Les acteurs de l’entreprise face aux restructurations : une délicate mutation. Travail et Emploi no100, 2004

Marie-Odile Baudrier-Achard. Les restructurations dans les entreprises et la santé. Conférence /Emergences : Restructurations santé et travail, 2006.

Arnaud Degorre et Bénédicte Reynaud La performance des entreprises s’améliorent-elles avec une réduction de l’emploi des salariés qualifiés et non-qualifiés ? Une évaluation su données françaises (1994-2000) CEPREMAP, 2003

Maryse Dubouloy, La contribution des récits et de la psychanalyse à la gestion du changement, Revue française de gestion 2005/6, n° 159

Claude Fabre (1997), Les conséquences humaines des restructurations, audit de l'implication des rescapés après un plan social. L'Harmattan, 1997

Gérard Huber, Madeleine Karli, Christian Lujan. Quand le travail rend fou. Paris : Jean Attias ; 2003.

Thomas Kieselbach. Santé et restructurations, Approches Innovantes et Recommandations. Rapport Hires 2009

Laetitia Lethielleux. La mesure de la réussite d’une fusion par le syndrome du survivant. Congrès AGRH, 2004

Danièle Linhart, perte d’emploi perte de soi, Ed Erès, coll sociologie clinique, 2003

Marie Raveyre. Le travail dans le management des restructurations, entre déni et omission. Revue de l’Hires no 47, 2005

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 15:58

Voici plusieurs semaines que nous sommes tous confinés et que nous avons eu la nécessité de revoir nos habitus de vie. Ce confinement limite notre activité physique, nos contacts sociaux et nos contacts physiques. Or l’être humain est un animal grégaire qui a besoin d’activités physiques, de contacts sociaux et de contacts physiques. Le contact physique participe au comportement de toilettage qui permet de nous apaiser et nous placer au sein d’un groupe. Par exemple, les singes passent beaucoup de temps à s’épouiller non pas à cause du nombres poux qu’ils ont mais parce que ce comportement à des vertus psychologiques et sociales.

De plus nous avons tous en ou une balance émotionnelle :

  • Les événements de vie douloureux et les ruminations participent à générer des affects douloureux.
  • Agir sur le corps (coiffeur relaxation, méditation, activité physique, etc.) et les contacts sociaux apaisent notre intériorité.

Ce confinement est une rupture de vie qui nous met en sevrage de nombreux besoins. De plus, il nous confronte à une désorganisation de notre rythme de vie qui est nécessaire pour le maintien de notre humeur.

Ce sevrage est d’autant plus important pour les sportifs de hauts niveaux qui ont vu leurs stimulations physiques et émotionnelles chuter brutalement. Leur rythme de vie est radicalement modifié. Ils ont dû renoncer à de nombreux objectifs qui structuraient leur quotidien et qui donnait du sens à leur vie. Certains sportifs étaient en fin de carrière et cette année 2020 étaient l’occasion de faire un dernier tour de piste avec les honneurs aux jeux olympiques, lors du championnat de rugby ou de football, etc. Ces sportifs sont confrontés à un deuil de leur carrière et souvent à une immense frustration source d’émotions.

Par exemple, les rugbymen avaient une vie fait de nombreux contacts physiques que cela soit dans le sport, dans les vestiaires, en se faisant la bise en se saluant ou lors de la troisième mi-temps. Ils ont vu cette nourriture sociale disparaître du jour au lendemain.
Si le confinement a ralenti l’épidémie, aujourd’hui nous n’avons aucune certitude sur la façon de l’endiguer et de guérir du covid 19. De ce fait, à ce jour, il est impossible de se projeter sur une reprise à cours ou moyen terme sur la reprise de son sport et des compétitions. Si on prend des exemples historiques, la plupart des épidémies ont durer deux à trois ans.  Un grand vide se propose donc à ces sportifs qui ne peuvent se projeter dans leur métier, dans leur sport et dans leurs repères de vie.

D’un point de vue ressources humaines, de nombreux sportifs étaient salariés. Aussi, avec le confinement, ils ont été mis en chômage partiel. Pendant le chômage, théoriquement les employeurs ne peuvent pas contacter les salariés au risque d’être accusé d’harcèlement. Pourtant ces athlètes ont besoin de garder un lien avec leurs entraîneurs et leurs partenaires.

Tous ces éléments font que les sportifs sont confrontés à un immense risque de présenter des troubles anxiodépressifs, des troubles du sommeil et des addictions. Il est urgent de les accompagner d’un point de vue psychologique à l’aide d’espaces d’écoute et d’expression, d’accompagnement diététique et de leur activité physique mais aussi à l’aide d’un accompagnement social pour envisager leur évolution de carrière avec ou sans le sport.

Les fédérations sportives ont un gros travail à faire pour accompagner les athlètes, prévenir ce risque anxiodépressif, gérer les carrières tout en étant aussi dans une insécurité du fait de l’arrêt de l’économie sportive. Il s'agit de leur responsabilité. Bon courage!

 

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 15:22

La pratique régulière de la méditation, la pleine conscience dans sa version laïque et occidentale, est un outil particulièrement fonctionnel au cours de cette période de confinement.

La pleine conscience consiste à porter son attention sur l’instant et sur son expérience sensorielle avec curiosité et ouverture. Aucun résultat n’est attendu. Cette focalisation se pratique sans jugement et sans commentaire mais aussi sans se laisser distraire et happer par son vécu intérieur (pensées, émotions, sensations physiques). Elle permet de muscler ses capacités d’attention, développer sa liberté de focalisation, quelque soit le ressenti qui s’impose à soi. Méditer est une expérience. Il ne s’agit pas de ne pas penser ni de ressentir mais juste de ne plus être esclave de son intériorité et de ne plus vivre en réaction.

https://youtu.be/pFRX1v8-bSU

Le confinement est une période exceptionnel source de pensées et d’émotions, signes de notre humanité, pour lequel nous avons peu de repère. Cette aventure de vie peut-être éprouvante à bien des égards. Les outils habituels pour prendre soin de soi et s'épanouir comme le travail, l’activité physique, les loisirs ou le contact avec les autres sont bien plus compliqués que d’habitude à usiter. Le ressenti intérieur que nous procure cette pandémie et ce confinement pour nous emporter dans des douleurs intérieures.

En outre, il peut être tentant de purger la tension que le confinement induit à travers des comportements délétères (grignotage et prise de poids, alcool, addiction, conflits relationnels, etc.) ou des troubles psychologiques (anxiété, dépression, etc.).

Contraint et coincé dans le présent, le futur est pour l’instant incertain. En outre, il nous demandera de grandes capacités de flexibilité pour nous adapter.

Dans ce contexte, la méditation est pleine de vertus :

Ce n’est pas la durée de pratique de la méditation qui est importante mais d’en faire régulièrement. Il est plus aisé de le faire le matin car nous sommes plus frais pour être attentif même si certains détournent la méditation pour s’aider à dormir en faisant notamment un body scan ou le programme sommeil serein que j’ai écrit pour l’application Petit Bambou.

Sur facebook, de nombreuses pages, des personnes proposent des méditations gratuites

On peut aussi utiliser des applications téléphoniques comme Petit Bambou, Sherpa ou Emotéo.

En méditation, on dit qu’il est bien de méditer un quart d’heure par jour.  Mais quand on n’a pas le temps il faut méditer une heure par jour !

En tout cas, essayer de le faire au moins 10 mn le matin et 10 mn le soir, dans cette période de confinement, cela vous donnera le sentiment d’éclaircir votre esprit.


Bonne expérience

 

Seznec JC et Le Guen S.: Débranchez votre mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie. Ed Leducs

 

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 09:37

Prendre soin de sa tête passe par prendre soin de son corps. Nous sommes des êtres de mouvements et la sédentarité est un poison source de nombreux maux. En outre, l’exercice physique a des vertus anxiolytiques et antidépressives.

 

Nelson Mandela, lors de son emprisonnement dans sa minuscule maison de Soweto et en prison, l’avait bien compris. Il a gardé une forme physique et psychologique au cours de sa longue incarcération en pratiquant avec rigueur chaque jour des exercices physiques. Ancien sportif, il pratiquait la boxe comme poids lourd à l’université. Il appréciait la rigueur et la routine de l’entrainement.

 

Quatre matins par semaine, il partait courir et trois soir par semaine. Il s’entrainaît aussi dans une salle de boxe de Soweto. Il estimait que cette routine était la clé de sa santé physique et de sa tranquillité d’esprit. Voici le programme de Nelson Mandela derrière les barreaux :

  • Lever à 5 Heures du matin dans sa cellule de 2,1 mètres carrés.
  • Course pendant 45 mn
  • 100 pompes avec ses doigts en extension
  • 200 abdos
  • 50 flexions profondes des genoux
  • Puis exercices de gymnastiques

Il pratiquait cette routine du lundi au jeudi et se repose les trois autres jours. Même à 70 ans, après avoir eu la tuberculose, il continua un rituel d’exercice physique.


J’ai demandé à un patient son programme de ressources pour pratiquer de l’exercice physique chez soi à l’aide des outils numériques de notre époque. Voici ses conseils et merci à lui :

« Je vous transmets les liens des différentes séances de sport que je fais à la maison pendant le confinement. Certaines sont en français, d’autres en anglais ou en allemand mais elles sont très simples à suivre :

  • du yoga : https://www.youtube.com/user/yogawithadriene Cette chaîne YouTube tres complète et contient des séances yoga variées pour tout niveau. Je conseille la playlist de « 30 days of yoga » qui offre une séance journalière différente pendant 30 jours.
  • du fitness : https://youtu.be/i2JwuGD-dLc Cette vidéo du coach Lennard Wickel proprose une séance de « work out » pour tout le corps en 15 min sur un tapis ou une serviette, mais sans équipement particulier. Par contre, la session est en allemand mais elle se suit très bien sans parler la langue.
  • Du cardio et renforcement musculaire : https://www.youtube.com/channel/UCBhf2LSCRBtdxmCZ9bc7VWw. Un ami coach a commencé à mettre en ligne des vidéos à suivre en français pour faire du cardio, du renforcement musculaire et même des abdo chez soi. Cela se fait avec un tapis ou une serviette, et à des niveaux différents : débutants et intermédiaires.
  • Séances de sport variées : https://watch.lesmillsondemand.com/at-home-workouts ce club de sport propose gratuitement sur son site des sessions différentes pour bien se dépenser. Elles sont en francais ou en anglais et peuvent se faire sans équipement comme le bodycombat (cardio), le body balance (yoga), ou bien avec un vélo d’appartement par exemple."

Nous serons tous une saison chez nous. Chaque jour est une vie et c’est à nous de donner du sens à celle-ci. Cela sera notre aventure de vie. D’autres ont connu la conquête de l’ouest ou d’autres aventures. Ce qui les a aidés cela a été leur persévérance et leur engagement. Nelson Mandela a tenu en prison en s’appuyant sur le poème Invictus :

Dans les ténèbres qui m'enserrent
Noires comme un puits où l'on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n'ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l'ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley (1843-1903)

Donc, dans cette période, je vous encourage d’être le capitaine de vous-même pour cheminer dans votre chemin de vie en tenant la barre avec courage et fermeté. Et vous comment prenez vous soin de votre physique et de votre mental ?

 

Bonjour à tous, 

 
Je fais partie d'un groupe international de scientifiques qui a pour projet 1) d'analyser les modifications de pratique vis-à-vis du sport et de l'activité physique liée à la situation sanitaire que nous vivons actuellement, dans 2) l'objectif de mettre en place des programmes d'intervention individualisés. 
 
Dans ce contexte, la première étape est une étude par questionnaire anonyme et en ligne, à l'intention de toute la population française (âge > 18 ans).
 
Merci de prendre qques minutes pour compléter le questionnaire et relayer à vos réseaux : 
 

L’apparition du nouveau coronavirus a changé notre vie en peu de temps. Dans de nombreux pays, la vie publique a été réduite ou supprimée (par exemple par la fermeture d’entreprises, l’interdiction de rassemblements publics ou la mise en quarantaine) afin de réduire les contacts sociaux et, ainsi de contenir la pandémie. Pour de nombreuses personnes, l’accès régulier aux gymnases, aux clubs sportifs ou aux installations sportives n’est plus possible. 

Nous, un groupe international de scientifiques de plusieurs universités, avons pour objectif d’aider tous ceux qui sont touchés par la situation actuelle. Afin de créer rapidement de nouveaux programmes, contenus et méthodes d’exercice, nous menons une brève enquête pour évaluer votre niveau d’activité physique et votre bien-être pendant la pandémie. Notre enquête prendra moins de 5 minutes. Jetez un œil et partagez!

http://goethe.link/ASAP

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 08:51

 

 

 

Dans cette période exceptionnelle, je croise beaucoup de personnes en colère :

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  • Des soignants en colère de ne pas avoir de masques, de la désorganisation de notre système de santé depuis 20 ans qui rend encore plus difficile la gestion de cette crise ou de l’impréparation de nos élites.
  • Des personnes en colère de ne pas avoir les équipements nécessaires pour travailler et se protéger comme les pompiers, les policiers ou les caissières des supermarchés, etc.
  • Des personnes en colère de ne pas avoir les médicaments qu’ils pensent utiles pour eux ou des tests de dépistages, etc.
  • Des personnes en colère de ne pas pouvoir sortir, partir en vacances ou aller à la plage, des personnes en deuil de parents contaminés par le covid 19 ou malade, de ne pas pouvoir être testés,
  • Des personnes en colère de ne pas être écouter, compris, etc.
  • des demandes et des objectifs professionnels indadaptés au contexte.
  • etc.

La liste des colères pourrait être très longue. Arrêtons-nous là. Mais c’est quoi la colère ?  et à quoi sert-elle ?

La colère est une émotion. Les émotions sont un outil physiologique qui nous aide à nous adapter et à survivre. Elles nous procurent une information sur nos besoins présents, à un instant, et nous donne l’énergie pour les satisfaire.

  • La colère nous informe que nos droits ont été bafoués, que l’on n’a pas été respectés ou que nous sommes contraints ou soumis. Elle évoque un sentiment d'injustice. Elle nous donne l’énergie pour faire respecter ces droits ou nous libérer.
  • Il est cependant important de vérifier si cette colère est justifiée ou si elle est issue du fait que nous avons jugé une situation. On peut ainsi s’éviter parfois des émotions inutiles. Par exemple, si mon voisin ne m’a pas dit bonjour et que je suis en colère qu’il ne m’est pas satisfait mon besoin de considération. En étant en colère, j’ai peut-être oublié qu’il était libre de me dire bonjour et que, probablement, j’avais jugé la situation du point de vue de mon contexte, sans avoir pris la peine de rechercher des pensées alternatives : il était pressé ou pris dans ses pensées, etc.
  • La colère peut aussi le reflet de notre manque de flexibilité pour s'ajuster aux situations qui se présentent à notre faible capacité à accepter et accueillir ce que la vie nous propose.

Aussi prenez le temps de ralentir et d'observer votre colère pour ne pas vous faire emporter excessivement par elle.

Par définition, les êtres humains, comme tous les animaux, sont des êtres émotionnels. Nous ne sommes pas responsables de nos émotions mais de la manière dont on les exprime. Si je suis en colère contre un voisin, j’ai le choix de lui donner un coup de point dans la figure, lui dire que je suis en colère ou utiliser cette énergie pour ranger mon bureau. Certains noirs américains ont utilisé leur colère sociale liée à leur condition pour monter sur des rings de boxe ou la sublimer dans la musique. Le fighting spirit des rugbymen irlandais se nourrissaient probablement à une époque de leurs rapports avec la couronne britannique, etc. Lorsque l’on est en colère, il est possible de simplement le dire sans s’agiter ou trépigner. Pas toujours facile à faire, car la colère est une émotion qui monte vite à la tête pour nous enflammer et nous faire réagir, quand elle n’emballe pas notre machine à penser à nous faire ressasser ou ruminer sans fin sur des injustices ou des blessures, quitte à devenir des ires et alimenter des guerres sans fin où tout le monde risque d’être perdant. En effet, comme à tout bataille il y a un perdant, le risque est que ce perdant sorte de celle-ci en colère de ce résultat pour nourrir une prochaine bataille dans un processus de conflit sans fin tout comme Astérix en Corse.

La colère peut aussi faire flamber notre cerveau, réduire notre capacité d’observation et de conscience au risque de nous faire basculer dans des interprétations, des distorsions cognitives, des jugements et nous faire adhérer à des théories du complot. Ce regard complotiste va pervertir notre regard sur le monde en prenant tout ce qui nous arrive pour l’alimenter et nous isoler dans notre folie.

Le manque d’information, notre passivité imposée par le confinement, le doute et les émotions, très humaines, que nous ressentons dans cette expérience exceptionnelle, feront probablement émergés des théories fallacieuses et fourvoiera plus d’un, comme dans chaque drame.

La colère est une puissante énergie, intéressante à canaliser car elle peut permettre de soulever des montagnes. A nous de savoir la raffiner pour en faire quelque chose et inventer le monde de demain. Sublimons cette colère à des fins créatives pour ne pas s’enliser dans de vaines batailles. Trouvons les réalisations immédiates que nous pouvons faire pour ne pas s’enliser dans des yakafokon et des plaintes stériles. Puisqu’elle est là pour certains, utilisons là pour faire notre part et ne pas se contenter de reproches. C’est tout l’enjeu qui s’offre à beaucoup d’entre nous.


Seznec JC et Carouana L : savoir se taire, savoir parler. Ed Interéditions

Seznec jc et Le Guen S. : Débranchez son mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie. Ed Leducs

André C. : La force des émotions. Ed Odile Jacob

Hahusseau S. : Peur, tristesse colère.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 13:38

Ce confinement et cette pandémie sont des événements nouveaux qui nous ont surpris dans notre mode de vie consumériste. Il nous a fallut ajuster notre mode de vie pour nous protéger et développer des apprentissages. Cet ajustement est source d’émotions. En effet, les émotions sont des outils physiologiques pour nous adapter en nous informant de nos besoins et en nous donnant l’énergie pour générer les actions nécessaires. Lorsque l’on a plus d’émotions, c’est que l’on est mort alors félicitons nous d’avoir des émotions ! Si on ne sait pas surfer ces vagues émotionnelles, le risque est d’être débordé et de boire la tasse en étant anxieux et angoissé.
Le stress est une proto émotion. Il est utile pour nous adapter en augmentant notre vigilance et en préparant notre corps à la réaction. Ce n’est pas le stress qui est un problème mais c’est la difficulté à en tirer parti ou l’excès de son impact sur notre mental (idées anxieuses), sur nos émotions (peur) ou sur notre corps (angoisses, nausées, etc. médiés par le système neuronal sympathique). Alors comment faire ?

Revenir dans le présent qui est le seul endroit où nous pouvons agir. Pour commencer, il est nécessaire d’accueillir cette expérience qui s’impose à nous pour sortir de la lutte contre toutes choses dont nous n’avons pas contrôle. Cela nous demande probablement à de l’acceptation et à des renoncements pour négocier au mieux cette vague épidémique comme un surfeur négocie la vague qui se propose à lui.

  • Accepter permet de négocier sans s’enliser dans une lutte qui sera source d’angoisses ou de ruminations.
  • Renoncer à ce qui ne peut pas être aujourd’hui ou demain du fait du contexte, nous libère pour vivre ce temps présent et être créatif.

Reprendre le contrôle sur sa respiration. Le stress nous fait accélérer notre respiration et respirer avec le haut des poumons. La respiration apaisante est une respiration lente et ventrale :

  • Pratiquez la cohérence cardiaque pendant 3 mn et 4 à 5 fois par jour. Il s’agit d’une respiration ventrale avec une inspiration et une expiration de 5 secondes chacune. Il existe de nombreuses applications gratuites pour vous aider.
  • Quand vous êtes noués : inspirez sur un temps et expirez sur trois temps pour vous libérez.

Trouver un endroit de sécurité en vision mentale : Le cerveau ne fait pas la différence entre un événement imaginaire et réel.

  • Trouver un endroit de sécurité en vous et respirer dedans.
  • Imaginez un lieu apaisant et ressourçant pour vous. Offrezvous un moment de contemplation et de rêverie dedans. Pour moi c’est un paysage de Bretagne.

Ne ratez pas une occasion de rire. Henri Tachan disait dans une célèbre chanson qu'un jour sans rire est un jour foutu. Le rire est un bon médicament. Roberto Begnini nous a montré que nous pouvions rire de tout même de la Shoah dans ce merveilleux film qu'est "la vie est belle".

Faites la différence entre soi et ses pensées. Nous produisons des pensées avec notre cerveau comme d’autres organies produisent de la salive ou de l’urine. Le risque est de se laisser hameçonner par notre cerveau émotionnel qui panique de ne pas avoir le contrôle de la situation. Ne lui laisser pas prendre le pouvoir sur vous. Nelson Mandela a survécu au confinement de la prison en se répétant « je suis le maitre de mon destin, je suis le capitaine de mon âme » du poème Invictus.

  • Musclez votre capacité à faire la différence entre vous et vos pensées en ne disant pas, par exemple, « je suis stressé » mais « ma tête me raconte que je suis stressé ». Cette distanciation vous permet de choisir si vous prenez ou non cette pensée.
  • Donnez un prénom rigolo à ce cerveau émotionnel qui tente de vous vendre des pensées paniquantes ou cauchemardesques. Vous n’êtes pas vos émotions. Steven Hayes, l’un des inventeurs de la thérapie ACT l’appelle Georges.
  • Pratiquez la méditation afin de vous ancrer dans le présent, de vous détacher de votre mental, des jugements et des commentaires qui ne changent rien et pour ne plus être esclave de vos pensées. De nombreuses applications, comme Petit Bambou, sont disponibles. Je participe aux méditations gratuites sur le facebook Prezens.
  • Cultivez la gratitude car notre cerveau est plus prompt à voir ce qui ne va pas que de voir tout ce qui fonctionne bien. Cela demande un engagement de repérer ce qui nous a plu. Aussi, chaque jour, notez seul ou en famille dans un carnet ou sur un papier que vous mettrez dans un bocal ce que vous avez aimé ou apprécié tout en prenant du temps d’avoir de la gratitude que cela ait existé. Je suis, pour ma part, heureux de pouvoir respirer, manger et échanger avec les personnes que j’aime. J’en éprouve de la gratitude. Ce comportement de gratitude fait évoluer notre regard et à un impact pour notre moral présent et futur comme le montre de nombreuses études scientifiques.

Utilisez l’énergie émotionnel pour donner du sens à cette retraite chez vous, pour approfondir ce qui vous importe et faire chaque jour des réalisations. L’être humain est comme un jardin. Si on ne le jardine pas, il y pousse des mauvaises herbes comme l’anxiété et le stress.

Ne confondez pas distance physique et isolement social. Cultivez de façon créative votre réseau sociale et ne ratez pas une occasion d’aider quelqu’un, c’est bon pour le moral.

Nous vivons tous une aventure de vie exceptionnelle comme d’autres l’on vécut à d’autres moments (conquête de l’ouest, immigration, etc.). Cette aventure est éprouvante car elle nous fait vivre des drames et le futur est particulièrement incertain. On ne peut l’anticiper et le contrôler. Alors faisons comme le marin en mer qui est pris dans la tempête ou dans la brume : réduisons la voilure, avançons vague après vague et nous arriverons tous quelque part. Commenter un événement c’est comme commenter un match, cela n’aide pas à gagner. Aussi, je vous encourage à vous concentrer sur le présent et à le vivre avec créativité pour ne pas vous laisser emporter par le stress. Bon courage.

 

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 19:00

Choses impensables et inimaginables il y a si peu, nous voilà tous confinés, contraints et coincés chez nous alors que nous avions tant de choses à faire, des études à suivre et des examens à passer. Comment s’organiser et trouver la motivation alors que les repères habituels ont disparu et que l’on doit cohabiter avec une famille, des amis ou des colocataires tout en gérant ses impératifs et ses émotions ?  Chacun d’entre eux a ses contraintes (des parents qui télétravaillent ou sans activité, des frères et des sœurs qui font école à la maison ou qui jouent autour de vous, des copains qui vous sollicitent pour jouer en ligne, faire des challenges, etc.). En plus, ce n’est ni le loft et ni une téléréalité, c’est notre réalité à tous aujourd’hui ! Comment faire pour mener des études tout en étant isolé et confiné ?

Voilà pourquoi, j’ai choisi de vous proposer quelques conseils :

Revenir dans la réalité du confinement

Tout d’abord, il est nécessaire d’accueillir cette expérience qui s’impose à nous. Cela nous demande probablement à de l’acceptation et à des renoncements pour négocier au mieux cette vague épidémique comme un surfeur négocie la vague qui se propose à lui.

  • Accepter, pour ne pas boire la tasse, permet de négocier sans s’enliser dans une lutte qui sera source d’angoisses ou de ruminations.
  • Renoncer à ce qui ne peut pas être aujourd’hui ou demain du fait du contexte, nous libère pour vivre ce temps présent.

Vos études et vos examens se passeront probablement différemment de la manière que vous avez prévue. Il est nécessaire de sortir de la colère, de la tristesse ou du défaitisme pour vous réancrer dans le présent et faire ce qu’il y a à faire.


Lors de la finale de la coupe d’Europe entre Toulon et Clermont, Clermont gagnait haut la main à la mi-temps. Johnny Wilkinson, ouvreur de Toulon et grand méditant, a pris ses co-équipiers sous les poteaux pour leur proposer de ne pas se laisser happer par le défaitisme pour se concentrer à chaque temps de jeu : action par action, passe après passe, plaquage après plaquage. Toulon a remonté progressivement pour gagner alors que Clermont se voyait déjà champion. Johnny Wilkinson a évoqué dans le journal l’Equipe que la pratique de la médiation l’avait aidé dans ce match à se recentrer dans le présent.

Comprendre comment vous fonctionnez.

Les études et les examens génèrent du stress. Le stress est nécessaire car il vous met dans états de vigilance pour vous permettre de donner le meilleur de vous-même. C’est un dopant interne. Le problème n’est pas le stress mais quand il y a trop de stress ou trop de réaction au stress. A l’inverse, un manque de stress aura un impact négatif sur vos performances. Pour mieux comprendre, comment fonctionne le stress et les émotions afin de ne pas paniquer devant ces expressions corporelles, je vous propose de regarder la vidéo suivante : https://www.youtube.com/watch?v=jLuVM9DEwFk

Organiser un emploi du temps et des rituels. Dans le confinement, il est très facile de glisser dans une désorganisation qui aura un impact négatif sur le moral, sur le stress et sur votre production scolaire. Aussi, faites-vous un emploi du temps pour structurer vos journées

Laisser de côté les objectifs qui risquent de vous créer une anxiété de performance, nourrir des jugements, des commentaires et des comparaisons qui vont nourrir votre anxiété au risque de vous paralyser (http://docteur-seznec.over-blog.com/2020/03/pourquoi-avons-nous-peur.html).

S’engager à faire le mieux possible chaque jour, sachant que le mieux d’aujourd’hui n’est pas forcément le mieux de demain. Les objectifs ne servent qu’à préciser le cap que l’on souhaite prendre. Il faut ensuite très vite se reconcentrer à ce que l’on a à choisir de faire à cet instant. Ecoutez la règle du chevalier dans les 4 accords toltèques https://www.youtube.com/watch?v=9AmEbXcbPGE

Cultiver la méthode Pomodoro. Il est parfois difficile de se mettre de se lever, de se mettre au travail et de se motiver. La méthode Pomodoro est une méthode où l’on coupe la difficulté en tranche pour que le travail soit digérable. On organise la journée en tranche de 25 mn suivi de 5 mn où l’on se lève, on s’étire ou on fait un peu de mouvement. Ensuite, on refait une nouvelle tranche de 25 mn et ainsi de suite. 25 mn c’est suffisamment long pour produire un travail et suffisamment court pour tenir la distraction et à l’envie de s’échapper dans une distraction. Au bout de 4 tranches de 25 mn, on s’offre une tranche de 25 mn de distraction pour téléphoner, pour bouger, respirer, faire de l’activité physique, regarder par la fenêtre et se vider la tête. http://www.pomodoro-technique.fr/telechargez-le-livre-gratuit-sur-la-methode-pomodoro/

Ne ratez pas une occasion de vous féliciter d’avoir appris une leçon, d’avoir résolu un problème ou d’avoir fini un chapitre.

Ne ratez pas une occasion de rire : c'est bon pour le morale. Sachez travailler mais aussi vous détendre.

Gare au numérique. Il est important de garder contact avec ses proches et ses camarades, d’écouter les informations et de jouer aux consoles lorsque l’on aime cela mais il est nécessaire de ne pas se laisser voler du temps par les écrans. Les écrans sont l’opium du peuple et peuvent vampiriser votre attention et malmener votre santé psychologique.

N’écoutez pas plus d’une fois par jour les informations au risque de nourrir de l’inquiétude, de vous stresser et de vous détourner de ce que vous avez à faire : prendre soin de vous et mener à bien vos études.

Accueillir et gérer ses émotions. Les examens et cette période peuvent être source de beaucoup d’émotions. Passer un examen est à la fois un contrôle de connaissance et une épreuve émotionnelle. Avoir des émotions est une bonne nouvelle. Cela veut dire que vous êtes bien vivant. Aussi, il est nécessaire de faire de la place à ces émotions. Par contre, vous pouvez agir pour réguler l’impact émotionnel et le volume émotionnel. Les émotions sont comme des vagues. Elles ont un début et une fin. Il est nécessaire de les laisser passer sans agiter au risque de boire la tasse.

Plusieurs outils à votre disposition.

  • Reprendre le contrôle respiratoire avec la technique : 1 temps d’inspiration et trois temps d’expiration. Pratique de la cohérence cardiaque. Téléchargez une application de cohérence cardiaque, elles sont gratuites.
  • Faire de la relaxation notamment en faisant des séances où l’on alterne des contractions et des relâchements musculaires sur différentes zones corporelles.
  • Pratique la vision mentale. Le cerveau ne sait pas faire la différence entre quelque chose d’imaginaire et de réel. Aussi, prenez le temps de vous projeter régulièrement en imagination dans un lieu apaisant et que vous aimez : mer, montagne, etc.
  • Pratiquer la méditation. La médiation ou la pleine conscience permet de faire la différence entre soi et ses pensées et soi et ses émotions afin de ne plus être esclave de cellesci. Cela permet aussi de muscler notre attention et d’apaiser notre mental qui s’use dans le stress.

Quel Emploi du temps au quotidien ?

  • Garder un rythme régulier : Heure de lever, de coucher et de repas régulières.
  • Une heure d’activité physique le matin. Il a été démontré que des jeunes qui pratiquaient de l’activité physique le matin avaient de meilleures capacités cognitives.
  • Faites vous un emploi du temps pour votre travail scolaire avec des temps dédiés à chaque matière.
  • Gardez bien contact avec vos enseignants et échangez régulièrement avec eux. Ils sont comme vous et ils ont besoin de lien et de retours pour s’adapter à ce contexte exceptionnel.
  • Faire toutes les heures des pauses méditatives ou respiratoire pour décrocher du mental. Ne pas hésiter à se mettre à la fenêtre régulièrement 5 mn pour respirer, contempler et sentir l’air, le vent ou le soleil.
  • Faire un sas de décompression d’une heure d’activité physique en fin de journée pour quitter le mental et revenir dans le corps. Le sommeil a besoin de ressentir un différentiel entre l’activité physique du jour et le repos du soir.
  • Faites le soir des apéros ou diner Skype avec vos amis ou votre famille pour cultiver votre réseau social sans abuser de toxiques.
  • Arrêtez les écrans une heure avant de vous coucher et laisser les dans une autre pièce que celle où vous dormez.

Redonnez du sens à cette période. Vous travaillez pour vos examens mais aussi pour planter des graines dans un avenir qui est encore incertain. Cultivez une âme de jardinier. Votre futur se nourrira de vos actions présentes.

Cette période est exceptionnelle. Le confinement durera probablement au moins trois mois. Nous devons cultiver une âme de marathonien pour tenir la distance.

Nous serons tous une saison chez nous. Chaque jour est une vie et c’est à nous de donner du sens à celle-ci. Cela sera notre aventure de vie. D’autres ont connu la conquête de l’ouest ou d’autres aventures. Ce qui les a aidés cela a été leur persévérance et leur engagement. Nelson Mandela a tenu en prison en s’appuyant sur le poème Invictus :

Dans les ténèbres qui m'enserrent
Noires comme un puits où l'on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n'ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l'ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley (1843-1903)

Donc, dans cette période, je vous encourage d’être le capitaine de vous-même pour cheminer dans votre chemin scolaire en tenant la barre avec courage et fermeté.

 

 

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 08:26

Le confinement, c’est aussi se retrouver 24H sur 24 avec ses enfants alors que d’habitude, eux comme nous, avons plusieurs espaces de vie (école, travail, cours de récréation, activité, maison, etc.). On avait plaisir à se voir, à se séparer puis à se revoir pour se retrouver, se désirer, revivre ensemble.

Tout cela est fini, nous voilà en huis clos et nous nous retrouvons au contact de ces boules d’énergie que sont nos enfants 24H par 24 et qui nous sollicite en permanence dans de petits espaces alors que beaucoup d’entre nous avons à faire du télétravail, des courses, du ménage à faire et nos angoisses et nos incertitudes dans ce moment de vie hors norme à gérer. Alors comment faire ?

Je vous le dis d’emblée si quelqu’un à la formule magique pour élever ses enfants, il serait milliardaire. Je vous juste tenter de vous proposer des pistes qui seront à expérimenter et à ajuster selon votre contexte.

Tout d’abord, les enfants ont besoin de relation, d’affection et de sécurité. Ils impossible d’éluder ces besoins sans être déborder par eux ou être maltraitant. Vos enfants vous sollicitent de façon plus ou moins adapter pour continuer à être en relation avec vous. Le maintient de la relation les rassure, quitte à jouer au jeu je t’aime moi non plus. C’est-à-dire à tout faire pour se faire détester quitte pour vérifier que vous les aimer. Les punir et les gronder ne fonctionne pas dans ce contexte là car en le faisant vous êtes en relation avec eux et ils sont satisfaits, cela renforce le comportement au lieu de l’éteindre.

Offrez-leur leurs doses de relation : Les petits enfants sont notamment des toxicos du relationnel. Ils ont besoin de leur dose. Trois à quatre fois par jour, offrez-leur un quart d’heure ou une demi-heure de câlins, chatouillis, bagarre, jeux, etc. (selon leur style et le vôtre) pour les saturer de relationnel et qu’ils s’en retournent à leur jeu ensuite vous offrant un espace de paix. Répartissez ces temps là entre les adultes présents dans la maison pour se répartir la charge.

Créer des repères et définissez un cadre de vie : faites avec eux un emploi du temps adapté à leur âge pour qu’ils se repèrent à la maison et qu’ils différencient cette période de vie à la maison avec les vacances. Chacun à des temps de travail, de vie ensemble, de loisir et de tâches ménagères. Sachez l’adapter avec souplesse selon les besoins.

Quand

Quoi

Par exemple

7H30-8H30

Réveil

Faire son lit, s’habiller, petit-déjeuner, brosser les dents

8H30-8H-30

Exercices

Marcher, promener le chien, yoga, aérobie, danser

9H-30-10H30

Académique

Aucun écran

Travail scolaire

10H30-12H

Créativité

Lego, coloriage, bricolage, musique, cuisine, écriture, etc.

12H-12H30

Déjeuner

 

12H30-13H

Tâches ménagères

Balai, aspirateur, vaisselle, fenêtres, désinfecter les poignées de portes, interrupteurs et surfaces.

 

La punition est une fausse bonne solution. Elle renforce le comportement qui vous agace car en faisant cela vous vous occuper deux. Il est nécessaire d’être créatif pour détourner leur énergie et satisfaire leur besoin. Il vous faudra développer des compétences d’aïkido relationnel.

Vos enfants sont insupportables, font des colères ou sont insolents ? Apprenez-leur à reconnaitre leurs émotions et à l’exprimer. Dire calme toi énerve encore plus. Regardez le film Vice et versa avec eux pour les initier aux émotions. Demander leur d’apprendre à fermer le robinet d’énergie et de parole afin d’être continent comme ils ont appris à être continent de leurs urines et de leurs selles et ne plus faire pipi et caca partout à tout moment. Inventer des métaphores pour leur apprendre à discerner ce qui se passe en eux. Vous aussi, apprenez à fermer le robinet pour ne pas vous laisser emporter par une vague émotionnelle. N’hésitez pas à changer de pièce, à aller courir, à vous mettre à la fenêtre pour respirer et contempler, à passer la main à d’autres personnes présentes dans le confinement pour respirer.

Il est dans l’opposition. Vérifier que les consignes et l’emploi du temps sont clairs. Un enfant en insécurité s’énerve pour trouver de la réassurance.

Attention aux embouteillages : On a tendance à leur demander et à se demander trop de choses à la fois ce qui participe au sentiment d’insécurité et nourri une anxiété de performance. N’oubliez pas que dans la fable c’est la tortue qui gagne et non le lièvre. Donc faites et proposez qu’une seule chose à la fois. Chaque jour est une vie. Dans chaque jour regardez ce qui est nécessaire à faire tout en vérifiant qu’il y a aussi des choses agréables et des choses à vivre ensemble. N’oubliez pas que dans les accords toltèques, on dit qu’il est nécessaire de sortir des attentes et des résultats, sources de pression et d’anxiété, pour se focaliser à faire le mieux que l’on peut chaque jour. Les emplois du temps sont justes des temps dédiés et non des objectifs à atteindre.

Vous ne savez pas comment les occuper ou ils s’ennuient ? Proposer leur de construire une boite à ennui. Ils auront plus qu’à piocher dedans pour trouver une idée.

Ne vous oubliez pas en chemin. Vous avez besoin de temps pour vou

s en dehors de votre travail, de votre travail et des tachez ménagères. Dédiez un temps chaque jour pour cela sur votre emploi du temps.

Se planter, c’est faire des plantations. Nous apprenons tous dans ce confinement et dans le métier de parents. Tous les enfants sont différents et ils n’existent pas de formule miracle.

 

Alors, ayez de la mansuétude pour vous. Chacun fait du mieux qu’il peut dans le confinement même si certains d’entre vous sont pressés par le travail. Il est dur d’être à la fois parent, maitresse et faire les courses, la cuisine trois fois par jour, travailler et organiser la récré tout en prenant soin de soi et des personnes que vous aimés. Rien qu’à dire tout cela, on ressent de la fatigue ! Bon courage à vous.

 

En dernier recours… 😉

 

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 11:32

La mort Blanche de Franck Herbert résonne particulièrement à l’épreuve du covid 19 et du confinement qui en résulte. En effet, dans ce livre, Franck Herbert avait imaginé un virus qui tue toutes les femmes. Cette « peste blanche » a obligé tous les pays du monde à confiner leurs femmes pour éviter l’extinction de leur peuple, faute de pouvoir se reproduire et en l’absence de solutions. 
Dans ce livre, Franck Herbert décrit avec précision comment chaque pays, selon sa culture, va faire des choix différents pour résister à cette peste blanche et comment l’organisation sociale va se modifier. La pyramide de pouvoir et d’influence va se modifier face à ce nouveau danger. De petits chefs vont émerger et vont imposer de nouvelles règles plus ou moins efficace.
La Mort Blanche est l’avant dernier livre de Franck Herbert qu’il a écrit en 1982. Il imagine un homme, John O’neil, qui perd la tête en voyant sa femme et ses enfants mourir dans un attentat terroriste en Irlande. Pour se venger de la perte de sa femme, ce chercheur invente une arme bactériologique qui va contaminer toutes les femmes en se diffusant aux quatre coins du monde. 
Pendant longtemps, les médias ont imaginé une guerre bactériologique en s’inquiétant des virus et des bactéries que détiennent certains laboratoires dans le monde. On s’est souvent demandé quelles seraient les conséquences du relargage de  variole dans la population. Les USA, l’URSS et la Chine se sont intéressés à ce type d’armement (https://theconversation.com/le-secret-autour-des-armes-biologiques-amplificateur-de-tous-les-fantasmes-132339). Il y a eu après le 11 septembre, une série de lettres piégées à l’anthrax qui a réactivé nos peurs autour d’une guerre bactériologique (https://fr.wikipedia.org/wiki/Enveloppes_contamin%C3%A9es_au_bacille_du_charbon).
Ne tombons pas dans la théorie du complot, le COVID 19 n’est pas issu de la guerre bactériologique. Il ne tue pas les femmes. Il tue d’ailleurs plutôt les hommes (60 à 70% des mors du corona virus sont des hommes). Par contre il est passionnant de lire comment Franck Herbert a imaginé l’impact social et politique d’une pandémie meurtrière. Il est l’un des auteurs qui décrit le mieux les dédales géopolitiques des différentes nations existantes ou non face à une situation tout comme il l’a fait auparavant dans sa célèbre saga Dune. Il est intéressant d’observer que l’imaginaire des scénaristes et des auteurs ont imaginé de nombreux scénarios catastrophes et que nous semblons aussi peu préparer pour les prévenir et les gérer. Voici le genre de commentaire que l’on retrouve dans Babelio : « Voilà bien un livre perturbant à chroniquer. A la fois très bien écrit livre boursouflé. Véritable page-turner à l'intrigue plus qu'improbable. »
Pourtant, une pandémie nous arrive ce jour de façon toute aussi improbable. Il sera intéressant de voir comment notre civilisation amortira cette épreuve et nous évitera de basculer dans une autre épidémie comme celle des morts vivants de Walking Dead. En effet, dans cette bande dessinée et cette série télévision, le plus intéressant n’est pas cette histoire de morts vivants mais comment la société des humains s’organise face à ce fléau et comment elle s’entretue pour se protéger. Le vrai danger dans cette série n’est pas les morts vivants mais les autres humains. La littérature a encore un temps d’avance et nous a prévu d’autres cauchemars. Pouvons-nous les éviter !

 

La mort blanche, un livre à relire?

 

"We must learn to speak climate"
Dune, F. Herbert
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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 15:32

Vivre n’est pas simple. Encore plus confiné. !

Comment faire pour prendre soin de nous et s’adapter à ce temps suspendu ? En effet, tous nos petits choix au quotidien, mis bout à bout, auront un impact significatif sur la façon dont nous négocierons cette expérience de vie hors norme. Alors je vous propose quelques conseils pour composer votre boussole et vous y retrouver dans cette tourmente.

 

Tout d’abord, il est nécessaire d’accueillir cette expérience qui s’impose à nous. Cela nous demande probablement à de l’acceptation et des renoncements pour négocier au mieux cette vague épidémique comme un surfeur négocie la vague qui se propose à lui.

  • Accepter, pour ne pas boire la tasse, permet de négocier sans s’enliser dans une lutte qui sera source d’angoisses ou de ruminations.
  • Renoncer à ce qui ne peut pas être aujourd’hui ou demain du fait du contexte, nous libère pour vivre ce temps présent.

Manger des aliments réels : Attention, lorsque c’est possible, à la nourriture industrielle qui favorise l’obésité et la dépression. C’est aussi l’occasion de manger en pleine conscience. C’est-à-dire en ralentissant pour être curieux des gouts et des consistances. Manger en pleine conscience permet de privilégier le plaisir à la quantité et de faire de cette situation une opportunité pour faire évoluer son rapport à la nourriture.

S’offrir une réelle opportunité de sommeil : Beaucoup de troubles psychologiques sont dus à des difficultés de sommeil. La société de loisir a amputé du temps de sommeil. Le confinement peut être l’occasion de retrouver une quantité de sommeil nécessaire à notre santé (en moyenne 8 H/Jours) et faire éventuellement une sieste (pas plus de 30 mn). Il est aussi important d’être vigilant de garder un rythme de vie en ayant des heures de lever et de coucher régulières. La désynchronisation de notre horloge peut-être à l’origine de trouble anxio-dépressif. Il est aussi nécessaire de gérer avec mesure son temps d’écran en les arrêtant au moins une heure avant de se coucher et en les laissant si possible hors de la chambre.

Faites chaque jour de l’exercice physique, de préférence le matin d’un point de vue chronobiologique : gainage abdominal, vélo d’appartement, étirements, abdominaux, cours de yoga ou de stretching en ligne, etc. L’activité physique est anxiolytique et antidépressive. L’être humain a besoin de mouvement.

https://theconversation.com/lecons-de-confinement-comment-mandela-a-su-rester-en-forme-dans-sa-minuscule-maison-de-soweto-et-en-prison-135774?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%207%20avril%202020%20-%201587015198&utm_content=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%207%20avril%202020%20-%201587015198+CID_c33a8384ab2d7f18bf8abbdce951ba76&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Leons%20de%20confinement%20%20comment%20Mandela%20a%20su%20rester%20en%20forme%20dans%20sa%20minuscule%20maison%20de%20Soweto%20et%20en%20prison

Cultiver son réseau social : Des études récentes ont montré que le principal facteur qui influe sur notre façon de vieillir et notre durée de vie est la qualité de notre appartenance sociale. Distance physique ne veut pas dire distance sociale. Organisez vous des apéros Skype, suivez des cours de sport en ligne, proposez à vos enfants de faire des récréations avec leurs amis, etc.

Cultiver la pleine conscience de soi dans nos actions du quotidien : Quand on marche, quand on prend sa douche ou que l’on fait la vaisselle, de prendre le temps d’être vraiment là et non pas la tête ailleurs. Apprendre à être juste là et présent à soi. Soyez curieux du silence, du chant des oiseaux, de l’expérience sensorielle qui se présente à vous, du temps qui passent… favorisez la contemplation à la mentalisation.

Diminuer les toxines : drogues, alcool, cigarettes, médicaments

Poser des actes significatifs : C’est-à-dire d’être engagé dans sa vie en agissant en fonction de ce qui a du sens pour soi et non être un touriste ou un consommateur de la vie. En effet, encore plus que jamais le futur est incertain. Nous ne le connaissons pas. Le seul endroit où nous pouvons vivre et agir c’est maintenant. Toute chose est source d’opportunité. Peut-être, c’est l’opportunité de jouer, de vous aimer, de créer, de raconter des histoires, etc. Osez ! Beaucoup de choses restent possible malgré ce confinement.

Ayez chaque jour des réalisations (Gâteau, bricolage, couture, rangement, écriture d’un carnet de vie, etc.). C’est l’occasion de tenter des choses, d’explorer vos talents et d’être créatif.

Pratiquer l’autocompassion : Nous ne sommes pas des êtres parfaits mais des êtres vulnérables. Ce n’est pas le résultat qui est important car cela nous amène à juger et à commenter notre vie, mais notre attitude mais aussi la façon dont nous avons de la tendresse pour nos ratés et notre vulnérabilité.

Etre continent de tout mots négatifs ou de reproches pour ne pas transformer ce confinement en huis clos. il y aura bien le temps ensuite de s'expliquer. Encore plus que jamais, la vie ensemble, confiné, est une histoire de compromis et de bienveillance. Faites le pour les autre ou au moins pour vous.

Pratiquer la gratitude : Lors du confinement des camps de concentration, les personnes qui prenaient le temps de percevoir et de remercier les choses agréables qui leur arrivaient malgré l’horreur de la situation avaient plus de chance de survivre. Lorsque les femmes de l’orchestre d’Auschwitz jouaient de la musique, elles prenaient le temps de remercier la possibilité de faire de la musique malgré leur terrible situation. Prenons le temps de remercier d’être vivant à cet instant, de respirer, de savourer un rayon de soleil, un oiseau qui chante, d’avoir une personne que l’on aime autour de nous, etc. La gratitude a un fort impact sur notre bonne santé psychologique.

Aidons notre prochain : Aider et rendre service nous fait aussi du bien. Alors ne ratons pas une occasion d’être généreux et de tendre la main sans rien attendre en retour. Par contre, il est nécessaire de faire la différence entre aider et s’épuiser à vouloir sauver. On prend mieux soin des autres lorsque l’on sait prendre soin de soi.

Cette démarche est la démarche ACT ( https://act-afscc.org/ ). L’ACT vise à développer la fléxibilité psychologique en essayant de se rapprocher par nos comportements de ce qui compte pour nous et d’arrêter de lutter sur ce que nous n’avons pas de prise. La démarche ACT montre que la souffrance et les épreuves font partie de la vie et ne doivent pas nous empêcher de vivre. C’est à nous de choisir comment les négocier.

Au fond, c’est de ce dire que l’épreuve du confinement est comme celle du marin qui est pris dans la tempête ou la brume. Si il se demande s’il va arriver à bon port, c’est la meilleure façon de se noyer. Pris dans la tempête ou la brume, il adapte sa voilure et avance vague après vague, tout en prenant soin de lui, et en se disant qu’il arrivera bien quelque part. Nous arriverons quelque part. Cela dépendra aussi de la façon dont nous prendrons soin de nous au jour le jour. Bon courage

Film : c'est quoi le bonheur?

Seznec Jean-Christophe et Le Guen Sophie : Débranchez votre mental. Trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie. Ed Leducs

 

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