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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 18:33

En cette veille de rentrée, je vous écris pour vous faire part de mon envie de militer activement pour une médecine plus écologique, plus humaine, plus intégrative et plus personnalisée.

En effet, la crise du COVID, le réchauffement climatique, les enjeux écologiques, les tensions entre les humains, le fait que l’on voit actuellement se développer dans le monde une épidémie d’obésité et de dépression, et beaucoup d’autres choses encore, sont autant d’indices qui nous informent que nous sommes probablement à un carrefour de compréhension de notre façon de vivre et de prendre soin de nous.

Pourtant, je crois qu’il n’y a pas de fatalité à tous ces maux. Les êtres humains ont de grandes capacités d’adaptation s’ils s’engagent fermement à faire ce qu’il faut pour prendre soin de soi en toute cohérence :

  • Que voulonsnous ?
  • Que faisonsnous concrètement, jour après jour, pour tendre vers ces souhaits ?
  • Notre façon de vivre estelle cohérente avec nos vœux ?

Je crois aussi que les changements d’aujourd’hui dépendront des choix de chacun et non de l’impulsion ou de l’injonction d’une quelconque autorité. Je crois que nous avons à choisir de devenir acteur de notre santé et de nous recentrer sur ce qui nous importe à travers nos choix. A nous, chacun dans notre coin, d’agir en bienveillance.

S’il existe des facteurs de vulnérabilité à certaines maladies et que nous sommes soumis à des risques externes, comme les agents infectieux, de nombreuses pathologies sont le fruit d’un déséquilibre intérieur. Ce déséquilibre se nourrit de facteurs prédisposants (terrain génétique, éducationnel, nos habitus de vie, notre terrain physiologique, etc.), de facteurs déclenchants et de facteurs d’entretien. Si nous ne sommes pas maitres des facteurs extérieurs déclenchants, nous pouvons être vigilants à ne pas entretenir des vulnérabilités pour faire éclore des pathologies.

Le gène de la dépression et de l’obésité ne sont pas apparus ces dernières années. Ces pathologies sont dues à tous nos choix comportementaux qui, jour après jour, mois après mois, année après année, aboutissent à ces troubles. A nous d’apprendre à choisir de faire différemment pour changer la donne de notre santé et prendre soin de nous à chaque instant. Se soigner s’est avant tout maintenir notre bonne santé pour ne pas tomber malade. De plus, selon le terrain prédisposant, on ne soignera pas la personne de la même façon, au risque de s’enliser à vouloir remplir une baignoire percée. Parfois la voie de sortie est ailleurs.

Le traitement d’une personne doit tenir compte de son histoire, de son contexte, de son mode de vie, etc. Pour toutes ces raisons, la médecine demande prendre le temps d’écouter nos patients pour percevoir tous les éléments qui constituent leur équilibre pour les accompagner à retrouver un équilibre. Finalement, un être humain est comme un mobile. Si on touche un élément, on prend le risque de modifier l’équilibre global. Il est donc plus aisé de prévenir que de guérir.

Ce dont je vous parle, aujourd’hui, est ce que l’on appelle la médecine intégrative. La médecine intégrative prend en charge l’individu dans son histoire et dans son écosystème, pour une approche globale. Pour restaurer, l’équilibre, elle s’appuie sur des outils multiples : médicaux, nutritionnels, activité physique, sociaux, psychologiques, motivationnels, etc.

Dans la boite à outil de la médecine intégrative, il existe de nombreux outils. Ceux-ci proviennent des avancées scientifiques mais aussi de connaissances millénaires. L’homme a eu l’intelligence de développer des moyens médicaux et pharmaceutiques fort utiles mais sait aussi s’enrichir des outils disponibles dans la nature (phytothérapie, etc.). Il n’y a pas de bons ou mauvais médicaments comme il n’y a pas de bons et mauvais outils ou de bons ou mauvais aliments. Tout dépend du contexte et de la façon dont on les utilise. L’intention est d’obtenir plus de bénéfices que d’inconvénients.

La médecine intégrative ne consiste pas qu’à guérir mais ouvre des perspectives pour prendre soin de soi et prévenir les maladies. Pour l’utiliser, elle demande ouverture, relation, bienveillance, écoute, curiosité, créativité et professionnalisme.

  • L’ouverture : c’est savoir s’ouvrir à une plus large connaissance.
  • C’est avant tout la qualité de la relation de soin qui bonifie tout outil thérapeutique, qu’il soit moderne ou traditionnel. Elle demande de la bienveillance envers son patient et de savoir l’écouter pour comprendre sa situation et ses besoins.
  • Curiosité et créativité car parfois le chemin s’effectue loin de ce que l’on a appris ou ce que l’on croit. Nos pensées et nos principes peuvent vite devenir une prison mentale.
  • Professionnalisme car tout travail demande évaluation. Tout ce qui est naturel n’est pas forcément « bon » et sans effets indésirables comme tout ce qui est fabriqué par l’homme n’est pas forcément une chimie toxique et peut avoir des vertus.

La médecine intégrative est une opportunité pour avoir une vision écologique de l’homme, au sein d’un écosystème, et qui est le produit de son histoire. Jardinons avec soin ce que l’on est pour être le moins malade possible !

Le COVID est une occasion d’appliquer cela. Certes, il serait intéressant de trouver des traitements et un vaccin pour nous protéger, certes il est intéressant de développer des comportements de prévention grâce à des gestes barrières, mais il est aussi intéressant de développer notre immunité et notre solidité. L’un ne va pas sans l’autres. C’est cela une approche globale.

La médecine intégrative ouvre de nouvelles perspectives que je souhaite développer.  A ce carrefour de notre humanité des choix et des engagements sont possibles. Agissons!

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:09

La crise du COVID a bouleversé nos façons de travailler. Elle a poussé les entreprises à se réorganiser. Elles ont dû, en un temps record, adopter de nouveaux modes de travail (télétravail, etc.). De nombreux salariés ont été obligés de répondre, du jour au lendemain, à plusieurs tâches : travail, ménage, cuisine, école des enfants, etc. L’entreprise a montré que, lorsqu’il y a une vraie volonté, il est possible de changer nos comportements et que les résistances sont plus psychologiques que réelles.

Par ailleurs, une crise, c’est aussi l’opportunité d’une renaissance. C’est l’occasion de repenser la façon de travailler ensemble, d’organiser différemment son travail, de prendre soin de la santé des salariés : Nourriture, sédentarité, rythme de travail, équilibre vie professionnelle / Vie personnelle, accompagnement des différentes transitions sociales (retour de grossesse, de maladies, chômage partiel, restructuration, évolution numérique, la place des hommes et des femmes tenant compte de leurs particularité physiologiques, etc.).

Le journal Marie Claire a proposé, le 28 Mai, un Think Tank pour une meilleure égalité entre les hommes et les femmes au travail et qui tienne compte des spécificités de chacun. Dans cette dynamique plusieurs évolutions entraîneraient des changements notables pour la santé et l’épanouissement de tous.

  • Alimentation : Avoir une restauration plus libre permettant à chacun de trouver une nourriture adaptée à ses besoins et ses spécificités alimentaires. Faire une plus grande place aux fruits et aux végétaux dans les propositions alimentaires. Sortir des pauses croissants et pains au chocolat pour proposer des pauses avec des fruits, des légumes, des graines, des jus d’extraits de fruits et légumes, etc. L’entreprise a une responsabilité sur la santé de ses employés à travers l’offre alimentaire qu’elle propose. En s’engageant dans cette voie, elles participeront à soulager de nombreuses femmes et d’hommes dans leurs préoccupations corporelles.
  • Lutte contre la sédentarité : La sédentarité est à l’origine de nombreuses pathologies, notamment cardiovasculaires. De plus, le maintien d’une forme physique est une préoccupation de nombreuses femmes, et de plus en plus d’hommes. Il est souvent difficile de concilier travail et exercices physiques, sachant que l’on préconise actuellement trois séquences d’une heure d’exercices physiques par semaine pour obtenir un impact significatif sur la santé ou cinq séquences de trente minutes par semaine. De plus, les salariés passent beaucoup trop de temps assis, que cela soit à travers leur travail personnel ou au cours de réunion. En outre, ils n’ont pas toujours le temps et l’énergie pour pratiquer du sport, après de longues journées de travail. Aussi, l’entreprise peut encourager le travail debout à des bureaux pour multiplier les changements de postures entre assis et debout. Il est possible de faire des réunions en marchant. Elles ont montré leurs vertus créatives. On peut diminuer le temps de réunion, donc le temps assis, en préparant beaucoup plus celles-ci en amont, celles-ci ne servant qu’à valider des décisions. Au cours des réunions, trop de temps est perdu à prendre connaissance des dossiers ou dans des présentations qui peuvent être effectués en amont. Il est important de vérifier la fonctionnalité de ses réunions pour avoir une approche plus écologique et plus économiques. Faire en début de matinée des réunions d’équipes informatives debout face à un tableau d’activité, etc. Ils existent ainsi de nombreuses techniques de management et de travail pour diminuer le temps assis et de sédentarité.
  • Repenser les rythmes de travail : En France, les journées de travail sont particulièrement étirées. Il existe parfois une course à celui qui travaille le plus tard. Dans bien des entreprises, on se met vraiment à son travail personnel après 18H et de nombreuses réunions, quand dans de nombreux pays anglosaxon, il est mal vu de rester au travail après 17H30. Ces longues journées génèrent de la pression et du stress sur l’organisation de la vie personnelle et de la gestion des enfants. Le présentéisme est aussi à l’origine de nombreux maux. L’absence de temps de décompression entre le travail et la vie personnelle font que, le soir, de trop nombreuses personnes purgent leur tension à travers des compulsions alimentaires, de l’alcool ou des cigarettes[1]. Arrivés à la maison, de nombreux parents courent pour faire les devoirs, la cuisine et le bain pour les enfants. Cette course est source d’un stress qui a lourd impact sur l’épanouissement des salariés et, finalement sur la santé des salariés et leur efficacité au travail. Il peut être à l’origine d’une charge mentale notamment pour les femmes. Des entreprises ont choisi d’interdire les réunions après 18H et de ne pas stigmatiser les parents qui doivent partir plutôt pour gérer les besoins familiaux. Le télétravail est une opportunité pour diminuer du temps perdu dans les transports et augmenter l’efficacité de travail. En effet, lors du télétravail, il y a moins d’interruptions, ce qui permet des séquences plus longues et plus productives. Les non-fumeurs n’ont pas l’opportunité de bouger pour aller fumer et ont des séquences de travail beaucoup plus long que les fumeurs, ce qui est à l’origine d’une inégalité. Certaines entreprises proposent des espaces de décompression, dans des bulles de silence, où les personnes peuvent faire de courtes siestes, pratiquer de la cohérence cardiaque, bailler, se faire masser ou méditer[2]. Ces pauses respiratoires sont aussi nécessaires les silences en musiques pour la mélodie. Enfin, les entreprises devraient accompagner les salariés pour leur permettre un rapprochement géographique des salariés. Le temps de trajet est un enjeu de santé principalement en région parisienne.
  • Proposer une conciergerie pour décharger les salariés des difficultés familiales : Les familles sont confrontées à de nombreux problèmes à résoudre (enfants malades, aide scolaire, trouver un plombier, réparer sa voiture, prendre des rv médicaux, etc.). Toutes ces difficultés sont sources de soucis qui peuvent parasiter l’attention au travail. Les entreprises devraient proposer systématiquement l’aide d’une conciergerie pour faciliter la vie personnelle de leurs employés.
  • Prendre en compte les transitions professionnelles en proposant un parcours de reprise du travail : Les salariés sont confrontés à des arrêts de travail dus à des grossesses ou à de graves maladies comme le cancer. Il n’est pas toujours facile de reprendre le travail, de se reconnecter à la réalité de l’entreprise et à retrouver un rythme. Les entreprises pourraient proposer un parcours santé pour aider les salariés à reprendre pas à pas leur place dans l’entreprise. Ce parcours santé est le fruit d’un compromis entre la médecine du travail, le manager, les ressources humaines et le salarié pour le rendre réalisable dans le contexte de l’entreprise. L’entreprise peut mettre aussi des espaces d’écoute et d’expression pour permettre au salarié de partager ses difficultés dans la reprise du travail. Des sherpas, pair aidant, peuvent être nommé pour accompagner le salarié dans sa reprise. En effet, on sait qu’après trois arrêts de travail, il y a un grand risque d’invalidité. Après la crise du COVID, il est nécessaire que les entreprises prennent le temps de prendre connaissance comment leurs salariés ont vécu leur confinement et le télétravail. Certains sortent de cette période épuisée et ne peuvent pas reprendre la vie professionnelle comme avant. Il est important de faire un temps d’accueil des salariés et pour inventer la façon de travailler ensemble, en tenant compte des gestes barrières, tout en ne perdant pas l’humanité de la vie ensemble. Ces transitions sociales doivent être pris en compte dans le document unique qui regroupe les moyens mis en oeuvre par l'entreprise pour prévenir les risques psycho-sociaux. Accompagner les salariés dans sa reprise du travail est un enjeu pour la société comme l’entreprise.
  • Prendre en compte le rythme féminin : Le cycle menstruel est source d’une variation de de forme et de productivité. Une entreprise moderne et humaine se doit de tenir compte de cette réalité en adaptant le rythme de travail et les sollicitations en fonction des contraintes du syndrome prémenstruel et du temps de menstrues. Une organisation du temps du travail et des jours de bienveillance peuvent être proposés aux femmes. En outre, dans l’évaluation de son poste, il devrait être évalué l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle. En effet, la charge de travail liée au travail à la maison altère la santé des salariés et donc son efficacité.
  • Soutien aux femmes et, parfois aux hommes, maltraitées : De trop nombreuses personnes souffrent de violences conjugales. L'entreprise peut apporter une aide sociale en terme de moyen et de logement pour protéger ses salariées et leur permettre de continuer à s'investir pleinement dans leur travail. L'autonomie financière est un gage d'égalité.
  • Une veille sur l'égalité salariale et de la promotion : Avec les partenaires sociaux, chaque entreprise devrait faire un audit sur les égalités des chances au sein de son entreprise.

Le management d’aujourd’hui se doit d’être humain. Un salarié heureux et épanouit travail mieux, est plus créatif et plus productif. Restaurer l’épanouissement personnel et l’efficacité de l’entreprise peut structurer un projet d’entreprise et participer à son image. La crise du COVID est l’occasion pour les entreprises d’êtres créatives, modernes et humaines.

 

[1] Seznec JC : J’arrête de lutter avec mon corps. Ed PUF.

[2] Seznec JC et Le Guen S : Débrancher son mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie. Ed Leducs.

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 07:56
La cérémonie du thé japonaise est plus qu’une simple cérémonie gustative, elle fait partie des rituels de méditation zen. Il s'agit avant tout de créer un moment unique dans le temps et dans l’espace, c'est ce que les Japonais appellent Ichigo, ce qui signifie "un moment, une rencontre".

Au cours d'une cérémonie du thé, les participants concentrent tous leurs sens sur le moment présent pour le vivent pleinement et trouver la tranquillité d’esprit.

 

Ce rituel est un cadeau de respect et d'affection de la part de l'hôte aux invités. La personne qui accueille la cérémonie du thé espère offrir un petit moment de paix suprême aux participants, c'est pourquoi elle fait tout avec le plus grand dévouement et le plus grand souci du détail.

 

il y a des étapes spécifiques. Les participants doivent exécuter chaque étape en toute conscience. C'est l'essence même de la cérémonie du thé : se concentrer exclusivement sur le moment présent et sur les détails du rituel. Oubliez votre hâte et vos soucis, oubliez l'avant et l'après.

 

 

La cérémonie du thé japonaise est tout à fait inséparable de la méditation et du zen, c’est comme les deux faces d’une même pièce. Au cours de cette cérémonie consciente, on prépare et on boit du thé vert matcha. Lorsque le thé a été apporté de Chine au XIIe siècle, il a rapidement été adopté à l'échelle nationale et est devenu l'un des aspects importants de la culture japonaise. Au début, les moines zen utilisaient le thé comme moyen de rester éveillé pendant la méditation, mais la cérémonie du thé est rapidement devenue méditative elle-même. L'arôme fort et puissant du thé vert matcha et ses qualités apaisantes sont devenus partie intégrante de la vie quotidienne des moines zen, et ont même fait leur chemin jusqu'aux modes de vie actuels.

 

Aujourd'hui encore, des cérémonies du thé sont organisées dans le monde entier et les gens les pratiquent pour faire une pause dans la journée, reprendre des forces et oublier tout simplement tout ce qui se passe.

Certaines personnes méditent avec du thé matcha même pendant les heures les plus chargées de la journée, afin de se vider la tête et de bien saisir la réalité. Vingt minutes par jour de cette cérémonie apaisante vous aideront à trouver votre paix intérieure et à mener une vie meilleure et sans stress. Bien sûr, il y a quelques règles à suivre et, comme pour toute méditation, le début peut être difficile. Cependant, à mesure que vous progresserez et que vous la pratiquez chaque jour, la méditation avec le thé deviendra une partie nécessaire de votre journée.

 

Faire de la méditation ne se résume pas qu’à déguster du thé mais toute les étapes de préparation de ce breuvage constitue l’essence même de la méditation zen.

Choisir son thé

En principe, tous les types de thé son compatible avec la méditation, mais pour bien ressentir la pleine conscience, du thé de qualité est requis.

Les thés non aromatisés sont recommandés, généralement en raison de leur meilleure qualité.

Une autre option consiste à utiliser du thé Matcha en poudre de qualité, qui a un goût de qualité et un arôme puissant.

 

Porter l’eau à ébullition

Le seul but de ce type de méditation est de ne prêter attention qu'à l’eau porté à ébullition. Asseyez-vous, détendez-vous et regardez les bulles passer de minuscules crépitements à de grosses bulles nerveuses dans la théière japonaise de préférence. Profitez de chaque seconde et ne laissez pas une pensée vous traverser l'esprit. Faites attention à votre respiration, réduisez le rythme cardiaque et laissez les sons de l'eau déterminer l'atmosphère.

 

L’infusion du thé dans l’eau

Prenez doucement une cuillère de votre thé matcha et mettez-la dans votre tasse préférée. Ajoutez lentement une tasse d'eau bouillie sur le thé et laissez reposer pendant une minute ou deux. Vous remarquerez que la vapeur monte et vous prendrez le temps de la regarder. Les odeurs douces et fortes de l'arôme qui se dégagent de la tasse, alors assurez-vous de les respirer facilement. Si vous utilisez des feuilles de thé, soyez généreux et regardez-les tourbillonner dans l'eau bouillante.

 

Contempler l'aspect du thé

Après quelques minutes, retirez délicatement l'infusion et asseyez-vous avec votre thé pendant un moment ce qui permettra au thé de se refroidir un peu et à vous de profiter des arômes et des couleurs de l'infusion.

Prenez la tasse et sentez la céramique dans vos mains. Pensez au fait qu'une personne très, très lointaine a cueilli les feuilles et vous a permis de préparer cette boisson apaisante. Soyez reconnaissant envers cette personne. Étendez vos pensées à d'autres choses qui ont rendu ce moment possible et appréciez toutes les personnes et les circonstances qui ont permis que tout cela se réalise.

 

Déguster le breuvage

Buvez lentement et concentrez-vous sur les caractéristiques du thé lui-même. Faites attention à la température, qu'elle soit chaude ou froide, remarquez les goûts, s'ils sont terreux, floraux ou herbacés ; pensez à la sensation du thé dans votre bouche, s'il est crémeux, sec, lourd ou léger. Ne pensez qu'au thé et à chaque gorgée. Vous remarquerez que tout le reste est différent autour de vous, et vous ne manquerez jamais un détail.

 

Une fois que vous avez fini de boire votre thé, n'oubliez pas de profiter du processus de nettoyage de votre corps. C'est aussi une partie de la cérémonie qui vous aidera à atteindre la paix intérieure. Le but de la cérémonie du thé et de votre cheminement vers la paix intérieure est d'apprendre à être attentif et à vivre dans le présent. Il s'agit également d'utiliser tous nos sens et l'interaction de notre être intérieur avec quelque chose du monde extérieur.

 

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 09:55

 

Les crises comme celle du COVID, la mondialisation et une compétitivité de plus en plus féroce poussent les entreprises et les structures à rechercher une constante adaptation au marché. Cette nécessité d’adaptation pousse ces dernières à une remise en cause perpétuelle non seulement pour améliorer leur productivité mais aussi pour tout simplement survivre. Ainsi les 30 dernières années ont été marquées par la multiplication des plans de restructuration avec leur cortège de fermeture de sites, de transfert de personnel, de licenciement, de départ en pré-retraite… [2]

Dans un souci de mener à bien à leur plan de restructuration, les entreprises et les institutions font de plus en plus appel à des sociétés de conseils spécialisées dans les conduites du changement. Ces dernières ayant en charge plusieurs missions comme l’élaboration et la conduite de ces projets au niveau des procédures et de la communication de crise, mais aussi de l’études des impacts économiques et sociaux sur le territoire ainsi que l’accompagnement des hommes dans leur reconversion par le biais par exemple de validation des acquis…

 

Les entreprises et les institutions prenant en considération l’impact psychologique d’un plan de restructuration sont encore rares. En effet, de nombreux mythes persistants, freinent ou empêchent cette prise en considération. Ainsi sont communément répandues les idées selon lesquelles un changement peut être indolore, immédiat, se dérouler sans problème s’il n’est pas de taille, n’être difficile que pour les moins compétents et ne pouvant réussir que par l’abolition du passé [1]. Malheureusement la réalité du terrain montre qu’aucun changement quelque soit sont ampleur ne se passe sans répercussion sur les salariés et donc sur leur travail. La misère symbolique en occident décrite par Striegler, générée par l’évolution de notre société, et l’isolement social des citoyens rendent vulnérables les organisations comme les individus aux émotions destructurantes. Le stress chez les salariés augmente donc de part les facultés d’adaptation que nécessite la nouveauté de la situation. De plus le caractère non immédiat de la mise en place des plans et l’existence de nombreux « temps mort » favorise l’émergence d’un sentiment d’insécurité et de peur de l’inconnu. Par ailleurs, le changement s’accompagne inéluctablement de perte et donc de regret, et de façon paradoxale les salariés les plus investis en souffrent le plus [1].

 

Au-delà des mythes, certaines entreprises préfèrent ignorer l’incidence psychologique d’un tel événement sur leurs salariés. C’est le cas des entreprises refusant de considérer le salarié dans sa sphère affective et psychologique par peur des débordements de la vie privée sur la vie professionnelle, de celles ayant le culte de la performance par le stress, ou tout simplement de celles niant le paradoxe entre la nécessité de changement et le besoin fondamental de tout être humain à structurer son environnement [3]

 

Les crises comme celle du COVID obligent chacun a reconsidéré la façon de travailler et modifient les perspectives d’avenir. Le chômage partiel et le télétravail sont à l’origine d’impact psychologique que les entreprises ont à considérer, évaluer et à gérer pour ne pas prendre le risque d’un effondrement post confinement. Cette pandémie va obliger nombre d’entreprises à se restructurer. Elles devront mettre en place les outils nécessaires pour accompagner ce changement au mieux.

Conscientes que tout changement organisationnel s’accompagne de bouleversements psychiques, certaines entreprises prennent le parti d’accompagner psychologiquement ses salariés au cours de leurs plan de restructuration afin de limiter la perte de productivité et la détérioration du climat social à plus ou moins long terme [2].

 

Cet accompagnement peut se faire par la mise en place d' Espace d’Ecoutes et d’Expression.

 

 

I Raisons d’exister d’un Espace d’Ecoute et d’Expression : impact d’une restructuration sur les salariés

 

1.1 La restructuration : un facteur de stress professionnel.

 

Le stress est un mode de réponse global d’un organisme par rapport à un environnement vécu comme agressif. C’est un mécanisme d’adaptation face à une agression externe. D’après les travaux réalisés par Hans Seylel sur des animaux, ceux-ci passent par 3 phases lorsqu’ils sont soumis à un stresseur. Tout d’abord une phase d’alerte engendrée par un environnement nouveau, inhabituel et source d’agression. Puis une phase d’habituation ou endurance où l’organisme mobilise toutes ses ressources pour y faire face. Vient ensuite une phase d’épuisement lorsque la phase d’endurance se prolonge trop longtemps [1].

Le stress professionnel a fait l’objet ces dernières années d’une abondante littérature anglo-saxonne. Cependant ce concept manquant de consensus, il semble nécessaire de récapituler les différents modèles existant pour expliquer de façon non exhaustive en quoi une restructuration peut en être un facteur.

 

Selon le premier modèle le stress peut survenir lorsque la demande professionnelle est trop menaçante pour rendre possible l’adaptation de l’individu à son environnement.

Karasek établit un modèle du stress qui découlerait d’une demande professionnelle forte sans grande latitude du salarié sur les décisions [2].

Le modèle de Siegrist introduit la notion d’effort-récompense. Le stress y apparaît en l’absence d’une réciprocité entre l’effort accompli et la compensation qu’il reçoit [2].

 

 

Une restructuration est donc un facteur de stress car elle oblige le salarié à s’adapter à une situation inhabituelle et menaçante. Plus précisément elle peut être facteur de stress professionnel en ce qu’elle représente une menace pour le salarié par l’incertitude qu’elle engendre et donc par la difficulté d’adaptation qui en découle.

En effet, c’est une forte demande professionnelle sur laquelle le salarié a peu de prise. Par exemple une entreprise peut être amenée à fermer certaines filiales et obliger les salariés à déménager s’ils veulent conserver leur poste.

Elle peut être perçue comme une absence de réciprocité entre les efforts fournies et ce qu’estime pourvoir recevoir en contrepartie le salarié. Ainsi elle peut être ressentie comme une injustice voir comme une punition.

 

1.2 La restructuration : inducteur de troubles

 

Le stress a une fonction utilitaire car il permet de s’adapter aux modifications, menaces et contraintes de l’environnement. Cependant selon sa gestion et l’importance de son intensité, de sa fréquence et de sa durée, il peut être à l’origine de troubles à tous les niveaux de l’organisme (psychologiques, somatiques, physiques) [3].

Le stress découlant d’une restructuration peut donc être à l’origine de ces troubles car elle est souvent parsemée d’inconnu, s’effectue dans un temps relativement long et se découpe en plusieurs étapes pouvant pour chacune d’elles représenter une source de stress.

 

 

1.2.1 Les troubles psychologiques :

 

Les principaux troubles psychologiques constatés sont l’anxiété, la dépression voir le suicide.

 

L’anxiété :

  • Elle se caractérise par un vécu permanent d’appréhension et d’inquiétude.
  • Elle se manifeste au niveau somatique par des tensions musculaires, de l’hypertension, des sensations d’oppression et de gorge nouée.
  • Elle entraîne au niveau psychologique de l’angoisse et une « hyperviligance », traduisant un état d’alerte. Ainsi le sujet se sent en permanence sur le qui-vive, ce qui l’empêche de se détendre, de s’endormir …

 

D’un point de vue comportemental, l’anxiété induit des comportements d’évitement (voir phobiques) ou de réassurance. C’est le cas de l’employé qui ne veut plus manger avec les autres de peur d’entendre parler du plan de restructuration, ou encore de celui qui cherche à savoir au près de la direction, des autres salariés si son travail, son ancienneté, sa situation familiale lui permettra d’être muté là où il veut.

 

L’anxiété est considérée comme un trouble de l’adaptation quand son intensité est trop élevée et qu’elle perdure alors que le stresseur a disparu Elle entrave alors les capacités d’adaptation du sujet à son environnement [4]. L’employé souffrant d’anxiété peut de venir irritable, avoir des problèmes de concentration, paniquer de façon excessive au moindre changement, s’en faire pour tout et sans raison, consommer de l’alcool ou des tranquillisants pour alléger sa souffrance…

 

 -La dépression :

 

Les troubles anxieux peuvent évoluer vers des troubles dépressifs. Ces derniers sont les troubles psychologiques les plus marquées du stress [1].

 

Elle se caractérise par plusieurs symptômes :

 

Tout d’abord un « effondrement de l’humeur ». La personne n’est plus capable d’appréhender son environnement de manière positive. Il est dans un état perpétuel de douleur morale.

Puis une perte d’intérêt.  Le sujet ne s’intéresse plus à rien que cela soit au niveau de sa vie privée ou professionnelle.

Enfin, un ralentissement général. Le dépressif est facilement reconnaissable car tout semble lui demander un effort (manger, se lever, travailler …)

 

Les manifestations psychosomatiques que l’on retrouve le plus fréquemment chez des personnes atteintes de dépression sont des troubles du sommeil, un perte d’appétit ou au contraire des manifestation de boulimie.

 

- Le suicide

 

Dépression, antécédents familiaux, abus d’alcool ou de drogues représentent des prédispositions au suicide qui n’enlèvent cependant rien au rôle déterminant que peut jouer l’environnement et les facteurs de stress sur le passage à l’acte. Ainsi les facteurs de stress liés au travail peuvent amener une personne à se suicider. Les motifs les plus fréquents sont liés à la notion d’échec professionnel, à la perte de repères, aux difficultés d’adaptation au changement, aux conflits institutionnels, aux difficultés économique …[1]

 

1.2.2 Les troubles somatiques et psychosomatiques

 

Au delà des troubles psychiques, le stress professionnel, peut accroître les risques de maladies cardio-vasculaires, de cancer, de troubles musculo-squelettiques.

Les salariés peuvent aussi développer des troubles psychosomatiques tels que des migraines, des ulcères de l’estomac.

 

II L’Espace d’Ecoute et d’Expression

 

    1. Définition d’un Espace d’Ecoute et d’Expression

 

L’Espace d’Ecoute et d’Expression est mis à la disposition des salariés par l’entreprise dans le cadre de changements profonds (restructuration, fusion…) ayant des répercutions psychologiques sur ces derniers pouvant affectées leur travail et donc leur productivité.

Sa vocation est de soutenir et d’accompagner les salariés dans toutes les phases du changement par une meilleure gestion de son stress. Loin d’une « victimisation » des salariés, il leur permet de développer des stratégies d’adaptation face à une situation inéluctable.

Son existence se justifie au delà de son utilisation car il joue un rôle « d’organisateur psychique ». Son inscription dans l’imaginaire des employés, de la direction et de tout autres intervenant lui permet de fonctionner tel un parachute, dont la seule présence rassure et apaise.

Cet espace est constitué d’une équipe de psychologues. Selon l’implantation géographique et le type d’organisation de l’entreprise, les salariés dans un temps délimité peuvent y accéder physiquement grâce à la mise en place d’un endroit spécifique, ou par téléphone.

 

 

 

 

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Exemple d'une mise en place d’un Espace d’Ecoute et d’Expression

 

 

 

Contexte

 

Suite à l’annonce de son plan de restructuration aux salariés, les syndicats de la société T ont désiré la mise en place un Espace d’Ecoute et d’Expression en parallèle des antennes emploi. Déjà marquée par les difficultés rencontrées au cours d’un premier plan social ayant eu lieu quelques années auparavant, la Direction accède à la demande des syndicats. Cette dernière souhaite que sa mise en place se fasse rapidement pour concorder avec l’ouverture des antennes emplois. L’espace d’Ecoute et d’Expression doit donc être opérationnel rapidement. Dans l’urgence les membres de l’espace rencontre la Direction afin de déterminer son champ d’action et ses modalités de fonctionnement.    Ainsi l’équipe prend connaissance de l’entreprise dans sa globalité (cœur de métier, effectif, culture, répartition géographique…). Elle s’informe aussi sur le déroulement du plan de restructuration et sur le climat social actuel.

 

L’entreprise T est nationale, elle est constituée de plus de 15000 salariés répartis dans des agences sur toute la France. Elle possède une culture d’entreprise de type patriarcale qui rend la restructuration d’autant plus traumatisante pour ses salariés. Le plan de restructuration s’étend sur 3 ans. A son annonce le climat social se détériore. A priori, ce plan n’inclus pas de licenciement mais des départs en pré-retraite ou une mobilité interne.

 

Modalités de Fonctionnement

 

-Il est constitué de psychologues aguerris aux problématiques du stress et plus particulièrement celui découlant des restructurations.

 

-L’Espace d’Ecoute et d’Expression a été mis en place suite a un consensus obtenu entre la Direction et les partenaires sociaux.

 

-Il est connu de tous les intervenants du changement (syndicats, responsables des antennes emploi…)

 

-Il concerne tous les salariés

 

-Il est indépendant

 

-Il s’étend sur une durée de 10 mois (flexible selon l’évolution de la situation) où se déroule différentes phases :

 

  • l’ouverture des antennes emplois
  • La phase d’adhésion aux mesures d’âge et de mi-temps de longue durée
  • La publication des offres de postes
  • Le recueil des candidatures des salariés concernés par les suppressions d’emplois, en réponse aux offres de poste
  • La communication aux salariés des affectations et le début des formations destinées aux salariés en reconversion
  • Les premières fermetures et transformations des succursales, la prise de poste des salariés concernés.

-Il fonctionne par le biais d’une ligne téléphonique ouverte 5 jours sur 7. Les salariés peuvent appeler directement à partir de leur lieu de travail. Les plages horaires ont été définies avec la société T. Elles s’étendaient tout d’abord de 9 heures 12 heures et de 14 heures à 17 heures. Devant une diminution des appels, la Direction a souhaité diminuer le temps d’écoute. Afin d’optimiser ce temps, une nouvelle plage horaire a été délimitée entre 11 heures et 14 heures. Une boîte vocale existe (en cas d’indisponibilité en temps réel) pour permettre au salarié de laisser ses coordonnées afin d’être rappelé dans la journée. Cette modalité utilise le rôle de « sas » d’attente pour régler un certain nombre de situations.

 

-L’annonce de son existence, de ses modalités de fonctionnement et de toute modification se fait par le biais d’annonces passées dans le journal interne de l’entreprise. Ces annonces visent notamment les managers ainsi que le personnel médical et social.

 

-Le responsable de l’équipe rencontre la Direction chaque mois pour la tenir au courant de l’évolution de la situation et pour prendre si nécessaire d’autres dispositions. L’analyse des problématiques et de leurs origines découle du dénombrement des appels (notamment des « raccrochés »), du recueil systématique des éléments suivants :

 

  • Heure d’appel
  • Durée de l’appel
  • Sexe de l’appelant
  • Motif de l’appel
  • Points techniques évoqués à relayer aux antennes emplois

 

-Une fois par mois toute l’équipe se réunit pour faire le point sur la situation et réfléchir aux actions éventuelles à mener.

 

-Différentes visites de sites ont lieu afin d’inscrire l’Espace d’Ecoute et d’Expression dans l’imaginaire des salariés.

 

Résultats quantitatifs

 

-Le volume des appels était d’environ de 30 les 2 premiers mois suivi d’une diminution dans les mois suivant. Par ailleurs, la recrudescence d’appels prévus à certains moments clés comme par exemple à l’annonce de la publication des offres de postes n’a pas eu lieu. Une des explications envisageables est la diminution et le changement des plages horaires.

 

-Les appels proviennent essentiellement des régions et plus précisément de sites devant fermés ou voir ses effectifs réduits.

 

-Autant d’hommes que de femmes appellent.

 

-Les appels proviennent majoritairement des exécutants du changement et non des managers, des partenaires sociaux ou encore des responsables des antennes emplois.

 

-Les cas de rappels sont rares.

 

-Certains salariés appellent de leur domicile considérant que la confidentialité de la discussion n’est pas possible au sein de leur agence.

 

Résultats qualitatifs

 

L’Espace d’Ecoute et d’Expression mis en place a permis :

 

L’évacuation des émotions et des angoisses

 

Les appelants contactent l’Espace d’Ecoute et d’Expression le plus souvent sous l’emprise d’une émotion ou d’une angoisse correspondant aux étapes psychologiques du changement (déni, peur, colère désespoir, marchandage). La libération de ces dernières leur procure un soulagement qui leur permet de prendre du recul nécessaire pour détecter les facteurs de stress.

 

La détection des stresseurs professionnels

 

De multiples stresseurs liés à la restructuration émergent au cours des appels.

 

-Les salariés sont déstabilisés par les phases d’attente existant entre la mise en place des différentes étapes. Ils vivent ces phases dans l’angoisse de l’inconnu. C’est le cas des salariés qui doivent patienter plusieurs mois avant de savoir s’ils vont être mutés et si tel est le cas où.

 

-Le dispositif d’accompagnement des salariés en lui-même peut être générateur de stress.

Ainsi la mise en place de grilles permettant selon différents critères de déterminer l’ordre de priorité pour les mutations est mal vécue par les salariés. En effet, ces derniers ont l’impression d’être « mise en case » et ont le sentiment d’être « des pions » plus que des « sujets ».

 

-Les choix demandés aux salariés concernant l’évolution de leur carrière sont anxiogènes. Ils signifient pour les salariés de devoir se positionner entre différentes possibilités ne correspondant pas forcément à leur souhait. Le fait de devoir choisir renforce alors sont sentiment d’impuissance, de perte de contrôle. Ceci se vérifie par exemple pour certains salariés contents de leur rythme de travail mais devant choisir entre une diminution de leur temps de travail et un départ en pré-retraite, ou encore pour les salariés désireux de ne pas déménager dont le poste n’est pas forcément supprimé et à qui l’on demande de sélectionner 5 sites où ils désireraient être mutés.

 

-La nécessité de conversion est elle aussi source de stress car elle fait appel aux capacités d’adaptation du salarié. Certains employés dont les postes sont supprimés sont en effet obligés de suivre des formations et de passer des concours en vue de leur reclassement au sein de l’entreprise.

 

-Le climat interne aux agences est aussi un puissant stresseur. C’est le cas des agences dont l’ambiance est pénible du fait du départ d’une partie du personnel ou encore de celles dont la suppression de certains postes amène une rivalité interne afin de conserver son poste en son sein.

 

La détection  des stresseurs de la vie privée

 

Aux stresseurs professionnels viennent se greffer les stresseurs de la sphère privée.

 

- Ils sont d’ordre familiale et relationnel (divorce, décès, rupture...) ou encore médical (cancer, handicap…)

 

La détection des problématiques engendrées par ces stresseurs

 

Dans le cadre de l’Espace d’Ecoute et d’Expression, les problématiques abordées par les appelants sont principalement de l’ordre de l’interaction entre la vie privée et professionnelle.

Elles peuvent être dues au cumul d’éléments stresseurs à la fois dans la sphère privée et professionnelle. Par exemple un salarié étant muté dans une autre ville alors que sa mère n’a plus que quelques mois à vivre.

 

Elles peuvent aussi découlées d’une réaction en chaîne, les stresseurs professionnels donnant naissance à des stresseurs privés. Par exemple un salarié doit être muté et à l’idée de déménager sa femme tombe en dépression.

 

La détection de l’impact des stresseurs sur les salariés

 

Chez les salariés ayant recours à l’Espace d’Ecoute et d’Expression l’on dénote, pour certains, la présence de troubles psychologiques (anxiété, angoisse, dépression) ainsi que des troubles psycho-somatiques. Ces différents troubles les empêchent le plus souvent d’avoir une réponse adaptée à leur environnement tant professionnel que privé. Par ailleurs, l’on peut constater chez quelques salariés des troubles du comportement sur leur lieu de travail comme par exemple de l’irritabilité, de la méfiance excessive, des difficultés de concentration et de motivation, de l’absentéisme. Dans leur sphère intime, certains appelants se plaignent d’insomnie, d’incapacité à se détendre, d’agressivité vis à vis de leur entourage… Il est à noter que dans le cadre de la présence de troubles psychologiques, ceux-ci étaient le plus généralement présents ou latents auparavant. La restructuration aura eu pour effet, de les réveiller ou de les renforcer.

 

Beaucoup de salariés ne présentant pas de troubles psychologiques appellent lors de la passation des différentes étapes psychologiques conduisant au changement. C’est le cas des salariés qui refusent de croire qu’ils vont être mutés, de ceux en colère car ils ont le sentiment de n’être pas pris en compte ou encore de ceux angoissant car ils ne connaissent pas leur lieu de mutation.

 

Une meilleure adaptation 

 

L’Espace d’Ecoute et d’Expression a pour but de favoriser une meilleure acceptation de la situation grâce à l’aide procurée aux salariés pour mieux s’y adapter.

 

Ainsi la détermination des stratégies d’ajustements (coping [4]) adoptées permet de cerner si elles étaient réellement adaptées à l’élément stresseur et si tel n’était pas le cas d’essayer d’en trouver d’autres plus ajustées avec l’appelant.

 

Par ailleurs, l’Espace d’Ecoute et d’Expression offre la possibilité dans certains cas aux salariés d’augmenter leur résistance au stress par la promulgation de conseils concernant leur hygiène de vie et leur comportement de santé comme par exemple en les incitant si le besoin s’en fait sentir à avoir une alimentation équilibrée, à ne pas abuser de substances toxiques, à faire de l’exercice régulièrement… Mais aussi en les aidant à faire le point sur le soutien social disponible et nécessaire pour mieux vivre cette période difficile. Ce réseau social étant constitué des personnes pouvant apporter un soutien émotionnel, d’estime, matériel ou informatif. En outre, elle encourage les appelants à cerner et à mettre en pratique les activités et comportements susceptibles de leur apporter suffisamment de plaisir pour compenser les effets négatifs engendrés par les éléments stresseurs.

 

 

Une prévention et une orientation :

 

Par le biais d’une écoute libératrice, d’une détection des stresseurs, de leur impact, d’une aide à une meilleur adaptation, les psychologues ont pu prévenir l’installation de troubles psychologiques comme l’anxiété récurrente ou encore la dépression.

Dans les cas où il était trop tard pour une action préventive son rôle a consister à orienter les salariés vers un suivi psychologique s’ils n’en n’avaient pas déjà.

 

Conclusion

 

Si l’Espace d’Ecoute et d’Expression a indéniablement une utilité pour les salariés appelants. Il n’en demeure pas moins vrai que sa seule présence a des effets positifs sur les salariés n’y ayant pas recours. En effet, il joue le rôle de parachute en ce sens où sa seule présence rassure et donne l’impression d’être pris en compte. Pour preuve, les syndicats à l’origine de la mise en place de l’Espace d’Ecoute et d’Expression n’ont jamais ressentis le besoin de rencontrer les membres de l’équipe et ont stoppés leurs revendications sur ce sujet auprès de la direction. La diminution des appels peut aller aussi dans ce sens même si d’autres hypothèses peuvent être avancées comme un problème de communication ou encore les changements d’horaires (dus à une première baisse des appels). S’il est difficile pour la direction de déterminer le réel impact de l’Espace d’Ecoute et d’Expression sur la productivité du salarié force est tout de même de constater qu’il a évité une trop grande détérioration du climat social ce qui nuit indirectement ou directement à la qualité de travail des salariés.

L’impact positif de cet Espace aurait probablement pu être augmenter en multipliant les rapports avec la médecine du travail, les partenaires sociaux et le cabinet en charge de la gestion du changement qui ont été sporadiques (notamment avec les assistantes sociales) voir inexistants avec le cabinet de conseil et la médecine du travail.

 

 

V Références

 

  1. Légeron P. Le stress au travail. Paris: Odile Jacob; 200
  2. Graziani P, Hautekèete M, Rusinek S, Servant D. Stress, anxiété et troubles de l’adaptation. Paris: Acanthe/Masson ; 2001.
  3. Ferreri M, Légeron P, Azaïs F, Grimaldi N, Misslin R, Nuss P, Pernoud V, Rouillon F. Travail, stress et adaptation. Paris : Elsevier ; 2001.
  4. Ferreri M, Bourgeois Ml, Cyrulnik B, Dantzer R, Despland JN, Gorwood P, Lebigot F, Légeron P, Mirabel V, Parquet PJ, Rouillon F, Salem J, Servant D, Tawil S. Le Trouble de l’Adaptation avec Anxiété. Paris : Springer ; 1997.
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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 12:55

Cette retraite dans notre domicile du au confinement imposé est éprouvante pour certains d’entre nous. Elle est source de douleurs. La difficulté à être en paix avec soi-même se traduit par une lutte avec soi, ses pensées, ses émotions et son corps. Parfois nous pouvons être tenter par des comportements anesthésiants pour ne pas être en contact avec notre intériorité : fumer, grignoter, consommation d’alcool ou de drogues, etc. Pourtant, une telle démarche n’aboutit à aucune victoire, uniquement, au final,  à de la souffrance. Si vous souhaitez prendre une autre direction que la souffrance, c’est comme tenter d’atteindre l’Everest, cela débute toujours par un premier pas. Commencez par un premier pas et vous verrez jusqu’où vous irez !

 

Notre vie et notre humanité sont comme des jardins. Pour s’engager dans ce processus de paix, une âme de jardinier est nécessaire. Ce travail s’inscrit dans le temps. Vous allez labourer, désherber, semer, tailler au rythme de vos saisons. Il y aura des hivers, des printemps, des étés et des automnes[1]. Ces propos semblent simples et naïfs mais ils m’apparaissent représenter au mieux l’état d’esprit nécessaire à un travail pour changer.

 

Le travail de jardinier suit le principe du hobby selon les Japonais :

  • Nous ferons ce travail personnel aussi sérieusement, sinon plus, que notre activité professionnelle ;
  • Le but de ce travail ne sera pas lucratif ;
  • Il n’aura pas forcément de spectateur (par cette démarche, nous n’alimenterons pas une théâtralité), ni d’auditeur (nous ne passerons pas notre temps à faire le récit de ce travail) :
  • Il participera à notre équilibre ;
  • Nous le développerons en secret avec l’espoir d’éveiller en nous des zones ensommeillées ;
  • Au final, le sens de ce travail sera d’œuvrer pour élargir notre Être que tant de forces tendent à rétrécir.

 

Cette saison confinée chez nous est l’occasion de nous recentrer. C’est l’opportunité de travailler à plus de fléxibilité intérieure, à jardiner notre intériorité pour l’élargir et pour nous sentir riche de ce que nous sommes. C’est l’occasion de sortir de la dépendance affective et matérielle pouvant faire l’objet d’une prison mentale. Bon jardinage.

Seznec JC et Le Guen S : Débranchez votre mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie. Ed Leducs

 

[1] cf film Bienvenue Mister Chance avec Peter Sellers

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 08:02

Lorsque l’on évoque les politiques de restructuration des entreprises, on s’attarde le plus souvent sur leurs impacts économiques. Les suppressions d’emploi parfois massives, la montée du chômage et la précarité des bassins sont des préoccupations communément remontées. Basée sur une approche purement gestionnaire et rationnelle, elles s’appuient trop souvent sur une approche quantitative et réductrice des changements organisationnels. Pourtant, ces bouleversements ne constituent que la partie visible de l’iceberg. L’annonce d’un plan de réduction d’effectif ou d’une fermeture de site ne se fait en effet jamais sans traumatismes. Mais réduite à un « moment de crise », l’illusion réside dans la croyance que la fin de la restructuration va s’accompagner d’un retour à la normal. A l’inverse, les faits observés montrent des bouleversements entrainant de profondes répercutions psychologiques et émotionnelles s’inscrivant potentiellement dans le psychisme et le corps des années après l’évènement. Une restructuration est en effet un facteur d’émotions et de stress professionnel pouvant induire et/ou aggraver des troubles psychologiques tels que l’anxiété, la dépression et des troubles psycho-somatiques comme les ulcères, les migraines, les lombalgies, etc. En outre, ces troubles vont avoir un impact nuisant à l’efficacité de l’entreprise dans la mesure où la manifestation de comportements inadaptés à son bon fonctionnement constitue un risque sérieux : absentéisme, apathie, colère, violence, démotivation, perte du sens critique, inhibition, abus d’alcool, de médicaments, etc.

Pour palier cela certaines entreprises font appel à des dispositifs du type Espace d'Écoute et d’Expression. Cet espace permet d’accompagner le processus émotionnel lié à tout changement, et à limiter l’émergence ou l’aggravation de troubles psychosomatiques, assurant ainsi une certaine pérennité du fonctionnement de l’entreprise même en période de mutation.

L'Espace d'Écoute et d’Expression est un dispositif mis à la disposition des salariés par l’entreprise. Il est constitué de psychologues. Selon l’implantation géographique et le type d’organisation de l’entreprise les salariés dans un temps délimité peuvent y accéder physiquement grâce à la mise en place d’un endroit spécifique ou par téléphone.

Il soutient et accompagne les salariés dans toutes les phases du changement en les aidant à mieux gérer leurs émotions et à développer des stratégies d’adaptation face à une situation inéluctable.

Détaché d’une approche victimisante, il est fondé sur le libre consentement des salariés afin de favoriser l’autonomie et une prise de conscience de ses ressources personnelles.

Au delà de la « gestion du stress », l’Espace d'Écoute et d’Expression permet également de redonner du sens à une situation perçue comme insensée. L’ « effet parachute » sujet de cet article en est l’une des manifestations.

 

I La logique des sens : « RSI »

 

Ces dernières décennies ont vu apparaitre des restructurations de plus en plus nombreuses et permanentes. Confrontées à des exigences de « survie » ou en réponse à la nécessité de rester compétitive, les organisations se confrontent aujourd’hui à une impuissance. Dans l’incapacité d’assurer une continuité et une identité professionnelle pérenne à leurs salariés, elles n’occupent plus la fonction de soin qui leur était autrefois dévolue. L’entreprise n’est plus celle sur quoi on s’appuie pour mieux traverser les difficultés personnelles. Bien au contraire, les situations de restructuration provoquent un véritable bouleversement de la perception que les salariés ont de l'entreprise. En effet, cette nouvelle précarisation constitue une véritable atteinte au contrat psychologique passé entre le salarié et son employeur : la soumission et le travail bien fait n’est pas la garantie de sa sécurité. Comment dans ces conditions rendre intelligible l’activité de travail ?

 

Le RSI (Réalité/Symbolique/Imaginaire) est un schéma basé sur le modèle de Lacan et peut apporter un éclairage à ce questionnement. Il vise à expliquer le fonctionnement normal de l’appareil psychique et permet ainsi d’analyser dans chaque organisation et chez chaque membre qui la compose « les fonctionnements et les dysfonctionnements des repères de bon sens ».

 

 

 

      1. Explication des éléments constitutifs du schéma 

 

 

2.1 La Réalité 

 

La réalité est la sphère de l’« ici et maintenant ».

Au niveau organisationnel, elle englobe les modalités de fonctionnement, la place de chacun des acteurs, les projets et actions en cours avec la transparence qui leur est impartie. La réalité est constituée des données relatives à la situation actuelle sociale, financière, économique, environnementale mais aussi à la situation vers laquelle tend l’organisation.

Au niveau individuel, elle représente le cadre dans lequel évolue le salarié et délimite son champ d’action. La réalité est vécue sur le mode du ressenti et par conséquent subit la pression de l’imaginaire.

 

 

2.2 L’Imaginaire 

 

L’Imaginaire est constitué des associations d’idées, d’images et des perceptions qui prennent naissance dans la réalité. Ayant malgré tout une vie autonome, elles sont tout autant le reflet de la réalité que sa reconstruction. La réalité ne peut être vécue comme sensée sans concordance avec la volonté de vivre de chacun issue des fantasmes, des rêves, des désirs profonds et de la curiosité de l’inconnu. Quant à la sphère de l’imaginaire n’ayant pas besoin de la réalité pour avoir du sens, elle pourrait mener l’individu à une déconnexion d’avec la réalité sans la présence du symbolique.

 

 

2.3 Le Symbolique 

 

Le symbolique est une opération psychique qui relie les choses entre elles et permet de donner du sens à la réalité. Cette opération psychique consiste en l’intégration d’un multiple dans une entité plus grande donnant ainsi tout leur sens aux  éléments la composant.

Au niveau organisationnel, le symbolique se manifeste dans les rites, les us et coutumes instaurés.

 

 

2.4 Le Sens 

 

Point de rencontre de la Réalité, de l’Imaginaire et du Symbolique, le sens est à la fois la cause et la conséquence. Sans sa présence, l’ensemble constitué par ces trois entités ne pourrait pas fonctionner. De même, sans un juste équilibre entre ces trois réalités, le sens est érodé. La santé mentale d’un individu est donc fonction de l’existence du sens et de la cohérence entre les trois dimensions du RSI.

Prenons l’exemple de salariés dont la suppression du poste entraîne un changement de fonction. Dans ce cadre, la perte du sens se joue d‘une part au niveau individuel et d’autre part sur le registre collectif.

Dans ce contexte, c’est toute l’entreprise qui est prise dans un paradoxe : résister au changement et maintenir son homéostasie ou progresser et s’adapter en fonction de la logique économique qui la régit. Les sphères du symbolique, de la réalité, et de l’imaginaire subissent par conséquent des modifications au niveau collectif. La survenue du plan social entraîne des suppressions de postes et des reclassements internes mais à des fonctions différentes. C’est le niveau du réel. Au niveau symbolique, la perception de l’entreprise est modifiée- elle n’est plus synonyme de sécurité et perd sa dimension rassurante-. L’imaginaire quant à lui transforme la réalité et peut l’agrémenter de façon négative. Les rumeurs, bruits, fausses informations, passage à l’acte peuvent alors apparaître (« il paraît qu’il n’y aura pas finalement autant de reclassement que prévu, la direction préfère licencier plus de personnel »)…

Au niveau individuel, le changement de poste va modifier la réalité du salarié. Ce réel va être approprié par l’imaginaire et interpréter de façon négative ou positive en fonction des aspirations personnelles (« je vais pouvoir acquérir de nouvelles compétences », « cela ne correspond pas à la carrière que j’avais prévu d’avoir » …). Le symbolique est lui aussi modifié : une perte de l’histoire ou tout du moins une fracture avec celle ayant précédée (« à quoi vont me servir les compétences déjà acquises »…).

 

 

      1. L’effet parachute 

 

 

Si l’Espace d’Ecoute et d’Expression permet aux salariés de mieux vivre la restructuration c’est en partie parce qu’il joue un rôle symbolique d’organisateur psychique individuel et collectif.

Il constitue un cadre par l’écoute, le conseil et limite ainsi les effets négatifs du stress ainsi que l’apparition ou l’aggravation de troubles en découlant.

 

En tant qu’organisateur psychique, il redonne également du sens. Sa seule présence se justifie au-delà de son utilisation. Son inscription symbolique dans l’imaginaire des employés, de la direction et de tout autre intervenant lui permet en effet d’emblée d’assurer et d’apaiser : c’est « l’effet parachute ».

« Dans les avions, les voyageurs sont rassurés de savoir qu’il y a des parachutes. Pourtant ceux-ci ne sont que très rarement utilisés mais on en met des neufs dans chaque avion. Ce qui rassure les voyageurs n’est pas tant l’utilisation du parachute que le fait de savoir que cela existe au cas ou. »

L’Espace d’Ecoute et d’Expression fonctionne sur ce type. Même si le salarié n’utilise pas cet espace, le simple fait de savoir que celui-ci existe au cas ou a un effet rassurant qui permet au salarié de s’engager dans le processus émotionnel du changement et faire le deuil de sa situation passée, s’engager dans le déroulement d’une histoire personnel et envisager plus sereinement sa situation future et l’inscription de cet événement de vie dans un projet de vie sans avoir besoin de cristalliser ce flot émotionnel autour d’un symptôme.

 

 

      1. Conditions de réussite et limite de l’ « effet parachute » 

 

 

Pour que l’Espace d’Ecoute et d’Expression puisse apaiser par sa seule présence et donc avoir un effet parachute, il doit s’inscrire dans l’imaginaire.

Or cet imaginaire est en interdépendance avec le symbolique et la réalité. Il faut donc agir sur ces deux sphères pour affirmer son ancrage dans l’imaginaire mais aussi pour éviter qu’il s’y inscrive de manière négative. L’imaginaire reflétant mais aussi transformant la réalité, l’Espace d’Ecoute et d’Expression est aussi le dépositaire des projections et représentations des salariés. Si ce matériel -d’ailleurs très précieux en tant que support de compréhension- n’est pas écouté il risque alors de donner naissance à des rumeurs, des fausses informations ou à des bruits de couloir (« ils sont là pour nous espionner »). Il est donc nécessaire de rappeler régulièrement le cadre déontologique de l’espace.

Une fois inscrit positivement dans l’imaginaire, cet Espace permet de restreindre la propension de ce dernier à fomenter des idées persécutrices (d’où découlent les rumeurs …), mais aussi à l’empêcher d’envahir la sphère de la réalité et du symbolique.

 

 

4.1 Actions dans la sphère de la « réalité » 

 

  • La transparence sur les actions, le positionnement de l’Espace d’Ecoute et d’Expression et une communication claire sur les moyens d’y avoir accès évitent que l’imaginaire se l’approprie négativement.
  • Une communication récurrente sur l’Espace empêche qu’il tombe dans l’oubli.
  • Une présence effective sur le terrain permet d’asseoir son inscription dans l’imaginaire collectif.
  • L’affirmation de la consistance et de la neutralité de l’Espace Ecoute offre, dans un contexte fortement politisé, la garantie d’une présence qui n’est pas manipulable.

 

 

4.2 Actions dans la sphère du « symbolique » 

 

  • Ni du côté du salarié, ni du côté de l’entreprise mais avec les deux, la position tierce du psychologue rompt avec les investissements de type fusionnels et donc possiblement rejetant. Les dynamiques conflictuelles caractéristiques des contextes de restructuration sont écartées au profit d’un Autre à la fois différent et soutenant.

 

  • L’Espace d’Ecoute et d’Expression est accessible à tous. Il concerne tous les intervenants pour s’inscrire dans une histoire collective.
  • Son code de déontologie apporte du symbolique par les règles, principes, valeurs qu’il contient.
  • La fixité des plages horaires est un repère véhiculant la notion de coutume, d’habitude. En fixant des heures et jours d’intervention de manière rigoureuse, la création d’un espace sécurisant devient possible. Cette disponibilité ne doit cependant pas être infinie pour ne pas provoquer des sentiments de dépendance ou d’enfermement.

 

 

4.3 Facteurs de limitation de l’effet parachute 

 

Parce que l’effet parachute s’inscrit dans l’imaginaire collectif, l’entreprise elle-même peut être à l’origine d’un frein à son développement si elle ne permet pas son ancrage dans la réalité et dans le symbolique.

 

L’effet parachute peut être limité par :

 

  • Le secteur d’activité de l’entreprise excluant par exemple la présence de toute personne ne travaillant pas en ses murs.
  • Sa répartition géographique. Une entreprise comportant plusieurs antennes sur toute la France rend en effet plus difficile la présence effective de l’Espace d’Ecoute et d Expression. Elle peut être compensée par la présence d’un membre de l’EEE au sein des instances de l’entreprise mais aussi par l’organisation de groupe de parole pour les représentants des différentes antennes.
  • Le model organisationnel peut aussi constituer un frein car il peut parfois induire une déficience de la communication interne et donc restreindre la propagation de l’effet parachute. C’est le cas par exemple des sociétés possédant trop de niveaux hiérarchiques, ou étant trop fragmentées (bureaux cloisonnés, multitude de services…).
  • La politique de communication sur l’Espace d’Ecoute et d’Expression avec notamment une entreprise ne communiquant sur le dispositif que partiellement ou sur une durée limitée.

 

 

 

      1. Cas pratiques 

 

 

A travers deux sociétés ayant mise en place un Espace d’Ecoute et d’Expression, une différence d’efficacité de l’effet parachute peut être mise en évidence. Il est à noter que dans les deux cas l’effet parachute a eu lieu grâce notamment à son code de déontologie, son accessibilité à tous, le fait qu’ils concernent tous les acteurs de la société. Néanmoins, son efficacité n’a pas été la même en fonction de différents facteurs.

 

5.1 Facteurs de généralisation de l’effet parachute dans la société A

 

Dans la société A l’effet parachute a été optimisé par une inscription dans la réalité grâce à la présence de l’Espace d’Ecoute et d’Expression en son sein. Cette présence s’est manifestée par la déambulation des psychologues dans les couloirs ou dans la cafétéria. Elle a également permis d’apporter du symbolique tel que la notion d’aide et de soutien en serrant des mains par exemple.

Par ailleurs, l’inscription dans l’imaginaire de tous les salariés a été facilitée par le fait qu’ils soient tous regroupés sur le même site.

L’effet parachute a donc été optimisé car il a été généralisé à toute l’entreprise et a été régulièrement alimentée par une présence récurrente des psychologues de l’Espace.

 

    1. Facteur de limitation de l’effet parachute dans la société B

 

Dans la société B, l’effet parachute a été limité par plusieurs facteurs.

Sa répartition géographique a rendu impossible la présence dans tous les locaux des membres de l’Espace d’Ecoute et d’Expression. En effet, la société B est répartie en plusieurs agences sur toute la France. Seules certaines agences ont eu un contact « physique » avec l’espace grâce à la visite des psychologues. L’inscription dans l’imaginaire n’est que relative et l’effet parachute par conséquent amoindri car tout le monde n’a pas pu bénéficier de ce facteur d’inscription dans la réalité. La société n’a pas souhaité organiser de groupes de parole pour les managers intermédiaires.

Par ailleurs, la société B comprend de nombreux niveaux hiérarchiques avec des services cloisonnés. Ces éléments ont freiné l’expansion de l’effet parachute à toute l’entreprise en limitant la communication autour de l’Espace d'Écoute et d’Expression. La rencontre avec les assistantes sociales du site illustre bien ce problème. Notre demande faite à un membre de la DRH pour rencontrer les assistantes sociales n’entrainant aucune réponse, nous avons insisté pour leur parler car elles sont, de part leur fonction, des acteurs clefs du dispositif. Cet échange aura soulevé un important malentendu : le souhait des assistantes sociales de nous rencontrer sans savoir si cela était possible du fait de l'absence de transmission de notre demande par le service de la DRH. Ce défaut de communication a contribué à limiter l’effet apaisant du parachute. En effet, il n’a pas eu d’effet exponentiel et ne s’est pas généralisé à l’ensemble de l’entreprise.

D'autre part, les horaires d'intervention de l'Espace Écoute ont été modifiés. La fixité de ces horaires, en tant que gage d'une inscription de l’Espace dans une symbolique de pérennité, n'a pas été respectée. L'absence du socle nécessaire à une inscription dans l’imaginaire du salarié a donc diminué fortement l'effet parachute.

 

 

Conclusion

 

Si l’existence de l’Espace d'Écoute et d’Expression se justifie au-delà de son utilisation c’est parce qu’il a un effet parachute. Son inscription dans l’imaginaire soulage et apaise. Cependant cet effet peut être limité s’il perd de son sens ou si ce dernier est dévié. 

Pour qu'il ait du sens, la consistance et la manière dont est inscrit l’Espace d'Écoute et d’Expression dans la sphère du symbolique et du réel joue un rôle fondamental dans l'imaginaire et par conséquent sur l’intensité de l’effet parachute. Ainsi l’effet parachute peut s’étendre ou au contraire s’amenuiser, voir s’éteindre.

 

 

Bibliographie

 

Jean-Pierre Aubert, Rachel Beaujolin-Bellet. Les acteurs de l’entreprise face aux restructurations : une délicate mutation. Travail et Emploi no100, 2004

Marie-Odile Baudrier-Achard. Les restructurations dans les entreprises et la santé. Conférence /Emergences : Restructurations santé et travail, 2006.

Arnaud Degorre et Bénédicte Reynaud La performance des entreprises s’améliorent-elles avec une réduction de l’emploi des salariés qualifiés et non-qualifiés ? Une évaluation su données françaises (1994-2000) CEPREMAP, 2003

Maryse Dubouloy, La contribution des récits et de la psychanalyse à la gestion du changement, Revue française de gestion 2005/6, n° 159

Claude Fabre (1997), Les conséquences humaines des restructurations, audit de l'implication des rescapés après un plan social. L'Harmattan, 1997

Gérard Huber, Madeleine Karli, Christian Lujan. Quand le travail rend fou. Paris : Jean Attias ; 2003.

Thomas Kieselbach. Santé et restructurations, Approches Innovantes et Recommandations. Rapport Hires 2009

Laetitia Lethielleux. La mesure de la réussite d’une fusion par le syndrome du survivant. Congrès AGRH, 2004

Danièle Linhart, perte d’emploi perte de soi, Ed Erès, coll sociologie clinique, 2003

Marie Raveyre. Le travail dans le management des restructurations, entre déni et omission. Revue de l’Hires no 47, 2005

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 15:58

Voici plusieurs semaines que nous sommes tous confinés et que nous avons eu la nécessité de revoir nos habitus de vie. Ce confinement limite notre activité physique, nos contacts sociaux et nos contacts physiques. Or l’être humain est un animal grégaire qui a besoin d’activités physiques, de contacts sociaux et de contacts physiques. Le contact physique participe au comportement de toilettage qui permet de nous apaiser et nous placer au sein d’un groupe. Par exemple, les singes passent beaucoup de temps à s’épouiller non pas à cause du nombres poux qu’ils ont mais parce que ce comportement à des vertus psychologiques et sociales.

De plus nous avons tous en ou une balance émotionnelle :

  • Les événements de vie douloureux et les ruminations participent à générer des affects douloureux.
  • Agir sur le corps (coiffeur relaxation, méditation, activité physique, etc.) et les contacts sociaux apaisent notre intériorité.

Ce confinement est une rupture de vie qui nous met en sevrage de nombreux besoins. De plus, il nous confronte à une désorganisation de notre rythme de vie qui est nécessaire pour le maintien de notre humeur.

Ce sevrage est d’autant plus important pour les sportifs de hauts niveaux qui ont vu leurs stimulations physiques et émotionnelles chuter brutalement. Leur rythme de vie est radicalement modifié. Ils ont dû renoncer à de nombreux objectifs qui structuraient leur quotidien et qui donnait du sens à leur vie. Certains sportifs étaient en fin de carrière et cette année 2020 étaient l’occasion de faire un dernier tour de piste avec les honneurs aux jeux olympiques, lors du championnat de rugby ou de football, etc. Ces sportifs sont confrontés à un deuil de leur carrière et souvent à une immense frustration source d’émotions.

Par exemple, les rugbymen avaient une vie fait de nombreux contacts physiques que cela soit dans le sport, dans les vestiaires, en se faisant la bise en se saluant ou lors de la troisième mi-temps. Ils ont vu cette nourriture sociale disparaître du jour au lendemain.
Si le confinement a ralenti l’épidémie, aujourd’hui nous n’avons aucune certitude sur la façon de l’endiguer et de guérir du covid 19. De ce fait, à ce jour, il est impossible de se projeter sur une reprise à cours ou moyen terme sur la reprise de son sport et des compétitions. Si on prend des exemples historiques, la plupart des épidémies ont durer deux à trois ans.  Un grand vide se propose donc à ces sportifs qui ne peuvent se projeter dans leur métier, dans leur sport et dans leurs repères de vie.

D’un point de vue ressources humaines, de nombreux sportifs étaient salariés. Aussi, avec le confinement, ils ont été mis en chômage partiel. Pendant le chômage, théoriquement les employeurs ne peuvent pas contacter les salariés au risque d’être accusé d’harcèlement. Pourtant ces athlètes ont besoin de garder un lien avec leurs entraîneurs et leurs partenaires.

Tous ces éléments font que les sportifs sont confrontés à un immense risque de présenter des troubles anxiodépressifs, des troubles du sommeil et des addictions. Il est urgent de les accompagner d’un point de vue psychologique à l’aide d’espaces d’écoute et d’expression, d’accompagnement diététique et de leur activité physique mais aussi à l’aide d’un accompagnement social pour envisager leur évolution de carrière avec ou sans le sport.

Les fédérations sportives ont un gros travail à faire pour accompagner les athlètes, prévenir ce risque anxiodépressif, gérer les carrières tout en étant aussi dans une insécurité du fait de l’arrêt de l’économie sportive. Il s'agit de leur responsabilité. Bon courage!

 

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 15:22

La pratique régulière de la méditation, la pleine conscience dans sa version laïque et occidentale, est un outil particulièrement fonctionnel au cours de cette période de confinement.

La pleine conscience consiste à porter son attention sur l’instant et sur son expérience sensorielle avec curiosité et ouverture. Aucun résultat n’est attendu. Cette focalisation se pratique sans jugement et sans commentaire mais aussi sans se laisser distraire et happer par son vécu intérieur (pensées, émotions, sensations physiques). Elle permet de muscler ses capacités d’attention, développer sa liberté de focalisation, quelque soit le ressenti qui s’impose à soi. Méditer est une expérience. Il ne s’agit pas de ne pas penser ni de ressentir mais juste de ne plus être esclave de son intériorité et de ne plus vivre en réaction.

https://youtu.be/pFRX1v8-bSU

Le confinement est une période exceptionnel source de pensées et d’émotions, signes de notre humanité, pour lequel nous avons peu de repère. Cette aventure de vie peut-être éprouvante à bien des égards. Les outils habituels pour prendre soin de soi et s'épanouir comme le travail, l’activité physique, les loisirs ou le contact avec les autres sont bien plus compliqués que d’habitude à usiter. Le ressenti intérieur que nous procure cette pandémie et ce confinement pour nous emporter dans des douleurs intérieures.

En outre, il peut être tentant de purger la tension que le confinement induit à travers des comportements délétères (grignotage et prise de poids, alcool, addiction, conflits relationnels, etc.) ou des troubles psychologiques (anxiété, dépression, etc.).

Contraint et coincé dans le présent, le futur est pour l’instant incertain. En outre, il nous demandera de grandes capacités de flexibilité pour nous adapter.

Dans ce contexte, la méditation est pleine de vertus :

Ce n’est pas la durée de pratique de la méditation qui est importante mais d’en faire régulièrement. Il est plus aisé de le faire le matin car nous sommes plus frais pour être attentif même si certains détournent la méditation pour s’aider à dormir en faisant notamment un body scan ou le programme sommeil serein que j’ai écrit pour l’application Petit Bambou.

Sur facebook, de nombreuses pages, des personnes proposent des méditations gratuites

On peut aussi utiliser des applications téléphoniques comme Petit Bambou, Sherpa ou Emotéo.

En méditation, on dit qu’il est bien de méditer un quart d’heure par jour.  Mais quand on n’a pas le temps il faut méditer une heure par jour !

En tout cas, essayer de le faire au moins 10 mn le matin et 10 mn le soir, dans cette période de confinement, cela vous donnera le sentiment d’éclaircir votre esprit.


Bonne expérience

 

Seznec JC et Le Guen S.: Débranchez votre mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie. Ed Leducs

 

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 09:37

Prendre soin de sa tête passe par prendre soin de son corps. Nous sommes des êtres de mouvements et la sédentarité est un poison source de nombreux maux. En outre, l’exercice physique a des vertus anxiolytiques et antidépressives.

 

Nelson Mandela, lors de son emprisonnement dans sa minuscule maison de Soweto et en prison, l’avait bien compris. Il a gardé une forme physique et psychologique au cours de sa longue incarcération en pratiquant avec rigueur chaque jour des exercices physiques. Ancien sportif, il pratiquait la boxe comme poids lourd à l’université. Il appréciait la rigueur et la routine de l’entrainement.

 

Quatre matins par semaine, il partait courir et trois soir par semaine. Il s’entrainaît aussi dans une salle de boxe de Soweto. Il estimait que cette routine était la clé de sa santé physique et de sa tranquillité d’esprit. Voici le programme de Nelson Mandela derrière les barreaux :

  • Lever à 5 Heures du matin dans sa cellule de 2,1 mètres carrés.
  • Course pendant 45 mn
  • 100 pompes avec ses doigts en extension
  • 200 abdos
  • 50 flexions profondes des genoux
  • Puis exercices de gymnastiques

Il pratiquait cette routine du lundi au jeudi et se repose les trois autres jours. Même à 70 ans, après avoir eu la tuberculose, il continua un rituel d’exercice physique.


J’ai demandé à un patient son programme de ressources pour pratiquer de l’exercice physique chez soi à l’aide des outils numériques de notre époque. Voici ses conseils et merci à lui :

« Je vous transmets les liens des différentes séances de sport que je fais à la maison pendant le confinement. Certaines sont en français, d’autres en anglais ou en allemand mais elles sont très simples à suivre :

  • du yoga : https://www.youtube.com/user/yogawithadriene Cette chaîne YouTube tres complète et contient des séances yoga variées pour tout niveau. Je conseille la playlist de « 30 days of yoga » qui offre une séance journalière différente pendant 30 jours.
  • du fitness : https://youtu.be/i2JwuGD-dLc Cette vidéo du coach Lennard Wickel proprose une séance de « work out » pour tout le corps en 15 min sur un tapis ou une serviette, mais sans équipement particulier. Par contre, la session est en allemand mais elle se suit très bien sans parler la langue.
  • Du cardio et renforcement musculaire : https://www.youtube.com/channel/UCBhf2LSCRBtdxmCZ9bc7VWw. Un ami coach a commencé à mettre en ligne des vidéos à suivre en français pour faire du cardio, du renforcement musculaire et même des abdo chez soi. Cela se fait avec un tapis ou une serviette, et à des niveaux différents : débutants et intermédiaires.
  • Séances de sport variées : https://watch.lesmillsondemand.com/at-home-workouts ce club de sport propose gratuitement sur son site des sessions différentes pour bien se dépenser. Elles sont en francais ou en anglais et peuvent se faire sans équipement comme le bodycombat (cardio), le body balance (yoga), ou bien avec un vélo d’appartement par exemple."

Nous serons tous une saison chez nous. Chaque jour est une vie et c’est à nous de donner du sens à celle-ci. Cela sera notre aventure de vie. D’autres ont connu la conquête de l’ouest ou d’autres aventures. Ce qui les a aidés cela a été leur persévérance et leur engagement. Nelson Mandela a tenu en prison en s’appuyant sur le poème Invictus :

Dans les ténèbres qui m'enserrent
Noires comme un puits où l'on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n'ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l'ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley (1843-1903)

Donc, dans cette période, je vous encourage d’être le capitaine de vous-même pour cheminer dans votre chemin de vie en tenant la barre avec courage et fermeté. Et vous comment prenez vous soin de votre physique et de votre mental ?

 

Bonjour à tous, 

 
Je fais partie d'un groupe international de scientifiques qui a pour projet 1) d'analyser les modifications de pratique vis-à-vis du sport et de l'activité physique liée à la situation sanitaire que nous vivons actuellement, dans 2) l'objectif de mettre en place des programmes d'intervention individualisés. 
 
Dans ce contexte, la première étape est une étude par questionnaire anonyme et en ligne, à l'intention de toute la population française (âge > 18 ans).
 
Merci de prendre qques minutes pour compléter le questionnaire et relayer à vos réseaux : 
 

L’apparition du nouveau coronavirus a changé notre vie en peu de temps. Dans de nombreux pays, la vie publique a été réduite ou supprimée (par exemple par la fermeture d’entreprises, l’interdiction de rassemblements publics ou la mise en quarantaine) afin de réduire les contacts sociaux et, ainsi de contenir la pandémie. Pour de nombreuses personnes, l’accès régulier aux gymnases, aux clubs sportifs ou aux installations sportives n’est plus possible. 

Nous, un groupe international de scientifiques de plusieurs universités, avons pour objectif d’aider tous ceux qui sont touchés par la situation actuelle. Afin de créer rapidement de nouveaux programmes, contenus et méthodes d’exercice, nous menons une brève enquête pour évaluer votre niveau d’activité physique et votre bien-être pendant la pandémie. Notre enquête prendra moins de 5 minutes. Jetez un œil et partagez!

http://goethe.link/ASAP

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 08:51

 

 

 

Dans cette période exceptionnelle, je croise beaucoup de personnes en colère :

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  • Des soignants en colère de ne pas avoir de masques, de la désorganisation de notre système de santé depuis 20 ans qui rend encore plus difficile la gestion de cette crise ou de l’impréparation de nos élites.
  • Des personnes en colère de ne pas avoir les équipements nécessaires pour travailler et se protéger comme les pompiers, les policiers ou les caissières des supermarchés, etc.
  • Des personnes en colère de ne pas avoir les médicaments qu’ils pensent utiles pour eux ou des tests de dépistages, etc.
  • Des personnes en colère de ne pas pouvoir sortir, partir en vacances ou aller à la plage, des personnes en deuil de parents contaminés par le covid 19 ou malade, de ne pas pouvoir être testés,
  • Des personnes en colère de ne pas être écouter, compris, etc.
  • des demandes et des objectifs professionnels indadaptés au contexte.
  • etc.

La liste des colères pourrait être très longue. Arrêtons-nous là. Mais c’est quoi la colère ?  et à quoi sert-elle ?

La colère est une émotion. Les émotions sont un outil physiologique qui nous aide à nous adapter et à survivre. Elles nous procurent une information sur nos besoins présents, à un instant, et nous donne l’énergie pour les satisfaire.

  • La colère nous informe que nos droits ont été bafoués, que l’on n’a pas été respectés ou que nous sommes contraints ou soumis. Elle évoque un sentiment d'injustice. Elle nous donne l’énergie pour faire respecter ces droits ou nous libérer.
  • Il est cependant important de vérifier si cette colère est justifiée ou si elle est issue du fait que nous avons jugé une situation. On peut ainsi s’éviter parfois des émotions inutiles. Par exemple, si mon voisin ne m’a pas dit bonjour et que je suis en colère qu’il ne m’est pas satisfait mon besoin de considération. En étant en colère, j’ai peut-être oublié qu’il était libre de me dire bonjour et que, probablement, j’avais jugé la situation du point de vue de mon contexte, sans avoir pris la peine de rechercher des pensées alternatives : il était pressé ou pris dans ses pensées, etc.
  • La colère peut aussi le reflet de notre manque de flexibilité pour s'ajuster aux situations qui se présentent à notre faible capacité à accepter et accueillir ce que la vie nous propose.

Aussi prenez le temps de ralentir et d'observer votre colère pour ne pas vous faire emporter excessivement par elle.

Par définition, les êtres humains, comme tous les animaux, sont des êtres émotionnels. Nous ne sommes pas responsables de nos émotions mais de la manière dont on les exprime. Si je suis en colère contre un voisin, j’ai le choix de lui donner un coup de point dans la figure, lui dire que je suis en colère ou utiliser cette énergie pour ranger mon bureau. Certains noirs américains ont utilisé leur colère sociale liée à leur condition pour monter sur des rings de boxe ou la sublimer dans la musique. Le fighting spirit des rugbymen irlandais se nourrissaient probablement à une époque de leurs rapports avec la couronne britannique, etc. Lorsque l’on est en colère, il est possible de simplement le dire sans s’agiter ou trépigner. Pas toujours facile à faire, car la colère est une émotion qui monte vite à la tête pour nous enflammer et nous faire réagir, quand elle n’emballe pas notre machine à penser à nous faire ressasser ou ruminer sans fin sur des injustices ou des blessures, quitte à devenir des ires et alimenter des guerres sans fin où tout le monde risque d’être perdant. En effet, comme à tout bataille il y a un perdant, le risque est que ce perdant sorte de celle-ci en colère de ce résultat pour nourrir une prochaine bataille dans un processus de conflit sans fin tout comme Astérix en Corse.

La colère peut aussi faire flamber notre cerveau, réduire notre capacité d’observation et de conscience au risque de nous faire basculer dans des interprétations, des distorsions cognitives, des jugements et nous faire adhérer à des théories du complot. Ce regard complotiste va pervertir notre regard sur le monde en prenant tout ce qui nous arrive pour l’alimenter et nous isoler dans notre folie.

Le manque d’information, notre passivité imposée par le confinement, le doute et les émotions, très humaines, que nous ressentons dans cette expérience exceptionnelle, feront probablement émergés des théories fallacieuses et fourvoiera plus d’un, comme dans chaque drame.

La colère est une puissante énergie, intéressante à canaliser car elle peut permettre de soulever des montagnes. A nous de savoir la raffiner pour en faire quelque chose et inventer le monde de demain. Sublimons cette colère à des fins créatives pour ne pas s’enliser dans de vaines batailles. Trouvons les réalisations immédiates que nous pouvons faire pour ne pas s’enliser dans des yakafokon et des plaintes stériles. Puisqu’elle est là pour certains, utilisons là pour faire notre part et ne pas se contenter de reproches. C’est tout l’enjeu qui s’offre à beaucoup d’entre nous.


Seznec JC et Carouana L : savoir se taire, savoir parler. Ed Interéditions

Seznec jc et Le Guen S. : Débranchez son mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie. Ed Leducs

André C. : La force des émotions. Ed Odile Jacob

Hahusseau S. : Peur, tristesse colère.

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