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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 16:03

Dormir est un besoin essentiel à la vie[1]. Le sommeil participe à notre bonne santé.[2] Il agit sur de nombreuses fonctions cérébrales : apprendre, mémoriser, prendre des décisions et faire des choix logiques. Sur le plan corporel, le sommeil réapprovisionne l’arsenal de notre système immunitaire, nous aide à lutter contre les tumeurs, à prévenir les infections et à repousser toutes sortes de maladies. Il modifie notre métabolisme en régulant notre insuline, notre glycémie et notre poids. Il renforce notre flore intestinale et assure notre santé cardio-vasculaire en faisant baisser notre tension artérielle et en maintenant le cœur en bonne condition. En fait, lors de notre sommeil, si nous avons le sentiment de nous reposer, notre corps et, plus particulièrement notre cerveau travaille beaucoup. Les recherches actuelles trouvent de plus en plus de fonction à cette période de notre vie. Le manque de sommeil est à l’origine de nombreux troubles et on est moins efficace intellectuellement.


Pourtant notre sommeil est malmené. Depuis la deuxième guerre mondiale, on a perdu 1h30 de sommeil. Ce déficit est lié à la vie de loisir qui s’est immiscé entre le travail et le sommeil, la journée ne faisant que 24H… En outre de plus en plus de personnes ramènent du travail à la maison ce qui entrave la descente nécessaire de l’activité pour atteindre les bras de morphée. L’éclosion du monde des écrans perturbent l’endormissement (s’il vous plait, achetez-vous un réveil et n’utiliser pas votre téléphone pour cela. Laissez-le dans le salon pour ne pas maintenir votre cerveau en alerte, même en mode avion). 54% des français estiment leur sommeil insuffisant, 28% somnolent en journée, 16 % se déclarent insomniaques. 20 millions de Français souffrent d’un sommeil de mauvaise qualité[3]. Tout cela n’est pas sans conséquence. Aux USA, une étude[4] de 2011 estime que chaque année les conséquences de l’insomnie, en termes de productivité, coutent 63 milliards de dollars aux entreprises.

Les sources de mauvais sommeil sont :  Le stress, les contraintes de productivité (gare aux « il faut »…), les écrans bleus, les nuisances sonores et visuelles, les toxiques (alcool, cigarette, drogue, etc.), les apnées du sommeil, les bébés[5], etc.

Le sommeil est nécessaire mais il s’agit d’un comportement qui ne se contrôle pas et qui s’impose à soi. Il est comme un animal farouche qui a une aversion pour les pensées et qui nous attrape à l’insu de notre plein gré. Faute de pouvoir le maitriser, il est source d’anxiété, de peur d’en manquer et de faire partie de la grande famille des insomniaques. Plus on y pense, plus on s’en inquiète et plus il nous échappe comme une savonnette que l’on veut trop tenir. Ce sommeil nous donne à penser et génère des croyances sur lui. Dès que l’on déroge à une règle que l’on s’est établi à son propos, certains d’entre nous panique… et en perde le sommeil. Alors remettons un peu les pendules à l’heure à son sujet.

  • Tout d’abord, ce n’est pas la quantité de sommeil qui compte. Ne paniquons pas si on dort moins que prévu. C’est sa qualité qui compte. Le meilleur moyen de le savoir est d’observer si on arrive à bien se concentrer et faire ses taches dans la journée.
  • Arrêtons de le normer. Le sommeil et son organisation varie au cours des âges de la vie. Le meilleur sommeil est celui de l’adolescence. Vieillir demande d’accepter que celui-ci puisse se raccourcir et que l’on est des réveils nocturnes entre deux cycles de sommeil. Les ressassements et les problèmes de prostates sont deux grandes sources de réveil. Si on peut agir sur le premier, il est nécessaire d’avoir de la mansuétude pour le deuxième…
  • Les réveils nocturnes ne sont pas un problème. On a découvert récemment que l’on dormait en deux fois jusqu’à la fin du XIXe siècle. Faute d’électricité pour générer de la lumière, on se couchait tôt pour se réveiller au milieu de nuit. Lors de ce réveil, les personnes menaient de nombreuses activités : nourriture, relations sexuelles, rangement, jeux, etc. Puis, il se recouchait. Alors pourquoi ne pas faire de même aujourd’hui. Lors d’un réveil nocturne il ne sert à rien de s’énerver dans son lit ou de cogiter. Il ne faut pas hésiter à se lever et faire quelques activités qui ne demandent pas de jus de cerveau (n’oublions pas que le sommeil a une aversion pour les pensées) en attendant le prochain train de sommeil.
  • Ne pas assez dormir, n’est pas un problème. N’en faites pas quelque chose de grave. On n’en meurt pas ! Pensez aux marins en mer qui font le tour du monde lors de courses à la voile. Ils ne peuvent pas dormir les sept heures habituellement réglementaires et ils vont bien. Ils dorment par tranche de 30 mn et cela leur suffit pour récupérer. Aussi, après une nuit insuffisante, vous pouvez récupérer en baillant beaucoup (on fait des microsecondes de sommeil très réparateur lors des bâillements) et en faisant une sieste de trente minutes maximums. Si on dort plus, on entache le sommeil de la nuit suivante. Si vous ne vous endormez pas un temps cale suffit.
  •  

  • Le sommeil se prépare dès le matin et tout au long de la journée. C’est parce que l’on a eu une journée active, que l’on a eu de nombreux échanges avec nos congénères et que l’on s’est engagé dans des activités qui comptent pour nous, tout en prenant soin de son rythme de vie, que l’on dort mieux. Pour que le sommeil arrive, le corps a besoin d’un différentiel marqué avec la journée. La qualité de son éveil prépare notre sommeil. Lorsque l’on vieillit et que l’on se désinvesti de la vie ou que l’on rentre dans des activités monotones, on altère notre sommeil. Ce dernier a besoin de vie pour apparaitre. Alors croquer la vie à pleines dents, bouger et riez, vous en dormirez mieux.
  • Le soir, il est nécessaire de ralentir et de glisser progressivement vers la nuit en débranchant progressivement son mental[6], en se favorisant les activités sensorielles autour de rituels de toilettage pour s’apaiser, se rassembler et se retrouver.
  • Quand on a des problèmes de sommeil, le lit ne sert qu’à dormir. On regarde les écrans, on lit, on mange hors du lit !
  • Dormir ne se décide pas. Cela s’entraine pour développer une mécanique automatique d’endormissement. Cela nécessite une chambre bien aérée, pas trop chauffer, de refroidir un peu son corps (la température du corps est plus élevée le matin que le soir, de ce fait on prend une douche plus fraiche le soir que le matin), d’aller à la recherche du plaisir du contact des draps, d’une respiration plus lente, plus amples et de l’émotion de s’abandonner dans les bras de Morphée. C’est ainsi que le sommeil peu nous attraper.
  • Gare aux somnifères qui sont des anesthésiants et qui altèrent la qualité du sommeil. Ils sont utiles que ponctuellement. En outre, ils sont source de dépendance, d’un risque de chutes et de fractures chez les personnes âgées et diminuent les capacités cognitives. Ils augmenteraient le risque de maladie d’Alzheimer, de pertes de mémoires et font baisser la libido. Si on a besoin d’une aide médicamenteuse, il faut préférer des médicaments comme le Laroxyl ou le Norset. On peut aussi intégrer des tisanes, des huiles essentielles (marjolaine, verveine citronnée, marjolaine à coquille, lemongrass, lavandin) ou un traitement par plante (mélisse, passiflore, aubépine. Tranquital ou Grandion Somdor) dans ses rituels du soir. Les techniques corporelles sont de bons outils : Autohypnose, yoga, relaxation, méditation[7], etc.

La question du sommeil se pose à beaucoup de personne. L’écrivain Marie Darieusseq a écrit un excellent livre autour de ses problèmes de sommeil, « Pas Dormir », en explorant les troubles du sommeil de grands artistes comme Marcel Proust. Elle s’est soignée en favorisant la restriction du sommeil. C’est-à-dire en ne se couchant pas trop tôt (vers minuit) et en se levant dès qu’elle était réveillée (parfois 4 h du matin) afin de retrouver la mécanique automatique du sommeil. C’est ainsi qu’elle en a fait une opportunité en écrivant ce fameux livre. N’oubliez pas que toute chose est une expérience. Même de mal dormir. Pour améliorer les choses, n’en faisons pas trop un problème.

 

[1] https://www.inserm.fr/dossier/sommeil/

[2] Matthew Walker : Pourquoi dormons-nous, le pouvoir du sommeil et des rêves. Ed la découverte.

[3] Isalou Regen : La magie du sommeil, Vivre et dormir enfin. Ed Leduc Pratique. 2018

[4] Etude de la Havard Medical School (2011)

[5] Un bébé prive en moyenne un parent de 550 heures de sommeil par an.

[6] Le Guen Sophie et Seznec Jean-Christophe : Débrancher son mental. Ed Leducs

[7] J’ai créé un programme pour favoriser le sommeil sur l’application Petit Bambou s’appelant « sommeil serein ».

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