Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 08:47

Les premières menstruations sont le départ d’une véritable révolution dans le corps de la fillette. Tout va changer : ses repères corporelles, sensorielles, émotionnelles. La notion de sang va évoluer et La jeune fille va rentrer dans le cycle de la lune : Phase pré-ovulatoire, phase ovulatoire, phase de nidation et les règles.

Ces fameuses menstruations sont l’aspect visible de cette transformation. Grandir, c’est évoluer et parfois muer, la venue des règles en sont l’expression la plus visible. C’est une étape importante à accueillir, à accepter, à accompagner et à intégrer dans son quotidien. Elles seront désormais présentes et rythmeront la vie féminie et nécessiteront d’en tenir compte, en fonction des activités choisies. En effet certaines personnes doivent composer avec un syndrome prémenstruel parfois invalidant :  une fatigabilité et une sensibilité accrue. A l’école, comme en entreprise, les congés menstruels n’existent pas encore ! Notre société moderne semble avoir encore des difficultés à considérer le cycle féminin et lui trouver une place dans l’organisation sociale.

L’apparitions des règles signe un temps où la petite fille est poussée dans le monde des femmes, avec la possibilité d’une sexualité et de procréer, alors qu’elle se ressent encore une enfant. D’ailleurs, à cet âge, tout ce qui tourne autour de la sexualité est vécu comme honteux. Cette émotion est utile car elle protège la petite fille d’une entrée trop précoce dans le monde de la sexualité. Son corps la devance en se signalant et en la poussant dans le cycle féminin. Par ailleurs, il existe parfois une inadéquation entre la maturité corporelle à la sexualité et la maturité émotionnelle, sensorielle et sensuelle. Cette dysharmonie est parfois source de quiproquos et de difficultés lors des premiers flirts. On n’apprend pas suffisamment aux garçons et aux filles comment fonctionne leur corps et celui de ses partenaires.

L’apparition des premières règles confronte aussi la jeune fille au sang. Petite fille, le sang n’était que signe de blessures ou de coupures, voire de mort. Il faisait peur et était source d’inquiétude. Il va lui falloir construire de nouvelles références et de nouveaux tributs à son apparition. Désormais, le sang sera signe de sa féminité. Elle aura à accueillir chaque mois ce sang et intégrer que sa présence n’est pas signe de danger, de maladie et n’est pas honteux. Il est juste une expression physiologique de son corps qui vit et de son utérus qui fait sa mue tous les mois pour se rendre disponible à la procréation.

En parallèle à cette évolution corporelle, le système émotionnel de la jeune fille va changer de registre pour passer en mode turbo. Elle va se retrouver avec le réveil d’un volcan intérieur d’où va jaillir, de façon inopinée des émotions qui se traduisent par des vagues d’envie, d’énergie, de sensations physiques qui vont inonder son être et qui peuvent parfois lui donner l’impression de ne plus se reconnaitre. Ces vagues émotionnelles sont parfois paniquante et sont à apprivoiser pour ne pas qu’elles débordent de façon inadéquate où que la jeune fille trouve de fausses bonnes solutions pour apaiser ce chantier intérieur : troubles du comportement alimentaire, etc.

Le piège de cette brutale transformation serait de lutter contre celle-ci, de se crisper devant ces nouvelles sensations, au risque de développer des douleurs émotionnelles venant s’ajouter à l’inconfort de cette saison intérieure. Alors comment faire ?

La première étape est probablement l’acceptation, la considération de cette mue et la possibilité de partage avec un autre de ce qui se passe à l’intérieur de soi, afin de mettre des mots et des représentations constructives, et non des maux mais aussi pour ne pas se retrouver seule face à un corps qui échappe.

Alors qui d’autre que le père peut jouer ce rôle ?

  • En effet, il est la personne la plus proche de l’enfant et la plus bienveillante, à priori, en tant que parent, qui symbolise l’autre. Car en tant qu’autre et homme, il ne vivra jamais ce que cette jeune fille vit. En accompagnant sa fille dans ce moment, il lui accorde l’altérité et la possibilité de vivre et de considérer avec bienveillance ce moment de transformation qui la rend unique et participe à son identité.
  • En considérant l’apparition de ces menstruations, il ne fera pas de sa fille une paria, au risque de vivre de façon problématique ou honteuse ses menstruations mais il l’autorisera à se différencier en tant que femme dans la communauté des êtres humains.
  • Les règles ne sont pas un problème ni une maladie mais juste un phénomène physiologique. Son regard viendra s’ajouter aux partages qu’aura cette jeune fille avec ses copines et sa mère sur ce phénomène physiologique.
  • Ce regard lui signifiera qu’elle est toujours sa fille aimée au-delà de cette transformation.

Pour matérialiser cet accueil, le geste symbolique du père est peut-être d’offrir le premier kit de règles à sa fille : une trousse personnalisée avec des protections périodiques, des protèges slip, un guide explicatif et une roue pour calculer et anticiper les prochaines règles. Un kit qui dit à son enfant bienvenue dans le monde des femmes, des êtres vivants et humains. Une offrande intime entre un père et sa fille qui reconnait l’altérité de son enfant et qui l’encourage à s’engager dans le chemin de son évolution. Qu’en pensez-vous ?

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

Sandra 02/05/2021 11:52

Bonjour ????
J'aime beaucoup l'idée du cadeau du pere (un kit par exemple) et qui accompagne sa fille dans cette nouvelle étape de la vie comme quelque chose de naturel et simplement humain. Ca vient casser bien des schémas archaïques qui nont plus lieux detre aujourd'hui.. merci pour nous les parents et merci pour elles...

Présentation

  • : Le blog à palabres
  • : Espace de créativité, d'échanges et de palabres sur la vie, les humains et la psychologie. Boite à trucs et astuces mais aussi à réflexions
  • Contact

Recherche

Liens