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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 22:02

Dur d’être soi, dur d’oser d’être soi, ce d’autant que l’on a toujours quelque chose à dire sur soi, sur une partie de son corps… La peur de ne pas être suffisamment bien, de ne pas être suffisamment beau, ne pas être suffisament à la hauteur (comme si le mètre à mesurer la bonne hauteur existait!)… On voudrait être aimer, que les autres aient une bonne opinion de nous… Au final, on finit par avoir des complexes. Surtout, qu’avec les réseaux sociaux, on n’arrête pas de se comparer, on trouve la vie des autres beaucoup mieux que  la notres, on trouve les autres mieux que nous… En fait non seulement notre satanée machine à comparer à tendance à retenir que ce qui ne va pas chez nous, à trouver les pommes du voisin meilleures que les nôtres et à comparer notre arrière cuisine avec la vitrine des autres. Alors évidemment avec ce type de comparaison, on est toujours perdant... et cela entretien notre mauvaise image de nous, nos complexes et cela altère notre confiance.

Définition

Un complexe, c’est faire une fixation émotionnelle sur une zone de son corps ou une façon d’être qui s’impose à soi. Ce jugement que l’on porte sur une partie de soi aboutit un jugement de soi et à une construction de soi erronée. Le risque est de construire un scénario catastrophe, une prison mentale qui sera source d’une souffrance, voire d’un handicap. Par exemple : Je suis trop grosse pour être aimée. Ce jugement peut être source d’un handicap en freinant la personne dans ses relations sociales et dans la possibilité de faire une rencontre.

Les complexes nourrissent un manque de confiance en soi. Ils peuvent être source d’hypochondrie ou de dysmorphobie (peur maladive d’être difforme) pouvant aboutir à une déprime

Les origines des complexes

Les complexes naissent souvent dans l’enfance et l’adolescence. A cet âge, on est en chantier. Ce chantier crée des émotions et nous met au contact de notre sensibilité. On peut être tenté d’éviter ce ressenti. C’est une période d’insécurité intérieure qui peut amener à des interprétations erronées de soi et de son corps. En outre, lorsque l’on se regarde dans la glace, on s’observe en deux dimensions alors que dans la vie on est en 4 dimensions. On chausse ainsi, devant notre reflet, nos lunettes émotionnelles. A travers celles-ci, on ne voit que nos émotions et pas la réalité de notre être. Ainsi, notre cerveau émotionnel, qui aime bien tout contrôler, transforme une partie de notre corps en bouc émissaire de notre difficulté à être.

Les sources des complexes

  • Les émotions négatives ressenties qui se transforment en jugement
  • L’impact du complexe sur la relation avec les autres va renforcer un cercle non vertueux
  • Les commentaires d’autres enfants pendant l’enfance peuvent initier ou renforcer des jugements sur soi
  • Le perfectionnisme

Le problème n’est pas ce que l’on est (on est unique donc précieux) mais ce que l’on en fait, tout comme un instrument de musique. On nait tous avec un instrument corporel. Certains naissent avec une contrebasse, d’autres avec une flute ou un violon. Il n’y a pas de mauvais instrument. De tout instrument, il est possible de tirer une jolie musique, le tout est d'apprendre à en jouer. Cea demande de la discipline et de la bonne volonté. Toute chose est une opportunité. Cependant dans notre société de l’instant et du plaisir, on ne prend pas suffisamment le temps de se construire et d’être pour choisir de se basher et de se victimiser de ce que l’on est. Dans le documentaire « Tout va bien, le premier commandement du clown », un professeur de clown dit : « on admire les acrobates mais on aime les clowns". Je ne sais pas vous mais moi je préfère être aimé qu’admirer. Pourtant on passe son temps à essayer d’être admirable au risque d’être bien seul là-haut sur notre piédestal et de chuter en se faisant mal. Le clown, quant à lui, on l’aime pour sa fragilité. Il nait de son ridicule. Le clown trouve la sortie en jouant de ce qu’il est tout comme Cyrano de Bergerac joue de son nez, en faisant une tirade... et c’est pour cela qu’on l’aime

 

Comment faire ?

  • S’accepter, accueillir ce que l’on est. Se regarder avec le cœur et non avec les yeux, tout comme le Petit Prince le fait avec le Renard.
  • Défusionner de ses pensées. C’est-à-dire ne pas prendre pour argent comptant toutes les pensées négatives transitoires qui passent dans notre mental. Notre cerveau a aussi des jugements hatifs...
  • Renoncer aux jugements et aux croyances de perfections. Les seuls être parfaits sont les dieux. Nous ne sommes que des êtres humains et c’est déjà pas mal !
  • Dire stop à la machine à comparer : arrêter de comparer son arrière cuisine avec la vitrine des autres
  • Savoir traverser les vagues émotionnelles que nous procure certaines situations (comme se regarder dans un miroir ou juger la vie des autres) et sans les laisser alimenter notre machine à juger.
  • Etre dans une démarche constructive vis-à-vis de son corps en prenant soin de soi tout en l’aimant.
  • Savoir jouer de soi
  • Ne pas oublier que l’avis des autres n’est que la vie des autres.
  • Avoir de la compassion pour soi

Expérience de compassion ;

Dans une expérience, on a demandé à environ 250 étudiantes d’écrire une lettre à leur peau selon l’une des quatre modalités suivantes :

  • En se mettant à la place d’un ami qui nous écrit :  
    • La première était une lettre de compassion où elles parlaient de leurs défauts en général.
    • La deuxième, une lettre de compassion, mais dirigée spécifiquement sur le corps.
  • Lettre venant de soi
    • une lettre où elles écrivaient directement à leur corps, le remerciant de toutes ses qualités, dans le but de montrer leur gratitude pour tout ce qu’il fait chaque jour.
    • La quatrième, une lettre neutre.

Les scientifiques ont constaté que les trois  premières lettres ont significativement augmenté l’image que les étudiantes avaient de leur corps en comparaison de la lettre neutre

Au travail : Jardiner sa body positive attitude 

  • Eviter de juger les autres car on finit par se juger
  • Faire une détox digitale
  • Devenir son ami
  • Ne pas refouler ses émotions car cela génère des jugements et des pensées négatives
  • Pratiquer la méditation
  • Savoir accepter les compliments
  • S’accorder du temps
  • Cultiver de la gratitude pour sortir de la culture du bashing
  • Faire du New Burlesque dans l’Ecole des Filles de Joie tenue par la formidable Juliette Dragon

N’oubliez pas qu’un être humain est comme un livre, le plus important n’est pas la couverture mais ce que l’on écrit à l’intérieur.

Bibliographie

Boris Vian : On tuera tous les affreux. Ed Poche

Cheval Sophie : Belle autrement. Ed Armand Colin

Seznec JC : J’arrête de lutter avec mon corps. Ed PUF

 

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