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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 07:55

​​​​​​L'interview Vanity Fair Italie

 

  1. Quand vaut-il la peine de se taire, plutôt que de parler (ou peut-être de communiquer par d'autres moyens: regard, gestes)?

 

Se taire permet d’apprécier l’instant présent, de savourer l’instant présent et de laisser résonner en nous l’expérience d’un échange.

Se taire permet d’accéder à notre sensibilité et à notre intelligence émotionnelle pour échanger avec authenticité et sensibilité. Il y a plein d’autres façons corporelles de s’exprimer sans bavardage abusif.

Se taire permet aussi d’écouter l’autre véritablement, de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler et de répondre.
Lorsque l’on se précipite dans la parole, on prend le risque que cela soit notre cerveau de survie et défensif qui s’exprime en aboyant plutôt que de parler.
Se taire permet de choisir et de décider ce que l’on veut dire et répondre. Se taire aide à s’émanciper des “je dois” et des “il faut” qui exprime les règles que l’on se raconte et qui construisent notre prison mentale. Ils entrainent des biais de perception, des quiproquos, voire des interprétations.

Se taire permet de vivre pleinement l’instant. Un ami africain me disait “vous les blancs, à force de courir et de vous agiter, j’ai l’impression que vous êtes pressé de mourir!”

 

  1. Pourquoi le silence est-il si important?

 

Le silence permet de mettre au repos notre mental. Il nous protège de la surcharge mentale et du burnout. Ce mental est utile pour raisonner mais nous précipite aisément dans le passé, au risque de ressasser, ou dans le futur, au risque de générer de l’anxiété en se racontant des histoires. Si on connaissait le futur, on jouerai au loto! On ne se rend pas suffisamment conscience à quel point on se raconte en permanence des histoires... D’ailleurs, souvent lorsque l’on parle des autres, on parle souvent de soi et on exprime ses représentations.
En mettant au repos notre cerveau émotionnel, on accède à notre cerveau sensoriel pour percevoir la richesse de l’instant, être curieux de l’expérience et ralentir la vie. Le silence permet la contemplation. Il nous libère de l’esclavage à nos pensées. C’est le premier pas vers la pleine conscience. La pleine conscience à des vertus pour la santé. Elle améliore notre immunité et rajeunit notamment nos chromosomes.

Le silence nous aide à quitter notre tête pour se connecter à notre ventre. Ce “ventre” nous aide à être plus juste pour négocier la vie et être plus en paix.

 

  1. Pourquoi parlons-nous souvent à contre-courant?

Tout simplement parce que nous mobilisons notre cerveau émotionnel de survie. On confond ce qui est grave, c’est à dire mortel, avec ce qui est embêtant, désagréable, frustrant ou embêtant. Ce cerveau émotionnel nous vient des hommes préhistoriques. Je l’appelle “notre doberman” qui nous amène à aboyer pour un oui et pour un rien.

En outre, ce cerveau émotionnel nous attire vers une approche égocentrique qui nous coupe des autres et du contexte, au risque de l’égoisme et de la connerie.

Le risque est de passer à coté de la vie à force de commenter et de juger, pour se protéger de dangers imaginaires. C’est comme jouer au football, lorsque l’on commente le match, on se retrouve dans les tribunes au lieu d’être sur le terrain entrain de jouer. La question est où voulons nous vivre?
En fait, le danger imaginaire est la peur de notre vulnérabilité. On parle à contre courant pour tenter que les autres nous admirent. On dit que l’on admire les acrobates et que l’on aime les clowns. Je ne sais pas vous mais moi je préfère être aimé qu’admirer. Pourtant, le clown nait de son ridicule. C’est ce qui rend la vie belle, à l’instar de Bégnini qui trouve dans le rire et le jeu une voie de sortie à la souffrance, plutôt que de s’enliser dans la plainte

 

 

  1. 10 occasions où le silence vaut plus de 1000 mots

 

  1. En écoutant la souffrance de quelqu’un, suite au décès d’un proche. Le meilleur soutien est l’écoute. Il permet de digérer les émotions.
  2. En écoutant sa femme qui a besoin de se purger des tensions accumuler après une journée de travail, le soir, et qui n’a pas besoin que son homme lui trouve des solutions.
  3. Lorsque l’on a fait une bêtise. Assumer permet de plus facilement trouver une voie de sortie que de se justifier ou se plaindre.
  4. Au travail ou dans un couple, face à une personne toxique. Face à un voisin paranoiaque. Ces personnes sont toujour plus fortes que nous. Se justifier leur donne des armes pour nous battre. Il suffit de dire oui je suis d’accord ou non tout simplement. Lorque c’est trop douloureux, on va planter sa tente plus loin.
  5. Face à la beauté d’un paysage, d’un film ou d’un instant. La parole appauvri la réalité et nous en éloigne.
  6. Face à un enfant qui apprend à marcher, à faire du vélo ou tout autre chose. Il a besoin de notre regard bienveillant et non des yakafaukon!
  7. Lorsque l’on aime. Le silence permet de ressentir plus intensément ce merveilleux sentiment.
  8. Lorsque l’on est dans la “merde”. Se plaindre génère une double peine. Le mieux est de s’asseoir pour vivre l’expérience, c’est une expérience qui vaut aussi le coup d’être vécue car elle nous montre que nous sommes toujours vivants, et laisser passer l’orage.
  9. Face au passé. Ressasser ne le change pas. La seule chose à faire est d’en tirer expérience pour mieux se préparer au présent.
  10. Face à l’actualité, comme le covid et autres sujets à la mode. Bien souvent, il nous manque beaucoup d’informations pour bien comprendre une situation. On est à amener à juger et à condamner à tord des situations. Bien souvent, en laissant l’histoire éclairée une situation, on perçoit différement un évènement. Les médias, pour faire des ventes et des chiffres, et les politiques, pour obtenir des voix, parlent excessivement. Dans tous les événements médiatiques dans lesquels j’ai été pris, ce que disait les médias et les politiques n’avaient rien à voir avec la réalité que je vivais.
  11. A la fin d’un article et savoir mettre fin à un instant de partage.

 

Seznec jc et Carouana L : Savoir se taire, savoir parler, Ed Interéditions

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commentaires

S
très beau livre "savoir se taire, savoir parler", je le recommande chaudement.
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