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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 15:58

Voici plusieurs semaines que nous sommes tous confinés et que nous avons eu la nécessité de revoir nos habitus de vie. Ce confinement limite notre activité physique, nos contacts sociaux et nos contacts physiques. Or l’être humain est un animal grégaire qui a besoin d’activités physiques, de contacts sociaux et de contacts physiques. Le contact physique participe au comportement de toilettage qui permet de nous apaiser et nous placer au sein d’un groupe. Par exemple, les singes passent beaucoup de temps à s’épouiller non pas à cause du nombres poux qu’ils ont mais parce que ce comportement à des vertus psychologiques et sociales.

De plus nous avons tous en ou une balance émotionnelle :

  • Les événements de vie douloureux et les ruminations participent à générer des affects douloureux.
  • Agir sur le corps (coiffeur relaxation, méditation, activité physique, etc.) et les contacts sociaux apaisent notre intériorité.

Ce confinement est une rupture de vie qui nous met en sevrage de nombreux besoins. De plus, il nous confronte à une désorganisation de notre rythme de vie qui est nécessaire pour le maintien de notre humeur.

Ce sevrage est d’autant plus important pour les sportifs de hauts niveaux qui ont vu leurs stimulations physiques et émotionnelles chuter brutalement. Leur rythme de vie est radicalement modifié. Ils ont dû renoncer à de nombreux objectifs qui structuraient leur quotidien et qui donnait du sens à leur vie. Certains sportifs étaient en fin de carrière et cette année 2020 étaient l’occasion de faire un dernier tour de piste avec les honneurs aux jeux olympiques, lors du championnat de rugby ou de football, etc. Ces sportifs sont confrontés à un deuil de leur carrière et souvent à une immense frustration source d’émotions.

Par exemple, les rugbymen avaient une vie fait de nombreux contacts physiques que cela soit dans le sport, dans les vestiaires, en se faisant la bise en se saluant ou lors de la troisième mi-temps. Ils ont vu cette nourriture sociale disparaître du jour au lendemain.
Si le confinement a ralenti l’épidémie, aujourd’hui nous n’avons aucune certitude sur la façon de l’endiguer et de guérir du covid 19. De ce fait, à ce jour, il est impossible de se projeter sur une reprise à cours ou moyen terme sur la reprise de son sport et des compétitions. Si on prend des exemples historiques, la plupart des épidémies ont durer deux à trois ans.  Un grand vide se propose donc à ces sportifs qui ne peuvent se projeter dans leur métier, dans leur sport et dans leurs repères de vie.

D’un point de vue ressources humaines, de nombreux sportifs étaient salariés. Aussi, avec le confinement, ils ont été mis en chômage partiel. Pendant le chômage, théoriquement les employeurs ne peuvent pas contacter les salariés au risque d’être accusé d’harcèlement. Pourtant ces athlètes ont besoin de garder un lien avec leurs entraîneurs et leurs partenaires.

Tous ces éléments font que les sportifs sont confrontés à un immense risque de présenter des troubles anxiodépressifs, des troubles du sommeil et des addictions. Il est urgent de les accompagner d’un point de vue psychologique à l’aide d’espaces d’écoute et d’expression, d’accompagnement diététique et de leur activité physique mais aussi à l’aide d’un accompagnement social pour envisager leur évolution de carrière avec ou sans le sport.

Les fédérations sportives ont un gros travail à faire pour accompagner les athlètes, prévenir ce risque anxiodépressif, gérer les carrières tout en étant aussi dans une insécurité du fait de l’arrêt de l’économie sportive. Il s'agit de leur responsabilité. Bon courage!

 

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