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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 18:21

L’épidémie du COVID 19 a déclenché une vague de peur du fait du risque infectieux, de la présence massive dans les médias de ce sujet et des mesures particulièrement exceptionnelles qui ont été prise dans le monde. Aussi, il me semble nécessaire de faire le point sur ce phénomène émotionnel qu’est la peur, ses conséquences et la façon dont on la négocie.

Tout d’abord, les émotions ont comme fonction de nous informer de nos besoins et de nous donner l’énergie suffisante pour les satisfaire par nos actions. Il s’agit d’un mécanisme adaptatif permettant notre survie, partagé par de nombreux animaux. En l’occurrence la peur nous informe que notre besoin de sécurité est en tension et qu’il nécessite une action pour le satisfaire. Elle peut nous donner l’énergie nécessaire pour courir plus vite qu’habituellement et s’échapper d’un danger. A l’époque des hommes préhistoriques, la peur était un mécanisme adaptatif très utile car la vie de ces hommes étaient peuplées de dangers mortels. Il était, par exemple, nécessaire d’anticiper, que derrière un rocher il pouvait se trouver un tigre aux dents sabres. L’énergie que nous procure une émotion nous sert à produire une action adaptée mais aussi à produire des pensées notamment pour résoudre le problème qui se présente à nous et anticiper la suite.

La peur est utile. Nous sommes vivants parce que nos ancêtres ont eu peur et ont su se protéger des dangers que la vie réelle leur présentait. En effet pendant des siècles, la principale occupation des êtres humains était de survivre et de se reproduire pour perpétuer l’espèce.

Progressivement, depuis la préhistoire, l’enjeu de la survie n’a plus été, pour une large majorité de personnes un enjeu majeur. Les opportunités de se nourrir ont été de plus en plus grandes, les dangers mortels de moins en moins fréquents, en dehors des périodes de guerres, d’épidémies ou de famine. L’espérance de vie s’est particulièrement allongée ce dernier siècle. Le temps de vie libéré a offert plus de temps pour penser et développer notre imaginaire. Aussi, la peur c’est de plus en plus nourrit non pas de danger réel mais de notre imaginaire à travers nos jugements et nos commentaires sur la vie. D’un point de vue psychopathologique, elles s’organisent notamment en phobie : Peur de ne pas réussir, peur de la foule, peur des autres, peur de l’école, etc.

Lorsque la peur dépasse nos capacités de gestion, elle suit la règle des trois F qui nous empêche d’avoir le comportement adaptatif nécessaire :

  • F comme flight : fuite devant le danger
  • F comme fight : lutte contre le danger
  • F comme freeze : paralysie devant le danger

La panique

La panique est un emballement de la peur lorsque l’on perd ses repères et que l’on ne sait quel comportement choisir qui nous rapprocherait d’un état sécurisant. Elle crée une agitation mentale ou comportementale au risque d’aggraver le danger auquel on est confronté tout comme quelqu’un qui s’agite dans un sable mouvant.

 

Comment faire face à une peur

  • Tout d’abord faire la différence entre le futur et le présent. Bien souvent, la peur se nourrit de ce que l’on imagine qui se passera dans le futur alors que pour l’instant tout va bien dans le présent.
  • Faire la différence entre ce que dont nous avons peur, de qui est possible qu’il arrive et ce qui nous arrive véritablement. Il existe souvent de très grosses différences entre ces trois éléments
  • Se poser les questions suivantes : Où est le problème ? Le pire est-il sur ? Est-ce ci grave ? Que puis- je faire dans l’instant présent ?
  • Ne pas rester seul et chercher du soutien, de la réassurance ou des ressources auprès de ses congénère. En effet, une étude a montré que des babouins du Serengeti en Tanzanie, face à un danger, ont un taux de cortisol et d’adrénaline quasi nul lorsqu’ils fuient en groupe (Levine S., Coe C. and Weiner S.G. : Psychoneuroendocrinology of stress: a psycholbiological perspective. In Psychoendocrinology, Brush F.R. and Levine S. Academicpress 1989). Les femmes souffrant d’un cancer pouvant citer le nom de dix amis ont quatre fois plus de chance de survie que les autres (Kroenke et al: Social networks, social support, and survivalafterBreast cancer diagnosis in Journal of clinicalOncology (2006))
  • Face à une épreuve ou un danger, raccourcir sa focale d’attention à l’instant présent pour ne pas être happé par un futur cauchemardesque.
  • Etre le capitaine de son âme pour être maître de son destin

Face à l’épreuve du COVID 19, une partie de la solution sera de gérer la peur qu’il induit. Nous aurons à rester bien centré sur le présent et sur les actions nécessaires pour prendre soin de nous et nous protéger. Cela nous demandera probablement être capable à des renoncements pour avoir la créativité pour nous adapter. Pour cela, il est capital que l’on informe avec justesse chacun sur la réalité de la situation à chaque étape. Il faudra que les politiques et les médias fasse preuve de pédagogie pour faire adhérer le plus grand nombre aux actions décidées et nous protéger autant du déni que d’un imaginaire cauchemardesque. Nous avons besoin d'un chef d'orchestre ou d'un capitaine qui nous guide dans la brume. Ce capitaine c'est aussi vous!

Ilios Kotsou : éloge de la lucidité

Ilios kotsou et autre : les compétences émotionnelles

Christophe andré : La force des émotions. Ed Odile Jacob

Jean-christophe Seznec et Sophie Le Guen : Débranchez votre mental, trucs et astuces pour ne plus ressassez et profiter de la vie - Ed Leducs

 

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commentaires

Emmanuelle STRAUS 21/03/2020 14:17

Merci de ces réflexions !!

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