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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 09:39

 

Depuis trois mois la France vit un grand bazar où tout le monde se crêpe le chignon, hausse le ton, sur et convaincu de son point de vue, tout en agressant l’autre. Chacun hurle comme dans le film « La journée de la Jupe », avec Isabelle Adjani, son droit au respect et à la considération. Dans le film, c’était une enseignante qui braquait une classe, aujourd’hui ce sont des gilets jaunes qui tentent de braquer la république. Cette situation est la conséquence d’une déliquescence de notre société où nous ne savons plus vivre ensemble, s’écouter et se parler. Faut-il une thérapie familiale à la France pour vivre à nouveau ensemble en paix et sortir de cette crise ?

L’Etat Français a dérivé inexorablement vers un état administratif qui ne sait répondre à tout problème que par une nouvelle loi ou une nouvelle taxe qui vient s’empiler dans un mille-feuille administratif. On a parfois l’impression qu’il faut du courage en France pour vivre, innover et entreprendre sans se retrouver englouti par ce maelström réglementaire, digne du château de Kafka. Chaque acte est réglementé à l’absurde pour garantir l’égalité et la protection de tous quitte à créer des maux pires que le risque initial. A toute question ou demande, le citoyen reçoit une réponse froide, mécanique voire déshumanisé. L’Etat infantilise ses citoyens en les transformant en sujet dans une gouvernance jacobine pyramidale. Le citoyen a beau questionner, interroger voire revendiquer, l’Etat reste sourd. Par exemple, la Loire Atlantique vient de signer une pétition massive avec plus de 100 000 signataires pour demander son rattachement à la Bretagne, ou du moins pouvoir organiser un référendum sur le sujet. L’Etat et les élus locaux n'ont rien trouvé de mieux que d'écarter, de façon autoritaire et autocratique, cette demande, sans la considérer, en la déclarant irrecevable alors qu’en pleine manif des gilets jaunes de nombreux citoyens se plaignent de ne pas être suffisamment entendu!

  • Être un assujetti social nécessite un temps plein pour répondre à tous les formulaires, toutes les requêtes administratives pour bénéficier de ses droits.
  • Refaire sa carte d’identité est devenu un parcours du combattant et si vous avez eu le malheur d’avoir eu une usurpation d’identité, la machine étatique devient folle à votre égard.
  • A l'hôpital, vous passez plus de temps à remplir des documents pour justifier de votre activité que de soigner
  • Etc.

L’Etat et les administratifs pensent selon des règles qui ne tiennent pas compte du contexte et de la vie concrète des citoyens. Comme cela leur semble logique, ils déroulent contraintes sur contraintes comme un rouleau compresseur,sûr de leur bon droit. En outre, pour eux, chaque contribuable semble être un potentiel fraudeur. Ils passent leur temps à chasser et à rajouter de nouvelles contraintes pour être sûr que personne ne fraude au risque de faire chuter tout le monde devant la complexité de leur organisation. Ils dépensent l’argent publique dans des systèmes de contrôle qui donne encore plus envie de frauder pour sortir de cette nasse administrative. L’Etat fonctionne comme un parent rigide qui ne parle que par règle et des yakafokons. Il ne sait plus communiquer à des humains avec bienveillance et chaleur. D’ailleurs, la dématérialisation fait qu’il n’y a plus d’humain pour refaire faire ses papiers, porter une plainte, à la poste ou à la banque. Il n’y a plus personnes pour écouter. Comme l’Etat se méfie de tout le monde et de toute initiative, il a transformé progressivement les enseignants en employé d’éducation, les soignants en employé de santé, les agriculteurs en subventionné, etc. Le résultat de cela est que dans cette société devenue inhumaine. Ceux qui se suicide le plus sont ceux qui soignent, protègent, nourrissent et éduquent. Cela fait 20 ans que les soignants se plaignent des multiples réformes qu’on leur propose et cela fait 20 ans que l’on en rajoute d’autres complexifiant les précédentes et redistribuant l’argent vers des systèmes de contrôles plutôt que donner les moyens de soigner à chacun. Les médecins, les policiers, les agriculteurs et les enseignants sont en souffrance et vive une crise de vocation. Ces métiers si important pour la vie publique ne font plus envie.

De l’autre côté, les citoyens ont été transformés en consommateurs. Tout le monde veut tout, tout de suite, estimant qu’il en a le droit, s’en tenir compte des conséquences pour l’autre et la société. La société de consommation a excité, à rendre fou, le désir de tous dans l’objectif que tous les êtres humains sur le marché se gave de nouveaux produits jusqu’à l’écœurement de la planète. Les consommateurs ne savent plus parler mais exigent et revendiquent en permanence. Ils ont des droits mais oublient leurs devoirs de citoyens. Il est devenu difficile d’avoir une relation humaine avec eux, ce d’autant que les français ont un penchant pour la paranoïa. Ils pensent que l’autre est le mal et profitent d’eux ce qui les amènent à revendiquer, voire à tricher pour rééquilibrer selon eux la balance. Le manque d’explication sur la société actuelle et la cour de récréation que sont devenus les réseaux sociaux cultivent l’ignorance et font la part belle aux Fake News qui alimentent la théorie du complot. L’autre est vu de prime abord comme un opposant, un obstacle ou un ennemi à l’expression de ses désirs contre lequel il faut lutter. L’intolérance à la frustration engendre de plus en plus de violence relationnelle. Il est devenu désormais difficile d’exercer certains métiers comme enseignant, médecin ou policier sans se faire agresser et maltraiter ce qui entraîne une grave crise de vocation à exercer ces métiers. Même entre gilets jaunes, ils se menacent, ils s’insultent et s’excluent.

https://www.facebook.com/pcanton/videos/10155898062447690/

La France est devenue une jungle où chacun tire la couverture à soi. De nombreux français sont devenus des enfants qui n’arrivent pas, d’en cette crise des gilets jaunes, à couper le cordon ombilical. En plein conflit œdipien, ils semblent vouloir tuer le père (le président et les policiers) et baiser la mère (la France) pour répondre à leur droit de vivre et d’exister. Ils ont appris à se défouler sur les réseaux sociaux. Certains citoyens se plaignent du manque de médecins mais ils les maltraitent et n’honorent pas leur rendez-vous, sans prévenir, ce qui majore la diminution de l’offre de soin. Les réseaux sont devenus pires que la cour de récréation avec insultes, menaces, harcèlement, etc. A force de s’exciter et de s’invectiver sur internet, certains ont cassé la digue qui séparait le virtuel du réel. Ils se conduisent dans la vraie vie comme des trolls pour faire parler d’eux, sans savoir vraiment ce qu’ils ne veulent ni payer le coût de leur désir.

A côté de cela, les politiciens ont, pour beaucoup, déserter le contact avec la population pour s’enfermer dans la théâtralité médiatique fait d’emphase ou ils jactent en dénigrant l’autre et en étant contre tout ce qui ne vient pas d’eux. Leur besoin de survie, dans le monde politique, en se faisant réélire, leur ont fait oublier que pour vivre ensemble il était nécessaire de construire des compromis sociaux et non que des oppositions. On a l'impression que pour supporter toute la violence et l'agressivité qu'ils subissent que seuls des personnalités pathologiques insensibles au relationnel, peuvent survivre et poursuivre cette vie. Les survivants donnent l'impression d'être des narcissiques plus préoccupés par leur carrière et coupés de la réalité des personnes qu'ils doivent représentés. Ils ont oublié que désormais, lorsqu’ils tournent leur veste, nous le savons tous grâce à la mémoire d’internet qui nous montrent des images où ils ont dit l’exact contraire la veille. Ils paraissent de plus en plus comme des guignols. Les fake news sur les réseaux finissent par les achever en discréditant toute parole juste ou non. La chique coupée, ils ont de plus en plus de mal a exercé une quelconque autorité pour gouverner le pays.

Quant aux journalistes, ils ne font plus d’information pour des organes de presse mais produisent des news au kilomètre pour des industries médiatiques. Précarisés, ils sont de plus en plus des pigistes essayant de survivre dans ce monde capitalistique. Faute de conseil de l’ordre, ils se font manipuler par le besoin d’image et la rentabilité de cette industrie. A force de courir après internet, ils en finissent par dire des bêtises, porter un regard tronqué ou avoir une vision déformée de la réalité. Pour plaire au public ou à la tendance, ils mettent l’accent sur des fausses vérités qui attisent le peuple, les agitant parfois dans des mouvements illégitimes. Dans toutes les affaires récentes concernant des affaires touchant la médecine, ce qui était dit globalement par les médias étaient erronés, tinté de doc Bashing avec des raccourcis et du populisme mis en avant. On a pu aussi faire le triste constat dans la suspicion de viol du jeune Théo par les policiers qui a amené journalistes, politiques et population à s’embarquer dans cette fausse vérité pour découvrir ensuite, image à l’appui, que le fait colporté n’avait rien à voir avec la réalité. Il a juste été arrêté après une bagarre avec la police où il tentait de se soustraire aux forces de l’ordre. Il existe de nombreux cas semblables qui jettent le discrédit sur cette profession si nécessaire à la République. Les images médiatiques qui pervertissent la réalité font qu’un jour on idolâtre les forces de l’ordre comme après les attentats de Charlie Hebdo et un autre jour, on les conspue en leur reprochant les pires mots sans prendre le temps de savoir la réalité et les conditions de travail de ces personnes. Les médias en continus attisent la passion pour faire de l’audience au risque de tout faire exploser.

Il y a dans cette foire à l’empoigne, des syndicats qui ne représentent plus personne et qui sont financés par l’Etat, ce qui les asservis. Ils proposent du canada-dry de négociation mais ce qu’ils proposent est souvent très loin de la réalité des citoyens. Les syndicats de médecins sont financés par l'Etat en majorité. La condition à cela est de signer la convention. N'est-ce pas un conflit d'intérêt?

https://www.facebook.com/Ina.fr/videos/2050097208413467/

Quand aux grandes entreprises, avec la mondialisation, elles donnent l'impression de faire comme elles veulent, faisant fi des législations et des besoins des pays pour croître et grandir aux dépends des populations.

Pourtant chacun d’entre, pris un à un, sont souvent de supers individus. Souvent, ils agissent à leur insu par ignorance ou par passion. Cette fièvre que les grecs redoutaient tant à l’époque car elle détruisait des cités.

  • Face à ce grand bazar, on se demande s’il ne faudrait pas une thérapie familiale à la France pour réapprendre à chacun à s’écouter, à se parler, à tenir compte du contexte de l’autre, à sortir d’une posture égocentrée et sortir du désir et de la règle, pour juste redevenir humain.
  • Il serait intéressant d’apprendre à chacun la bienveillance et l’empathie afin de construire un nouveau contrat social. Pour devenir une société mature, il serait intéressant que l’on sorte d’une relation parent enfant (une mère patrie nourricière qui éduque ses enfants de façon stricte avec des enfants rois) pour une relation de compromis où chacun contribue à la société, pour ne pas juste consommer, et connaitre un peu mieux la vie sociale et celle des autres.
  • Il serait utile d’avoir plus de pédagogie afin que l’on comprenne mieux les lois, les règles et les taxes pour ne pas les conspuer sans comprendre. Pourquoi n’existe-t-il pas de télévision citoyenne (ou d’état) qui expliquerait les lois et les choix possible sans tomber dans ces pugilats politiciens qui n’apprennent rien. Ne serait-il pas utile, lors des manifestations, d’avoir des personnes, comme dans les pays nordiques, qui expliquent les actions des policiers avec des portes voix afin que chacun s’ajuste à la situation, ce qui éviterai des quiproquos se terminant parfois dramatiquement ?
  • Pour gagner en justesse dans l’instauration de nouvelles mesures ou de loi, ne serait-il pas bon de demander l’avis de personnes concernées et représentatives tirées au sort pour mieux appréhender les conséquences des décisions sur la vie réelle des citoyens et éviter toutes les collusions entre syndicats, lobbying et l’Etat ? On y gagnerait e pragmatisme et en représentativité tout en responsabilisant les citoyens qui délègues trop facilement leurs responsabilités à leurs représentant pour mieux s’en plaindre ensuite.
  • Ne serait-il pas un bon investissement d’apprendre à tous les enfants à méditer pour gagner en paisibilité et en attention, ce qui leur bénéficierait dans la vie adulte ? Ne serait-il pas bon que toutes personnes faisant un métier en relation avec du public fasse elles aussi de la méditation afin de savoir vraiment écouter les personnes, ne pas être esclave de ses réactions, ne pas s’user dans son travail et se ressourcer si besoin ?

Plus que des solutions n'a-t-on pas besoin d’un psychiatre familial, un systémicien, pour faire évoluer notre système relationnel, mieux communiquer, mieux considérer l’autre et mieux écouter toutes les personnes qui vivent avec nous, pour gagner en bienveillance et en gentillesse et sortir, ainsi, de cette paranoïa qui nous amènent à voir le mal partout et à se méfier de tous, tout en l’agressant verbalement et physiquement parfois? Comment retrouver un peu de paix pour construire ensemble les compromis sociaux pour vivre ensemble? Ne serait il pas temps que la société mûrissent et s'émancipe du désir pulsionnel de chacun?

 

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