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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 12:14
Moi, Mona 40 ans et bien vivante!

Certains rêvent d'une vie droite et rectiligne. La réalité est toute autre. Elle est faite de hauts et de bas, d'obstacles et d'accidents, d'accélérations et de ralentissements. Ces mouvements, parfois vertigineux, donnent le sel de la vie et nous forgent.

La vie est un manège qui oscille entre le train fantôme et le grand huit. Nous sommes prêt à payer des tickets à la fête foraine en oubliant de savourer celui de notre quotidien. C'est un peu comme jouer au à colin maillard au bord de la falaise.

Voilà la vie, avec ces tournants et ces incidents. Autant de vagues à surfer. Vouloir lutter ne peut aboutir qu'à nous faire boire la tasse et comprendre pourquoi est une démarche sans fin. Cependant, les émotions que ces soubresauts suscitent, rires et pleurs, nous disent aussi que nous sommes des êtres vivants et des êtres humains. C'est une bonne nouvelle!

Certaines vagues sont plus difficiles à négocier que d'autres comme les séparations, les licenciements, les burn-out mais aussi l'âge qui passe ou reconstruire ou non une histoire, un couple ou une famille après un divorce. Pas si simple de passer à l'ACT!

  • Comment ralentir, lors d'une de ces étapes, pour s'interroger sur ce qui est vraiment important pour soi? Quels choix voulons nous faire, sachant que tout engagement nous confronte à des avantages, des inconvénients, des risques et des couts. Mais les quels sommes nous prêt à assumer?
  • Comment décider lorsque nous sommes pris dans la tourmente de nos émotions? Comment y voir claire lorsque nous sommes happés par nos sentiments?

4O ans est un âge charnière car, à cet âge, nous conscientisons que nous ne serons plus jamais cet être en devenir comme dit Irvin Yalom dans son merveilleux livre Et Nietzsche a pleuré. A cet âge, nous goutons à l'impermanence des choses et à l'urgence de vivre. Dans le bouillon de nos émotions, nous sommes parfois appelés à prendre des décisions pour réajuster notre trajectoire. C'est l'âge où l'on est tenté par les ruptures mais aussi par les renoncements et le laisser aller. Pourtant, 40 ans à notre époque, c'est jeune. C'est à peine la moitié de sa vie. Il y a tant à faire et pourquoi pas refaire un tour de piste? Aimer, partager, ressentir, expériementer… La vie, c'est maintenant!

L'ACT (Acceptation and comitment therapy) est une thérapie de l'acceptation et de l'engagement appartenant à la troisième vague des thérapies comportementales et contextuelles qui permet de négocier ces moments de doutes pour nous aider à nous ancrer dans l'ici et le maintenant. Le présent est le seul moment de vie où nous pouvons agir. Il nous protège de la plainte et du regret. 40 ans est au fond le même âge que tous les autres âges puisque c'est aujourd'hui.

La littérature est une autre façon de prendre de la hauteur et d'absorber ces moments émotionnels. En détournant une célèbre maxime, je dirais qu'un livre par jour éloigne le docteur... Bon pas trop, car il ne faut pas tuer le business!!

Colin Maillard au bord de la falaise de Sophie Le Guen est un livre drôle et truculent sur les mésaventures d'une jeune femme, Mona, de 40 ans qui, au carrefour de sa vie, se pose la question de s'engager ou non dans une nouvelle histoire d'amour au cours de son mitan.

L'auteur met en musique ces sujets existentiels communs à chacun d'entre nous. C'est un livre de fille, mais qui se lit aussi par des garçons, qui met en scène toutes les questions que nous pouvons nous poser avec une écriture dynamique et moderne. Le livre est truffé de références qui se savourent comme une madeleine de Proust. Certaines images sont particulièrement drôle, j'en ris encore. Comme dit le poéte, jour sans rire, c'est un jour foutu. Le rire, c'est une ouverture poétique sur le monde. C'est simplement essayer de s'en sortir, pour ne pas mourir, ne pas désespérer, partager des choses. Ce rire, c'est l'humanité. C'est tout le propos de ce roman qui tente de nous libèrer de l'angoisse de vie pour renouer avec les humains dans un tourbillon de péripéties au cours d'une africa-thérapie.

C'est un excellent livre pour l'été. Comme quoi, on peut faire des livres divertissant avec un peu de psychologie sans être neuneu ou ennuyant. Bravo à l'auteure!

Je vous encourage à lire ce livre pétillant, résolument ACT, comme une bouffée d'air frais qui vous permettra de vous dire, où que vous soyez, TOUT VA BIEN PARCE QUE JE SUIS VIVANT!

http://www.amazon.fr/Colin-Maillard-au-bord-Falaise/dp/2954936304/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1423480532&sr=8-1&keywords=sophie+le+guen
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:13
La fresque de Clermont Ferrand :un exemple du fonctionnement pervers du politique

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas moi qui écris. Je partage la très bonne analyse de mon collègue Jean-Claude Galheb sur cette pitoyable histoire de la fresque du CHU de Clermont Ferrand. Cette fresque que l'on a demandé d'effacer une semaine après les manifestations au droit à l'expression et à la caricature suite à la tuerie de Charlie.

Il faut croire que Marisol Tourraine se prend pour Mahomet et ne tolère aucune représentation! En outre, cette analyse montre bien le fonctionnement pervers en inversant la responsabilité et la culpabilité.

« C’est drôle, ce besoin qu’ont les gens d’accuser les autres d’avoir gâché leur existence. Alors qu’ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l’aide de quiconque ! » (Amélie Nothomb, Cosmétique de l'ennemi)

" Ceci est une réflexion qui me vient à propos de l'affaire de la fresque. Pendant quelques jours nous avons vu le déchaînement des passions les plus folles, des fantasmes les plus improbables et d'une forme de Terreur, inquisitoriale par sa méthode.

Nous avons assisté, hébétés, à une quadruple perversion sémiotique:

- L'orgie festive SYMBOLIQUE de cinq demi dieux, représentant les internes eux mêmes selon sa légende habituelle, hymne à la vitalité et à l'énergie, détournée en viol, tout autant SYMBOLIQUE - viol de la médecine par une loi de santé qu'on voudrait forcer le CORPS médical d'accepter à son CORPS défendant - par l'ajout de quelques mots, qui ne prêtent le flanc à AUCUNE ambiguïté quant à leur signification.

- Le viol SYMBOLIQUE de la Médecine par la loi de la ministre est perverti en viol REPRESENTÉ du corps RÉEL de la ministre, dans le seul regard absolutiste d'une association féministe omettant volontairement la bulle "tu devrais t'informer un peu", qui décode le texte ajouté: en effet cette bulle ne saurait s'adresser à une ministre à propos de son propre projet de loi.

Et ce regard fallacieux et subjectif, cachant mal l'interprétation projective sous le masque des bons sentiments outrés mais rendus obligatoires, s'impose les deux premiers jours à la presse et aux autorités dans leur ensemble, sans aucune mise en perspective, ni analyse critique, ni interrogation de la partie mise en cause, sur la base d'une dépêche de presse reprenant la thèse de OLF mot pour mot.

Et cela pour une accusation d'une gravité peu commune, qui aurait dû inciter a presse à la prudence dans l'information et les autorités à la retenue dans le délai de réflexion et de décision, quitte à prendre des mesures conservatoires dans le doute et engager une procédure de référé s'il y avait eu urgence (ce qu'il n'y avait pas)

- L'ALERTE au viol symbolique du corps médical par la loi est pervertie en INCITATION au viol réel du corps charnel, consequence de la première inversion.

Une ESTHETIQUE que l'on ne veut partager ni même comprendre (ce qui est le droit de chacun) est réduite à une COSMÉTIQUE qui ne peut dès lors devenir qu'abjection, une fois détachée du symbolique où réside l'Art pour être propulsée dans le Réel, où réside l'organique, donc le "sale".

A l'aune de cette idéologie une bonne part de la création artistique devrait être détruite à l'instar des Bouddhas de Bamian ou du patrimoine des premiers chrétiens en Irak, sans parler des fresques de Pompei et d'une bonne part de la littérature.

- L'injonction de faire disparaître la fresque honnie (ainsi que toutes autres ne satisfaisant pas aux critères de OLF) est paradoxalement inversée en une commission à la puissance 1'000 du délit dénoncé, du fait de la diffusion par OLF en pièce jointe, et en clair, de cette photo décrite comme intrinsèquement (comme le serait une image de pédopornographie par exemple) délictuelle, alors qu'elle n'était déjà plus disponible sur Facebook.

Quand une image est "en elle-même" illégale, on peut (et on doit) la dénoncer publiquement, mais en la décrivant plutôt que la diffuser à grande échelle, et en réservant les preuves aux autorités.

Ces quatre perversions sémiotiques ont incité à regarder le doigt plutôt que la lune.

Or la lune ici est un quadruple déni de Droit:

- La lettre de cachet ministérielle, ajoutant l'abus de pouvoir à une perversion de l'évidence.

- L'autodafé extra-judiciaire d'une œuvre de pop-Art ayant 15 ans d'existence, permis par la servilité craintive d'autorités médicales prêtant ainsi main forte et caution à la dénonciation calomnieuse, sans instruction contradictoire.

- La diffamation publique violente des internes de Clermont (et au-delà, par amalgame, de tous les internes, donc de tout le corps médical français) au pilori de la scène internationale.

- La conclusion que finalement, humiliation et honte étant bues jusqu'à la lie, il conviendrait "d'apaiser le conflit" et de passer à autre chose et ainsi avaliser la doxa officielle.

Pour voir à quel point cette doxa ne trompe que peu il n'est que de voir la proportion de 80% des commentateurs - trices dans la grande presse qui trouvent ce procès en sorcellerie ridicule.

Après le déchaînement d'une accusation aveugle et sourde par une association subventionnée par le ministère de Mme Touraine, le silence persistera donc sur ces 4 dénis de Droit,

Toute l'attention est maintenant portée sur la nouvelle "victime" d'un..... "harcèlement par sms" sur un numéro de téléphone de fonction (et indiqué comme "contact presse" sur le site de OLF).

In fine nous ne vivons plus en état de Droit, mais dans l'institution de la voie de Fait comme moyen de gouvernement.

Voici que notre profession, après 2 ans d'un dénigrement puissamment orchestré, subit au sens propre les derniers outrages.

Ce n'est qu'en cela que nous avons été témoins d'un viol.

Espérer que le temps efface seul l'affront c'est tendre l'autre joue pour la suite. Et la suite, avec la loi de santé, c'est notre sujétion à la collusion des assureurs et des politiques, au détriment de nos patients.

L'aurons - nous mérité?"

Jean-Claude Galheb

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:04

Le clown est un funambule de la vie qui marche sur le fil de son l'histoire en posantt ses pas dans le présent, dans l'ici et le maintenant. Le feu aux fesses, il a d''un coté de son balancier, il a son esprit qui cause et de l'autre, son corps émotionnel qui s'exprime. De cet équilibre improbable, il fait naitre son jeu. Le clown est un humain qui a cette folie d'être lui et d'oser partager sa fragilité avec générosité. En effet, le clown nait de ses échecs et de son ridicule pour Etre et vivre dans l'urgence.

Médecin psychiatre, je pratique plus particulièrement la thérapie ACT (Acceptation and commitment therapy) ou thérapie de l'acceptation et de l'engagement. Cette thérapie est récente en France. Elle appartient à la troisième vague des thérapies comportementales et cognitives centrée sur la gestion des émotions. J'ai fais pendant plusieurs années des études de clown à l'école du Samovar. Souvent, je dis qu'après avoir fait des études pour essayer d'être intelligent, j'en ai fait d'autres pour apprendre à être con… ce qui est un compliment pour un clown! Cette double formation m'a fait prendre conscience du lien évident entre l'ACT et le clown[1] et c'est devenu ma philosophe de vie. Lorsque l'angoisse me prend (comme tout le monde!!), je pense à la chanson des Monty Pithon Always look on the bright side of life[2].

En effet, la souffrance de mes patients s'exprime par l'évitement du présent pour ruminer le passer et s'inquiéter du futur, un temps présent happé par des commentaires et des jugements qui viennent entraver l'individu, un abandon du corps pour se perdre dans les méandres de la tête, des tentatives stériles de contrôle pour se sécuriser et une lutte permanente avec ce qui se présente à soi et en soi. Autant d'éléments qui se situent à l'inverse de l'attitude du clown.

L'ACT est une thérapie qui vise à réinscrire l'individu dans le présent. La métaphore qui résume le mieux cette approche thérapeutique est le surf. Les évènements de vie et les émotions sont comme des vagues. La lutte contre elles n'aboutit qu'à boire la tasse. Vouloir comprendre pourquoi, il y a des vagues, une vie ne suffirait pas. En thérapie ACT, nous apprenons à nos patients à accepter et à accueillir qu'il y a des vagues pour les aborder une part une et pour les négocier tel un surfer en tirant des bords pour se rapprocher de ce qui est important pour soi.

Le clown est un surfer de la vie pratiquant le free style. Il joue et il bondit sur les vagues à la recherche de son plaisir tel un enfant de 5 ans. Il nous ancre dans l'instant pour y ouvrir un espace de vie et de tendresse. Il s'approprie ce qui se présente pour nourrir son jeu et son imaginaire. Tout va bien pour le clown car quoiqu'il arrive c'est une opportunité pour nourrir son clown. Sa vulnérabilité est sa force et sa liberté. En utilisant des techniques de clown à mes patients, je leur apprends à muscler leur liberté d'être pour de plus s'engluer dans le "faire" et dans le contrôle. C'est un apprentissage au déformatage. Pour devenir clown, cela demande de s'extraire de sa Chrysalide des "il faut" et des "je dois". Cela ne se fait pas sans souffrance de se retrouver au contact de ses émotions et de sa réalité pour s'accueillir avec bienveillance tel que l'on est sans le masque[3]. Derrière le clown, il y a un comédien qui ne fait pas n'importe quoi. Etre clown demande des années de travail et de conscientisation de la fragilité de l'instant pour s'autoriser à lâcher prise à ses croyances.

On dit que "l'on admire les acrobates et que l'on aime les clowns". Or dans la vie, nous sommes tentés à être performant et à atteindre des objectifs comme les acrobates. Pourtant, ce qui nous importe, c'est surtout d'être aimé. Le clown nous montre la voie mais cela passe par l'acceptation de ce que l'on est: de simples humains. C'est cela qui est génial! Le clown est un poète de la vie qui nous invite à vivre, à rire car "Tout va bien[4]" et à danser comme Zorba le Grec quelque soit la plantade ou la situation car la vie est belle pour le clown[5]! De toutes les façons, avons-nous autre chose à faire?

Ateliers que je co-anime:

Pratiquez l'ACT par le clown avec Elise Ouvrier Buffer le 1er et le 2 avril à Bruxelles

Méditation et clown avec Yasmine Liénard le 11 et 12 avril à Paris

[1] "Pratiquez l'ACT par le clown", jc seznec, Dunod édition.

[2] "La vie de Brian" film des Monty Pithon. Eric Idle a aussi chanté cette chanson le jour de l'enterrement de son comparse Graham Chapman.

[3] Tout va bien, le premier commandement du clown", documentaire

[4] Premier commandement du clown

[5] "La vie est belle" film de Roberto Begnini

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 11:01
Carnet de grève : Les médecins ou la compagnie des chiens

Les salariés mécontents font grèves et manifestent. Parfois, ils font des blocages de leur usines et font mine de séquestrer quelqu'un. Ils vont même jusqu'à bruler des pneus ou à menacer de déverser des produits chimiques mais on ne vois jamais de salariés s'en prendre à leur outil travail ou détruire leur usine, car cet acte serait un équivalent suicidaire symptôme d'une immense souffrance.

Nous les médecins, nous grognons de temps en temps car nous sommes les grognards de la république. N'oublions pas que l'internat a été créé par Napoléon. Plus rarement nous manifestons. Par il nous est impossible de faire un blocus de notre entreprise ou de nous en prendre à nos patients. C'est impossible pour nous de faire quoique cela soit volontairement de délétère à nos patients. Nous ne pouvons pas faire de mal. C'est pour cela qu'il est très difficile pour nous de manifester notre mécontentement ce d'autant que nous avons un exercice professionnel de plus en plus isolé avec de moins en moins de temps pour penser, pour nous (de plus en plus de patients, de tâches administratives, de contraintes… La litanie commence à être connue) ou pour notre famille.

Alors une grève des soins comme pour ce noël 2014, c'est un événement extraordinaire! Cela signe le désespoir d'une profession qui n'arrive plus à se faire entendre et à se faire considérer. Pourtant nous sommes de bons chiens garant de la santé de nos citoyens. Nous ne demandons pas grand-chose : de l'affection, de la reconnaissance, de la considération et de la liberté pour faire notre métier de chien.

Mais nous avons une nouvelle maîtresse, Mme Touraine, qui ne nous aime pas. Elle passe son temps à vouloir nous enchaîner, à nous donner moins à manger, à nous battre, à nous dénigrer, à nous dire de nous taire. Une vraie fouetteuse! Elle a réussi à nous pousser à bout de notre masochisme qui fait parti de notre métier. Car pour être médecin, il faut avoir une certaine propension au masochisme pour souffrir pour nos patients, penser à eux, être si dévouer et accepter que la CPAM nous fasse l'aumone et nous gronde en permanence en nous traitant de mauvais chiens!

La loi santé avec le tiers payant est une muselière inacceptable. Alors attention Mme la ministre, il faut prendre garde d'un chien qui se rebelle contre son maitre! Nous n'allons nous contenter de gueuler… Nous sommes des chiens mais nous n'avons pas de dieu ni de maître, juste un serment d’Hippocrate qui nous demande de tout faire pour garder notre indépendance.

https://www.facebook.com/video.php?v=10203006532097411

Nous sommes programmés pour faire de notre mieux.

NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la
compagnie,
Ils se dérangent et on leur fout la paix
Nous voulons la Paix des Chiens
Nous sommes des chiens de " bonne volonté "
El nous ne sommes pas contre le fait qu´on laisse venir à nous
certaines chiennes
Puisqu´elles sont faites pour ça et pour nous

Nous aboyons avec des armes dans la gueule
Des armes blanches et noires comme des mots noirs et blancs
NOIRS COMME LA TERREUR QUE VOUS ASSUMEREZ
BLANCS COMME LA VIRGINITÉ QUE NOUS ASSUMONS
NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la
compagnie,
II se dérangent, ils se décolérisent
Et posent
leur os comme on pose sa cigarette quand on a quelque
chose d´urgent à faire

Même et de préférence si l´urgence contient l´idée de vous foutre
sur la margoulette
Je n´écris pas comme de Gaulle ou comme Perse l
JE CAUSE et je GUEULE comme un chi
en

JE SUIS UN CHIEN

Le Chien - Léo Ferré

https://www.youtube.com/watch?v=52zpJXcRgiU

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 09:08
MST, On a tout compris!


Allez dire aux hommes politiques
Qu'ils enlèvent nos noms dans leur business
On a tout
compris

Ils nous utilisent comme des chameaux
Dans des conditions qu'on déplore
Ils nous mènent souvent en bateau
Vers des destinations qu'on ignore
Ils allument le feu, ils l'activent
Et après, ils viennent jouer au
x pompiers

On a tout compris

Allez dire aux marchands d'illusion
Que nos consciences ne sont pas à vendre
On a tout compris
Ils sont complices de Babylone
Pour nous arnaquer aie aie aie
Ils font semblant de nous aider
A combattre cette injustice
Ils allument le feu, ils l'activent


Et après, ils viennent jouer aux pompiers aie aie aie

On a to
ut compris

Tiken Jah Fakouly

https://www.youtube.com/watch?v=zVJmfWBCocU

Pour défendre sa Loi Santé Marifol annone que celle-ci permettra à tous les citoyens d'accéder au système de santé. Elle parle du postulat que certains français, du fait de leur condition, ont peur d'aller consulter un médecin du fait du prix à payer.

Marifol tente de nous faire croire au syllogisme suivant

Certains français ont des difficultés financières

Les médecins libéraux ont des consultations onéreuses avec des dépassements d'honoraires

Tous les patients n'accèdent pas aux soins et il faut se débarrasser de ce système libéral

Tout ceci est faux. En effet, le système de santé était jusqu'à présent organiser avec un système libéral et un système publique. Pendant longtemps les médecins libéraux avaient des vacations à l'hôpital, payé à un prix dérisoire, qui leur permettaient notamment de recevoir les patients les moins fortunés.

Mais les politiques sont passés par là. Avec la Loi Bachelot, ils ont transformé l'hôpital publique en hôpital entreprise. Ils ont virés tous les médecins libéraux de leur vacation, les empêchant ainsi de recevoir les patients les moins fortunés dans de bonnes conditions. Pour ma part, après plus de 10 ans de vacations, j'ai reçu une lettre me signifiant sèchement que mon contrat n'était pas renouvelé. Ce qui est un licenciement abusif. Comme les médecins sont trop gentils, ils n'ont rien dit et je n'ai rien dit tout en ravalant ma tristesse et ma colère.

Les politiques ont demandé que l'on vérifie à l'hôpital les cartes vitales des patients ce qui a tendance d'exclure certains patients.

Autrefois, les dépassements d'honoraires permettaient de recevoir sans pb des patients gratuitement ou au tarif sécu. Les politiques sont passés par là en ne réévaluant pas la norme sécu qui font que les médecins français sont les moins bien payés d'Europe, en nous noyant de taches administrative et en nous demandant en permanence de nous justifier ce qui nous rend moins disponible pour recevoir tous les patients quelque soit leur condition.

On nous traite de personnes intéressés et vénaux. Quelle ignorance! Pratiquer la médecine est avant tout un acte de générosité. Il est impossible de soigner à moitié un patient. Notre outil de travail est l'empathie, il nous est impossible d'exclure un patient des soins. Cette accusation est être aveugle au temps que nous passons pour trouver une solution à ces patients en difficultés. L'acte de soin demande au médecin d'être en total éveil et en pleine conscience avec le malade qui se présente à lui car le soignant doit être en mesure de capter toutes informations permettant de comprendre ce qui se passe derrière la souffrance afin de trouver le geste juste.

Mais la générosité a un coût. Ce coût est que le médecin a besoin de se sentir en sécurité et confortable afin de pouvoir s'ouvrir sereinement au patient, quel qu'il soit. Nous ne sommes pas des sauveurs, des curés ou des personnes qui se sacrifient. La générosité pour qu'elle fonctionne ne peu pas s'exercer au dépend de la personne qui l'exerce. Cela mettrait le patient en dette morale ce qui serait contreproductif. Pour qu'un médecin soit disponible à être généreux dans son travail. Ce coût est que le médecin ne doit pas être distrait par ses pb financiers, des contraintes administratives ou par les difficultés de sa famille.

Maintenant, on nous dis que nous sommes des mauvais bougres et des sans cœurs en ne voulant pas accepter le tiers payant et la Loi santé. Mme la ministre de la santé, on a tout compris, arrêter de faire semblant de jouer au pompier! Le système de santé est en feu à cause de vous et de vos prédécesseurs. Honte à vous

J'en suis triste et en colère!

https://www.youtube.com/watch?v=zVJmfWBCocU
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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:55
Les illusions : réflexions autour de la schizophrénie

« Les images défilent devant moi. Elles vont de plus en plus vite. Je n’arrive pas à saisir leur sens. Je me sens perdu, j’ai l’impression de perdre mes repères, tout se mélange dans ma tête. Les couleurs débordent, elles se mélangent les une aux autres. Certaines m’éblouissent comme le blanc, le bleu ou le rouge. Elles sortent de leur contour. Elles semblent se liquéfier, dégouliner. J’ai peur qu’elles me fassent quelque chose. Désormais, il faut que je fasse attention au liquide.

J’ai l’impression de devenir fou de m’éloigner de la réalité. J’ai le sentiment d’être dans un brouillard, dans un kaléidoscope, c’est terrible, je me sens vide. Les murs se mettent à bouger, à osciller. J’ai l’impression qu’ils vont s’effondrer. Tout se met à se liquéfier comme des mirages dans le désert, comme si tout était en caoutchouc en train d’onduler. Il me faut un traitement de choc. Parfois je vois les tables tourner sur elles-mêmes sans cesse. Cela me fatigue. Les meubles basculent sur eux-mêmes. Plus rien ne tient en place. Tout cela fait du bruit dans ma tête, aussi je me demande si tout n’est pas fait par rapport à moi. Je dois faire attention à ce qui se passe autour de moi. Est-ce que tout cela n’est pas organiser ? Est-ce que ce n’est pas contre moi que tous les objets se mettent à bouger, s’effondre, se liquéfie ? Je me pose des questions. Je n’arrive plus à me reposer, à dormir. Je dois surveiller ce qui se passe autour de moi. Je me sens terriblement angoissé dans ces moments là. Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. »

M. A est un patient schizophrène, âgé de 45 ans, qui se présente à la consultation du dispensaire pour une reprise de ses hallucinations visuelles alors qu’il a arrêté son traitement neuroleptique il y a 2 ans environ.

Monsieur A a été à l’école jusqu’en 3ième alors qu’il vivait seul aux Antilles avec un père illettré. Il a fait par la suite une carrière de danseur international et de professeur (danse contemporaine). A coté, il faisait de la peinture « pour exprimer ce qu’il ne pouvait pas faire avec son corps ». Pour lui la peinture était juste un complément à la danse et qui ne pouvait exister qu’en association avec la danse. Il a arrêté sa carrière artistique à la suite de sa rupture avec sa femme à l’âge de 30 ans. Il est retourné vivre en France chez ses parents. Ceux-ci sont rapidement repartis aux Antilles. Il a préféré resté en métropole. Au bout de quelques mois, il s’est retrouvé sans un sou à la rue comme SDF. Les services sociaux lui ont trouvé une place dans une communauté Emmaus en province. C’est à ce moment que sa maladie a débuté. Au cours de son histoire, il a du être hospitalisé pour des épisodes processuels à 2 reprises en province. Un traitement par Solian a permis de stabiliser sa maladie pendant plusieurs années. C’est ainsi que Monsieur A a décidé d’arrêter son traitement.

Le patient est arrivé sur Paris pour rejoindre un frère et pour commencer une formation d’agent spécialisé en propreté. La réapparition des hallucinations visuelles l’a incité à prendre contact avec le dispensaire de son nouveau secteur pour demander une reprise de son traitement neuroleptique.

D’un point de vue clinique, M. A a présenté une évolution lentement déficitaire de sa schizophrénie, avec un appauvrissement notamment de sa vie relationnelle, de ses intérêts, mais avec une conservation relative de ses capacités cognitives. Il ne danse plus et ne peint plus. Il ne présente pas de trouble dissociatif apparent. Il se plaint uniquement de ses hallucinations visuelles qui le perturbe dans son stage et dans sa concentration. La reprise de son traitement neuroleptique a permis de faire disparaître progressivement ses hallucinations et de donner toute satisfaction au patient pour pouvoir poursuivre celui-ci.

Au-delà de ce cas clinique, on peut se demander si chez les patients souffrant de schizophrénie, des troubles de la perception que cela soit un défaut de captation ou de transmission d’une information, une erreur d’attribution du signal (Exemple d’un patient qui se plaignait de bulles au cœur alors qu’il présentait tout simplement un ballonnement gastrique avec des éructations), une erreur d’association avec d’autres perceptions ou de reconstruction de l’objet initial à partir de plusieurs perceptions, etc., ne peut pas être à l’origine ou du moins être un facteur majeur à l’origine de l’expression symptomatique la schizophrénie (délire, hallucinations, etc.). En effet, le patient présentant des troubles de la perception ne peut se repérer et s’identifier correctement par rapport à son environnement et à son corps. Devant ces informations soit erronées, soit manquantes et/ou soit kaléidoscopique, il tente inefficacement de reconstruire l’ensemble en les réagençant et en créant des liens entre elles pour aboutir au final qu’à une augmentation du chaos et de la dissociation et à la genèse d’un délire pour donner un sens à cela.

Antonio Damasio, neurologue à l’université de l’Iowa, propose une théorie de l’esprit ou du moins de la conscience de soi qui s’appuie sur le dialogue constant entre le cerveau, les émotions et les marqueurs somatiques. Dans certaines pathologies neurologiques, il démontre comment une atteinte de certaines voies nerveuses de la sensibilité peut donner des troubles de la conscience et valider ainsi sa théorie. Aussi, si l’individu présente dans ce système un dysfonctionnement des marqueurs somatiques, l’ensemble du système peut en être perturber pouvant ainsi entraîner des troubles de l’esprit comme on le retrouve chez les patients schizophrènes.

On peut aussi se rappeler de Robinson dans « Vendredi ou les limbes du Pacifique » de Michel Tournier, qui par manque de perception d’un Autre pour se repérer et arriver à s’identifier, a présenté une perte de la cohésion de lui-même, des troubles de la conscience et un délire.

Au delà du théâtre symptômatique de la schizophrénie, à la lumière des réflexions issues de ce cas clinique, je me demande s’il n’est pas possible de mettre en évidence un trouble cognitif élémentaire, et éventuellement un support anatomique à celui-ci, qui pourrait permettre de mieux comprendre et de mieux traiter le cortège de troubles présenté par les patients et rendre plus « lisible » cette maladie.

Antonio R. Damasio : « Le Sentiment même de Soi, corps émotions, conscience », ed. Odile Jacob.

Michel Tournier : « Vendredi ou les limbes du pacifiques ».

Les illusions : réflexions autour de la schizophrénie
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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 14:53
les charognards sont là
les charognards sont là

Monsieur le Président je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps...

Il est peut-être facile de reprendre la chanson du déserteur mais c'est bien de "désert" dont nous parle sans relâche notre ministre de la santé Marisol Tourraine, pour mieux industrialiser la santé. Mais dans la réalité, le désert, il est où? Qui déserte et pourquoi?

Non, ce ne sont pas certains territoires qui sont désertés par les médecins. Regardez bien! C'est la médecine qui est de plus en plus désertée par des médecins français. Ces hommes dévoués à la science et aux hommes qui ne peuvent plus supporter la situation de maltraitance et d'indignité mise en place par les politiques successives depuis quelques semaines, quelques mois, quelques années… Je connais trop de confrères qui sont partis à l'étranger, qui ont mis la clef sous la porte, ou arrêté la médecine libérale pour devenir des salariés. Combien suivront? Combien resteront? Voulez-vous une médecine sans médecin? Est-cela que vous voulez?

Le tarif conventionné en France est le plus bas d'Europe. Les médecins ne gagnent pas leur vie à sauver celle des autres. Leur savoir a de la valeur. Ne les méprisez pas. Allez à Paris trouver un dermatologue! Au prix de leurs charges, ils ont compris désormais. Ceux qui restent font de l'esthétisme avant de faire de la médecine. Les psychiatres font de la psychothérapie, de l'hypnose et bientôt du coaching, les cardiologues font de l'imagerie et ainsi de suite… Ce n'est pas ce dont ils rêvaient au départ, ils ont eu la nécessité de s'adapter face aux trop nombreuses contraintes. Est-ce ce résultat que vous escomptiez? Il est de plus en plus difficile de se faire soigner même à Paris faute de combattants. Le désert médical est aussi à Paris.

Exercer la médecine est certes un don de soi mais pas un sacrifice. Le médecin a lui aussi une vie et une famille, des besoins et des contraintes... Si le médecin ne se sent pas bien dans sa vie, il ne peut pas être suffisamment à l'écoute, se donner pleinement à l'exercice de son métier et avoir l'engagement et la générosité relationnelle nécessaire à la bonne pratique de son art. Ce n'est pas qu'une question d'argent mais aussi une question de confort, de paisibilité, de reconnaissance et de dignité. Trop de médecins souffrent dans le silence et l'incompréhension de la situation actuelle.

Le tarif conventionné n'a pratiquement pas augmenté depuis les années 80. Par contre votre salaire, Monsieur le Président, a suivi l'inflation. Voici un exemple de la réalité du prix de la médecine selon vos services : Si la baguette était à 60 centimes cela ferait pour la CPAM un dépassement d'honoraire de 400%. Pourtant tous le monde a besoin de manger du pain comme d'un médecin. La baguette est actuellement au moins à 90 centimes. Vous prônez pour la justice sociale alors pourquoi nous sommes la seule profession de France dont les revenus ne peuvent pas suivre l'inflation?

Non seulement vous bridez nos salaires mais vous nous vampirisez notre temps de soin. Nous ne faisons plus du soin mais de la comptabilité. Nous devons sans cesse faire attention d'être bien dans les quotas pour ne pas risquer que la CPAM ne nous accuse pas de délit statistique. Sommes nous là pour nos patients ou pour satisfaire une bureaucratie?

Monsieur le Président, je n'exerce pas la médecine pour compter mais pour soigner. Or ce que n'ont pas compris vos fonctionnaires, c'est que le principale pilier de l'exercice de la médecine est la relation humaine. Lorsque j'examine un patient, j'ai besoin de l'écouter, de comparer ses propos à mes connaissances et de m'appuyer sur la relation humaine qui s'instaure. Pour vous donner l'importance de cette relation thérapeutique, un placébo (qui est porteur de la seule relation thérapeutique) est efficace à 50% dans le traitement de la dépression, fait baisser la tension d'hypertendu et peut même être efficace contre des tumeurs cancéreuses. Vous voulez nous priver d'un tel outil?

Pourtant vous avez choisi de nous voler notre temps relationnel en surinformatisant nos cabinets. Nous sommes accaparés par nos ordinateurs afin de répondre à toutes vos exigences. Nous courrons après le temps afin de gagner correctement notre vie vu ces fameux tarifs conventionnés. Les médicaments prescrits n'ont plus de valeur puisqu'ils changent de nom et de couleur selon le générique pris, sans compter les différences d'efficacités et de qualité selon les excipients et le pays de fabrications. J'ai oublié de vous dire que je ne me suis pas contenter de faire médecine mais j'ai eu la folie de faire un double cursus scientifique entier de pharmacologie du DEUG à la Thèse. Cependant la bureaucratie de la CPAM veut me dire ce que je dois prescrire. Quand on aime, on ne compte pas nous les médecins.

Maintenant vous voulez définitivement abimé notre relation thérapeutique en faisant d'elle une relation de consommation via le tiers payant généralisé. L'instauration de celui-ci va tuer la valeur de notre lien au patient. Déjà nous avons vu la différence dans la relation qu'ont entretenu de nombreux patients aux médicaments lorsque le tiers payant a touché les pharmacies. Nous avons vu l'impact de la CMU sur la relation de soin. Pour beaucoup de ces bénéficiaires, nous ne sommes plus des êtres humains bienveillants mais des producteurs de soins qu'ils consomment allègrement. Sont-ils mieux soigner. Je crois que c'est le contraire. Vous construisez une société consumériste en vous appuyant sur les droits de chacun en oubliant qu'une relation sociale équilibrée s'appuie aussi sur des devoirs. Une relation médicale consumériste déséquilibre cette relation au risque de la rendre inefficace.

Autrefois, j'avais une vacation à l'hôpital. J'étais payé 250 euros pour quatre demi journée par mois. C'est pour vous dire que je ne le faisais pas pour l'argent. J'ai fais cela pendant presque quinze ans. Cette vacation me permettait de recevoir les patients sans sous qui ne venait pas au cabinet ou ceux dont la psychologie ou le statut social faisaient qu'ils étaient dans l'incapacité d'honorer régulièrement leurs rendez-vous. Pourtant, ils ont besoin d'être soigné mais c'est impossible en libéral. Pendant cette vacation, j'échangeais avec des confrères et je me formais. J'avais l'impression d'appartenir à une communauté. Je pouvais faire le lien avec mes patients hospitalisés pour un meilleur suivi. Je prenais des stagiaires afin de leur faire bénéficier de mon savoir et de mon expérience. Du jour au lendemain, comme tant d'autres, j'ai reçu une lettre pour me dire que mon contrat n'était pas renouvelé et que j'étais à la porte de l'hôpital, tout simplement parce que, 250 euros pour 16H de travail au minimum par mois, c'était trop cher pour l'hôpital. Combien cela coute à la société, ce choix de dégraisser l'hôpital en temps de formation, en tiers payant de ces patients en CMU, en santé pour ces gens qui sont dans l'incapacité psychologique ou social de bénéficier d'une médecine libérale lorsqu'ils ont la chance de trouver un médecin?

Les médecins français étaient jusqu'alors internationalement reconnus. Ils sont le fruit d'une longue histoire de France, de la faculté de Montpellier qui fut la première faculté de médecine au monde, en passant par le siècle des lumières, Pasteur et nombre de grands médecins du vingtième siècle. Etre un bon médecin, ce n'est pas être un simple technicien car la médecine ne se résume pas à une somme de savoir. La médecine est un art. Elle demande de l'a propos pour trouver la parole, le geste ou le traitement juste. D'en faire de simples exécutants et des pions d'un système de réseau pour satisfaire une vision économique et dogmatique vont les transformer en fantômes. Le praticien a besoin de se sentir habité par son art pour être suffisamment disponible à son patient et trouver en lui la ressource nécessaire. Cette force, lié à la valeur qu'il a, lui permet de trouver le geste juste au milieu de la nuit ou dans l'immédiateté de l'urgence. Nous avons parfois des vies entre nos mains. Cela n'est pas rien! Depuis, que je suis entré dans un hôpital j'ai vu mourir des pères, partir des enfants et des mères souffrir. Ces gens se moquent des réseaux, de la télétransmission et du tiers payant. Ils veulent juste un médecin compétent et disponible. Ils veulent un être humain à leur coté, pas une machine ou un pion.

A force de faire de multiples réformes, vous tuez la médecine. Vous précarisez ces hommes et ses femmes de bonnes volontés en les coupant de leur histoire et de leur culture qui font leur richesse. Je suis psychiatre notamment spécialiste dans le changement. Domaine que les politiques semblent méconnaitre. Vous et vos confrères semblez obnubiler par le changement. Mais une fois l'idée posée, vous ne semblez pas préoccuper par la mise en œuvre de celle-ci et ses conséquences sur le terrain. Les changements doivent s'effectuer avec douceur, subtilité et psychologie au risque d'aboutir à l'effet contraire. Vous précarisez les médecins, vous leur volez du temps de soin et vous les entravez. La conséquence de cela sera que les patients retourneront voir des spécialistes en médecines parallèles ou autres gourous aux thérapeutiques fantaisistes. Pourquoi? Parce que eux, étant libres, ils auront le temps d'écouter leurs patients et d'établir une relation humaine. Je devrai faire cela finalement si je quitte la médecine classique.

Ces politiques dogmatiques ont volé ma médecine, mon étique et ma chère âme. Demain de bon matin, j'ai tant de confrères qui vont encore fermer leurs portent au nez de leur passé pour aller sur d'autres chemins. Ils n'en peuvent plus de souffrir au travail et d'être en burn-out. N'oubliez pas que le terme de burn-out a été inventé initialement pour les personnels soignants et qu'il a été démontré qu'un médecin en souffrance soignait moins bien car il n'était plus disponible dans sa tête. La carrière moyenne d'une infirmière est de 7 ans. Elles arrêtent car elles disent qu'elles pensaient faire du soin mais on leur demande autre chose: de l'administratif. Dernièrement 30% du recrutement dans les hôpitaux était pour du personnel administratif. C'est bien une soviétisation du système de santé!

Je refuse d'obéir à des diktats inhumains, à ceux qui me coupent de mes patients. Je refuse la soviétisation de la médecine car elle est inefficace. Je refuse que mon activité de médecin devienne comme celle de producteurs de légumes sous le diktat des grandes enseignes. Mes patients et moi, nous ne sommes pas des numéros. Chaque être est différent et mes soins sont personnalisés. Cela demande du temps et de la présence. Si vous aimez l'administration, la comptabilité et bien comptez et mesurez mais si vous me poursuivez, prévenez la CPAM que cela ne servira à rien de me poursuivre comme tant de mes confrères qui se sont rebellés car quand vous viendrez je ne serai plus médecin. Je déserterai la médecine que vous m'imposez. J'exercerai mon métier autrement ou en secteur 3. Là où l'humain a sa place.

Je suis terriblement triste, en colère et désabusé de ce que vous et vos prédécesseur faites de la médecine. Continuez et mes valises seront faites comme beaucoup d'autres. Alors qui vous soignera, vous et vos enfants? Vous le fils de médecin, qu'en pense votre père? Qu'en pense votre enfant interne en médecine?

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 08:56

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"Je m'en vais en vacances" chante Vincent Malone dans son disque En voiture avec le Roi des papa.

Mais à propos, qu'est ce que cela veut dire "partir en vacances" ? En effet, je suis souvent très surpris que de mes patients me rapportent que leurs troubles peuvent disparaitre totalement lors des vacances et réapparaitre dès qu'ils en reviennent. Mystère! Magie! C'est quoi les vacances puisque cela a tant de vertus?

Un hommage collectif aux congés payés de 36?

Une évasion du monde du travail?

Un droit à rêver?

Une fenêtre qui s'ouvre pour s'évader?

Un espace pour se rencontrer, se retrouver et se parler?

Un permis à consommer?

Un moment pour s'aimer?

Un temps pour ne plus penser?

Tout d'abord, il y a probablement autant de conceptions des vacances que d'individus mais avec peut-être quelques propriétés communes. Les vacances sont aussi bien souvent marketés. Il est parfois difficile de faire la différence entre ses propres aspirations et ses réels besoins et les rêves qui nous sont vendus dans cette société consumériste (cf Bernard Stiegler) au culte de l'hédonisme immédiat. Elles dépendent du mythe que l'on s'est construit. C'est quoi vos véritables vacances?

- Certains partent en camping au même endroit depuis 20 ans pour pouvoir prendre l'apéro avec leurs voisins de camping qu'ils connaissent de puis 15 ans, faire des barbecues et des parties de boules. Pendant leurs vacances, il n'y a aucune surprise. Ils reproduisent la même vie ritualisée que pendant l'année mais sans la contrainte du travail. Ils ont une activité basique à laquelle ils aspirent sans ennui à leur rythme.

- D'autres s'en vont visiter. Allant parfois jusqu'à consommer du culturel, de la visite de l'incontournable château ou du dernier graphiti préhistorique immanquable et tellement extraÔrdinaire (private joke!).

- C'est l'occasion aussi de s'adonner à une passion (voyage, musique, festival de contes, etc.) ou de répondre à un besoin.

- Certains s'arrêtent. Ils se  collent sur la plage pour bronzer tels des tortues figées, la bouche ouverte et en essayant d'avoir le minimum de mouvement après une année bien remplie. Ils vont de la plage au bungalow comme ils font métro, boulot, dodo. Ils n'ont plus envies de penser, de résoudre des problèmes, d'être stressés. Ils se mettent en veille pour lézarder sous le sunshine.

- Puis, il y a ceux qui font la tournée familiale comme chaque année. Leur lieu de vacances dépendent de l'endroit où vivent leur parents, cousins, oncles ou tantes, etc. C'est aussi le moment pour pouvoir être avec ses enfants que l'on n'a pas vu pendant l'année. Certains travaillent tard. C'est d'ailleurs assez culturel en France. Lorsque ces nobles travailleurs rentrent, ils n'ont à peine le temps de croiser leurs enfants qui s'en vont au lit. La famille, ils ne la vivent que pendant les vacances.

- Je croise aussi des jeunes couples qui ont besoin de partir une semaine ou deux chacun de leur coté, comme si ils étaient célibataires, avec leurs copains. Ils me donnent l'impression d'avoir du mal à s'engager, à renoncer, à quitter l'adolescence.

- Et vous?

En fait, les vacances que l'on choisit reflètent la conception que l'on a de soi. Les vacances, pour ceux qui ont la chance d'en prendre et de partir, permettent plus facilement à chacun de s'inscrire dans l'instant présent et de renouer contact avec ce qui est important pour eux: le plaisir, les copains, consommer, la famille, papillonner, etc. Elles permettent à chacun d'être authentique. Aucun rôle à jouer, aucune fonction à remplir. Il n'y a plus de distance entre ce que l'on fait et ce que l'on est. Donc plus de tension du à un écart entre son rôle social et son soi. Les symptômes qui étaient le reflet de la purge de cette tension disparaisse. Les vacances permettent de "décompresser", il n'y a plus besoin de s'arracher les cheveux, de fumer, de boire, se goinfrer, se ronger les ongles, etc pour pouvoir le faire.

Les vacances sont une possibilité de libre choix, de pouvoir vivre à son rythme et d'être au contact avec ses valeurs.

 

Vive les vacances!

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 15:43

 

David-Luiz scalewidth 630La coupe du monde 2014 vient de se terminer. Le lieu de celle-ci fut le Brésil et l'histoire annoncée était celle de la victoire des Dieux du foot : les brésiliens. Le sport appartient désormais à la société du spectacle et chaque évènement est scénarisé à l'avance dans l'imaginaire pour faire du buzz. Or, dans la mythologie populaire les brésiliens sont définis comme les dieux du football. La croyance est que n'importe quel joueur des rues peut-être un champion en devenir. C'est vrai que pour ceux qui ont trainé le long des plages d'Ipanema comme moi, ils ont pu être admiratifs devant la dextérité de la jeunesse brésilienne qui peut jongler pendant plus de 20 min à plusieurs sans laisser tomber la balle au sol. Pour ma part, je suis incapable de jongler avec une balle et après cinq minutes d'un tel effort dans le sable, j'ai l'impression de cracher mes poumons!

Le Brésil a gagné cinq coupes du monde, loin devant les autres : Comme éléments de comparaison,  l'Allemagne, avant celle-ci, n'en avait gagné que 3 et les Pays bas, pourtant souvent dans les phases finales, aucune. La France en a gagné qu'une en 1998.

L'aura autour de l'équipe du Brésil est forte. Pour la plus part des personnes, il suffit d'aligner onze brésiliens pour avoir la meilleure équipe au monde. Le Brésil est la machine à fantasmes du football. De ce fait, toutes l'organisation était tournée vers cette victoire qui devait consacrer à domicile ce pays qui a généré tant de joueurs hors normes : Pelé, Zico, Socrates, Ronaldo, etc.

On a observé entre les matchs et avant chaque match beaucoup d'émotions, de pleurs et de recueillements (David Luiz priait notamment à chaque match). Il a même fallu l'intervention en urgence d'une psychologue pour aider les joueurs à gérer leurs émotions. On a assisté à une "hystérisation" de la préparation de chaque match.

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Cependant, cette coupe du monde a été marquée par "l'échec" de l'équipe du Brésil qui a reçu une déculotté mémorable contre l'Allemagne en demi finale et une cuisante défaite face aux Pays-Bas lors de la finale des perdants. Pourtant cette même équipe a gagné brillamment l'année précédente la coupe de la confédération. De ce fait, si la composition de l'équipe a souvent été critiqué (absence d'un bon avant-centre et d'un grand gardien) ainsi que l'insuffisance technique de l'équipe, il est difficile de dire que cette équipe était mauvaise. On a vu comment le désir, la volonté, l'engagement ont sublimé des équipes que l'on n'attendait pas à ce niveau (Costa Rica, Colombie, Chilie, Algérie, etc.) et qui ont évincé de grandes nations du football (Espagne, Angleterre, Italie, Portugal, etc.). Alors pourquoi cela n'a pas été possible pour le brésil?

 

Aussi, malgré que je ne sois pas un grand spécialiste du football et que je ne connais pas personnellement les joueurs brésiliens, je m'autorise toutefois à quelques hypothèses psychologiques.

En effet, on peut se demander si le poids de l'histoire, du désir collectif et de l'attente du monde entier sur cette équipe et sur ces hommes n'a pas été trop lourd. Ce poids semblent avoir entraver ces jeunes joueurs et les a empêcher de se sublimer face au regard du monde. En fait, ces joueurs n'étaient apparemment pas des héros ni des dieux du stade mais peut-être simplement des hommes.

Peut-être que la construction de cette équipe s'est faite en s'appuyant sur "la naissance" de chacun et non pas sur la construction d'un collectif et d'un groupe comme cela semble avoir été le cas pour les Allemands.

Le football moderne a beaucoup évolué depuis l'époque mythique de Pelé. Il ne suffit pas d'avoir des qualités intrinsèques propre à chaque joueur pour gagner, il est nécessaire de travailler collectivement pour développer une intelligence de groupe. Ce n'est plus qu'un seul joueur qui peut faire gagner une équipe mais l'action d'un groupe qui pèse sur le jeu. Neymar le brésilien a pu un temps donner l'illusion de la force de son équipe, mais heureusement il s'est probablement blessé à temps pour ne pas être trop meurtri par la désolation finale. L'argentine s'est beaucoup appuyé sur Messi qui a fait illusion au début de la coupe du monde et qui a disparu au fur et à mesure des phases finales pour, semble-t-il, être un peu humilié par le titre de meilleur joueur de la coupe du monde alors que beaucoup d'autres ont brillé bien plus (Robben, Rodrigues, etc.).

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Et après:

Le mythe est cassé. Chaque joueur tout comme le Brésil et sa fédération de football sera confronté à la question existentielle concernant la façon de digérer de se reconstruire et de repartir face à un tel cataclysme. Le mythe est cassé. Nous savons dorénavant que les Brésiliens ne sont que des hommes qui jouent au football avec leurs doutes, leur fragilité et leurs émotions. L'annonce de leurs origines n'impressionnera plus. Ils le savent aussi. Ils vont être confronté à un choix:

- Soit de ruminer ce désastre, l'humiliation de la défaite contre l'Allemagne, la blessure de Neymar qui les a empêché de gagner le titre selon certaines croyances, etc.

- Soit se reconcentrer sur le présent.

Le premier choix ne fera qu'ouvrir la blessure et augmenter la souffrance au risque d'empêcher les joueurs de retrouver leur niveau, de les exclure du football de haut niveau et d'augmenter leur souffrance.

Le deuxième choix est le seul qui peut les amener vers de la paisibilité et les aider à continuer à cheminer dans l'élite du football. La thérapie ACT constitue la thérapie de choix pour ce travail. L'ACT est la thérapie de l'acceptation et de l'engagement (thérapie comportementale ou cognitive dite de troisième vague) :

- Tout d'abord se détacher des résultats, de la réussite et de la performance pour se reconcentrer sur les valeurs. Ce qui leur donnera de la force, ce n'est pas ce qu'ils ont fait ou feront mais ce qu'ils sont. Accueillir et accepter ce qui est arrivé pour pouvoir négocier le présent.

- Ne pas se laisser happer par les pensées hameçons qui amèneront chacun dans la rumination au risque que le passé vienne polluer le présent.

- Rire afin de prendre de la distance avec cette événement. C'est la technique de Zorba le Grec qui rigole à la fin du film face à sa terrible débandade pour danser le sirtaki sur la plage. Parce que malgré son terrible raté, il reste de la place pour faire ce qu'il aime : danser. danser lui permet de se reconnecter au plaisir de l'instant. Cette défaite n'est pas grave (aucun joueur n'est mort), elle est juste frustrante, désagréable, inconfortable, etc. Il est nécessaire de donner sa juste importance à cet évènement.

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- Ne pas se laisser polluer et attraper par les médias qui vont tenter de gratter cet évènement pendant de nombreuses années afin de faire du buzz et du papier.

Tout d'abord, face aux médias, il est préférable pour ces joueurs d'assumer : oui cela a été une débandade!, afin d'éviter les justifications qui ne feront que générer des bâtons pour mieux se faire battre.

Ensuite, cultiver une belle indifférence face à toutes questions liées à cet évènement: l'objectif est de rester bien ancré dans le présent.

Utiliser la technique de Cyrano de Bergerac qui exagère et image son nez. Cette posture a comme effet de mettre les rieurs de son coté et de couper court à la moquerie.

Nourrir un spectacle dans le présent afin d'happer les médias sur celui-ci pour ne pas qu'ils restent focaliser sur ce passé.

 

L'objectif de tout cela est de se concentrer sur le présent pour continuer son chemin. Les actions du présent prépare le futur de ces joueurs. Pour cela, le passé doit être ranger au passé dans la bibliothèque des aléas de la vie de chaque joueur, pour ne plus polluer le présent. Pour cela, il est nécessaire de densifier son présent afin d'être pris par lui et pour raccourcir la phase de transition afin que ces professionnels soient prêt lors de leur retour dans leur club. La façon dont chacun gèrera cet évènement sera une opportunité de progresser au sein de l'école de la vie.

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 11:41

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Ce que nous dit le clown…

 

Le clown a le vent en poupe en cette année 2014!

            - Le film "Tout va bien, le premier commandement du clown" de Pablo Rosenblatt et d'Emilie Desjardins est sorti en février 2014. Il s'agit d'un documentaire qui montre le chemin d'une promotion d'élèves clown à l'école du Samovar pendant deux ans.  C'est l'histoire d'un déformatage pour retrouver son authenticité et faire apparaitre son clown dans la joie, la bonne humeur et l'émotion.

            - Un documentaire sur l'immense professeur de clown Michel Dallaire, mais aussi créateur du cirque du soleil, est en préparation.

            - Pour ma part, j'ai publié le 12 mars un livre s'intitulant "Pratiquer l'ACT par le clown" aux éditions DUNOD.

 

Le clown est à mon avis une figure instructive pour tout être humain. C'est en effet un personnage de scène qui nous apprend à faire de la place en soi pour notre fragilité existentielle. Il se nourrit de ses émotions pour en faire un objet artistique selon les lois du comique. Le clown se pratique par un engagement du corps tout en laissant de coté ce cerveau qui nous "deale" tant d'histoires à dormir et debout du genre "il faut que.., je dois…" et qui déforme la réalité à l'aide de nos croyances. Autant de blabla qui ne participe qu'à construire des prisons où l'on s'enferme à double en oubliant de tout simplement vivre.

C'est par son corps que l'on accède à son intériorité et à son authenticité. Par ce corps que l'on tente de transformer, d'éteindre, de museler ou de cacher que s'exprime l'humain. C'est en se reconnectant à ses émotions et à son vécu corporel en leur laissant de la place afin de s'exprimer, même si cela fait parfois "tout chose", que l'on touche à cette sensibilité qui fait de nous des êtres humains et non des robots ou des potiches.

Le clown nous apprend à aimer nos défauts et à laisser de coté nos qualités car ils sont un bon terreau de création. Il se nourrit de toutes ces choses que nous partageons tous et que nous ne cessons de tenter de cacher afin d'avoir l'air alors que l'on n'a bien souvent pas l'air du tout!

 Il nous apprend que le contrôle est une impasse et qu'il est nécessaire de se perdre pour se trouver. Tout contrôler est le pire ennemi du clown. Beaucoup d'entre nous tentent de masquer ses fragilités et ce que nous étiquetons comme de soi-disantes imperfections. Le clown, bien au contraire, nous donne à voir son humanité. Lorsqu'il fait rire, c'est qu'il a gagné. Soyons clair, ce n'est pas un rire de moquerie mais un rire de tendresse. Ici, point de cynisme ou de moquerie mais de l'empathie et de la compassion. C'est son ridicule qui nous touche car il nous autorise à être de simples humains.

Il nous apprend à aimer les questions car elles sont sources de dynamisme alors que les réponses figent.

Le clown est positivement subversif, il nous aide à sortir des rails. Les rails, ce n'est pas la vie. Pour ma part, je préfère papillonner.

 

Le clown est un être très sensible et très lucide. Il est maladroit et inapte à la situation. Pourtant, on aime le clown et on admire l acrobate. Le clown est humain et l'acrobate est performant. Donc, si nous voulons être aimer pourquoi passons nous tant de temps à faire, à épater autrui, à être le meilleur au lieu de tout simplement être soi? Voilà une question!

 

Le clown recherche son personnage dans les peurs du comédien. Si tu es une femme et que tu as peur de ne pas plaire ou d'être môche et bien habille toi et maquille toi de façon môche et tu verras ton clown apparaitre. Si tu as peur d'être autoritaire et bien joue à être autoritaire et ton clown sortira. Notre clown s'exprime dans nos brèches que nous choisissons d'explorer.

 

Le clown propose un espace de liberté que symbolise son nez. En le portant, on retire sa pudeur pour ouvrir un espace d'exploration et de jeu. On ne cherche plus à avoir l'air.

Le clown est un engagement. Il vit à 500%. Il ne supporte pas la médiocrité. Pour être clown, il faut donner de la matière et être généreux. Un clown ne se pose pas la question comment il va faire et où il va. Il y va tout simplement et ensuite il compose selon son personnage et les lois du comique.

Le clown surfe sur les concepts des thérapies ACT tout comme l'ACT bénéficie du travail sur le corps et l'instant du clown.

 

Le clown est une belle aventure, un shoot de vie et d'humanité. Je vous encourage à aller à sa rencontre.

 

Jean-christophe Seznec

 

"Pratiquer l'ACT par le clown" de Jean-Christophe Seznec et Elise Ouvrier Buffet  aux éditions Dunod

 

Il y a un film de présentation sur le site suivant:

 

http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/psychologie/psychotherapie/pratiquer-lact-par-le-clown

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