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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 17:22
Offrez vous un instant - pleine conscience et méditation libre à tout moment

Notre société nous happe continuellement dans le tourbillon de la vie. Nous passons notre vie à faire en oubliant souvent d'être. Nous ruminons le passé, nous nous inquiétons du futur, nous suivons des objectifs et nous commentons sans cesse notre vie quand ne nous la jugeons pas. L'agitation que la vie actuelle en société produit nous amène à purger notre tension dans des comportements souvent absurdes et délétères pour notre santé (manger, fumer, boire, s'arracher les cheveux, consommer, s'agresser, etc.), du stress et de l'anxiété ou des somatisations. A l'instar des nuits debout, nous proposons de vous asseoir le jour, dès que cela se présente, dès que vous avez besoin ou envie, pour vous offrir un moment de vie, pour être juste là avec ce que l'on a et vivre une méditation libre et ouverte le temps que vous avez. Nous vous proposons de ralentir et d'expérimenter le fait d'être en vie ici et maintenant.

La méditation est une réponse simple et efficace accessible à tous qui a fait scientifiquement ses preuves. De plus en plus de personnes la pratiquent quotidiennement, nous pensons qu'elle pourrait être intégrée dans la vie publique comme s'asseoir en terrasse ou boire un verre . Tout le monde peut en bénéficier (Adultes, enfants, etc.)! Ralentir permet de voir le monde comme un "coucher de soleil" et non comme un problème. Une maxime dit qu'il peut être bon de méditer chaque jour un quart d'heure. Mais si nous n'avons pas le temps, il est nécessaire de méditer une heure! Alors posons nous et asseyons nous tous ensemble (http://www.sasseoir-ensemble.fr/).

Probablement en prenant le temps de nous recentrer sur nous et de prendre soin de nous, nous arriverons peut-être à prendre soin des autres et du collectif.

Le 13 mai, de 10H à 14H aura lieu le premier moment de méditation tous ensemble où que vous soyez. Des partages sont organisés dans de nombreuses villes de France et de Belgique. Ce sitting est le premier d'une longue série que nous espérons voir se développer. Nous avons l'audace de le faire parce que, par cette pratique, nous nous sommes libérés de la peur de l'autre et de son regard. En outre, nous savons que c'est collectivement ainsi que nous nous sentirons mieux et que nous arriverons à vivre plus paisiblement ensemble.

Faire avec ce que nous avons à cet instant, en pleine conscience, est probablement la vraie richesse que nous pouvons posséder. Nous serions fous de ne pas le vivre! Rejoignez nous!

Venez avec votre coussin et d'autres à partager. Asseyez-vous où que vous soyez. Pour ma part, le 13 mai, je serai à l'angle de l'église Saint Germain à Paris. Et vous?

Le moment du 13 mai est organisé par le collectif méditation et bienveillance est un collectif regroupant des citoyens mais aussi des thérapeutes faisant la promotion de la pleine conscience pour la santé de tous et pour l'éclosion d'une nouvelle humanité. Cet évènement aura lieu à Paris, Liège et ailleurs.

PS: J'ai fait le rêve que les SDF assis dans les rues deviendraient les gardiens des coussins de pleine conscience pour permettre aux actifs de ralentir. Ainsi, nous pourrions, en échange d'un don, nous asseoir à coté d'eux pour méditer. Nous serions les uns et les autres à nouveaux connecter. Il n'y aurait plus d'exclus. Juste des êtres humains.

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Published by Jean-Christophe seznec
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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 22:57
La marche, c'est le pied!

L'activité sportive est porteuse de nombreuses vertus physiques mais aussi psychologiques. En effet, elle est anxiolytique et antidépressive. Elle est un bon adjuvant à toute thérapie. Certains pays étrangers intègrent la pratique sportive au cours des hospitalisations en psychiatrie. Lorsque l'on prescrit une thérapie par les rythmes, il est encouragé de sortir dehors pour avoir une activité physique le plus tôt possible de la journée en modulant celle-ci en fonction de la forme du jour.

Cependant tout le monde n'a pas le courage, l'envie ou les capacités de pratiquer un sport. Pas de problème, la marche à pied possède elle-aussi de nombreux bienfaits qui ne peuvent vous échapper!

Tout d'abord parce qu'elle est accessible à tous quelque soit la forme et l'âge. Elle améliore la santé cardio-vasculaire et accroit l'énergie. Elle renforce la masse osseuse et facilite la perte de poids en luttant contre la sédentarité qui s'avère être l'un des maux de notre époque. Pour aller dans ce sens, certains médecins ont vanté les mérites des bureaux où l'on travaille debout. Des extrémistes disent que la position assise tue!

La marche tonifie les muscles et galbe les jambes. Elle contribue à une meilleure digestion et elle renforce le système immunitaire tout en détoxifiant le corps. Elle diminue le risque de cancer du colon de 40%.

Au niveau psychologique, elle améliore l'humeur et le sommeil, réduit le stress et vous procure une sensation de bien-être. Elle augmente l'attention et la prise de décision

.

Alors ne cherchez pas plus loin, au lieu de payer des sommes astronomiques dans des salles de gym, des séances d'aquabike ou autre objet du marketing de la forme, de vous martyriser avec des régimes qui vous transformeront en peine à jouir tout en salivant devant la moindre sucrerie ou de culpabiliser de ne pas faire votre footing le week-end, commencez par marcher régulièrement. Cela sera déjà un bon début pour prendre soin de vous.

Cela se pratique en montant les escaliers au lieu de prendre l'ascenseur, en se rendant à pied au marché ou à la boulangerie, en ne prenant pas le métro tout de suite ou en ne sautant pas dès que vous avez quelque chose à faire dans votre voiture ou dans un taxi. Le week-end, il existe d'excellents clubs de marche où vous alliez contact avec la nature, partage avec d'autres congénères et activité physique. Vous pouvez aussi vous acheter un chien si vous faites l'effort de le promener au lieu de le laisser déféquer dans votre jardin (il y en a!). C'est une question de choix!

Les cardiologues disent qu'il est nécessaire d'effectuer dix milles pas par jour pour avoir une action cardioprotectrice. Le commerce des objets connectés surfe sur ce chiffre en proposant de nombreux podomètres qui évaluent votre activité physique.

D'un point de vue psychologique, le bénéfice d'une action est potentialisée lorsqu'on la pratique de façon engagée et en pleine conscience. Une étude a comparé des femmes de ménage qui connaissaient les vertus d'un métier physique à un autre groupe de femmes de ménage qui n'en connaissaient pas les bienfaits. Après un an, celles qui étaient au courant des bienfaits de la pratique avaient significativement moins de problèmes de santé. Fort de cela, j'ai déjà croisé Christophe André pratiquer certaines thérapies de groupe en marche active dans le parc Montsouris proche de l'hôpital Sainte-Anne.

Alors, si vous êtes anxieux, si vous avez des soucis, si vous souffrez d'une souffrance au travail, si vous sentez une envie de vous arracher les cheveux pour les personnes souffrant de trichotillomanie ou de manger en dehors des repas pour les personnes souffrant de boulimie sortez dehors pour marcher régulièrement tel Forest Gump! Vous purgerez vos émotions au lieu de vous en prendre à vous-même ou à votre entourage.

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 07:51
Faut il avoir peur de la peur?

La peur est une émotion mal aimée parce qu'elle fait peur!

Et si on ne faisait plus un problème de la peur?

La peur est une émotion. Le rapport que nous entretenons avec celle-ci est à l'origine de nombreuses pathologies et de multiples souffrances! Pourtant, la peur est très utile aux hommes car elle a permis à nos ancêtres de survivre à des dangers en les alertant. N'oublions pas que nous sommes le produits de génération d'êtres humains qui ont survécu grâce à la peur!

A quoi servent les émotions?

Les émotions nous informent d'un besoin afin de nous adapter à une situation. Elles nous donnent de l'énergie afin de satisfaire ce besoin. Nous ne sommes pas responsables de nos émotions, même si le regard que nous choisissons d'avoir sur une situation influe sur l'émergence de l'une d'entre elles, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons. En l'occurrence, la peur nous informe souvent d'un besoin de sécurité ou de réassurance.

Faire la paix avec nos émotions et avec la peur

Les émotions sont inhérentes à notre nature d'être vivant et d'être humain. Il est impossible de vivre sans peur et sans émotions (A moins d'être un robot ou une cafetière électrique ce qui n'est pas notre cas apriori!). Elles se traduisent souvent par un vécu corporelle et un flot de pensées. De nombreuses personnes sont "allergiques" aux émotions. Cette attitude est vaine car il est impossible d'échapper à un mécanisme physiologique intrinsèquement lié à notre nature. Cependant certaines personnes finissent d'avoir peur d'avoir peur

Je propose souvent à mes patients de répéter le mantra suivant "J'accueille et j'accepte d'avoir des émotions car cela signifie que je suis un être vivant et un être humain". En effet, une grande partie de la souffrance que nous ressentons est issue de la lutte que nous entretenons avec notre vécu intérieur. Cette lutte est l'objet d'une double peine!

Allez mieux consiste souvent à prendre conscience de cette expérience intérieure faite de pensées et d'émotions et de l'accueillir en lui faisant toute la place nécessaire pour négocier la situation.

Qui est à l'origine de notre peur?

Notre cerveau émotionnel a une obsession pour les situations paisibles, tranquilles et en ordre. Il ne cherche que l'équilibre. Or vivre, c'est être en mouvement et le déséquilibre. Pour tenter de réaliser son fantasme, il va tenter de nous raconter des histoires sur le danger de telle ou telle chose et nous faire ressentir la peur pour nous alerter de tout ce désordre. Pour lui, risque est égal à danger. Tout simplement parce qu'il a pris ses aises dans notre corps à l'époque de l'homme préhistorique. Ce dernier vivait dans la savane dans des petits groupes d'hommes. Il devait anticiper que peut-être derrière le rocher situé à 300 mètres pouvaient se trouver un tigre aux dents de sable. A l'époque, il était important d'anticiper car une fois qu'on l'avait vu, c'était souvent trop tard. Nous vivons dans une époque moderne depuis moins de deux cents ans. Actuellement, nous pouvons nous retrouver à 200 dans une rame de métro. Notre système d'alerte peut vite se mettre à sonner alors qu'il n'y a plus, depuis longtemps, de tigres aux dents de sable! Alors, vous imaginez combien cela peut-être désagréable ou inconfortable pour des personnes au système d'alerte sensible de se retrouver au supermarché le samedi matin!

La peur qui s'emballe!

Revenons à nos moutons, ou au moins à notre peur! Cette émotion nous alerte d'une situation intérieure ou extérieure à gérer.

Lorsqu'elle s'installe dans notre cerveau, elle va se transformer en anxiété ou en phobie. La personne sera tenté d'attraper des pensées hameçons qui vont l'embarquer dans des scénarios catastrophes. ces scénarios catastrophes peuvent s'organiser autour de phobies. Le traitement sera principalement cognitif.

Lorsque la peur est plus physique, elle procure plutôt de l'angoisse. La personne apprendra à apaiser ce ressenti corporelle et à se désensibiliser de celui-ci. Les techniques de respiration et de relaxation seront très utiles.

Certaines personnes sont naturellement anxieux ou hypersensible ce qui engendre un système d'alerte trop vif. Un peu comme si votre sirène anti-incendie se déclenchait à chaque fois que vous faites la cuisine ou que votre chauffage dégage. Il est nécessaire parfois de savoir composer avec cette réactivité émotionnel.

D'autres personnes ont été déstabilisées par une pensée anxieuse ou une situation (trou d'air lors d'un vol en avion, etc.). Dans un contexte propice (fatigue, surmenage, évènement brutal ou incompréhensible, etc.), cette expérience émotionnelle ne se digère pas et se cristallise pour générer un trouble anxieux.

Il existe aussi des personnes dont l'histoire de vie a été insécurisant ou bien que les relations de maternages avec les parents ne leur ont pas appris à s'apaiser et à se réconforter. Ils n'ont pas appris une gestion émotionnelle de soi. Ils n'ont pas incorporé ces mécanismes qui permettent de faire baisser automatiquement la tension intérieure.

Comment apprivoiser la peur, l'anxiété et les phobies?

Le problème n'est souvent pas l'objet de notre peur mais notre rapport à celle-ci et la façon dont nous la gérons et accompagnons son apparition.

Lui faire de la place et sortir de la lutte. Nous avons à apprendre à cohabiter en bon voisinage avec nos émotions. Elles seront toujours là. Plus nous seront en paix avec elles en prenant l'information et l'énergie qu'elles nous donnent, plus nous vivrons bien en leur compagnie. Plus nous nous agiterons à leur coté, plus elles nous envahirons pour noircir notre vie.

Travailler la respiration ventrale qui permet d'apaiser notre intériorité et qui maintient la peur au niveau de notre ventre. La respiration thoracique, ou celle qui fait bouger nos épaules, favorise l'anxiété. Lorsqu'elle ne trouve pas suffisamment de place dans notre respiration ventrale, la peur risque de monter dans la tête pour secouer notre cerveau. Il va en tomber de nombreuses pensées anxiogènes qui vont entretenir notre peur et notre anxiété.

Ne pas attraper les pensées hameçons. Les laissez passer comme nous laissons passer les nuages dans le ciel en nous focalisant sur notre vie. Nous nous ajustons à la météo pour nous habiller et pour vivre mais nous ne passons pas notre journée à observer les nuages ou le baromètre. Nous avons à maintenir la même attitude vis-à-vis de la peur.

Pratiquer la méditation pour pouvoir accueillir ce qui est là à l'instant présent sans jugement ni commentaire.

Apprendre à la traverser. Plus on recul fasse à la peur, plus elle grossit. Elle est comme un nuage lorsque nous la traversons. En outre le bonheur est souvent l'autre coté de la peur. De nombreux rituels traditionnels pour passer de l'enfance à l'âge adulte. Sur l'ile de Vanuatu, l'adolescent doit sauter d'un promontoire avec les jambes liées par une liane. C'est l'ancêtre du saut à l'élastique. On doit avoir sacrément peur!

Etre adulte est savoir "vivre avec la peur". Cette phrase signifie que la peur sera toujours là même si elle n'est pas forcément constamment devant nos yeux pour occulter la vie. Par ailleurs, il y a aussi le mot "vivre " dans cette phrase. A nous de continuer à faire ce qui est important pour nous pour alimenter notre vie malgré la présence de la peur.

Nous exposer progressivement à l'objet de notre peur. Il est possible de se désensibiliser à la peur selon le même mécanisme en pallier progressif de la désensibilisation à un allergène.

Identifier les pensées automatiques pour construire des pensées alternatives et démanteler nos scénarios catastrophes qui alimentent le regard que nous portons sur ce que nous vivons. C'est ce que l'on appelle la restructuration cognitive.

Savoir sortir notre bouclier de chevalier pour laisser glisser certaines situations sans leur donner prise au risque de déclencher une émotion.

Aller à la recherche de la vérité et ne pas toujours croire notre cerveau qui nous raconte plein de salamalecs. On les repère par des pensées qui commencent par "je me dis". Méfiance, elles sont souvent des croyances qui se nourrissent des distorsions issues de notre cerveau émotionnel.

Regarder la vie comme un coucher de soleil et non plus comme un problème (métaphore utilisé en thérapie ACT).

Faire de la place à l'être humain que nous sommes. J'adore ressentir des émotions car elles m'informent que je suis en vie. Quand on pense que des personnes paient pour monter des manèges afin de ressentir la peur alors que la vie est un véritable grand huit lorsque l'on y est engagé.

Plus on est actif dans la vie moins on a peur.

Pour aller plus loin :

"Je me libère de mes phobies" Jérôme Palozzolo

"Psychologie de la peur" Christophe André

"La force des émotions " Christophe André et François Lelord

"Tristesse, peur, colère" Docteur hahusseau

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 14:57
La culpabilité : est-ce bon pour la santé?

La culpabilité est phénomène intérieur composé d'une émotion et d'un flot de pensées qui s'impose à soi lorsque l'on a le sentiment que l'on a eu un comportement, une émotion ou une pensée en contradiction avec une norme morale à laquelle on se réfère. la culpabilité fait suite à un reproche que l'on se fait ou que l'on nous a fait. Elle s'exprime par un sentiment de tension, d'anxiété et d'agitation intérieure désagréable, pouvant être parfois douloureux. Elle fait le lit à la rumination et à la dépression.

En outre, la culpabilité concerne une situation passée que l'on juge dans le présent pour laquelle nous n'avons aucune action possible afin de rejouer celle-ci de façon différente. Certes nous pouvons apprendre de nos erreurs mais faut-il obligatoirement passer par de la souffrance?

Pour ma part, je n'aime pas souffrir gratuitement. Je ne suis pas masochiste et j'ai l'orgueil de penser que je suis suffisamment intelligent pour apprendre et prendre mes responsabilités afin de faire un choix congruent avec mes valeurs et le contexte. Alors, afin de me rapprocher de ce désir de savoir négocier au mieux la vie sans avoir à me rajouter de la souffrance, je me suis posé la question de cette fameuse culpabilité que l'on peut ressentir ou que l'on veut parfois nous faire ressentir.

Un comportement est un acte que l'on fait en réalisant un arbitrage intérieur entre ce qui nous fait plaisir, ce dont nous avons besoin et ce qui est important pour soi tout en tenant compte du contexte. Dans ce contexte, il est inclus nos congénères sur lesquels nos comportement peuvent avoir un impact. Il dépend des informations que nous avons eu ou pris à un instant "t". Il est donc difficile de se reprocher quelque chose ensuite lorsque de nouvelles informations nous amènent à reconsidérer nos choix.

Pour qu'un comportement soit juste, cela demande plusieurs compétences:

- de savoir effectuer un choix et de l'assumer

- de savoir tenir compte de l'autre et d'être capable d'empathie, d'altérité voir d'altruisme.

- de savoir être responsable, indépendant et libre de son choix.

- de savoir accueillir notre imperfection,

- de savoir faire de la place à la tristesse liée aux conséquences de nos choix. En effet, ceux-ci nous emmènent dans une direction et nous avons à renoncer aux autres directions que nous aurions pu prendre avec un notre choix avec parfois du regret.

Toutes ces compétences demandent du temps et un apprentissage pour les obtenir. Aussi, je me demande si la culpabilité, au fond, n'est pas "la police' des enfants pour les aider à grandir et à ressentir leurs responsabilités dans une culture judéo-chrétienne. Elle leur permet de ne pas sortir des clous sous le joug du désir et de la toute puissance. Elle permet au parent de réconforter l'enfant tout en reconnaissant son erreur avec lui.

Culpabilité et immaturité

Si nous extrapolons, est-ce que les adultes qui ressentent de la culpabilité ne sont pas en fait des personnes présentant une certaine proportion à l'égocentrisme et à l'immaturité. La culpabilité serait alors un outil pour éviter de prendre la réelle responsabilité du choix de leurs actes? De plus, se sentir coupable, revêtu d'une certaine dose de victimisation afin de tenter de faire venir un sauveur qui leur dirait que ce n'est pas si grave, ne serait pas une fausse bonne solution pour éviter la tristesse d'un choix malencontreux? Face à quelqu'un qui partage sa culpabilité, il peut-être intéressant de ralentir pour observer ce que cela nous amène à ressentir et de voir si cela nous amène pas à être absorber dans le jeu victime/bourreau/sauveteur?

Culpabilité et manque d'assertivité

Une autre facette de la problématique de la culpabilité est d'oser s'engager sur un chemin personnel et de renoncer à satisfaire totalement les personnes qui nous entourent. En effet, ce qui est important pour nous, ne l'est pas forcément pour les autres. Pour nous rassurer ou pour échapper à l'inconfort de la solitude de notre décision, nous pouvons être tentés de nous appuyer sur le regard d'autrui. Ce n'est pourtant pas très fonctionnel car ce qui est important pour nous ne l'ai pas forcément pour les autres. Nous ne savons pas ce que pense les autres et c'est souvent beaucoup plus trivial que ce que nous imaginons. Enfin, on ne peut empêcher les autres d'avoir des opinions. Nous avons tous des gouts différents. Cette différence ne signifie pas que nos décisions et ce que nous sommes soient sans valeurs. Nos choix nous amènent parfois à déplaire et à avoir à l'assumer. La culpabilité serait dans ce cas une émotion qui vient nous protéger dur risque d'être exclu du groupe par un choix différent du fait d'un manque d'assertivité.

Culpabilité et jugement

La culpabilité est liée à la notion de faute et de condamnation pour celle-ci. Les seules personnes compétents à juger et déclarer qu'il y a faute sont les juges d'état et les arbitres sportifs. Il n'y a pas de norme, juste des règles sportives et des lois. En dehors de ces cadres légaux, nous sommes libres de faire ce que nous voulons du moment que nous en assumons les avantages, les inconvénients, les risques, les coûts et les réactions. A nous d'être vigilant de ne pas mettre l'autre dans une position de jugement. Pour celui-ci, il faut être deux. Celui qui juge et celui qui accepte d'être juger. Nous sommes libres de ne pas instaurer de tribunaux dans notre tête. Cette notion est culturellement lié à notre contexte judéo-chrétien. La philosophie de celle-ci est construite autour du pêché originel d'Eve qui a croqué la pomme qui rend tous les humains responsables de celui-ci. Cette notion a permis à la religion chrétienne de construire un gendarme intérieur afin d'aider les disciples à se discipliner et à ne pas se faire happer par les désirs et les pulsions. Il y a d'autres façons de gérer ces envies. Nous sommes libres de nous émanciper de ce principe.

Culpabilité et personnalités pathologiques

Un autre contexte à la culpabilité est lorsque quelqu'un essaie de vous faire ressentir de la culpabilité. Cet injonction peut être une façon de soumettre l'autre. Le problème est-ce soi qui a fait un choix critiquable ou la personne qui tente de nous faire ressentir de la culpabilité en nous jugeant et choisissant de poser au-dessus de nous ?

Je me demande si certaines personnes confrontées, elles aussi, à une problématique infantile (immaturité, toute puissance et égocentrisme) ou à un manque d'estime de soi, ne tentent pas de faire ressentir de la culpabilité à leur entourage afin d'essayer en vain de ne pas ressentir une souffrance existentielle liée à une situation relationnelle (désaccord, frustration, inconfort, embêtement, etc.). Cette posture serait une tentative de lutte à la souffrance inhérente à notre nature d'être humain. Aussi, prenons le temps chacun de regarder comment accueillons-nous le désarroi de l'autre, son imperfection, sa fragilité sans juger, sans commenter et sans lui procurer une double peine, celle de la culpabilité, afin de le soumettre à nos désirs et à nos envie de réassurance et de toute puissance? Comment faisons place à notre inconfort dans une situation relationnelle sans chercher une victoire sur l'autre en le culpabilisant? Finalement culpabiliser l'autre est une façon de refiler à l'autre "la patate chaude" de la responsabilité.

Le comble de cela est certaines personnalités pathologiques comme le psychopathe ou le pervers narcissiques qui utilisent la culpabilité comme une arme projective et de pouvoir. On retrouve dans ces organisations pathologiques de la personnalité souvent une immaturité, un manque d'estime de soi et une alexithymie (difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions ou parfois celles d'autrui). Ces personnes à la vie fantasmatique pauvre avec comme résultat une pensée utilitaire ont tendance à passer à l'action sur l'autre pour éviter les conflits et les situations intérieures stressantes.

Pour de pas s'engager dans la culpabilité ou la culpabilisation de l'autre, est ce que cela ne demande pas de s'autoriser à ressentir toutes la palette émotionnelle qui nous permettra de prendre les informations afin d'avoir les actions nécessaires pour nous adapter à un contexte?

Lorsque l'on souffre d'alexithymie, culpabiliser l'autre est aussi une façon de se protéger de la dépression. Ressentir de la culpabilité au contact de quelqu'un est une information sur la relation que l'on entretient avec cette personne mais aussi sur sa personnalité. Au lieu de mordre à cet hameçon égocentrique, il est intéressant de ralentir pour observer cette relation, prendre l'information et faire un choix sur la façon de l'aborder.

Point d'orgue

Voici beaucoup de questions sur un sujet sensible et passionnel. En effet, trop de culpabilité est source d'handicap, ne pas en avoir peut faire l'objet de reproche ou prendre le risque d'être étiqueté d'insensible si ce n'est de personnalité pathologique (si ce n'est pas le cas!!! sourire!)…

Je choisi dans cet article d'assumer mon opinion. Qui n'est que la mienne!!!

De culture libertaire, je suis sans dieu ni maitre. Aussi, je n'autorise personne à essayer de me culpabiliser en se mettant au -dessus de moi. Cela ne m'empêche pas de me tromper ou d'être maladroit. Je pense que si on est authentique, mature, responsable et engagé, on n'a pas besoin de la culpabilité et de sa souffrance pour évoluer et apprendre. Il existe suffisamment d'autres émotions qui nous aident à nous ajuster et corriger nos choix. Il existe d'autres possibilités pour entendre la souffrance dont on est peut être à l'origine. Il est possible de faire des démarches actives de réconciliation dans la bienveillance et la mansuétude. La guerre contre soi ou contre les autres n'amènent qu'à la guerre. La culpabilité nous enferrent dans le passé. A nous de tenir compte de celui-ci pour rester dans le présent. La pleine conscience est un merveilleux outil pour nous ajuster au mieux ici et maintenant, pour faire émerger le meilleur de nous même et pour considérer les autres. Plutôt que de culpabiliser, je préfère avoir des actions de paix avec moi-même ou avec les autres. Comme la bienveillance, la gentillesse et l'humanisme sont mes points cardinaux pour diriger mes actions, je dis de façon authentique : que je suis désolé, que j'ai blessé par ignorance ou fait preuve de maladresse. je me sens une âme de débutant qui questionne, qui apprend en permanence et qui tire leçon de toutes choses pour négocier mieux le futur même lorsque je ne le verbalise pas. En tout cas, la pleine conscience me permet de tenir compte de l'autre sans avoir à passer par la souffrance de la culpabilité comme gendarme de mon intériorité. C'est peut-être parce que j'ai ressenti pendant longtemps les affres de la culpabilité sans en voir l'intérêt que j'ai fait l'effort d'aborder différemment la vie. Lorsque je compare, j'ai plus appris depuis et je suis plus heureux.

Qu'en est-il pour vous? Qu'en pensez vous?

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:19
Les médecins ont les nerfs à vif!

Comment va-t-il être possible de signer une nouvelle convention médicale avec l'assurance maladie dans ce contexte?

Les élections URPS qui a eu lieu en décembre 2015 a permis le renouvellement des représentants syndicaux des médecins au sein des différentes chambres régionales. La ministre a tenté de maintenir des partenaires favorables à sa politique en anticipant ces élections. Malheureusement pour elle, de nombreux syndicats représentant la contestation actuelle siègent dorénavant dans les instances.

A la suite de ces élections, une nouvelle convention doit être signée entre les représentants syndicaux et l'assurance maladie concernant le prix des actes médicaux remboursé par la CPAM. La discussion a commencé le 24 février. Le contexte n'a jamais été aussi tendu entre les médecins et les caisses pour de nombreuses raisons:

- Les médecins sont pressurisés depuis de nombreuses années par l'Etat qui profite de leur vocation pour abuser de leur dévouement toute en les culpabilisant régulièrement. Leur rémunération a augmenté de 4,5% en 30 ans. Si elle avait suivi l'évolution du SMIC, la consultation du médecin généraliste ne serait pas à 23 euros mais à 48 euro!. Les médecins français sont les moins bien payés d'Europe. La rémunération n'a jamais été corrélé avec l'évolution du cout de la vie.

- La Loi santé a été votée contre l'ensemble du corps médical sans aucune concertation et dans un mépris affiché de la ministre de la santé envers les libéraux. Une très large majorité des médecins sont écœurés et en colère. La base s'est réveillée et exprime des demandes en opposition avec les conventions précédemment signés par les précédents représentant syndicaux. Cette situation sociale ne va pas permettre des débats sereins pour trouver des compromis. Comment discuter alors que l'on a demandé aux médecins sur le terrain de se taire pendant que la Loi Santé était voté?

- Thomas Diétrich, le président de la conférence de la santé, a récemment démissionné dans un grand fracas devant l'absence de démocratie de la part du ministère. Il met en cause une approche stalinienne de la santé au profit des mutuelles.

- La CPAM affiche ouvertement une approche comptable de la médecine qui est coupée de la réalité de l'exercice de la médecine. En effet, seule la consultation est rémunérée (rencontre physique entre un patient et un médecin.) Il est tout a fait illégal de facturer un acte en dehors de cette situation. Tout le reste de l’activité de votre médecin ne l’est pas. La sécurité sociale ne sait pas qu’un médecin utilise dans sa pratique quotidienne le téléphone, internet, Skype, des iMessages, des boites mail, des pièces jointes à lire, des relations avec l’hôpital, des déplacements pour voir ses patients hospitalisés, des parents angoissés qui téléphonent tard le soir, des lettres d’adressage, des demandes d’avis d'expertise, des lettres aux juges ou aux assurances, des coups de fil d’avocats, de magistrats, d’assistante sociale, etc. Pour la CPAM, le travail du médecin est uniquement de recevoir un patient et de prescrire. Point! Dans ce cadre, un médecin doit le faire le plus vite possible, si il veut gagner sa vie en prenant le risque de ne pas toujours proposer la meilleure prise en charge et de se faire reprocher de trop prescrire.

- Du fait de cette médecine qui est devenu industrielle avec des rémunérations "à la performance" organisée par la CPAM, cette dernière harcèle les médecins qui sortent des clous du fait de la spécificité de leur pratique en n'hésitant pas à organiser des procès pour des délits statistiques (c'est-à-dire contre ceux qui dépassent les moyennes nationales).

- Pour couronner le tout, l'Etat a organisé un grand conflit d'intérêt afin de tenter de verrouiller les signatures des syndicats de médecins. En effet, savez-vous qu'en France, le financement des syndicats des médecins libéraux s'effectuent à l'aide de subvention de l'assurance maladie. Vous me direz que c'est la même chose que pour les partis politiques qui touchent une subvention en fonction du nombre de voix. Oui mais les hommes politiques, une fois élu, sont libre de voter comme il le souhaite. Ce n'est pas le cas pour les syndicats des médecins libéraux. Ils reçoivent leur subvention uniquement si ils signent la convention. Dans le cas contraire, ils ne peuvent pas siéger à de nombreuses réunions notamment pour discuter des amendements de la convention qui régit l'exercice des médecins. Lors du vote de l'avenant 8 qui a préparé à la Loi santé, le CSMF a touché 1 068 700, le SML 900 000 euros et le MG France 731 250 euros suite à leur signature. Ensuite la FMF a signé tout en dénonçant ce principe de subventionnement. Seul le BLOC n'a pas signé, faisant ainsi l'impasse sur 300 000 euros par an. Cette subvention dépasse fréquemment l'argent récolté par les cotisations des adhérents. De ce fait, le financeur principal des syndicats n'est plus les médecins libéraux mais l'assurance maladie. Ainsi, la CPAM organise un système pervers qui soumets les médecins via les syndicats qui les représentent en achetant leur vote. Il s'agit d'un véritable déni de démocratie. Lorsque l'on sait que l'état a voté une loi afin de compter les cafés payés par l'industrie pharmaceutique et que de l'autre coté il organise un véritable conflit d'intérêt via l'assurance maladie! D'un coté, on vous dit que l'Etat fera tout pour que votre médecin n'utilise pas son stylo publicitaire pour prescrire sous la dictée de l'industrie mais il ne vous dit pas qu'il fait tout pour que votre médecin fasse la médecine décidée par l'Etat et les mutuelles. Est-ce la justice?

Alors comment sera-t-il possible de signer une convention honnête et juste dans un tel contexte?

  • L'assurance maladie ne voudra pas dépenser plus d'argent pour rémunérer les médecins en omettant de prendre en compte le fait qu'un médecin mieux rémunéré prendra plus de temps avec son patient, le soignera mieux et donc coutera moins au budget de la santé. Il pourra ainsi s'appuyer sur une relation thérapeutique de qualité qui est le préalable à tout soin au lieu d'une relation de consommation que l'on observe de plus en plus au détriment des patients.
  • Les syndicats auront-ils le courage d'être honnête et de résister à la tentation de l'argent et de se faire "acheter" par l'état ou se soumettront?
  • Le torchon va-t-il bruler entre la CPAM et les médecins avec une émancipation de ceux-ci d'un système de plus en plus stalinien et en contradiction avec l'art de la médecine et le serment d'Hippocrate?

Le système de santé français est au bord de la faillite. Les médecins sont exsangues de leur combat contre la Loi santé et du mépris dont ils font l'objet de la part des instances.. Ils souffrent de Burn-out et sont fatigués de ne plus pouvoir correctement exercé leur art pour l'intérêt de leurs patients. Ils sont de plus en plus nombreux à renoncer à exercer ce métier en libéral.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 15:18
Les thérapies de 3ème vague,  c’est quoi au juste ?

Terminé les méthodes interminables pour soigner nos bleus à l’âme. Les toutes dernières thérapies nous réconcilient avec nos émotions et nos souffrances en quelques mois. Explications avant de plonger.

C’est quoi au juste ?

Les thérapies de 3ème vague font parties des thérapies comportementales et cognitives. Elles ont vu le jour dans les années 80 aux Etats-Unis et ont déferlé en France il y a environ 5 ans. Parmi les plus connues La pleine conscience appelé aussi Mindfullness (observation des pensées & l’acceptation) et Les Thérapies ACT (Thérapie d’aCceptation et d’engagemenT). Si les deux premières vagues s’attachaient davantage à combattre les pensées automatiques ou à déprogrammer nos comportements nocifs pour les remplacer par de nouveaux comportements mieux adaptés, les thérapies de 3ème vague, elles, mettent davantage l’accent sur l'acceptation sans jugement des pensées et des émotions négatives plutôt que sur leur modification. Avec notamment une acceptation plus marquée de la souffrance. « La souffrance est inhérente à la vie, cela ne sert à rien de la nier ou de l’éviter au risque de se mettre dans un état de lutte permanente. L'important est de savoir accueillir ce qui se présente à nous afin de choisir la façon de le négocier. explique Jean-Christophe Seznec Psychiatre, spécialiste en thérapie comportementale et cognitive. Nous aurons tous à faire face un jour ou l’autre à un vol, une déception amoureuse, un accident. Les émotions de vie sont comme des vagues. A vouloir lutter constamment contre on finit par s’épuiser et boire la tasse. Car lutter contre ses pensées et ses émotions les renforcent. On peut passer sa vie à chercher à comprendre pourquoi il y a ces vagues. L’idée des thérapies de 3ème vague c’est d’apprendre à surfer ces vagues pour se rapprocher de ce qui est important pour soi. Il s'agit de thérapies inscrites dans le présent qui est le seul endroit où nous pouvons agir et où se situe la vie ».

Concrètement ça donne quoi ?

Les séances individuelles ou en groupe permettent d’apprendre à observer et à accueillir ces obstacles internes ou externes du mieux possible. « On apprend au patient à ne plus voir les choses comme des problèmes explique notre expert mais plutôt comme un coucher de soleil. L'important n'est pas ce qui nous arrive mais ce que nous en faisons. Du coup l’événement devient moins insupportable et la confiance en soi se restaure en redevenant acteur de sa vie ».

D’abord en balayant les injonctions verbales « Il faut », « Je dois » au profit de phrases plus bienveillantes comme « Tenant compte de cet événement là, qu’est-ce que je choisis de faire, qu’est-ce que je décide ? ». Une nouvelle manière de penser, plus enveloppante envers nous-mêmes en quelque sorte pour ne plus être esclave de ses pensées automatiques dictées par notre cerveau émotionnel parfois à vif qui passe sont temps à juger et à commenter.

Des exercices concrets, des mises en situation, des métaphores rejouées en séances permettent également de lâcher prise sur ses pensées parasitaires (Hameçons) qui nous figent et nous empêchent d’agir. « Il s’agit de devenir acteur de sa vie, explique Jean-Christophe Seznec… Je fais souvent réaliser cet exercice à mes patients. Le groupe représente un bus, un des patients prend la place du chauffeur et les autres membres représentent les pensées négatives du chauffeur. Chacun y va de sa petite réflexion : on va arriver en retard, il fait trop chaud, ça ne va pas assez vite, on n’aurait pas du prendre ce chemin… ». Le chauffeur apprend lui à ne pas se laisser distraire aux passagers pour ne pas se laisser envahir pour rester concentrer sur son chemin. C’est exactement le comportement qu’il adoptera à présent dans sa vie face à ses pensées négatives qui le submergent».

Une thérapie pour qui ?

Ces thérapies très fonctionnelles, pragmatiques basées sur une véritable collaboration égalitaire avec le thérapeute ont l’avantage de pouvoir convenir à tout le monde y compris dans des cas des pathologies plus ou moins graves : dépression, phobie, anxiété, trouble de l’humeur, trouble du comportement alimentaire, ou encore pour traverser des moments difficiles (deuil, chômage, stress professionnel…). Elles conviennent aussi aux enfants qui n’aiment pas toujours raconter leur vie chez le psy. Ils apprécient tout particulièrement les mises en scène très concrètes de certains exercices qui transforment la séance de thérapie en véritable jeu.

Combien de temps ?

Comme toute thérapie comportementale, sa durée est plutôt courte. Elle varie de quelques semaines à quelques mois (24 mois environ). Le temps que le patient se familiarise avec cette nouvelle manière de voir la vie et abandonne ses anciens reflexes. Le rythme est d'une séance par semaine ou tout les 15 jours car le travail se poursuit chez soi. Le prix dépend du tarif du psychologue qui pratique ces thérapies ou du type de secteur dans lequel exerce le psychiatre (1, 2 ou 3).

Laquelle choisir ?

Les thérapies de 3ème vague comportent plusieurs formes de thérapie. Parmi les plus connues on retrouve

  • La Thérapie Cognitive Fondée sur la Pleine Conscience

dont MBSR ((mindfulness based stress reduction) et MBCT (mindfulness based cognitive therapy). http://www.association-mindfulness.org/

  • L’ACT (thérapie de lʼacceptation et de lʼengagement)

Pour en savoir plus sur l’ACT : https://contextualscience.org/afscc

Merci au docteur Jean-Christophe Seznec Psychiatre, spécialiste en thérapie comportementale et cognitive, auteur de « L’ACT, applications thérapeutiques…. « Éditions Dunod

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 15:02
Intérêt des activités physiques dans le cadre d’un dispositif social

La vie d’une entreprise est traversée par des crises externes et des chocs internes. Ces événements engendrent des rythmes de travail différents pour les salariés. Ceux-ci devront s’adapter aux changements pour « survivre » à ces variations.

« Les espèces qui survivent ne sont pas les plus intelligents ni les plus doués mais celles qui savent s’adapter » Charles Darwin

Tous les individus ne possèdent pas la même capacité à s’adapter. Or l’organisation et le sens du travail a subi ces dernières années une grande révolution.

D’une organisation du travail stable qui a évolué de l’agriculture, à l’industrie jusqu’au service, celle-ci a subi une révolution dans la dernière décénie par l’apparition d’une vie professionnelle de plus en plus nomade.

En effet, ce nomadisme s’exprime par de nouvelles conditions de travail. Les salariés connaîtront des situations professionnelles en perpétuel mouvement :

-Plusieurs métiers de leur choix ou imposer par la nouvelle logique économique (fermeture de site, restructuration, délocalisation, fin d’activités, mutation du métier, etc.).

-Plusieurs postes au sein d’une même entreprise (plan de carrière, reconversion, etc.).

-Activités professionnels variables géographiquement (travail à la maison, chez le client, bureau virtuel, etc.).

-Outils de travail permettant le nomadisme (téléphone, internet, réunion sur second life, webcam, etc.).

-Dissociation entre la qualification, la stabilité professionnelle et la rénumération.

Ces changements sont d’autant plus difficiles que la biologie humaine est basée sur le principe de la stabilité : l’homéostasie. L’homéostasie consiste en l’équilibre des milieux. Continuellement les mouvements de la vie perturbent les équilibres physiologiques mais continuellement le corps va travailler pour restaurer ces équilibres. Elle a été défini par Claude Bernard.

L’être humain aspire à une stabilité de ses rythmes de vie. Des modifications permanentes de son environnement génèrent un stress. Le stress est une proto-émotion servant à donner de l’énergie à un être vivant afin qu’il retrouve un équilibre de vie. Un tel stress répété peut aboutir à une dépression.

Un test animal de la dépression reprend ce principe. Il s’agit du test de Wilmer. Dans ce test, l’expérimentateur perturbe chaque jour légèrement l’environnement d’un rat (laisse la lumière allumée le soir, met la cage en pente, mouille sa litière, etc.). Au bout de 15 jours, le rat montre un comportement qui sert de modèle animal à la dépression.

Des événements de vie parfois anodins peuvent être à l’origine d’un stress :

-Il existe en effet une différence entre le stress ressenti et le stress objectif.

-Des changements anodins peuvent engendrer un stress physique important par la tentative que fait l’individu pour maintenir la synchronicisation de ses rythmes comme le rythme veille-sommeil (travail posté, chomage partiel, plan social, etc.).

-Certains événements de vie minimes perturbent ainsi notre rythme de vie et peuvent être la source de réaction en chaîne.

-Ils peuvent déclencher des troubles thymiques comme la dépression, le burn out ou la manie (cf Charlot dans les temps modernes) par la cassure des rythmes sociaux.

Ce risque est d’autant plus grand que certains individus n’arrivent pas à asservir les rythmes naturels au profit de leur développent personnel. Ils sont dépendant d’une hyper-identification au rôle social au dépend du développement personnel. Ce dernier nécessite une capacité à transgresser le rôle social ainsi que les rythmes de vie. Cette dépendance de ces individus au rôle social est souvent recherché par les entreprises pour obtenir leur adhésion au projet collectif. Si cette dépendance peut-être utile lors d’une période de croissance, elle constitue une vulnérabilité en période de crise. En effet, elle est à l’origine d’une tension pouvant s’exprimer par des troubles de l’humeur (dysphorie, dépression, manie) mais aussi par des passages à l’acte (agressivité, alcoolisme, tentative de suicide). Cette vulnérabilité fera que le salarié sera fragilisé et aura plus de difficulté à s’adapter aux nouveaux rythmes que procurent les périodes de crise.

Le stress est donc une proto-émotion pouvant aboutir à des affects soit positifs, soit négatifs. Les affects peuvent être aussi activés par d’autres éléments :

-Les affects négatifs sont activés par les événements de vie et les ruminations.

-Les affects positifs sont activés par les états du corps et le lien social.

Les événements de vie de l’entreprise (plan social, restructuration, fusion, chomage partiel, etc) sont d’autant d’événements qui peuvent être ressenti durement par le salarié (ce d’autant qu’ils sont aléatoires, incompréhensible et incontrôlable) et provoquer de nombreux affects négatifs pouvant aboutir à des troubles de l’humeur.

Par contre un accompagnement spécifique permettant d’améliorer les états corporels (sport, sophrologie, atelier clown, etc.) pourra permettre de rééquilbrer la balance émotionnelle et permettre ainsi au salarié de retrouver ses moyens pour s’adapter à ces changements. En outre, ces activités permettront au salarié de maintenir un lien social qui participera à activer les affects positifs et qui pourra être renforcé autour de projets tels que la réalisation d’un film ou d’une exposition autour de l’entreprise avec la participation des salariés.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 23:40
Conférence de la santé et remaniement ministériel : les médecins et les patients sont "chocolat" !

Quelle drôle de façon d'envisager la démocratie et l'égalité par ce gouvernement! En effet, ce jeudi 11 février 2016, les médecins et les patients ont eu le droit à une conférence nationale sur la santé. Le gouvernement impose puis fait semblant de discuter ensuite!

En effet, après trois ans de combat contre l'ensemble des médecins libéraux, le gouvernement a essayé d'imposer une Loi Santé unanimement rejeté par le corps médical et qui s'est payée le luxe d'être retoquée en partie par le conseil constitutionnel. Pendant, ces trois ans, Mme Dormont, conseillère de notre ministre de la santé, a déclaré qu'il fallait supprimer la médecine libérale. Lors des attentats du 13 novembre, qui s'avérait aussi un jour de grande mobilisation du corps médical, Marisol Touraine n'a pas eu un mot de remerciement pour les médecins libéraux qui ont suspendu leur mouvement pour s'empresser de soutenir les services d'urgence. Suite à cela, le gouvernement voudrait que les médecins s'assoient à une table pour négocier paisiblement?

Les médecins qui sont pressurisés depuis plus de trente ans par des mesures vexatoires, une surcharge administrative, une souffrance au travail et une déconsidération de leur métier, n'ont jamais autant souhaité déplaquer ou partir à l'étranger pour travailler dans de meilleures conditions. Le tarif de consultation des médecins généralistes a augmenté de 4,5% en trente ans! Il est le plus bas d'Europe. S'il avait suivi l'évolution du SMIC, la consultation ne serait pas à 23 euros mais à 48 euros. Aucune profession n'a vu un tel discrédit. Le taux de suicide des médecins est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Pour la première fois, l'espérance de vie à chuter en France. Le renoncement à l'exercice médical de soin menace la France d'une grave crise sanitaire par pénurie de médecins. Jamais les jeunes médecins sortant de l'université n'ont voulu aussi peu s'installer en libéral. Les internes en médecine importé de l'étranger pour combler ce déficit s'avèrent incompétent pour exercer au lit du malade et de nombreux professeurs de l'AP-HP ont lancé une alerte sur ce problème.

Pour la première fois, l'ensemble des syndicats de médecin se sont fédérée pour boycotter cette conférence nationale de la santé, écœurés par le traitement dont ils font l'objet.

Pour remercier cette ministre de ses œuvres, elle a été renouvelée dans l'exercice de ces fonctions. Afin de fêter dignement cela, ces premiers propos ont été de dire qu'un geste sera fait pour le congé maternité des femmes médecins libéraux… sauf pour les femmes exerçant en secteur 2! Merci pour cette discrimination, Madame la ministre! Faudra-t-il porter blouse marquée au fer rouge S2 lorsque l'on exerce dorénavant?

Quand aux patients, ils ont découvert que la Loi sur les contrats responsables des mutuelles a permit à ces dernières de diminuer nettement le remboursement des actes médicaux pratiqués par les médecins qui n'ont pas signer le CAS. Par contre, elles n'ont pas modifié leur cotisation ce qui constitue un notable bénéfice pour elles. Ces cotisations augmentent de façon importante chaque année sans que les médecins soient mieux rémunérés. Où va cette argent? Il permet de construire des stades de football comme le stade de la Matmut à Bordeaux ou des campagnes publicitaires.

Dorénavant, les salariés sont obligés de prendre la mutuelle de leur entreprise. Selon votre entreprise vous aurez la chance ou non d'avoir une "bonne mutuelle". Comme les entreprises ont la réputation d'être généreuses, fini le libre choix et la loyale concurrence entre les mutuelles afin d'avoir les meilleurs remboursements au meilleur prix. Votre entreprise négociera directement les contrats pour vous auprès des mutuelles. Pour vous remercier de laisser faire cela, vous découvrirez en 2017, que vous devrez payer des impôts sur cet avantage en nature.

Tout cela ne touche que le peuple, puisque Claude Bartolone, le président de l'assemblée nationale, qui vote dans le 93, s'est empressé de se faire soigner dans le 92 le lendemain du vote de la loi santé à l'hôpital Américain où tous les médecins sont en honoraires libres. Quand, c'est sa santé, on voit les choses différemment que ses "convictions" politiques semble-t-il!

Alors moi, je dis "merci qui"? On vit une époque formidable où la notion d'égalité et de progrès social est très particulière.

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 22:46
Chocolat de Roschdy Zem

Décidément, le clown est à la mode! Nous avons tout d'abord eu le formidable documentaire "Tout va bien, le premier commandement du clown" de Pablo Rosenblatt et Emilie Desjardins puis l'exposition de photographie d'Yves Quemener, le livre du maitre Michel Dallaire[2] (Fondateur du cirque du soleil et d'Archaos), les succès populaires d'Emma la clown avec Catherine Dolto, de Slava's Snow Show et des Chiches Capons et voici Roschdy Zem fait ressusciter le premier duo de l'histoire du clown Footit et Chocolat dans son film "Chocolat"

.

Si beaucoup d'entre nous avaient oublié ces deux stars du début du XXième siècle, Foutit, alias George Tudor Hall, et Chocolat[3], alias Rafaël Padilla, ils connurent un grand succès en imposant un duo comique entre un clown blanc autoritaire et un auguste noir souffre-douleur. « Ce qui était beau, c'était le cirque ; alors il y avait Footit et Chocolat ; Footit qui était comme une duchesse folle et Chocolat, le nègre qui recevait des claques », Jean Cocteau.

Leur partenariat dura 20 ans de 1890 à 1910. Il mettait en scène l'opposition entre un clown blanc autoritaire et un pauvre nègre stupide, Auguste, qui, à la fin de chaque sketch reçoit une correction : « Monsieur Chocolat, je vais devoir te frapper... » . Leurs pitreries burlesques, dans lequel Chocolat a été la victime pérenne de la Footit violent, mais impassible, étaient populaires dans toutes les strates de la société et en attirant l'attention de nombreux intellectuels et artistes. Hors de la scène, Chocolat était plein de grâce et de confiance en soi, sur scène '' un docile, une bête souffre-douleur''.

Raphaël'' Chocolat'' Padilla a été peint à plusieurs reprises par Toulouse-Lautrec ('' Chocolat dansant dans un bar''), célébrée par Colette (dans le roman Gigi). Il a posé pour des publicités (Hève savon). Certains disent que Chocolat a inspiré Samuel Beckett'' pour l'esclave chanceux dans En attendant Godot. Les frères LUMIERE firent un petit film où l'on peut voir évoluer les deux clowns à l'apogée de leur carrière.

Ils se séparèrent en 1910, pour poursuivre chacun, sans grand succès, une carrière en solo : Chocolat fit du théâtre, joua le clown dans un cirque ambulant mais aussi pour mes enfants dans les hôpitaux de Paris.

On confond souvent le clown au comique. Le clown ne se masque pas derrière un rôle. Il n'est pas là pour faire rire même si finalement on rit de lui par tendresse. Le clown nait de son ridicule, de sa fragilité et nous renvoie à la figure sa liberté d'être à nous qui sommes prisonnier du faire. Il vit dans l'instant, joue de ce qui est et jouit de la vie. Tout est une chance pour lui. Le clown est le clochard heureux de la comédie.

On admire les acrobates et nous aimons les clowns. Et nous, qu'avons-nous le plus besoin: de l'admiration ou de l'amour? Or, à coup d'objectifs, d'évaluations, de critères de beauté et d'indices de performances, nous tentons en vain de nous faire aimer dans la vie comme en entreprise pour mieux nous faire malmener et purger nos tensions existentielles dans la consommation.

L'association du clown blanc et de l'Auguste est une figure classique du clown que Footit et Chocolat ont joué. Le clown blanc est le donneur d'ordre dont le ridicule nait de l'importance qu'il se donne. Plus, il contrôle plus cela lui échappe et devient grotesque au plus grand plaisir du publique. Son partenaire, l'Auguste ne pouvant ni s'opposer, ni s'affirmer dit oui à tous les ordres du clown blanc pour n'en faire qu'à sa tête ensuite. Est-ce que notre société n'est pas fait de clowns blancs cherchant à dominer des Augustes qui n'ont comme solution que dire oui, jouer au con pour mieux se libérer? La posture de l'Auguste est intéressante à expérimenter dans cette société de normes et de règles.

Chocolat est un auguste noir. Actuellement, l'étranger et le migrant sont stigmatisés. Omar Sy est parti vivre aux USA car en France, il est considéré comme un noir alors qu'aux Etats Unis, il est un français. Chocolat nous montre qu'il est avant tout un être humain et c'est pour cela qu'on l'aime.

Le clown est un personnage de théâtre qui résonne avec notre société. Notre monde est constitués d'images et de discours qui sont de plus en plus vides de sens pour se remplir d'extrémismes et générer de la désorganisation sociale. Le clown est le bouffon qui met en exergue le grotesque de notre organisation pour en jouer et s'émanciper. Il est le caillou dans la chaussure qui bouscule l'ordre établi.

Le clown est -il une solution existentielle à l'absurdité et à la violence de notre monde?

[1] Seznec JC et Ouvrié-Buffet E: Pratiquer l'ACT par le Clown

[2] Michel dallaire : Le clown, l'art, la vie. Auto édition

[3] la célèbre expression « je suis chocolat », signifiant « je suis berné », a été popularisée par les dialogues de leur numéro.

Chocolat de Roschdy Zem
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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 22:31
My Skinny Sister, un film en immersion dans la genèse d'une pathologie de l'adolescence : L'anorexie-Boulimie.

Apprendre à être n'est pas une mince affaire. Il s'agit d'une question existentielle à laquelle nous sommes tous confrontés. Grandir est un vaste chantier avec, à tout moment, des possibilités d'accident. Le film My Skinny Sister nous fait vivre de l'intérieur le passage de ce gué entre l'enfance et l'âge adulte à travers le regard de Stella, âgée de 12 ans, qui observe la glissade de sa grande sœur Katja.

Au début du film, notre attention se porte sur Stella qui semble en plein doute sur la façon de traverser ce labyrinthe. En la voyant s'engager, telle une funambule, sur ce chemin plein de chausse-trappes, elle retient notre souffle d'adulte. Or son guide et sa référence est sa sœur ainée Katja qui apparait avoir tout en plus : la beauté, l'excellence du patinage et la capacité de plaire et de susciter le désir aux adultes.

Pourtant, c'est la grande sœur qui dérape en faisant du patinage artistique pour essayer d'exister et de se construire une identité. Mais à force de faire et de trop contrôler ce qu'elle veut faire, Katja se perd dans l'addiction au sport puis s'enferme dans le contrôle alimentaire pour finalement développer à l'insu de son entourage une anorexie-boulimie.

Ce que le film nous montre, c'est qu'il est plus facile de faire que d'être et que cela ne résous en rien la question de l'adolescence. A défaut de savoir être, on finit par prendre son corps pour un ring existentiel et un terrain de lutte avec nous même pour sombrer dans la maladie au grand désarroi de la famille qui ne comprend pas dans quel enfer elle tombe et pourquoi cela leur échappe.

Un autre aspect très intéressant de ce film, c'est qu'au début du film, il suscite l'envie de juger et de comparer les deux sœurs. Mais ce que nous montre leur image apparente ne reflète pas leur réalité intérieure comme c'est toujours le cas. Stella s'avère plus solide et déterminée que les risques que l'on imagine pour elle et Katja est plus fragile que la force qu'elle semble nous montrer. En effet, dans la vie, nous avons tous tendance à nous comparer. Mais n'oublions pas que nous comparons toujours, tel un restaurant, notre arrière cuisine avec la devanture du restaurant de l'autre. Comparer ne fonctionne jamais car nous évaluons toujours deux choses différentes. En outre, cela ne peut que renforcer notre scénario catastrophe qui fait que nous nous ressentons bien souvent moins à la hauteur que le voisin. N'oublions pas que tous les humains ont une part de fragilité et une épreuve existentielle à traverser malgré les apparences.

C'est tout l'objet du livre que j'ai écris "J'arrête de lutter avec mon corps" aux éditions PUF. J'ai voulu faire un self help book à l'intention de tous les adolescents et tous les parents afin de leur donner les clefs de compréhension de la construction de soi afin de ne pas rentrer dans cette lutte mortifère. En effet, les troubles du comportement alimentaire sont une grave maladie qui touche de nombreuses jeunes filles embarrassées par le réveil de leur corps émotionnel et sa transformation à l'adolescence et qui se fourvoient dans de fausses-bonnes solutions que sont le contrôle de leur corps et de leur nourriture. Leurs réponses à l'inconfort de cette transition ne produit que plus de souffrance. Ce film particulièrement sensible, qui permet l'identification tant pour les jeunes filles que pour les parents, est un outil précieux, de la même veine que d'autres films comme L'Année des méduses ou Tom Boy, sur d'autres thèmes, pour parler de l'enjeu de l'adolescence et de ses risques afin de prévenir les troubles du comportement alimentaire. My Skinny Girl est un film à diffuser largement dans tous les collèges et lycées !

  • Jc seznec : L'économie de l'effort, manuel pratique de physiologie à l'usage des professionnels du sport, de la danse et du cirque. Edition Désiris.
  • Jc Seznec : J'arrête de lutter avec mon corps. Edition PUF

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