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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 13:38

 

Par le collectif

 

S’asseoir Ensemble

 

Une démarche citoyenne inédite

 

 
  

Introduction

C’était en mai 2016, sur un réseau social. Nous étions en pleine effervescence des Nuits Debout où beaucoup de personnes souhaitaient trouver un nouvel espace d’échange et de partage. C’était une période située à la suite d’attentats qui ont bouleversé la France. Ce drame a questionné de nombreux citoyens sur la façon de vivre ensemble et sur notre façon d’aborder la vie et la cité. À quelques-uns, nous prenions plaisir à palabrer sur le net.

Lorsque l’une d’entre nous a partagé un film sur une expérience de méditation aux USA dans la rue, le débat s’en est trouvé bouleversé. Cette image était excitante et résonnait sur nos pratiques et nos questionnements. L’un d’entre nous s’est dit :

 

« et si on proposait spontanément et gratuitement à tous de s’asseoir le jour et de s’offrir un instant ? ».

 

C’est ainsi que l’élan est né et qu’il s’est amplifié pour trouver un écho en France et ailleurs. Chacun s’est mise en tête de faire germer cette graine. Nous avons discuté et échangé passionnément. De nouvelles personnes sont arrivées, d’autres se sont éloignées, comme dans la vie. Il a été parfois difficile de maintenir le cap et de ne pas nous égarer dans des projets annexes ou des tentations qui nous auraient fait perdre la beauté et la pureté de l’intention du départ. Toutes ces contributions ont construit collectivement « S’asseoir Ensemble ».

 

S’asseoir Ensemble est un élan collectif qui prône l’être ensemble, simplement, sans nécessairement agir, mais en s’inscrivant dans l’instant.

 

Ce mouvement s’inscrit à contre-courant d’une société où il est plus facile de se remplir, de grignoter, de fumer, de boire lorsque l’on se sent inconfortable avec soi ou les autres.

 

Il s’agissait au départ d’un pied de nez à cette société du faire. Mais au fur à mesure cet élan s’est avéré plus profond

 

Les nombreuses questions qui motivent ce manifeste sont apparues : définir la pleine conscience pour s’asseoir ensemble, etc.

 

S’asseoir Ensemble est une posture individuelle et collective de pleine conscience de soi et des autres, source de nombreuses vertus que ce manifeste souhaite dire et partager.

 

Dans la ville, nous sommes confrontés au brouhaha et aux flux incessants d’êtres humains et d’informations. Qu’est-ce qui nous empêche de ralentir, de reprendre notre respiration, de nous offrir un instant, pour quelques secondes voire plusieurs minutes ? Juste parce que l’on en a besoin pour se sentir être, pour respirer ou se ressentir.

 

« Sur les marche de l’opéra, malgré le brouhaha, j’ai eu l’impression de m’offrir une bulle. »

 

« J’ai été surpris par ces passants qui disaient ‘je n’ai pas le temps de m’asseoir avec vous’ alors qu’intérieurement je me disais : il suffit de le prendre, ce temps ! »

 

S’asseoir Ensemble est la possibilité d’être authentique et s’inscrire dans le réel en étant simplement là.

Notre société de l’image et de la consommation nous amène à nous raconter des histoires sur nous et sur les autres ou à nous construire des postures. Happés par ces mécanismes, certains d’entre nous dérivent dans la rumination du passé ou l’inquiétude du futur en oubliant de vivre dans le présent. D’autres s’entrechoquent en perdant conscience de l’autre, du collectif, des perspectives différentes que peuvent avoir nos interlocuteurs.

 

S’asseoir Ensemble n’est pas une idéologie. Il s’agit d’une opportunité proposée pour revenir dans une réalité pragmatique. C’est une respiration pour reprendre conscience de ce qui est et de considérer ce qui nous entoure. Cette attitude procure de la paix et de la sérénité. Elle permet de sortir de la spirale du stress et de se réinsérer dans son unicité au sein d’un tout.

 

« Je me suis senti très vivante dans cette expérience de s’asseoir ensemble. J’ai ressenti un immense potentiel créatif dans cette posture. »

 

« J’ai perçu la ville différemment. J’ai senti des stimulations sensorielles dont je n’avais pas l’habitude dans la ville. »

 

Nous nous sommes vite rendus compte que la réalisation de cet élan n’était pas simple. Tout d’abord parce que chacun d’entre nous avait sa vision du projet.

 

Il a fallu quitter nos discours et notre tendance à l’auto-centrisme pour préserver l’authenticité et les vertus de s’asseoir ensemble.

 

S’asseoir ensemble dans la ville n’est pas un projet si simple. On peut se regrouper pour fumer, boire de l’alcool, grignoter où être un sans-abri, mais de manière récurrente on nous a demandé de déguerpir lorsque l’on voulait simplement s’asseoir ensemble. Étonnant ?

 

S’asseoir Ensemble promeut la pleine conscience spontanée et collective. Libre à chacun de méditer à sa manière ou d’être simplement là. Il s’agit juste d’un espace de liberté.

 

 

 Qu’est-ce que la pleine conscience ? Qu’apporte-t-elle dans la vie quotidienne ?

 


La pleine conscience est une attitude délibérée de curiosité à l’expérience présente, sans jugement.

La méditation dite de pleine conscience permet l’entraînement à ce mode d’être et d’attention au monde. Elle a des effets durables et scientifiquement démontrés sur le cerveau, dès 8 semaines de pratique.

La méditation permet de réguler les automatismes contribuant au stress, à l’anxiété et aux émotions « négatives ». Elle entraîne l’esprit à prendre du recul sur les pensées négatives, catastrophistes en lien avec le passé ou une anticipation erronée du futur.

La méditation rend plus joyeux, lucide, attentif et adaptatif. Tout cela est largement prouvé par la science.

Diminution des épisodes dépressifs (moins de rechutes), Amélioration du pronostic des maladies auto-immunes, Diminution de la tension artérielle dans les cas d’hypertension, Mise au repos du métabolisme, Diminution du vieillissement cérébral : voici les effets prouvés par la science de la méditation.

Des parlementaires qui se sont réunis autour du document « A Mindful Nation, UK » recommandent la méditation de pleine conscience pour alléger les coûts de la santé publique. Ils la recommandent également dans le domaine de la justice ou de l’éducation. Dès l’école ? Oui, car ses effets sont également de diminuer la violence et faciliter l’apprentissage et la motivation.

 

Comment marche la méditation?

La méditation favorise la « défusion » par rapport aux mécanismes mentaux automatiques. Elle permet de ressentir les signaux corporels et de développer un mode de pensée plus pragmatique.

Observer le flux des pensées et des sentiments comme objets de l’esprit permet une régulation de l’attention et des émotions

Le but explicite de la pleine conscience n’est pas d’amener un état de relaxation. Toutefois, la pratique de la pleine conscience peut engendrer un état similaire à la relaxation, car cesser de vouloir rendre les choses différentes détend au final.

Observer, avec curiosité et sans volonté de les modifier ou de les éviter, les différents aspects de l’expérience qui se déploient (pensées, émotions, sensations), et cultiver un réengagement volontaire de l’attention sur les aspects expérientiels et spécifiques de l’expérience émotionnelle est le cœur de cette pratique.

 

« On cultive l’acceptation active de l’expérience du moment présent, quelle qu’elle soit. »

C’est simple et difficile à la fois, car notre tendance naturelle est plutôt de penser au passé, au futur, d’avoir un rapport au temps linéaire. Cela demande donc de l’entrainement.

 

  1.  
 

La gratuité et la laïcité

On est dans une société du faire, du paradoxe, du multi-tasking, des regrets, de l’avidité, du souci, et par conséquent du burn-out. Méditer devient une réponse nécessaire, une méthode pour apprendre à se connaitre avec douceur et bienveillance. On cultive des qualités de tolérance, de non-jugement, d’ouverture et de compassion.

Proposer aux personnes la possibilité de cultiver la présence, de s’offrir un instant, de s’arrêter afin d’avoir un autre rapport à soi et aux autres.

C’est ça que S’asseoir Ensemble propose au sein de la cité.

« Aujourd’hui les gens sont dans le jugement, l’opposition. On est entourés de conflits et de guerres. Du point de vue neurologique, on sait que dès que l’un ne fait pas partie du groupe, on veut l’exclure. Créer un groupe qui a comme unique objet de s’asseoir ensemble est une façon de créer un groupe sans frontières. »

Le mouvement veut interpeller et inciter à pratiquer quelque chose qui pourrait être bénéfique pour la société.

S’il y avait la moindre récupération personnelle ou mercantile alors cela voudrait dire que certains individus veulent utiliser une population pour leur profit. C’est donc tout l’opposé des valeurs que nous cherchons à promouvoir.

Nous sommes tellement submergés par la publicité, les incitations à consommer, qu’il est impératif d’arriver à créer de la confiance et de l’engagement désintéressé. On voit bien aujourd’hui la crise de la politique qui appelle de plus en plus à la méfiance et à ne plus croire aucun discours censé faire du bien aux autres. C’est donc naturel de se méfier d’un mouvement dont on pourrait soupçonner une dérive sectaire, une publicité déguisée etc…

 

C’est un des défis de S’asseoir Ensemble : redonner confiance dans l’engagement collectif.

 

Par ailleurs, S’asseoir Ensemble se doit d’être laïque. Il est fondamental que ce mouvement puisse convenir à toute personne, quelle que soit sa culture et son obédience religieuse. Par ailleurs S’asseoir Ensemble n’est qu’une proposition parmi d’autres et ne prétend pas donner la meilleure solution ou détenir une vérité universelle. Ce mouvement propose un espace et crée les circonstances pour que chacun puisse y goûter ce qu’il veut sans embrigadement ni contraintes.


« Ce n’est pas une idéologie, mais une possibilité offerte. »

 

 

 Pourquoi est-ce important de créer des événements dans la rue ?

« S’offrir une bulle. Sur les marches de l’opéra parmi le brouhaha des voitures. Ce qui m’a plu c’est de réaliser qu’on peut tous s’offrir 5 minutes dans la journée. C’est l’occasion de le rappeler. »
 

S’asseoir dans la rue n’est pas facile

Si il y en a qui se demandent pourquoi nous allons méditer dehors, pourquoi cela ne reste pas une affaire privée du domaine de l'intime nous leur proposons ceci :

La méditation n'est pas à l'origine une démarche individuelle mais une démarche éthique visant à éveiller sa conscience à l'interdépendance.

La place de l'altruisme, de la compassion n'est pas une posture mais c'est le résultat naturel d'un esprit guéri qui n'a plus de peur, de haine ou de jalousie. Ainsi méditer dans la ville est un entrainement de l'esprit très intéressant.

Par ailleurs, pour ceux qui ont gouté aux bienfaits de la méditation par une pratique assidue, ils savent que c'est une des plus belles, simples et non couteuses solutions à la violence. Chez les détenus, la pratique de méditation a démontré une diminution significative de la violence par exemple.

Certains pays comme la Thailande, l'Inde ou le japon ont la méditation intégrée dans les rituels de la cité. Il s'agit d'une démarche confucéenne instauratrice d'un vivre ensemble bénéfique.

S'asseoir ensemble se veut donc une démarche volontairement militante pour que la méditation trouve en Occident une place politique, une place de pivot relationnel et d'apaisement des conflits liés à des esprits agités et apeurés.

Ce Militantisme s’expose pour interpeller la société tout en proposant une solution concrète pragmatique, immédiate.

La particularité de la méditation est qu'elle nous amène à porter notre attention au plus profond de notre intériorité mais également à se relier aux autres dans la bienveillance. Dedans et dehors ne sont plus nos ennemis : nous apprenons à les faire cohabiter dans la subtilité et la nuance d'une pensée complexe et intégrative.

Devant l'immense potentiel de cette pratique ancestrale pour nous transformer, nous rendre moins violent, et transformer notre société, il apparaît de plus en plus qu'elle peut être un remède bien plus puissant que n'importe quel programme politique.

La méditation nous apprend à ne rien rejeter et utiliser toutes les forces de la vie pour que chaque nouveau pas soit fait dans le respect de tous et en n'oubliant personne.

C'est donc une démarche foncièrement fraternelle qui gomme le racisme, les ostracismes et les excès de consommation inutiles qui détériorent la planète.

Ainsi nous avons été quelques-uns(e)s à franchir le pas de nous asseoir dans la rue, comme un manifeste vivant, énonçant

L’avènement d'une possibilité jusque-là inexplorée :

Et si les citoyens s'offraient un instant de silence et de respiration dans les espaces publics,

s'ils osaient l'humilité et la simplicité de regarder en eux leurs souffrances,

les séquelles de leurs batailles et de leurs peurs,

au lieu de les jeter à la face des autres, créant

crispations, burn-out, haine, repli et parfois consommation de drogues comme palliatif ?

Et pourquoi ce simple geste, essentiel et authentique, gratuit et sans finalité égoïste nous interpelle-t-il ?

Parce qu’il est ordinaire, il nous ramène à la terre et nous fait découvrir que nous sommes tous frères et sœurs, qu'il n'y a aucune compétition nécessaire, juste de l'écoute et de l'entraide qui peuvent nous faire cohabiter dans la paix.

Ainsi s’asseoir dans la rue invite à :

  • se placer dans une position d’humilité
  • inviter, sensibiliser les passants. Créer un espace physique qui autorise et protège la méditation sans rien demander en retour ; un espace sans engagement : on s’assoit, on médite, on repart.
  • provoquer un événement collectif : être ensemble est difficile ! C’est une expérience bousculant nos habitudes
  • créer un happening artistique : la beauté des personnes assises en méditation interpelle sur ce qu’est un être humain dans sa simplicité et sans agitation
  • apprendre à être ensemble : l’organisation de chaque évènement est un défi

 

Connexion simultanée universelle

Le principe est l’émergence d’un tout à partir des événements organisés simultanément dans différents endroits de la planète.

Cela procure une sensation de « vivre » intensément avec soi-même en connexion avec les autres et l’Univers tout entier en même temps.

Cette démarche permet d’ « être relié », d’« être centré », d’« être en paix » et de retrouver notre « force intérieure ».

Sentir que cela ne nous appartient pas, vouloir incarner l’universalité de cette pratique au-delà des frontières. Beaucoup d’applications permettent déjà de voir qui médite dans le monde.

Fraternité et paix contre toutes les guerres

 

 

Exemple :

« Pourquoi j'ai voulu m'engager à créer S’asseoir ensemble (SAE) Dijon ? :

Je sais à quel point cette pratique de la méditation a changé ma vie dans une direction de mieux et de bien-être.

Je suis convaincu que ces pratiques ancestrales venant des 4 coins de la planète depuis des millénaires sont un cadeau pour l'humanité.

Il est essentiel dans nos vies d'aujourd'hui de se nourrir de ce qui nous inspire plutôt que de rester aveuglé dans des conditionnements de compétition commerciale et de surconsommation inconsciente ayant un impact sur l'écologie de la Terre et de ses ressources.

Me nourrir mieux à tous les niveaux (corps, âme, esprit) et en pleine conscience a été une résolution fondamentale de ma vie et SAE est l'éclosion d'un fruit de ce même arbre de mes petits bonheurs qui font de moi un être heureux. »
 

 

Méditer, c’est s’engager

Kelly Wilson est un psychologue américain à l’origine de la thérapie ACT (Acceptance Commitment Therapy)[1]. Il a mis le focus sur les notions de valeurs comme facteur de motivation à l’engagement.

Kelly Wilson commence toujours ses interventions en partageant son histoire. Trois de ses frères sont morts. Il a été toxicomane et dealer dans sa jeunesse, fréquentant des lieux sordides et dangereux. Un jour, cependant, il s’est dit qu’il ne voulait pas vivre ce genre de vie et il a fait de nombreux choix pour être en adéquation avec ce qui est important pour lui, et notamment pour sa famille.

De ce partage, il tente de montrer que quelle que soit sa vulnérabilité, il est toujours possible de faire des choix pour prendre soin de soi. Il suggère que si lui, malgré son contexte, a réussi à trouver le courage de se rapprocher du genre d’homme qu’il souhaitait être, tout le monde peut le faire. C’est une question de choix, d’engagement et de courage.

Notre être est comme un jardin. Selon les graines que l’on plante et la façon dont on l’entretient, il ne sera pas le même. Kelly Wilson nous pose la question :

Quelles valeurs voulons-nous planter ? et quelles actions voulons-nous faire pousser pour que notre vie aille dans ce sens ?

 

 

Notre engagement comportemental peut être distrait par une production de pensées automatiques qui traversent constamment notre esprit, comme des oiseaux qui voleraient à toute allure dans le ciel de notre pensée : « impossible, toujours, jamais, etc. ».

 

On ne peut pas empêcher les oiseaux de traverser le ciel et de croasser. Par contre, on n’est pas obligé de les suivre. On peut juste reconnaitre qu’ils sont là, les saluer et repositionner notre regard sur le jardin que nous cultivons.

 

C’est ce que propose l’entraînement à la méditation de pleine conscience.

 

 

Selon Kelly Wilson, il existe huit pratiques qui permettent de prendre soin de soi et de conserver une vie profitable :

  1. Bouger son corps : lutter contre la sédentarité, être en mouvement.
  2. Manger des aliments les moins transformés possible : prendre garde à la nourriture industrielle qui favorise l’obésité et la dépression.
  3. S’offrir une réelle opportunité de sommeil : beaucoup de troubles psychologiques sont dus à des difficultés de sommeil.
  4. Cultiver son réseau social : le principal facteur qui influe sur notre façon de vieillir et notre durée de vie est la qualité de notre appartenance sociale.
  5. Cultiver la pleine conscience de soi dans nos actions du quotidien : prendre le temps d’être vraiment là, à ce qu’on fait, au moment où on le fait.
  6. Diminuer les toxines : drogues, alcool, cigarettes, médicaments.
  7. Poser des actes significatifs : être engagé dans sa vie en agissant en fonction de ce qui a du sens pour soi et non être un touriste ou un consommateur de la vie.
  8. Pratiquer l’auto-compassion : nous sommes des êtres imparfaits, c’est donc notre attitude face à ces imperfections qui compte. C’est la tendresse que nous avons pour nos ratés et non le résultat qu’il faut développer.

 

Or ces huit pratiques sont favorisées par la pleine conscience, même le fait de bouger et retrouver de l’élan vital car la méditation augmente notre vitalité en « nettoyant » les pensées qui nous plombent. S’asseoir Ensemble s’inscrit donc dans une démarche de guérison et de bonne santé de tous. C’est une question de santé publique.
 

« Tous ces gens qui marchent toute la journée, beaucoup souffrent, sont stressés. On peut dire stop, on n’est pas obligés d’être dans ce mouvement. Ça existe, ce n’est pas pour l’imposer. Il y a une prise de conscience, un pas évolutif, on est au tout début de ça… on fait partie de tout ce qui est en train de naître. On a conscience qu’on va dans le mur dans beaucoup de domaines. Tout va trop vite. Beaucoup auraient besoin de revenir à ‘qu’est-ce qu’il m’arrive ? quel est le sens de tout ça ? quelle relation je veux avoir avec ma vie et avec les autres ?’. C’est un germe et on donne une forme à tout ça. C’est très vivant et plein de potentiel créatif. »

 

Sortir de l’esprit de compétition : S’asseoir Ensemble dès l’école

S'asseoir ensemble, c’est se relier à égalité avec tous les autres.

S’asseoir Ensemble souhaite s’adresser aussi aux enfants, comme un pivot de l’éducation.

« Quand on est assis avec quelqu’un, on est plus enclin à lui parler, à marcher ensemble, à boire un verre. Comment cette action de ne rien faire peut-elle relier les gens ? On est assis sur la terre. C’est le respect profond de ce qui nous réunit. »

 

« Moi j’ai choisi d’utiliser le terreau incroyable de fertilité que sont les enfants qui ont l’esprit et le cœur ouverts. Se relier à eux-mêmes et aux autres autrement que dans la compétition. Vivre de l’intérieur, comme c’est magique. »

 

Pourquoi offrir l’expérience de grandir pleinement présent à soi, en pleine conscience aux enfants ? Parce que c’est vital : pour eux, pour le monde, pour la planète.

Dans un monde dominé par la compétition, nous proposons d’être là, ensemble, connectés par l’humanité qui nous lie.

S’asseoir Ensemble invite chaque enfant à développer une attention douce envers lui-même. Dans l’intention d’aller, pas à pas, jour après jour, vers un Vivre Ensemble plus riche, plus respectueux des différences.

Les bénéfices de la pleine conscience pour chaque enfant

Peu à peu, l’enfant va apprendre à contacter les ressources internes qui sont à sa disposition et qui d’ordinaire sont passées sous silence, laissées en friche. Ces ressources d’attention, d’auto-compassion vont alors infuser dans la vie de chaque enfant qui s’y entraîne, à son rythme, accompagné par un adulte – parent, éducateur, enseignant – authentiquement bienveillant.

Cette attention entraînée de son mieux par chaque enfant permettra de développer sa concentration, utile dans son parcours scolaire et universitaire.

Aller vers l’âge adulte en toute confiance, conscient de sa capacité à changer le monde

L’enfant apprend peu à peu comment les émotions font partie de la vie, et comment à tout moment il peut trouver un espace de sécurité en lui, même lorsque des émotions difficiles sont là.

Il apprend que ses émotions sont des messagers utiles qui manifestent ses valeurs, ses besoins. À la lumière de ses expériences, il apprend que tout change, que rien ne dure.

Les enfants acquièrent davantage de confiance en eux, conscients de leurs capacités à traverser les moments moins confortables, ancrés dans cette présence à eux-mêmes.

De cette pratique, une douceur envers le monde, la planète et chaque être sensible naîtra, spontanément.

Guidé dans des expériences d’attention à lui, à son ressenti et à travers ses interactions avec ses camarades, il prendra la mesure de la possibilité d’agir en conscience.

Aller vers un monde non-violent : « Par les choix que tu fais, tu changes l’avenir » (Deepak Chopra)

Aucun enfant n’aime la violence. Pourtant la violence, l’agressivité règnent à l’école et dans les échanges entre les enfants et avec les adultes.

En créant un espace de dialogue et d’exploration dans un contexte sécurisant et bienveillant, chaque enfant réalise qu’il peut interagir avec respect et douceur, prenant ainsi soin de lui, des autres et du monde.

 

Le projet S’asseoir Ensemble pour les enfants

S’asseoir Ensemble avec les enfants se prépare. Les enfants ont d’abord un besoin d’être entendus, d’échanger sur leur vision du monde, des évènements. Laissés pour compte, « citoyens oubliés » (Maria Montessori) dans un monde d’adultes qui ont décrété que les enfants n’ont pas voix au chapitre. Or, lors d’échanges sur le terrain avec les enfants, on mesure leurs capacités de clairvoyance, de philosopher sur le Vivre Ensemble, sur les leçons à tirer de nos expériences.

En Suède les enfants ont des cours d’empathie. La méditation est un apprentissage direct et experientiel de l’empathie car lorsque l’esprit se calme et que l’enfant peut accueillir son monde intérieur, il a moins peur des autres et se sent plus solide pour affronter les défis sans passer par les coups ou la désobéissance rebelle.

Ecoutés, respectés par un adulte, les enfants se sentent reconnus dans leur humanité et dans leur singularité, leurs richesses personnelles. Leur comportement se transforme alors de lui-même, la non-violence infuse ; bien loin d’un moule unique.

 

La posture de l’adulte est centrale :

Chaque intervenant de S’asseoir Ensemble s’engage jour après jour, à travailler sur lui et ses propres émotions, avec souplesse et auto-compassion. Les enfants le ressentent. Voir un adulte qui se remet en question et qui les écoute les surprend beaucoup au départ. Puis, très vite ils se sentent considérés et osent ouvrir leur cœur pour extérioriser leurs soucis, leur stress et leurs préoccupations.

Après avoir été entendus, ils peuvent alors déposer leur corps, leur esprit dans le groupe, et juste être là, les uns avec les autres, dans cette énergie subtile et enveloppante.

 

« Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée .» Aristote

 

S’asseoir Ensemble est donc un projet d’envergure qui peut contribuer à changer le monde. Amener le changement dans l’école pour qu’il se diffuse naturellement dans la société.

 

S'asseoir Ensemble, une démarche politique

Par cette posture de S’asseoir Ensemble, nous posons la question de la façon d’être, de vivre et d’être ensemble. Ces questions sont des questions politiques au sens noble du terme. En effet, une définition classique du mot « politique » est de dire que c’est ce qui est « relatif au domaine publique ». Le modèle politique actuel favorise le monde libéral, les besoins, la satisfaction des besoins par la consommation et les loisirs.

S’asseoir Ensemble propose une alternative à la façon d’être dans la cité : simplement en train de s’asseoir, d’être relié à d’autres et de s’offrir un instant.

Le mouvement est une démarche politique même s’il n’appartient à aucun mouvement politique parce qu’il propose d’être un instant dans autre chose que la consommation et le loisir, d’être ensemble et de considérer simplement l’autre au lieu d’aborder une attitude libérale.

Le stress happe notre conscience et nous amène à tenir des discours souvent bien loin de la réalité. C’est pourquoi nous n’arrivons plus à adhérer aux discours de ceux qui veulent nous diriger.

 

Se taire

en étant simplement là

rend visible

ce que les mots appauvrissent

ou rendent invisible.

 

Cette posture nous permet de chercher la vérité derrière les mots. Elle permet de revenir à la source de ce qui nous relie et qui fait le lien. Se taire permet d’être présent à soi et disponible aux autres. Cela nous enrichit et nous nourrit à travers l’expérience sensorielle que nous propose cette nouvelle façon d’être en contact avec l’autre. Elle permet l’écoute à une époque où beaucoup de monde parle, déblatère, bavasse, voire aboie dans une violence relationnelle.

Il s’avère que le modèle politique cité ci-dessus appartient à la modernité. Or dans la société post-moderne, les jeunes générations envisagent un avenir plus collaboratif. La possession ne sera plus la norme. La mise en commun des biens se développe de plus en plus à l’aide des applications des smartphones. On partage sa voiture, son transport, son appartement, sa machine à laver… il existe même une application lorsque l’on recherche des toilettes dans une ville.

 

Est-il possible de vivre de façon plus simple, plus authentique, plus humble et plus consciente de son environnement et de son présent ?

 

S’asseoir Ensemble nous permet de toucher ces questions dont les réponses sont très personnelles.

Partage, altruisme, écologie, humanisme, respect, bienveillance, etc.

En en prenant conscience, nous pouvons chacun choisir la façon dont nous les cultivons.

S’asseoir Ensemble est une démarche politique parce qu’elle offre une alternative sociale.

 

S’asseoir Ensemble est un pari pascalien. Nous faisons le pari que dans le monde actuel, tenant compte du contexte, nous avons à gagner à ralentir, à s’asseoir et à juste être ensemble en pleine conscience de soi, de l’autre et du présent.

Ainsi nous vous invitons à soutenir, rejoindre notre mouvement, en adhérant à l’association ou simplement en venant essayer de méditer lors des manifestations que nous organisons et qui sont totalement gratuites et sans intérêt commercial.

Mais nous proposons également de nous déplacer pour créer des lieux de pratique méditative ou initier ceux qui le souhaitent, dans des lieux publics, des entreprises et bien évidemment dans les parlements, assemblées politiques, avant les débats cruciaux par exemple. Plus de sagesse de modération et d’humanité ne peuvent qu’amener un peuple, des peuples à aller dans le sens le plus bénéfique pour la communauté.

S’asseoir ensemble s’est répandu dans de nombreux pays et nous sommes convaincus qu’à l’avenir le pari sera tenu :

La société sera devenue consciente, et lucide sur ce qui fait son bonheur et qui relie ses membres

 

A bientôt !

 

Notre site web : sasseoir-ensemble.fr

Notre page facebook : https://www.facebook.com/sasseoirensemble/

Mail : sasseoirensemble@gmail.com

Twitter : @asseyons_nous

Instagram : @mediteravecnous

 

 

[1]  Une des six facettes de l’approche ACT est l’observation. Une autre est présent. De ce fait l’ACT est une psychothérapie cousine de la pleine conscience. Elles appartiennent toutes les deux aux thérapies comportementales et cognitives dites de troisième vague.

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Published by Jean-Christophe seznec
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