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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 17:47

Paola « J’ai des choses à faire et pourtant je n’ai pas envie de les faire. Je me dis mentalement qu’il faut que je les fasse, qu’il faut que je me motive mais au dernier moment, je décide de reporter, de remettre à plus tard ce que je pourrais faire maintenant.

Je cherche toujours une excuse qui ne s’avère pas valable. Ensuite, je culpabilise. Je me promets ensuite de faire des efforts la prochaine fois, d’essayer d’évoluer, de changer ces mauvaises habitudes mais rien n’y fait. Le lendemain, je recommence irrémédiablement.

Pourtant, je ne pense pas être quelqu’un de feignante mais je suis comme cela. Pour ce qui est d’aller au travail, je n’ai pas le choix et j’ai des obligations envers mes employeurs, j'arrive à faire ce que je n'arrive pas à faire pour moi.

 

J’ai l’impression d’être comme une méduse qui dès qu’elle est livrée à elle-même, est flasque, inconsistante et se laisse porter par le courant laissant traîner sa chevelure. Au cours de cette dérive, je passe mon temps à examiner ces cheveux et à arracher tous ceux qui ne me conviennent pas.

 

Je ne veux pas vivre comme une méduse ! Pourtant, je suis fréquemment en retard. Je me laisse aller. Or, je voudrais être active ! Et parfois, je le suis mais uniquement quand j’en ai envie. Quand une tache que je dois effectuer est une contrainte ; une corvée, je préfère reporter. Il paraît que c’est l’évitement au déplaisir.

 

Je travaille toujours dans l’urgence, je fais tout à la dernière minute, alors que j’ai besoin d’avoir le contrôle de ce qui m’entoure.

 

Au quotidien, cette situation n’est pas très valorisante et cela ne m’aide pas à avoir une bonne estime de soi puisque l’on se sent incapable de tout. Cette attitude, on l’a subit. Elle existe malgré nous et ce d’autant que cet état de méduse conduit à l’arrachage… »

 

Cette histoire ainsi que d'autres m'ont permis de définir ce que j'appelle le syndrôme de la méduse.

 

Le syndrome de la méduse décrit cette difficulté à être et à être inscrit dans le présent à travers des actions. Cette fragilité à être est due à une difficulté à mettre en place une structuration psychique interne tel un "psychosquelette"[1]. Telle une méduse, la personne qui en souffre se laisse porter par le courant de la vie sans pouvoir diriger celle-ci et souffre d'une absence de colonne vertébrale psychique. Ce "psychosquelette" est habituellement mis en place, lors de la petite enfance par toutes les actions tactiles de maternage qui, comme lors de la constitution d'une boule de neige, vont malaxer notre être pour lui donner une consistance et donc une existence afin qu'il "ne retombe pas en neige".

 

[1] cf. Construire son intériorité

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Published by Jean-Christophe seznec
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commentaires

Lilas 05/02/2017 10:12

bonjour. L'exemple dans cet article est très parlant. Comment travaillez vous à cette (re)création/construction de l'intériorité ? merci

avraham 02/02/2017 07:36

ouah je me retrouve tellement dans cette description. le paradoxe c est que parrallelement a cet etat d esprit et d action j ai pris sur moi pas mal d engagement et la combinaison de ces 2 choses a ete assez detonnante , aujoud hui j essaye de prendre le taureau par les cornes ( sous la pression des autres evidemment).Je commence a m en sortir... j attends la suite de votre article avec interet

seznec 15/02/2017 19:33

Vous trouverez tout dans mon livre "j'arrête de lutter avec mon corps"!