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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 21:51

Je m’appelle Jean-Christophe Seznec et je suis médecin psychiatre. Mon nom de famille est emblématique de la Bretagne même si je n’ai aucun lien de parenté avec le bagnard Guillaume Seznec. Ce nom propre véhicule ce long procès qui a touché plusieurs générations et qui a vu accuser un homme d’un crime malgré l’absence de cadavre et de témoin. Au-delà du fait divers, cette affaire symbolise l’emprise de l’Etat français sur cette région de France qui défend et revendique son identité.

 

A travers cet article, je souhaite tenter de décrire les contours de ces fameux traits de caractères bretons qui participent grandement à son identité sociale et dont on entend souvent parler.

 

Je me suis toujours « senti » breton. Plus je lis des choses sur la Bretagne et plus je rencontre de bretons, plus je ressens que ce sentiment n’est pas une construction de mon esprit mais une réalité de caractère et de posture que je partage avec d’autres et que nous revendiquons.

 

« Inutile de me dire ce que je dois faire ou ne pas faire, je ferais toujours ce que j’ai envie »

 

Psychiatre libéral à Paris, j’observe que j’ai une surreprésentation de bretons à ma consultation. Aucun ne me dit que c’est pour cette raison qu’ils m’ont choisi mais, souvent, au bout de quelques consultations, au détour d’une conversation, je découvre que tel ou tel patient est aussi breton. Les bretons avancent souvent discrètement mais fermement.

 

Avec le temps, j’observe des similitudes entre mes patients et des traits de caractère commun. Aussi, je voudrais, pour le plaisir, partager ce qui m’apparait de commun et qui participe à l’histoire que je me raconte sur l’identité bretonne. Ce partage sur cette petite étude psychologique est tout à fait empirique. Elle est probablement pervertie par un biais de reconnaissance et liée à mon caractère. Aucune étude sur des traits de caractères commun existe. Seul quelques études de comportements sociologiques existent visant à comparer des régions de France. Mes propos n’ont pas l’objet d’être une vérité mais juste un jeu d’écriture pour partager ce que je ressens et j’observe rien que pour le plaisir ou la blague.

 

Questionnement

 

Tout d’abord, je me suis souvent questionner sur les raisons qui font qu’il existe une présence si riche et florissante du conte en Bretagne et pourquoi la mort est si présente dans le quotidien des bretons.

 

En observant les éléments de la nature, notamment la nuit, avec le vent qui siffle dans les arbres, la présence d’une nuit étoilée ou l’absence de lumière par des nuages qui cachent toute luminosité du ciel, je me dis qu’à une époque où l’on ne connaissait pas la lumière électrique tous ces éléments naturels pouvaient stimuler l’imagination. Celle-ci donnait une explication à tous ces phénomènes à travers les histoires des contes et légendes.

 

Par ailleurs, je me suis toujours demander si les bretons n’avaient pas une propension importante à l’imagination notamment du fait d’une forte émotionnalité intériorisée. La mort est très présente en Bretagne notamment avec les histoires de l’Ankou ou des lavandières. La mort est présente aussi par cette histoire maritime où les femmes voyaient leurs hommes partir pendant des mois à la pêche à Terre Neuve et revenir lorsque la mer ne les avait pas pris. A Audierne, il existe une baie qui s’appelle la baie des Trépassées où la légende dit que les morst en mer viennent hurler. Chaque année, ces femmes se mettaient sur les côtes dans l’attente d’apercevoir ou non le bateau de leurs hommes à l’horizon. S’il était présent, la vie reprenait et c’était la fête le temps du retour à terre. S’il était mort, il fallait continuer à vivre pour pouvoir s’occuper des enfants.

Les angoisses aux contacts de ces éléments de la nature et de la dureté de la vie ont été probablement sublimées à travers toutes ces histoires pour rendre un peu acceptable ce quotidien. Voilà ce que ma tête me raconte.

 

Observation

 

J’ai toujours observé que j’étais directe dans ma façon de parler. On m’a toujours dit que je pouvais manquer de « psychologie » en disant de façon brute ce que je ressentais, pensais ou observais ce qui pouvait me donner un aspect froid et dur comme du granit alors que je me ressentais intérieurement très sensible. Cette sensibilité m’aide à ressentir ce que vive mes patients pour les aider et cette « dureté » m’aide à ne pas être dépasser par ces émotions en sachant leur donner leur juste place pour ne pas être débordé par elles. J’ai eu une révélation en lisant un article sur la langue bretonne dans le journal « Breton » qui évoquait la structure du langage breton. En lisant cet article, j’ai compris que l’image que je donnais parfois n’étais pas de la dureté mais peut-être issu de mes origines bretonnes.

 

En effet, la langue reflète la façon de penser. Même si celle-ci est peu usité, elle influe probablement sur les comportements de ses habitants. On dit que le breton va droit au but quand il s’exprime et qu’il ne prend pas de gants pour dire les choses. On dit que la bretonne a la longue « pointue » et qu’elle pique lorsqu’elle dit crument et directement les choses telles qu’elles sont. Lorsqu’on analyse l’organisation de cette langue, on a le sentiment que les bretons s’expriment comme maitre Yoda le Jedi de Star Wars. Le je est mis en fin de phrase pour mettre en début ce qui est le plus important : « Le train, je suis venu ». L’individu est en retrait. Le breton n’est pas autocentré mais place ce qui l’entoure avant lui pour dire directement les choses sans artifices.

 

En Bretagne, le mot bonjour n’existe pas. D’ailleurs le mot breton le plus connu est en revoir (kenavo) alors que dans de nombreuses langues, il s’agit de bonjour. Quand deux bretons se rencontrent, ils disent « ça va » (deiz mat), « comment vont les choses » (Mat an traou), « comment c’est pour toi » (Penaos eo ganit) ou « comment que c’est (Penaos eo). J’aime bien cette idée que la façon de rentrer en contact avec l’autre est un rapport d’ouverture à ce qui est à cet instant et non pas autocentré sur les deux individus en présence. En français, deux bretons diront plus facilement « il faut beau aujourd’hui » ou une autre phrase de description du contexte que bonjour.

 

« Les bretons, c’est comme le homard : carapaces durs et tendres dedans »

 

Le breton est intérieur tout en étant très connecté à son environnement. Non seulement, il ne dit pas bonjour mais il invite plutôt traditionnellement ses convives pour « le café » que pour manger. Lors de ce café, il y a des crêpes, du gâteau, de la salade de fruit et de nombreux mets qui valent un repas ! Le breton a un jardin dont il s’occupe beaucoup mais dans lequel il vit peu. Il est soit dans sa maison ou à l’extérieur. Il ne veut pas déranger ou s’exposer. Il existe un contraste entre la force de son intériorité et ce qu’il donne à voir dans le premier contact.

 

Le breton est pudique et peu expansif. Il ne vous tapera pas sur l’épaule et sera avare de confidence. Il garde avec pudeur son intimité et son intériorité pour lui malgré l’intensité émotionnelle de ce qu’il peut ressentir. Il s’inscrira dans sa relation à l’autre dans le concret. Il ne flattera pas et ne promettra pas grand-chose. Il ne cherchera pas à rentrer dans l’intimité de son interlocuteur dès la première rencontre et le laissera venir à lui. Il ne cherchera pas à vous séduire pour avoir un relationnel fonctionnel. En fait, il est à l’opposé du caractère méditerranéen démonstratif. Par contre, une fois le contact et la confiance établis, la relation sera entière et « normale ». Elle sera même peut-être plus profonde et chaleureuse que dans d’autres cultures. Elle n’a pas besoin d’être contractualisée. Le breton est fidèle dans son engagement amical et l’amitié qu’il offre s’use rarement dans le temps s’il n’y a pas d’incident. Par contre, toute trahison à cette amitié la cassera définitivement.

 

En 2010, L’institut pour le développement de l’information économique et sociale (IDIES) plaçait la Bretagne en tête des régions où l’on parlait le plus à son voisin. Lorsque vous êtes dans un festival ou dans un festnoz, vous pouvez en faire agréablement l’expérience. Il est aisé de parler aux personnes qui sont à coté de vous en écoutant de la musique ou en buvant un verre. A la différence d’une ville comme Paris, où lorsque vous parlez à quelqu’un dans la rue, le premier réflexe est de se demander ce que veut l’autre, ou de présenter une réaction de méfiance dans certaines autres régions.

Cette fidélité se traduit aussi dans le mariage. La Bretagne est la région de France où le taux de divorce est le plus bas : 1,72 divorce pour mille habitants. C’est deux fois moins qu’à Paris ou dans le PACA. Le Breton est fidèle dans la parole et l’engagement même si la culture catholique, encore bien ancrée en Bretagne, influe aussi sur ces chiffres.

 

Le Breton est partageur. La Bretagne est la deuxième région après la Corse pour le nombre de bar par habitant mais la neuvième région pour la consommation régulière et à risque d’alcool. Ils sont deuxièmes derrière les Francs Comtois pour la consommation ponctuelle d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Les bretons boivent moins que par le passé mais ils aiment faire la fête. D’ailleurs, les plus grands festivals de musique comme les vieilles charrues sont en Bretagne.

La pratique sportive est particulièrement développée en Bretagne.

 

Une étude menée par l’Institut de Locarn décrivait de la façon suivante le breton : honnêteté, rectitude et discipline. C’est en Bretagne que l’on respecte le plus la loi. Ils sont moins procéduriers que dans d’autres régions. Les tribunaux sont moins engorgés qu’ailleurs. Il y a deux fois moins de dossiers aux prud’hommes qu’en Ile de France ou dans le PACA et quatre fois moins que dans les tribunaux de commerce de ces mêmes régions. Quand on se « tape » dans la main en Bretagne, on respecte son engagement. Le breton préfère résoudre leurs différends par le dialogue que devant la justice. La parole donnée est pleine de valeurs. La Bretagne est la région de France où le nombre de vols de voiture est le plus bas, soit six fois moins que dans le PACA.

 

Le breton a l’esprit civique. Aux élections de 2012, les bretons ont été ceux qui ont le plus votés. La Bretagne est la région qui connait le moins de fraude fiscale. Ils trichent deux fois moins que dans le sud-est et trois fois moins qu’Ile de France.

Ce résultat est probablement dû à la fois à un sens du collectif et à la nature anxieuse du breton qu’à sa volonté de tranquillité.

Le respect pour le collectif s’exprime aussi par l’écologie et les dons du sang. La Bretagne est la plus performante en écologie d’après l’hebdomadaire La Vie. Les bretons sont les troisièmes donneurs de sang. On retrouve de très nombreux festivals en Bretagne mais aussi les plus grands de France et d’Europe. Ces festivals peuvent avoir lieu grâce à la présence de nombreux bénévoles qui prennent plaisir à être là, à être ensemble et à partager.

 

Le taux de suicide est particulièrement haut en Bretagne. Il est de 25,3 pour 100 000 habitants soit 65% plus élevés que la moyenne nationale qui est de 15,1%. Ce chiffre reflète l’intensité de vécu intérieur du breton qui contraste avec la pudeur de ce qu’il exprime extérieurement.

 

Les bretons sont sérieux, modestes et raisonnables. Ces traits de caractère se traduisent notamment dans les performances scolaires. La Bretagne est régulièrement la première pour le nombre de bachelier par classe d’âge. Par contre, ils privilégient les formations courtes en post bac. Sont-ils modestes, pas assez ambitieux ou réaliste en sachant se satisfaire de ce qu’ils ont et peu prisonniers du désir ou du regard de l’autre qui sont deux leviers à la motivation sociale ? Le breton n’a pas besoin d’être admiré mais il a besoin qu’on le respecte pour se sentir aimé et être en confiance. Aussi, il n’a pas besoin d’un titre scolaire ou autre pour se sentir exister et être digne. Il lui suffit d’être lui. Un autre facteur qui peut influer sur le manque d’empressement vers les hautes études est le fait que la Bretagne a connu la modernité de façon plus récente que d’autres régions. Jusqu’aux années 50, la Bretagne était un pays fortement agricole dans les terres et marins en bord de mer. L’industrialisation est venue progressivement ensuite. Peut-être ce facteur explique une moindre grande culture des grandes études.

En Bretagne, on peut se faire confiance. A l’heure actuelle où l’avenir est dans l’entraide, c’est un atout pour construire une économie du lien.

 

La modestie s’exprime aussi à travers la danse bretonne. Dans ces chenilles qui se construisent dans les Festnoz, c’est le groupe qui s’exprime et non pas les performances de l’individu sur la piste de danse. L’émotion de la danse est vécue collectivement et intérieurement à travers une danse ancrée dans le sol, source d’une transe collective sous les lumières des étoiles, qui réunit toutes les générations. L’emblème de cette modestie sont les frères Morvan : des agriculteurs célèbres dans le monde entier qui chantent avec leur chemise à carreau et leur casquette vissée sur la tête et qui n’ont jamais quitté la Bretagne. Au festival des vieilles charrues, ils ont réuni un public plus grand que Bruce Springsteen en jouant avec les Tambours du Bronx (60 000 personnes). Bien souvent, les Frères Morvan jouent bénévolement pour la « bonne œuvre » et le plaisir de partager leur musique.

 

N’ayant peur de rien, c’est ainsi que les bretons sont capables de tout oser comme celui de construire un lieu digne de l’Ile de Pâques en centre Bretagne avec des dizaines de statuts de plusieurs mètres de haut sur lequel le temps n’aura pas de prise, comme organiser le plus grand défilé régional de musiciens sur les Champs Elysées ou se réapproprier la coupe de France de football lorsque Rennes est confrontée à Guingamp en final au Stade de France. Les bretons sont modestes mais fier avec du panache.

 

Le lien n’est pas vécu comme dangereux ou envahissant par l’autre car le breton se sent fort dans son identité et fait bien la différence entre lui et l’autre, entre l’extérieur et son intériorité. Aussi, il peut envisager le vivre ensemble de façon plus sereine. Cela se traduit par le nombre de fêtes populaires qui existent en Bretagne avec les Festnoz et l’entraide que l’on retrouve dans le mode du travail. Le breton voyage de ce fait bien et forme une communauté bien identifiable partout dans le monde. D’ailleurs, à chaque évènement médiatique dans le monde, on retrouve souvent un drapeau breton. De la même façon, il existe des cercles bretons dans les quatre coins du monde. Les bretons sont des voyageurs. Ils peuvent le faire facilement tout en gardant leur identité et leurs racines.

 

Le breton est ouvert. Fort de son identité, de ses valeurs et de sa légitimité, il ne se sent pas envahit et en insécurité par la présence d’un autre. La Bretagne est une des régions où le racisme a le moins de prise. Elle aussi celle qui a eu le premier noir de France maire d’une ville. Celui-ci, un Togolais, a mis en place un conseil des anciens sous son mandat.

 

Le breton ne juge pas si on l’embête pas. Il peut juste avoir une description un peu abrupte et fonctionnelle des choses. Il ne parlera pas de ses animaux mais de ses « bêtes ». Quand une poule ne pond plus, il la tuera pour manger plutôt que de se poser des questions existentielles. Son esprit est suffisamment occupé par tout cette imaginaire émotionnelle pour qu’il déborde sur la réalité de son quotidien.

 

 Les Bretons sont des voyageurs. On en trouve partout dans le monde tout en gardant leur identité. S’il existe une identité bretonne et une communauté bretonne, le breton se sent libre et indépendant. Il n’a besoin de personne pour exister et il choisit ce qu’il a à faire en fonction de ce qui est important pour lui à cet instant et dans le contexte qui est le sien.

 

Finalement le breton est un pratiquant de l’ACT (Acceptation and comitmment therapie) avant l’heure. Le climat y fait beaucoup. Comme le temps est changeant puisqu’on dit qu’il fait beau plusieurs fois par jour, il faut faire ce que l’on veut faire en fonction du temps maintenant, car le futur météorologique est incertain. En outre, cette relation au temps a appris au breton à être « philosophe » et à ne pas trouver de gravité à l’instant présent. Il peut faire très mauvais maintenant et faire très beau quelques heures plus tard, notamment au changement de marée. En outre, il connait et accepte le cout des choses. En gardant cette métaphore météorologique, il sait que s’il fait très beau, le lendemain, il y aura de grandes chances pour qu’il y ait des nuages car la terre fera sortir l’humidité que la chaleur a enfouit dans le sol. De la même façon, après du beau temps, il peut y avoir des brumes de chaleurs.

Les marées obligent aussi à être dans l’instant présent puisque si vous voulez vous baigner devant une mer qui vous fait envie, il vaut mieux le faire maintenant car la mer risque de ne plus être là plus tard tout comme le beau temps. Pour la pêche à pied cela fonctionne pareil, vous êtes obligés de composer avec le contexte.

Ces différents exemples expliquent que l’environnement écologique du breton l’ont obligé à savoir composer avec ce qui se présente à lui. D’ailleurs une bonne métaphore de la thérapie ACT est le bateau à voile. Pour avancer dans une direction vous êtes obligé de composer avec le courant et le vent quitte à devoir tirer des bords.

Tout cela pour vous dire que le breton est, contrairement à la croyance populaire, flexible. Par contre, il est persévérant, engagé dans ses valeurs et constant dans le temps. Il n’est pas sensible à la séduction ce qui fait qu’il est difficile à manipuler. Tous ces éléments font qu’il peut donner une image de personne têtue.

 

Le breton : une identité durable ?

 

Avec la mondialisation et le brassage des populations qu’engendre le système économique actuelle, je ne sais pas combien de temps durera ce sentiment identitaire. En même temps, ce n’est pas très grave, si le bonheur et l’épanouissement de chacun peut s’exprimer dans l’altérité.

 

Ce qui me plait dans cette bretonnitude est que ce sentiment identitaire ne se vit pas contre autrui. Il ne nourrit d’aucune lutte et n’a pas besoin de se justifier. Il est pour soi et personnelle. Il existe par essence. Au-delà de l’aspect identitaire, il s’avère que ces valeurs me plaisent et que je les trouve fonctionnelle dans la vie que je souhaite vivre. Je ne revendique pas d’être breton, je me sens breton et cela me va. Je n’ai pas besoin de le dire même si je fais le bavard ici en prenant le courage de partager mon intériorité. C’est mon côté psy de comptoir qui prend le dessus en choisissant d’observer et de théoriser sur ce ressenti. Après peu importe que ces hypothèses soient vraies ou non, j’ai pris plaisir à me raconter à me questionner et à me raconter une histoire.

Et vous, c’est comment votre intériorité ?

 

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Published by Jean-Christophe seznec
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