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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 07:51
Faut il avoir peur de la peur?

La peur est une émotion mal aimée parce qu'elle fait peur!

Et si on ne faisait plus un problème de la peur?

La peur est une émotion. Le rapport que nous entretenons avec celle-ci est à l'origine de nombreuses pathologies et de multiples souffrances! Pourtant, la peur est très utile aux hommes car elle a permis à nos ancêtres de survivre à des dangers en les alertant. N'oublions pas que nous sommes le produits de génération d'êtres humains qui ont survécu grâce à la peur!

A quoi servent les émotions?

Les émotions nous informent d'un besoin afin de nous adapter à une situation. Elles nous donnent de l'énergie afin de satisfaire ce besoin. Nous ne sommes pas responsables de nos émotions, même si le regard que nous choisissons d'avoir sur une situation influe sur l'émergence de l'une d'entre elles, mais nous sommes responsables de ce que nous en faisons. En l'occurrence, la peur nous informe souvent d'un besoin de sécurité ou de réassurance.

Faire la paix avec nos émotions et avec la peur

Les émotions sont inhérentes à notre nature d'être vivant et d'être humain. Il est impossible de vivre sans peur et sans émotions (A moins d'être un robot ou une cafetière électrique ce qui n'est pas notre cas apriori!). Elles se traduisent souvent par un vécu corporelle et un flot de pensées. De nombreuses personnes sont "allergiques" aux émotions. Cette attitude est vaine car il est impossible d'échapper à un mécanisme physiologique intrinsèquement lié à notre nature. Cependant certaines personnes finissent d'avoir peur d'avoir peur

Je propose souvent à mes patients de répéter le mantra suivant "J'accueille et j'accepte d'avoir des émotions car cela signifie que je suis un être vivant et un être humain". En effet, une grande partie de la souffrance que nous ressentons est issue de la lutte que nous entretenons avec notre vécu intérieur. Cette lutte est l'objet d'une double peine!

Allez mieux consiste souvent à prendre conscience de cette expérience intérieure faite de pensées et d'émotions et de l'accueillir en lui faisant toute la place nécessaire pour négocier la situation.

Qui est à l'origine de notre peur?

Notre cerveau émotionnel a une obsession pour les situations paisibles, tranquilles et en ordre. Il ne cherche que l'équilibre. Or vivre, c'est être en mouvement et le déséquilibre. Pour tenter de réaliser son fantasme, il va tenter de nous raconter des histoires sur le danger de telle ou telle chose et nous faire ressentir la peur pour nous alerter de tout ce désordre. Pour lui, risque est égal à danger. Tout simplement parce qu'il a pris ses aises dans notre corps à l'époque de l'homme préhistorique. Ce dernier vivait dans la savane dans des petits groupes d'hommes. Il devait anticiper que peut-être derrière le rocher situé à 300 mètres pouvaient se trouver un tigre aux dents de sable. A l'époque, il était important d'anticiper car une fois qu'on l'avait vu, c'était souvent trop tard. Nous vivons dans une époque moderne depuis moins de deux cents ans. Actuellement, nous pouvons nous retrouver à 200 dans une rame de métro. Notre système d'alerte peut vite se mettre à sonner alors qu'il n'y a plus, depuis longtemps, de tigres aux dents de sable! Alors, vous imaginez combien cela peut-être désagréable ou inconfortable pour des personnes au système d'alerte sensible de se retrouver au supermarché le samedi matin!

La peur qui s'emballe!

Revenons à nos moutons, ou au moins à notre peur! Cette émotion nous alerte d'une situation intérieure ou extérieure à gérer.

Lorsqu'elle s'installe dans notre cerveau, elle va se transformer en anxiété ou en phobie. La personne sera tenté d'attraper des pensées hameçons qui vont l'embarquer dans des scénarios catastrophes. ces scénarios catastrophes peuvent s'organiser autour de phobies. Le traitement sera principalement cognitif.

Lorsque la peur est plus physique, elle procure plutôt de l'angoisse. La personne apprendra à apaiser ce ressenti corporelle et à se désensibiliser de celui-ci. Les techniques de respiration et de relaxation seront très utiles.

Certaines personnes sont naturellement anxieux ou hypersensible ce qui engendre un système d'alerte trop vif. Un peu comme si votre sirène anti-incendie se déclenchait à chaque fois que vous faites la cuisine ou que votre chauffage dégage. Il est nécessaire parfois de savoir composer avec cette réactivité émotionnel.

D'autres personnes ont été déstabilisées par une pensée anxieuse ou une situation (trou d'air lors d'un vol en avion, etc.). Dans un contexte propice (fatigue, surmenage, évènement brutal ou incompréhensible, etc.), cette expérience émotionnelle ne se digère pas et se cristallise pour générer un trouble anxieux.

Il existe aussi des personnes dont l'histoire de vie a été insécurisant ou bien que les relations de maternages avec les parents ne leur ont pas appris à s'apaiser et à se réconforter. Ils n'ont pas appris une gestion émotionnelle de soi. Ils n'ont pas incorporé ces mécanismes qui permettent de faire baisser automatiquement la tension intérieure.

Comment apprivoiser la peur, l'anxiété et les phobies?

Le problème n'est souvent pas l'objet de notre peur mais notre rapport à celle-ci et la façon dont nous la gérons et accompagnons son apparition.

Lui faire de la place et sortir de la lutte. Nous avons à apprendre à cohabiter en bon voisinage avec nos émotions. Elles seront toujours là. Plus nous seront en paix avec elles en prenant l'information et l'énergie qu'elles nous donnent, plus nous vivrons bien en leur compagnie. Plus nous nous agiterons à leur coté, plus elles nous envahirons pour noircir notre vie.

Travailler la respiration ventrale qui permet d'apaiser notre intériorité et qui maintient la peur au niveau de notre ventre. La respiration thoracique, ou celle qui fait bouger nos épaules, favorise l'anxiété. Lorsqu'elle ne trouve pas suffisamment de place dans notre respiration ventrale, la peur risque de monter dans la tête pour secouer notre cerveau. Il va en tomber de nombreuses pensées anxiogènes qui vont entretenir notre peur et notre anxiété.

Ne pas attraper les pensées hameçons. Les laissez passer comme nous laissons passer les nuages dans le ciel en nous focalisant sur notre vie. Nous nous ajustons à la météo pour nous habiller et pour vivre mais nous ne passons pas notre journée à observer les nuages ou le baromètre. Nous avons à maintenir la même attitude vis-à-vis de la peur.

Pratiquer la méditation pour pouvoir accueillir ce qui est là à l'instant présent sans jugement ni commentaire.

Apprendre à la traverser. Plus on recul fasse à la peur, plus elle grossit. Elle est comme un nuage lorsque nous la traversons. En outre le bonheur est souvent l'autre coté de la peur. De nombreux rituels traditionnels pour passer de l'enfance à l'âge adulte. Sur l'ile de Vanuatu, l'adolescent doit sauter d'un promontoire avec les jambes liées par une liane. C'est l'ancêtre du saut à l'élastique. On doit avoir sacrément peur!

Etre adulte est savoir "vivre avec la peur". Cette phrase signifie que la peur sera toujours là même si elle n'est pas forcément constamment devant nos yeux pour occulter la vie. Par ailleurs, il y a aussi le mot "vivre " dans cette phrase. A nous de continuer à faire ce qui est important pour nous pour alimenter notre vie malgré la présence de la peur.

Nous exposer progressivement à l'objet de notre peur. Il est possible de se désensibiliser à la peur selon le même mécanisme en pallier progressif de la désensibilisation à un allergène.

Identifier les pensées automatiques pour construire des pensées alternatives et démanteler nos scénarios catastrophes qui alimentent le regard que nous portons sur ce que nous vivons. C'est ce que l'on appelle la restructuration cognitive.

Savoir sortir notre bouclier de chevalier pour laisser glisser certaines situations sans leur donner prise au risque de déclencher une émotion.

Aller à la recherche de la vérité et ne pas toujours croire notre cerveau qui nous raconte plein de salamalecs. On les repère par des pensées qui commencent par "je me dis". Méfiance, elles sont souvent des croyances qui se nourrissent des distorsions issues de notre cerveau émotionnel.

Regarder la vie comme un coucher de soleil et non plus comme un problème (métaphore utilisé en thérapie ACT).

Faire de la place à l'être humain que nous sommes. J'adore ressentir des émotions car elles m'informent que je suis en vie. Quand on pense que des personnes paient pour monter des manèges afin de ressentir la peur alors que la vie est un véritable grand huit lorsque l'on y est engagé.

Plus on est actif dans la vie moins on a peur.

Pour aller plus loin :

"Je me libère de mes phobies" Jérôme Palozzolo

"Psychologie de la peur" Christophe André

"La force des émotions " Christophe André et François Lelord

"Tristesse, peur, colère" Docteur hahusseau

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Published by Jean-Christophe seznec
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