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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:19
Les médecins ont les nerfs à vif!

Comment va-t-il être possible de signer une nouvelle convention médicale avec l'assurance maladie dans ce contexte?

Les élections URPS qui a eu lieu en décembre 2015 a permis le renouvellement des représentants syndicaux des médecins au sein des différentes chambres régionales. La ministre a tenté de maintenir des partenaires favorables à sa politique en anticipant ces élections. Malheureusement pour elle, de nombreux syndicats représentant la contestation actuelle siègent dorénavant dans les instances.

A la suite de ces élections, une nouvelle convention doit être signée entre les représentants syndicaux et l'assurance maladie concernant le prix des actes médicaux remboursé par la CPAM. La discussion a commencé le 24 février. Le contexte n'a jamais été aussi tendu entre les médecins et les caisses pour de nombreuses raisons:

- Les médecins sont pressurisés depuis de nombreuses années par l'Etat qui profite de leur vocation pour abuser de leur dévouement toute en les culpabilisant régulièrement. Leur rémunération a augmenté de 4,5% en 30 ans. Si elle avait suivi l'évolution du SMIC, la consultation du médecin généraliste ne serait pas à 23 euros mais à 48 euro!. Les médecins français sont les moins bien payés d'Europe. La rémunération n'a jamais été corrélé avec l'évolution du cout de la vie.

- La Loi santé a été votée contre l'ensemble du corps médical sans aucune concertation et dans un mépris affiché de la ministre de la santé envers les libéraux. Une très large majorité des médecins sont écœurés et en colère. La base s'est réveillée et exprime des demandes en opposition avec les conventions précédemment signés par les précédents représentant syndicaux. Cette situation sociale ne va pas permettre des débats sereins pour trouver des compromis. Comment discuter alors que l'on a demandé aux médecins sur le terrain de se taire pendant que la Loi Santé était voté?

- Thomas Diétrich, le président de la conférence de la santé, a récemment démissionné dans un grand fracas devant l'absence de démocratie de la part du ministère. Il met en cause une approche stalinienne de la santé au profit des mutuelles.

- La CPAM affiche ouvertement une approche comptable de la médecine qui est coupée de la réalité de l'exercice de la médecine. En effet, seule la consultation est rémunérée (rencontre physique entre un patient et un médecin.) Il est tout a fait illégal de facturer un acte en dehors de cette situation. Tout le reste de l’activité de votre médecin ne l’est pas. La sécurité sociale ne sait pas qu’un médecin utilise dans sa pratique quotidienne le téléphone, internet, Skype, des iMessages, des boites mail, des pièces jointes à lire, des relations avec l’hôpital, des déplacements pour voir ses patients hospitalisés, des parents angoissés qui téléphonent tard le soir, des lettres d’adressage, des demandes d’avis d'expertise, des lettres aux juges ou aux assurances, des coups de fil d’avocats, de magistrats, d’assistante sociale, etc. Pour la CPAM, le travail du médecin est uniquement de recevoir un patient et de prescrire. Point! Dans ce cadre, un médecin doit le faire le plus vite possible, si il veut gagner sa vie en prenant le risque de ne pas toujours proposer la meilleure prise en charge et de se faire reprocher de trop prescrire.

- Du fait de cette médecine qui est devenu industrielle avec des rémunérations "à la performance" organisée par la CPAM, cette dernière harcèle les médecins qui sortent des clous du fait de la spécificité de leur pratique en n'hésitant pas à organiser des procès pour des délits statistiques (c'est-à-dire contre ceux qui dépassent les moyennes nationales).

- Pour couronner le tout, l'Etat a organisé un grand conflit d'intérêt afin de tenter de verrouiller les signatures des syndicats de médecins. En effet, savez-vous qu'en France, le financement des syndicats des médecins libéraux s'effectuent à l'aide de subvention de l'assurance maladie. Vous me direz que c'est la même chose que pour les partis politiques qui touchent une subvention en fonction du nombre de voix. Oui mais les hommes politiques, une fois élu, sont libre de voter comme il le souhaite. Ce n'est pas le cas pour les syndicats des médecins libéraux. Ils reçoivent leur subvention uniquement si ils signent la convention. Dans le cas contraire, ils ne peuvent pas siéger à de nombreuses réunions notamment pour discuter des amendements de la convention qui régit l'exercice des médecins. Lors du vote de l'avenant 8 qui a préparé à la Loi santé, le CSMF a touché 1 068 700, le SML 900 000 euros et le MG France 731 250 euros suite à leur signature. Ensuite la FMF a signé tout en dénonçant ce principe de subventionnement. Seul le BLOC n'a pas signé, faisant ainsi l'impasse sur 300 000 euros par an. Cette subvention dépasse fréquemment l'argent récolté par les cotisations des adhérents. De ce fait, le financeur principal des syndicats n'est plus les médecins libéraux mais l'assurance maladie. Ainsi, la CPAM organise un système pervers qui soumets les médecins via les syndicats qui les représentent en achetant leur vote. Il s'agit d'un véritable déni de démocratie. Lorsque l'on sait que l'état a voté une loi afin de compter les cafés payés par l'industrie pharmaceutique et que de l'autre coté il organise un véritable conflit d'intérêt via l'assurance maladie! D'un coté, on vous dit que l'Etat fera tout pour que votre médecin n'utilise pas son stylo publicitaire pour prescrire sous la dictée de l'industrie mais il ne vous dit pas qu'il fait tout pour que votre médecin fasse la médecine décidée par l'Etat et les mutuelles. Est-ce la justice?

Alors comment sera-t-il possible de signer une convention honnête et juste dans un tel contexte?

  • L'assurance maladie ne voudra pas dépenser plus d'argent pour rémunérer les médecins en omettant de prendre en compte le fait qu'un médecin mieux rémunéré prendra plus de temps avec son patient, le soignera mieux et donc coutera moins au budget de la santé. Il pourra ainsi s'appuyer sur une relation thérapeutique de qualité qui est le préalable à tout soin au lieu d'une relation de consommation que l'on observe de plus en plus au détriment des patients.
  • Les syndicats auront-ils le courage d'être honnête et de résister à la tentation de l'argent et de se faire "acheter" par l'état ou se soumettront?
  • Le torchon va-t-il bruler entre la CPAM et les médecins avec une émancipation de ceux-ci d'un système de plus en plus stalinien et en contradiction avec l'art de la médecine et le serment d'Hippocrate?

Le système de santé français est au bord de la faillite. Les médecins sont exsangues de leur combat contre la Loi santé et du mépris dont ils font l'objet de la part des instances.. Ils souffrent de Burn-out et sont fatigués de ne plus pouvoir correctement exercé leur art pour l'intérêt de leurs patients. Ils sont de plus en plus nombreux à renoncer à exercer ce métier en libéral.

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Published by Jean-Christophe seznec
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