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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 11:13
La fresque de Clermont Ferrand :un exemple du fonctionnement pervers du politique

Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas moi qui écris. Je partage la très bonne analyse de mon collègue Jean-Claude Galheb sur cette pitoyable histoire de la fresque du CHU de Clermont Ferrand. Cette fresque que l'on a demandé d'effacer une semaine après les manifestations au droit à l'expression et à la caricature suite à la tuerie de Charlie.

Il faut croire que Marisol Tourraine se prend pour Mahomet et ne tolère aucune représentation! En outre, cette analyse montre bien le fonctionnement pervers en inversant la responsabilité et la culpabilité.

« C’est drôle, ce besoin qu’ont les gens d’accuser les autres d’avoir gâché leur existence. Alors qu’ils y parviennent si bien eux-mêmes, sans l’aide de quiconque ! » (Amélie Nothomb, Cosmétique de l'ennemi)

" Ceci est une réflexion qui me vient à propos de l'affaire de la fresque. Pendant quelques jours nous avons vu le déchaînement des passions les plus folles, des fantasmes les plus improbables et d'une forme de Terreur, inquisitoriale par sa méthode.

Nous avons assisté, hébétés, à une quadruple perversion sémiotique:

- L'orgie festive SYMBOLIQUE de cinq demi dieux, représentant les internes eux mêmes selon sa légende habituelle, hymne à la vitalité et à l'énergie, détournée en viol, tout autant SYMBOLIQUE - viol de la médecine par une loi de santé qu'on voudrait forcer le CORPS médical d'accepter à son CORPS défendant - par l'ajout de quelques mots, qui ne prêtent le flanc à AUCUNE ambiguïté quant à leur signification.

- Le viol SYMBOLIQUE de la Médecine par la loi de la ministre est perverti en viol REPRESENTÉ du corps RÉEL de la ministre, dans le seul regard absolutiste d'une association féministe omettant volontairement la bulle "tu devrais t'informer un peu", qui décode le texte ajouté: en effet cette bulle ne saurait s'adresser à une ministre à propos de son propre projet de loi.

Et ce regard fallacieux et subjectif, cachant mal l'interprétation projective sous le masque des bons sentiments outrés mais rendus obligatoires, s'impose les deux premiers jours à la presse et aux autorités dans leur ensemble, sans aucune mise en perspective, ni analyse critique, ni interrogation de la partie mise en cause, sur la base d'une dépêche de presse reprenant la thèse de OLF mot pour mot.

Et cela pour une accusation d'une gravité peu commune, qui aurait dû inciter a presse à la prudence dans l'information et les autorités à la retenue dans le délai de réflexion et de décision, quitte à prendre des mesures conservatoires dans le doute et engager une procédure de référé s'il y avait eu urgence (ce qu'il n'y avait pas)

- L'ALERTE au viol symbolique du corps médical par la loi est pervertie en INCITATION au viol réel du corps charnel, consequence de la première inversion.

Une ESTHETIQUE que l'on ne veut partager ni même comprendre (ce qui est le droit de chacun) est réduite à une COSMÉTIQUE qui ne peut dès lors devenir qu'abjection, une fois détachée du symbolique où réside l'Art pour être propulsée dans le Réel, où réside l'organique, donc le "sale".

A l'aune de cette idéologie une bonne part de la création artistique devrait être détruite à l'instar des Bouddhas de Bamian ou du patrimoine des premiers chrétiens en Irak, sans parler des fresques de Pompei et d'une bonne part de la littérature.

- L'injonction de faire disparaître la fresque honnie (ainsi que toutes autres ne satisfaisant pas aux critères de OLF) est paradoxalement inversée en une commission à la puissance 1'000 du délit dénoncé, du fait de la diffusion par OLF en pièce jointe, et en clair, de cette photo décrite comme intrinsèquement (comme le serait une image de pédopornographie par exemple) délictuelle, alors qu'elle n'était déjà plus disponible sur Facebook.

Quand une image est "en elle-même" illégale, on peut (et on doit) la dénoncer publiquement, mais en la décrivant plutôt que la diffuser à grande échelle, et en réservant les preuves aux autorités.

Ces quatre perversions sémiotiques ont incité à regarder le doigt plutôt que la lune.

Or la lune ici est un quadruple déni de Droit:

- La lettre de cachet ministérielle, ajoutant l'abus de pouvoir à une perversion de l'évidence.

- L'autodafé extra-judiciaire d'une œuvre de pop-Art ayant 15 ans d'existence, permis par la servilité craintive d'autorités médicales prêtant ainsi main forte et caution à la dénonciation calomnieuse, sans instruction contradictoire.

- La diffamation publique violente des internes de Clermont (et au-delà, par amalgame, de tous les internes, donc de tout le corps médical français) au pilori de la scène internationale.

- La conclusion que finalement, humiliation et honte étant bues jusqu'à la lie, il conviendrait "d'apaiser le conflit" et de passer à autre chose et ainsi avaliser la doxa officielle.

Pour voir à quel point cette doxa ne trompe que peu il n'est que de voir la proportion de 80% des commentateurs - trices dans la grande presse qui trouvent ce procès en sorcellerie ridicule.

Après le déchaînement d'une accusation aveugle et sourde par une association subventionnée par le ministère de Mme Touraine, le silence persistera donc sur ces 4 dénis de Droit,

Toute l'attention est maintenant portée sur la nouvelle "victime" d'un..... "harcèlement par sms" sur un numéro de téléphone de fonction (et indiqué comme "contact presse" sur le site de OLF).

In fine nous ne vivons plus en état de Droit, mais dans l'institution de la voie de Fait comme moyen de gouvernement.

Voici que notre profession, après 2 ans d'un dénigrement puissamment orchestré, subit au sens propre les derniers outrages.

Ce n'est qu'en cela que nous avons été témoins d'un viol.

Espérer que le temps efface seul l'affront c'est tendre l'autre joue pour la suite. Et la suite, avec la loi de santé, c'est notre sujétion à la collusion des assureurs et des politiques, au détriment de nos patients.

L'aurons - nous mérité?"

Jean-Claude Galheb

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Published by Jean-Christophe seznec
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